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2018/01/07 - Homélie - Épiphanie

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 12 janvier 2018 12:37

Manifestation du Messie.


1° En d’autres termes qui va sauver l’homme, la planète et l’univers entier ?

Des propositions philosophiques, politiques et artistiques ne manquent pas. Des livres, filmes (Matrix et leurs Avatars), peintures, sculptures etc. Est-ce la beauté et la gentillesse non violente ? Est-ce  la laideur et la force de persuasion, y compris manu militari ? D’où peut venir une solution ? De l’extérieur ou de l’intérieur ? De nous même et d’où d’ailleurs ? De quelle part de nous-même et à partir de quoi de l’extérieur?  

C’est sous forme de telles questions et d’autres identiques que se présente le monde d’aujourd’hui. Comme hier, et sans doute demain. 


2° Notre guide au Sri Lanka était très intrigué par le groupe qu’il avait à accompagner. Trois hommes,  prêtres catholiques, ni femme ni enfants. Dans le paysage du  pays, la religion, la spiritualité sont omniprésentes. Souvent, elles sont porteuses de sens pour la vie sur terre. Mais notre guide, bouddhiste, nous répétait que Bouddha n’est pas Dieu, et que Bouddha n’est pas son guide. Était-ce pour souligner sa responsabilité et son autonomie ? Et pourtant dans sa vie et celle de sa famille, la lumière pour éclairer la vie lui vient de Bouddha et de son cheminement vers la perfection. 


3° Dans un hôtel perdu au milieu de la montagne, un petit autel avec trois statues : un bouddha, un vishna et la vierge à l’enfant.  Vous les catholiques, on vous accepte car vous êtes ouverts. Dit notre guide en référence à un tel imaginaire de la religion catholique.  La barrière de langue ne nous a pas permis d’approfondir le sujet. Notamment pour faire le lien entre la Verge à l’Enfant et la Croix. Pour faire le lien entre la beauté de la vie et son bonheur d’une part, et la souffrance et sa laideur, d’autre part. 

Mais l’échange fut suffisant pour se comprendre un peu. Déjà, il fut un peu surpris de découvrir que les catholiques sont très proches des protestants – chrétiens (christians), au sens non catholiques). Alors qu’il était persuadé que les musulmans  ont beaucoup de choses en commun avec la Bible. 


4° La lumière de l’Épiphanie n’est pas la seule lumière qui éclaire les chemins de l’être humain dans sa vie sur terre. Tous les Aufklarung que la raison humaine a produits (y compris au sens physique du terme) ne peuvent faire pâlir,  réduire à l’insignifiance la Lumière du Messie. 

Pour le constater, il nous faut  accueillir cette Lumière avec l’intensité qui lui est due. Car c’est seulement une fois accueillie comme telle que la Lumière de l’Épiphanie sera plus intense que toutes les lumières humaines que nous produisons ; et avec quel effort !  

La manifestation du Messie comme lumière nous permet de voir ce que Dieu voit. Alors que nous ne le voyons pas bien. Un seul exemple : le souci de plus petits, les plus insignifiants, des faibles et mal portants. 


5° Je me suis surpris à regarder impuissant deux  SDF à Colombo. Dans leur pauvreté des marginaux, les mains tremblantes ils essayaient de s’entre-aider. Et j’ai médité alors sur la Lumière du Messie et sa pertinence. 

Comment être utile dans une telle situation d’urgence ? Et j’en ai conclu que l’inutilité  manifeste une pauvreté évidente. La mienne et celle de toute l’humanité, y compris des religions et divinités diverses. 

Et c’est alors que je me suis mis à méditer sur le lien entre la Vierge à l’enfant et la croix. Je n’ai pas trouvé mieux, mais c’est déjà cela. Pour aujourd’hui c’est cela.  Pour demain ce sera jusqu’à la Pâques. Mais pour l’instant, ces deux gars n’y sont pas. 


6° L’Épiphanie du Messie biblique est-elle une réponse parmi d’autres ou la réponse ? Si c’est une réponse parmi d’autres, tous les chemins se valent. Donc à chacun de choisir son chemin, le sien.  Plutôt que de subir une influence de son milieu de sa culture et de sa religion… Les diverses conversions semblent le prouver. 

Et si l’Épiphanie du Messie biblique était la réponse ! Alors, nous n’avons pas le choix.  Il nous faut la prendre au sérieux. Il nous faut voir comment se présente réellement le chemin de salut pour nous et le monde entier. 

