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2009/04/10, Semaine Sainte - Méditation collective - Chemin de Croix avec St Paul

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le vendredi 10 avril 2009 12:18

Méditations : R.K.

 

Une occasion privilégiée d’approfondir le sens que donne St Paul à la crucifixion et à la Résurrection de Jésus est de renouveler une dévotion qui nourrit la foi des chrétiens depuis de longs siècles, et connaît actuellement un net renouveau.
Sélection des citations bibliques faite par le P. Ronald D. Witherup, prêtre catholique Supérieur général de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice

 

Ouverture (Rm 8,17) «  Et quand nous aurons souffert avec lui, nous serons avec lui dans la gloire ; »
Lire le texte de Isaïe 53, 1-5,  suivi d’une Méditation, et un Chant ou un Répons.

Méditation, R.K. Quatrième chant du serviteur. Paul s’y réfère. Les chrétiens s’en saisissent. Le chemin de croix, comme célébration, n’est pas seulement le mémorial de la passion du Christ. C’est aussi notre proximité avec lui au gré des souffrances que nous endurons et qui font de nous le lieu où la gloire avec le Christ  déjà prend corps.     

 

Première Station : Jésus est condamné à mort
Nous t’adorons, O Christ et nous te bénissons. Par ta Croix, tu as racheté le monde.
Lire (Galates 3, 13-14) et  (1 Cor 2,7-8)    Méditation… Prière… Chant ou Répons.

Méditation R.K.
Mystérieuse est en effet cette destination à la gloire qui passe par tant de choses qui ne sont pas belles, à l’image d’un pendu au gibet comme le sera le Christ. Paul ne cite jamais Pilate, mais sait comment une décision hautement politique, même si elle est acquise au moyen d’un plébiscite « qui voulez-vous que je vous relâche ? »  a eu des effets sur celui qui sera considéré comme « maudit », lui sans péché. 

 

2° Station : Jésus porte sa croix : Nous t’adorons.. O Christ..
(Gal 6,14) et (1 Cor1,17-18) ;.. Méditation… Prière ;.. Cht ou Repons ;

Méditation R.K.
Le langage de la croix qui donne sens a tout, tel est le pari de Paul. Il ne jure que par le Christ mort sur la croix. Il est prêt à tout pour le crier haut et fort.  Et nous où en sommes-nous. ?
Nous qui la portons !

 

3° Station : Jésus tombe pour la première fois. : Nous t’adorons O Christ…
(1 Cor 1, 21-25) et (2 Cor 12-10) … Méditation, .. Prière… Cht ou répons.

Méditation R.K.
La folie du message est bien présente dans cette chute. Et c’est un signal fort : c’est dans la faiblesse qu’il y a de la force ; force de se relever et continuer le chemin !  

 

4° Station : Jésus rencontre sa Mère.   : Nous t’adorons …
(Gal 4,4-5) et ((1 The 2,5-8)     Méditation … Prière ;;; Cht ou Rep.

Méditation R.K.
Marie n’est pas vraiment la préoccupation première de Paul. Elle est cette  femme dont naît le sauveur. « Tout aimable » comme Marie, n’est-ce pas la seule attitude pour s’identifier avec elle! 

 

5° Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix …. Nous t’adorons ..
(Rm 6,5-11) et (Gal 6,2)…. ; Méditat. …. Prière:… Cht ou Répons ;

Méditation R.K.
« Portez les fardeaux », déjà les siens, mais ceux des autres, sans que l’on puisse compter sur un allégement en retour ? Cela n’a rien d’encourageant, à moins que porter signifie rendre service aux autres et par là, mourir au péché et ainsi vivre à Dieu en Jésus-Christ ?

 

6° Station : Véronique essuie le visage de Jésus : Nous t’adorons…
(1 Cor 12,31-13,4) et (1 Cor 16,14)… Médit… Prière  et Cht ou Rep..

