Site web Rémy Kurowski - 2016/01/09 - Vœux du curé

2016/01/09 - Vœux du curé

Il est de tradition de formuler des vœux à l’occasion de nouvel an. Pour nous les chrétiens, cela coïncide avec le temps de Noël. Le temps qui nous rappelle l’événement majeur dans l’histoire de l’humanité.  Un enfant nous est né, un espoir nous est donné. Celui de voir se propager et développer sur l’humanité entière le message d’amour divinement fondé qui vient soutenir tous les efforts humainement accomplis dans cette direction.

Je viens de passer le nouvel An en Papouasie Nouvelle Guinée. Grâce aux missionnaires, depuis deux générations à peine, il n’y a pratiquement plus de guerres tribales. Les villageois peuvent dormir bien plus tranquilles. Tout n’est pas idéal en comparaison avec le mode de vie occidental. Mais, là où l’amour déracine la haine, le respect triomphe dans les cœurs, dans les corps et dans la vie du groupe.

Marqués par les dernières atrocités en France en janvier et en novembre dernier, nous ne pouvons pas rester sans réagir. Mes souhaits s’inscrivent dans cette dynamique.

Que la liberté d’expression à laquelle nous sommes tant attachés et qui fait partie de l’ensemble des valeurs promues par la foi chrétienne,  ne soit en aucun cas le synonyme d’un jeu de mots et d’images qui de façon dangereuse éveillent le pire de ce qui sommeille dans la nature humaine. Que la présence d’une religion ne soit pas prise pour cible pour y désigner la source des maux de la société actuelle. Trop facile et contreproductif. Car aux amalgames des analyses scientifiquement non aboutis des uns  on ajouterait des intentions  de  radicalisme qui  sans Dieu ou avec n’ont rien avoir avec la religion ou la bonne humanité dont nous rêvons tous.   

Que l’année de la Miséricorde, (j’ai assisté à l’ouverture de la porte dans une des églises de la Papouasie dimanche dernier par l’évêque du lieu), soit pour nous tous, catholiques, l’occasion du ressourcement dans le bain de la miséricorde de Dieu. Miséricorde qui n’est pas à confondre avec une amnésie bon marché, mais une véritable mémoire d’un Dieu qui sait ce qu’il  y a dans l’homme et  comment l’aider à devenir, homme, lui-même, à son image et sa ressemblance. L’invitation à la conversion passe par là et les effets peuvent se faire ressentir autour. Et à nous tous, que cette Année de la Miséricorde soit une occasion de faire un pas de plus vers une véritable humanité, libre, vivant dans la paix, heureuse de  se savoir digne d’exister dans l’attention non seulement des uns aux côtés des autres, mais, des uns pour les autres.

P. Rémy Kurowski