Et si nous sommes sérieux dans cette démarche, nous aurons alors deux possibilités pour l’être. Une, est suggérée par la Bible. Elle consisterait à maintenir le lien d’amitié empreinte d’une ouverture à l’autre et sa religion. L’autre est impulsée par l’instinct de survie. Elle  pousserait à se séparer des autres qui ne sont pas comme nous. 

Que Dieu nous donne la grâce de l’une et nous préserve de l’autre.  « Ne nous laisse pas entrer en tentation, car c’est à toi qu’appartienne le règne, la puissance, la gloire… »    AMEN

2017/01/07 - Homélie et vœux - messe de l'Épiphanie

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 3 février 2017 11:04

Introduction : 

Soyez tous les bienvenus pour cette messe de l’Épiphanie, ce qui veut dire manifestation de Dieu. Il y a du divin en nous, cela s’exprime par le désir de tendre vers l’éternité que nous ne pouvons atteindre que dans un instant de bonheur, dans ce temps qui est le nôtre. Maintenant, c’est le temps de la messe, le temps de la rencontre avec l’éternité et par elle avec nous-même. Pour que cette rencontre se déroule dans la vérité, laissons-nous envelopper par cet amour qui nous vient de Dieu et ou qui vient des autres, et qui nous traverse jusqu’au plus intime de nos vies. Déposons ce qui n’est pas cet amour-là en demandant pardon pour accueillir la paix comme don précieux pour notre vie et la vie du monde.

Prière de collecte : Seigneur notre Dieu ! Dans la fête de l’Épiphanie tu manifestes ta présence à tous les hommes. Donne-nous la joie de pouvoir entendre ta Parole comme Parole qui nous est donnée pour comprendre la vie et vivre selon le désir que tu as pour chacun d’entre nous et selon notre foi de pouvoir participer au repas de ton Fils. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils qui vit et règne avec toi et l’Esprit Saint, maintenant, toujours et dans les siècles des siècles. AMEN 

HOMÉLIE

Galette des rois, c’est la galette du souvenir de ces hommes sages, instruits des choses essentielles de l'existence humaine. C’est la galette du souvenir de ces savants qui n'opposent pas le naturel au spirituel, qui n’opposent pas la science et la foi. Ils ne connaissent pas les raideurs idéologiques avec lesquelles on lutte dans les écoles, comme dans les médias publics contre la foi comme manière possible de se comprendre dans notre monde. 

Bien au contraire, dans l'ingénieuse jonction de la science et de la foi, tout en scrutant les étoiles, ils trouvent leur chemin de vie, eux, qui sont partis à la recherche de la vérité qu’ils ont identifiée dans cet Enfant. Enfant considéré par la prophétie d'Isaïe, comme étant le prince de la paix vers qui les nations marcheront et trouverons leur lumière. Ce n'est pas une idée qu'ils cherchent, mais visiblement quelqu'un.

Maintenant, je vous propose cette méditation sur la paix, la paix à laquelle nous rêvons tous. Surtout quand elle commence à faire défaut une nouvelle fois, comme actuellement.

Commençons par ce constat tiré de la Bible, mais aussi de l’histoire de l’humanité : Il n'y a pas de paix sans justice, or précisément la paix n’est jamais séparée de la justice lorsqu’elle est accueillie comme un don de Dieu. La paix de Dieu est un cadeau et parce qu’elle est cadeau de Dieu, elle est la véritable paix.

De ce point de vue-là, la paix des hommes ne réussit pas. Mais celle de Dieu, comment réussit-elle ? Par l’accueil de son don gratuit au plus intime de soi. Et par le témoignage d'amour désintéressé. Mais pour en témoigner, la foi spirituelle n'est pas la seule à produire de telles attitudes d'héroïsme que l’accueil de cette paix parfois suppose. L'être humain, déconnecté d'une telle foi spirituelle, est aussi capable de grandes choses.

Pourtant, c'est le même esprit humain qui va jusqu'à pousser l’homme à un tel héroïsme pour des raisons spirituelles. Que l'exemple des chrétiens de Turquie, de Syrie, d’Irak, du Liban ou d'Egypte, que je connais un petit peu, suffise. Je suis témoin d'un travail systématique des responsables d'Eglises chrétiennes visant à extirper du cœur de leurs fidèles toute trace de violence comme réponse à tant de violences. 