Méditation R.K.
Quelle est cette voie supérieure, et quel lien avec Véronique dont ni les Evangiles ni Paul ne parlent. Cependant Véronique est l’icône de cette voie supérieure dont Paul se fait chantre.

 

7° Station : Jésus tombe pour la deuxième fois. :  Nous t’adorons…
(2 Cor 4,7-11) (1 Cor 2, 1-2)….. Médit…. Prière ;.. Cht ou Rep. 

Méditation R.K.
Ce trésor fragile porté et présenté avec tant de soins, c’est au grès des renoncements et des souffrances qu’il est choyé et  courageusement annoncé. Ce trésor dit l’inconciliable avec les valeurs du monde : prêcher le Christ crucifié c’est crucifiant. Etais-je déjà dans une telle situation crucifiante, certes, je suis tombé, pas de honte à cela, cependant même terrassé, mais pas vaincu... ? 

 

8° Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem. ;. Nous t’adorons ..
(Rm 6,12-13) (1 Cor 14-12)  (Eph 5,1)….. Medit….. Prière;.. Cht ou Rep..
 
Méditation R.K.
Puisque vous aspirez aux dons spirituels... ce pour quoi que nous sommes ici. Quels dons cherchons nous et surtout quand ils se présentent, sommes-nous en mesure de les accueillir ?

 

9° Station : Jésus tombe pour la troisième fois …Nous t’adorons ;..
(Gal 2,19-20) (2 Cor 11,23-30)… Medit. … Prière;.. Cht ou Rep…

Méditation R.K.
Crucifié avec le Christ, quand le relèvement se fait de plus en plus dur, quand malgré toutes les promesses et prières qui les accompagnent le fait de tomber n’est plus un acte de lâcheté, mais surtout d’épuisement. Ses souffrances à lui, l’Apôtre, sont signe de la configuration au Christ. Et les nôtres, de quoi sont-elles des signes ?

 

10° Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements. Nous t’adorons …
(1 Cor 4, 9-13)(2 cor 5,1-7)… médit… Prière… Cht ou Repons .

Méditation R.K.
Quoi de plus humiliant que d’être « donné en spectacle » au monde. Si terrassante qu’elle soit, l’humiliation touche le corps et affecte l’image de soi, mais peut ne pas affecter la dignité, celle de l’Enfant de Dieu, elle intacte. 

 

11° Station : Jésus est cloué à la croix . :Nous t’adorons ;.
(1 Cor 5, 6-8) (Col 2,13-14) (2 Cor 5,17).  Médit… Prière… Cht ou répons.

Méditation R.K.
Là,  très peu de mots doivent suffire : l’immolation du Christ, nôtre Pâques, fait de nous une nouvelle création. N’est-ce pas un curieux lieu de naissance. 

 

12° Station : Jésus meurt sur la croix ;  Nous t ’adorons …
(Ph 2,5-8)  (Rm 5,8)… Médit… Prière ;.. Cht ou Rep..

Méditation R.K.
Voici l’heure des ténèbres. Les puissances du mal semblent victorieuses. Dieu le Père nous  donne son Fils au temps voulu par lui qui est le temps  propice pour nous, à l’heure où nous en avons le plus besoin. Est-ce facile d’accueillir une telle affirmation et la prendre pour une bonne nouvelle ?

 

13° Station : Jésus est descendu de la croix. Nous t’adorons …
(Col 1,15-20) ( 1 Cor 12,26-27) ;   Médit… Prière….Cht ou Rep ;.

Méditation R.K.
Qu’est-ce un corps sans vie, sinon la trace émouvante et pétrifiante de la vie qui n’est plus. Paul y voit  la tête de l’Eglise, non pas celui qui est mort mais celui qui ressuscitera, or, pour que cela advienne,  il fallait bel et bien qu’il soit mort.  La relation vivifiante en Eglise fait que, lorsqu’un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. Pour la gloire c’est pareil. Quelle proximité avec ce Corps !

 

14° Station : Jésus est mis au tombeau. Nous t’adorons..
(1 Cor 15, 1-4a) (Rm 6,4) ;.. Médit…prière… Cht ou Rep.

Méditation R.K.
Qui n’a pas peur du tombeau ? Sauf le mort. Etre enseveli avec le Christ, à première vue, n’est pas une chose très réjouissante. Paul est plein de confiance : Consentir à un tel ensevelissement avec le Christ, c’est déjà marcher dans une nouvelle vie.

 

15° Station : la Résurrection. Nous t’adorons….
(Rm 6,8-9) (1 Cor 15,12-21)  (1 Cor 15, 53-55) ; Medit … Prière… Cht ou Rep… ..

Méditation R.K.
Paul ne peut être plus clair ! La mort est définitivement vaincue. Le Christ dans sa vie fidèle jusqu’au bout l’a emporté et son Père en le ressuscitant d’entre les morts, à mis un sceau sur cette victoire  remportée par Jésus.

 

Exhortation Finale :

Pour conclure, nous laissons à Paul, le dernier mot. Dans cet hymne très célèbre, il nous propose l’exemple à suivre si nous voulons porter notre croix avec le Christ.
(Ph 2,5-11)

Un Chant ou Répons,

 

Conclusion :

Sauve-nous, O Christ, notre Sauveur, par la puissance de la croix.
-Toi qui as sauvé Pierre au milieu des flots, prends pitié de nous.

Prière Finale.

 

2008/03/21, Semaine Sainte - Méditation collective - CHEMIN DE CROIX

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le vendredi 21 mars 2008 12:42


Église de la Collégiale Saint-Martin (Montmorency)

 

1.  JESUS EST CONDAMNE A MORT 


Un tribunal se réunit, un jugement sera proféré, vous êtes condamnés : la prison, la souffrance, la maladie, de longue durée ou par intermittence, va vous assaillir et ainsi vous payerez votre part aux souffrances de l’humanité. Comme si l’humanité avait besoin de votre souffrance, comme si celle des autres n’était déjà pas suffisante. Vous êtes jugés et vous êtes condamnés aux travaux forcés du port de la croix, à la pénibilité de votre existence.

Jésus condamné, tu nous rejoins dans notre humanité, tu viens avec ce que tu as de plus humain en toi, la vie sensible et périssable !


2°   JESUS EST CHARGE DE SA CROIX


Un atelier de fabrication des instruments de supplice a préparé le bois qui servira à la crucifixion. Pour le moment il sert à rendre pénible le chemin que l’on appelle depuis « chemin de croix ». Vous portez votre croix qui va vous faire plier peu à peu, va user vos épaules et casser les reins. Il ne vous restera que douleur et amertume. Comme si l’humanité avait besoin de votre croix, de votre souffrance de votre chemin de croix.

Jésus chargé de ta croix, soutiens la marche de nos pas qui obéissent un peu à la tête qui les dirige, mais qui obéissent aussi à ce « je ne sais pas quoi » de la vie et de la foi !


3° JESUS TOMBE POUR LA PREMIERE FOIS.


Quand la vie se met en marche rien ne l’arrête, mais rien ne la protège non plus du risque de ne pas aller tout droit à pas sûrs et décidés d’avancer. Tous les autres sont déjà tombés bien avant vous, pourquoi en seriez-vous épargnés ?  Tomber c’est la loi des pas, pas seulement de ces premiers peu sûrs et pourtant déjà bien décidés. Quand vous êtes tête dans les décors, tête dans la boue, tête contre terre, vous avez du temps pour méditer sur la tombe, sur les effets de la chute.


Jésus tombé pour la première fois, soutiens nos pas de relèvement, nos pas de redressement, nos pas de la reprise de la position debout, droit, d’élargissement de l’horizon vers lequel, toi,  tu vas !


4° JESUS RENCONTRE SA MERE.