Et ce travail va bien plus loin que la maîtrise des pulsions de violence. Il y est question de s'exercer à entrer dans l'amour que le Christ a pour ses frères, pour ceux qui le reconnaissent et pour ceux qui ne le reconnaissent pas. Par exemple l’évêque de Batroun au Liban, lorsqu’il était encore adolescent, a perdu son père assassiné pour des raisons d’appartenance religieuse à la foi chrétienne. Mais cela ne l’a pas empêché d’accueillir des réfugiés de différentes factions politiques et religieuses comme des frères à secourir.

Cette jonction entre l'amour, impulsé par le Christ, et le consentement fait par les chrétiens ne produit pas les surhommes dont rêvait Nietzsche. Elle met dans le cœur des gens ordinaires une capacité extraordinaire. Au nom d’un Dieu d’amour aimer les autres avec un tel amour divin, et essayer de le faire sans pourtant parvenir à la perfection attendue des autres, voire de Dieu lui-même, c’est déjà beaucoup. C’est déjà beaucoup, car au jour du jugement dernier, Dieu complètera dans le cœur de l’homme ce qui, à cause de la faiblesse humaine, manquait à ses actes. Mais cette paix, visiblement n'est pas de ce monde. 

Dire que seule la paix de Dieu réussit est parfois énervant pour ceux qui ne voient pas d'autre solution que d'utiliser les armes comme ils l’entendent. De fait, l’attitude spirituelle n’a  pas à se substituer aux responsabilités politiques de ceux qui gouvernent les peuples. Et, pourtant, même faire intervenir la notion de la guerre juste, c'est aussi malgré tout reconnaître l'échec de pouvoir se parler autrement auparavant. 

Mais comment alors le temps joue-t-il en faveur d'une montée de conflits ? Comme dans la météo avant la tempête ! Un typhon, nous pouvons seulement mesurer sa puissance et éventuellement prévoir sa trajectoire. Nous ne sommes pas capables de l'arrêter. Sommes-nous alors plus ingénieux pour les conflits entre les humains?

La paix de Dieu est celle qui se laisse concevoir à partir de la finalité. Son objectif est celui de ne jamais la séparer de la justice. Laissons de côté la question de savoir ce qu'est la justice. Nous en avons une intuition et que cela suffise. Retenons seulement quelle est inséparable de la vérité. En Dieu tout ceci s'unit et s'harmonise. Alors que nous les séparons : pour un moment, pour longtemps, pour toujours... 

En Dieu, paix et justice marchent ensemble, le droit et la vérité s’embrassent et ne font qu'un. C’est un mystère dont parle St Paul et qui est celui de voir toutes les nations associées au même héritage. Le croyant chemine dans cette perspective. C'est son espérance et c'est sa joie, dont il rayonne en témoin heureux de la paix de Dieu pour tout homme.

A l’intérieur de cette paix que nous cherchons tous, la paix de Dieu s'y déploie avec notre consentement éclairé par la foi ou même à son insu, car Dieu inspire sa paix à qui il veut. J’entends le soupir : pourquoi si peu de gens l’entendent ? Je ne peux pas parler pour les autres. 

Si vraiment je me posais seulement cette question : Comment je reçois moi-même cette invitation (venant de Dieu ou pas, pour le moment presque peu importe) à accueillir d’abord en moi la paix comme un don ? Ce serait déjà un grand pas en avant en faveur de la paix dans le monde. 

Car tout cela commence évidemment dans mon cœur. La paix de Dieu germe et peut prendre souche dans mon cœur, dans mon corps, dans ma vie, et cela se verra dans ma relation de couple, de famille, en communauté de travail, de foi et de vie en société.

La paix de Dieu est un chemin de vie pour les uns avec ses exigences pour tenir le cap. Alors qu'elle est une simple rêverie pour d'autres, qui n'y voient aucun intérêt. Voire, ils rêvent eux-mêmes d'une paix sans religion et sans Dieu, justement, en les considérant comme source de conflits. Toujours est-il que rechercher la paix véritable, c'est un devoir que l'on ne doit fuir sous aucun prétexte. 

La galette des rois est une bonne occasion pour se rendre à l'évidence d'un tel devoir dont personne n'est exempt, ni hier, ni demain, et donc pas aujourd'hui non plus ! Les mages, « quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ». Que cette joie rayonne aussi sur nous et nous apporte la paix. AMEN

VŒUX, avant la bénédiction finale.