Il y a tellement de gens qui vous entourent et si peu qui vous accompagnent. Ne pas compter sur ceux qui, de droit, devraient vous accompagner, c’est faire affront et à l’espérance et à l’engagement échangé et signé dans les eaux du baptême, dans le sang du pardon et dans le pain de la communion. Seront-ils là au moment ou vous en aurez besoin ? Pas sûr, car on n’est jamais vraiment là où attend la vie des autres. C’est d’autant plus précieux quand quelqu’un se présente avec une telle offrande de sa vie.

O Jésus, ta mère n’est qu’à deux pas de chez toi, aujourd’hui c’est toi qui nous guides vers elle, car elle est auprès de toi !

5° SIMON DE CYRENE AIDE JESUS A PORTER SA CROIX.


Ne croyez pas que tous ceux qui vous aident à porter votre croix sont là pour alléger le poids de votre existence. Ils peuvent vous aider à vous sentir mieux, soulagés, ce qui est déjà un immense service rendu à votre humanité, à votre existence. Sont-ils prêts à aller à vos côtés ? Combien vous lâcheront en cours de route pour des raisons bien évidentes et parfois  estimables? Ne vous effrayez pas, si les autres n’y sont pas, c’est que vous deviez être seul et c’est à vous de savoir ce qu’il y a à faire.

Jésus, tu as accepté de l’aide de la part d’un inconnu.  Il ne t’a pas remplacé, il a fait un petit bout de chemin avec toi.  Comme Simon, ce soir, aujourd’hui, nous sommes là !


6° VERONIQUE ESSUIE LE VISE SOUILLE DE JESUS


Souillés, vous serez comme tous les autres, car le poids du jour et le fardeau des heures égrainées au fil des activités harassantes vont presser de plus en plus votre cœur, et le visage en sera l’icône. Icône de l’humanité souillée, dont aucune autorité n’a le courage de garder les images dans les archives de l’humanité malmenée. Essuyer le visage pour enlever les traces ou pour soulager ce qui peut l’être encore ?

Jésus, la vérité de ton visage est l’icône de nos vies. Ton visage, apprends-nous à le regarder pour apprendre le nôtre !

7° JESUS TOMBE POUR LA DEUXIEME FOIS


Puisque vous êtes en marche dans votre vie, dans laquelle vous souhaitez que tout marche plutôt bien que mal, il n’est pas étonnant que vous tombiez plus d’une fois dans le rêve d’une marche droite, dans l’illusion d’une vie facile, dans le désir de maîtriser les affaires…   Lorsque vous êtes face contre terre, c’est encore une chance nouvelle, étant ainsi arrêté dans le mouvement, pour reprendre vos esprits et ramasser quelques fagots d’espérances qui traînent éparpillés par terre.

Jésus, les joies de la vie ne sont pas contredites par les tristesses des chutes. Ravive en nous ce désir d’aller à la source de nos vies !


8° JESUS CONSOLE LES FEMMES DE JERUSALEM.


Vous serez consolés sans l’être vraiment, car la consolation humaine mène à l’apaisement, mais nourrit-elle dans la tourmente ? Ils seront nombreux ceux qui voudront vous consoler pour se consoler eux-mêmes.

Jésus, les femmes de Jérusalem sont venues te consoler et c’est toi qui les nourris d’une parole de vie !


9° JESUS TOMBE POUR LA TROISIEME FOIS.


Si vous êtes déjà bien éprouvés dans votre existence, vous pouvez être sûrs, que vous le serez encore et encore. Tomber ce n’est rien, retomber ce n’est rien, mais finir par se convaincre qu’il n’y a que cela, c’est le drame presque ultime.

Jésus, ton corps humain, bien humain, au regret de certains, trop humain, nous fait voir de quelle manière la vie de détresse, pliée à genou, la vie de dignité et de souffle, terrassée, est une vie qui n’attend qu’à se relever !


10. JESUS EST DEPOUILLE DE SES VETEMENTS


Vous serez dépouillés de tout, entendre cela ne fait jamais plaisir.

Jésus apprends-nous à nous draper de ta dignité en toutes circonstances, et même apprends-nous à nous dépouiller de toute vie !

11 JESUS EST CLOUE A LA CROIX


Ca y est, vous êtes cloués, la maladie, les pensées, les proches qui enferment, les éloignés qui ne se dérangent pas, autant de clous dans votre chair et dans votre cœur. Cloués, immobiles, paralysés sans aucun espoir d’un lendemain meilleur. Au mieux vous pourrez espérer être recloués par des choses nouvelles, imprévues, inattendues et à redouter. Vous n’y échapperez pas, c’est écrit.

Jésus, immobile et comme sans vie, tu nous cloues à toi ; le bois de la croix de nos vies c’est désormais ta vie.


12 JESUS MEURT SUR LA CROIX


Mourir une fois dans son âme, cela est une bonne expérience, c’est considéré comme indispensable pour comprendre la vie. Mourir plusieurs fois pour une cause juste c’est louable, mourir par amour pour les siens c’est appréciable. Mais le faire pour n’importe qui,  n’est-ce pas étonnant ? Cloués à lui vous serez comme lui, et plus rien ne pourra vous arracher de cette dépendance vitale tout autant que mortelle.

Jésus, meurs sur la croix de nos vies, pour que nous puissions vivre sur le chemin de ta vie !


13 LE CORPS DE JESUS DESCENDU DE LA CROIX ET REMIS A SA MERE


Ce qui restera de vos vies sera remis à vos proches, aux ayants droit. Ils seront dans l’embarras de ne pas savoir que faire avec une telle matière inanimée. Votre mort leur sera un présage pour la leur, et ils ne pourront plus s’en défaire tout en le désirant à la fois. Votre mort sera là où sera leur vie et votre vie sera le signal de leur mort.

Jésus apprends-nous à laisser accueillir le corps mort de nos vies par des « mères » qui seront là pour nous, parce que pour toi !


14 LE CORPS DE JESUS EST MIS AU TOMBEAU


Vous serez déposés dans les caves obscures de nos vies sans lumières. Le dernier ouvrier de la besogne éteindra la toute dernière lumière et le silence de la tombe vous enveloppera de sa blafarde douceur.

Jésus, ton corps est déposé au tombeau, et avec le tien, tous les nôtres... Père de cieux, veille !        

2008, Carême - Méditation collective - Les sept paroles du Christ en Croix : « De l’amour crucifié »

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le vendredi 1 février 2008 11:57


Méditations pour le Carême 2008.
Quatre mercredis de 19h à 20h à l'église de la Collégiale Saint-Martin (Montmorency).

 

1° « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Lc 23,33



Un cri de cœur,  un cri de Fils qui n’a que son Père pour lui confier son ultime message.

 Un aveu d’impuissance, un aveu de confiance. Confiance, comme une confidence faite à ce  Père si précieux, si lointain et si proche à la fois. Pardonner pour partir le cœur léger ? Partir parce qu’impossible de rester. Lâcher un aveu, puisque que tout lâche ? 

Pardonner pour alléger les cœurs. Les cœurs alourdis par la vie sur terre. Ces cœurs  sont maintenant allégés par la vie sur croix. La croix comme lieu de vie.

 


Père pardonne-leur !

Une demande, un impératif, une supplication, un gémissement ? Oui, un gémissement    inaudible  pour un cœur humain, bien humain, trop humain.  Inaudible pour le cœur humain, car déjà inaudible pour l’oreille,  une oreille bien humaine.

Espère-t-il être entendu pas son père qui est. Où qu’il soit, il EST. Et par la voix du fils qui demande, qui gémit, le Père est et la demande est et tout ceci dans le gémissement.

Il l’a dit à voix haute, la voix que les témoins ont entendu. Qu’est-ce qu’ils ont entendu ?