Dans ces temps de troubles dont nous ressentons les soubresauts aux seuils de nos maisons et à l’intérieur de nos vies, dans nos cœurs et jusqu’à l’âme, laissons-nous envelopper de ce désir de paix que seul Dieu donne comme cadeau pour nous aider à traverser ce que le cours de l’histoire semble indiquer, tout en faisant infléchir sa courbe tant soit peu, dans la mesure où nous en avons le pouvoir et donc la responsabilité de le faire. 

A nous qui croyons en un amour plus fort que la haine et en la paix comme don qui aide à éradiquer toutes sortes de violences qui naissent d’un cœur divisé, à nous de garder dans notre cœur la mémoire des merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui cherchent son salut, en faveur de ceux qu’il sauve, en vertu du partage de la même promesse. À tout cela, attentifs ensemble, à tous bonne et heureuse année 2017 !

2015/01/04 - Homélie - Épiphanie

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 18 janvier 2015 13:46

Le Dieu des chrétiens se révèle comme maître et seigneur, de la vie et de la mort.

Les mages le signifient par les trois cadeaux qu’ils apportent.

Dans le livre d’Isaïe, la prophétie  porte sur la grandeur de Dieu reconnue par le monde entier.
Cette grandeur est signifiée par deux cadeaux que les autres, ceux de Saba,  apportent :

L’or pour dire la grandeur du roi qui gouverne en Israël au nom de Dieu ;

L’encens pour dire la grandeur de Dieu lui-même.


Or, les rois mages apportent aussi de la myrrhe, cette huile utilisée pour embaumer les corps morts.

Mathieu dans son évangile transmet ainsi un message supplémentaire par rapport à Isaïe.

Dieu est vénéré en ce Jésus de la crèche, certes ! il est grand et sa gloire rejaillit sur tout l’univers.

Ceci est conforme aux attentes consignées dans les livre de prophète Isaïe.

Les mages le symbolisent, en apportant de l’or et de l’encens.

Mais par la myrrhe, est apportée une compréhension nouvelle au sujet de ce Dieu.

Dieu est si grand qu’il n’a pas peur de se faire tout petit pour se laisser reconnaître dans les plus petits recoins de notre être. A l’instar d’un bébé qui tout vulnérable est entièrement dépendant des autres.

Dieu n’a pas peur de se faire reconnaître dans les choses les plus insignifiantes de notre existence. Voire même dans les choses qui ne sont  pas faciles à accepter comme la souffrance et la mort.

Les mages qui ont vu une étoile représentent toute la sagesse de l’humanité. Sagesse qui est capable de scruter, non seulement la terre pour comprendre ses lois, mais également scruter le ciel pour comprendre la destinée de l’univers et de tout ce qui s’y trouve. Ils sont capables,  de quoi ? Ils sont capables de se mettre en marche et chercher le sens à leur vie. Is le font par-delà toutes les idéologies de la peur jusqu’à risquer d’être ridicule.

En effet, à eux aussi, il leur a fallu du courage pour pouvoir entreprendre un tel voyage.

Il leur a aussi fallu de la bienveillance à l’ égard de ceux qui ne comprenaient pas ce qu’ils étaient en train de faire. A eux aussi, il leur a fallu de la patience pour pouvoir arriver  malgré tant d’obstacles qui auraient pu les faire s’arrêter sur le chemin ou les faire dévier de la route.

Et dans cette patience il leur a fallu du discernement pour ne pas se laisser piéger par les intentions mauvaises de certains comme Hérode.


Notre vie est pleine de telles situations. Nous sommes  en situation de rois mages en scrutant le ciel de nos vies.

Parfois poussés par des circonstances plus que par la réflexion pure, nous nous mettons en marche pour atteindre le but de notre vie, donner à notre vie un sens.

Le sens qui ne peut pas être trouvé dans les lois de la nature, de notre terre, mais qui peut se révéler en scrutant le ciel de nos espérances.

Le ciel sur lequel des lumières passent et certaines  de ces lumières nous guident pour nous amener jusqu’ici.

Et ceci  afin de reconnaître que sous un ciel régi par le maître de la vie et de la mort, comme celui révélé en ce petit Enfant, pour nous conduite  toujours vers un plus de vie…

Sous un ciel pareil,  il est bon de vivre dès maintenant et dans les siècles des siècles.

Amen

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