Un gémissement, une supplique, ils l’ont entendu, clairement, distinctement, comme une demande de pardon.        

 


***

Pour partir ailleurs, il nous faut laisser quelque chose. Qu’est-ce que nous laissons. Les choses inutiles, futiles pour le voyage. Comme on laisse sur le trottoir des objets  qui encombrait les caves obscures et les greniers poussiéreux. Laisser ce qui ne sert à rien. Mais qu’est-ce qui ne sert à rien ? Ce qui encombre le cœur. Laisser pour délester. C’est déjà louable, mais lui Jésus a laissé pour délester les cœurs des autres, et pourtant c’est le sien qui était encombré, affligé.

 


C’est dans la parole « pardonne-leur » que Jésus sauve, car désencombre.
Il sauve tous les encombrés, tous les alourdis, tous les mal-foutus. Il les sauve par la parole. Mais alors, pourquoi avoir attendu ce moment-là pour le dire ? Pour lâcher une chose pareille !?  Il aurait pu le dire bien avant, dès le début, dès qu’il s’était présenté.

Il l’a dit, et de quelle manière, dans son sourire à la vie et à sa mère et son Père. Dans l’accueil des mages dans les noces de Cana, là, il a tout dit. Et combien de fois il l’a dit, par trois fois, qu’il fallait qu’il souffre beaucoup, qu’il soit mis à mort et ainsi de suite…

Plus il avançait dans la vie, dans la vie publique, dans la mission, dans les dires, plus il allait tout droit au but.  Jusqu’à ce moment sur la croix où il a dit

« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Il ne manquerait que cela, qu’ils le fassent en le sachant. Sachant quoi ? Qu’ils tuaient un homme, où qu’ils allaient être sauvés ? Certainement, ils pouvaient s’attendre à tout, mais pas à cela. Le salut vient par la foi. Et le pardon accueilli et   donné, les pardons échangés captent et le salut et la foi.


 

2° « En vérité je te le dis, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »


 

Pardonner c’est bien beau, mais après tout, cela ne sert qu’à celui qui l’a fait. Mais aux autres, à quoi cela les sert-ils ? D’ailleurs, à quoi bon de le savoir, si l’on peut vivre sans et même tellement mieux, car dans une innocence bien-heureuse du non pardon. Il m’a fait du mal, je lui ai rendu la pareille. Tout va bien, la réparation d’un ressort relationnel, le tort  fut réparé. Quoi de plus humain que de nous occuper des réparations. I y a tellement à réparer, car tellement de choses cassées.     

Pourquoi entendre ce gémissement du haut de la croix : frère, ta foi t’a sauvé, va dans la paix. Le bon larron, ne pouvait qu’aller au paradis, car il n’y avait plus de place pour lui sur terre, pour lui non plus, tout comme pour Jésus et l’autre  pendu de  l’autre côté. 


Quelle espérance, puisque à l’évidence, il n’y avait plus rien à chercher ici sur terre. Ces sont les autres qui sont venus les chercher pour les expulser de la planète terre, en les mettant au dessus des autres, au dessus de la terre, juste avant de les mettre en terre.

Quelle folle idée de vouloir attendre encore quelque chose que mort lente qui lâche ses fauves mordant sans pitié.

Libération, rémission, remise, pardon : tout cela pour signifier gémissement « pardonne »  « dimitte » et « afesis »,
Comme dans  Is 53, 12 :

 « C’est pourquoi il aura sa part parmi les multitudes, et avec les puissants il partagera le butin, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort et qu’il a été compté parmi les criminels, alors qu’il portait les péchés des multitudes et qu’il intercédait pour les criminels. »

Il ne pouvait pas remettre à plus tard, ce qui était à vivre pour vivre sa vie et celles de deux larrons crucifiées et en train d’être  déliées.


 

3° Il dit à la mère : femme voici ton fils, ensuite il dit à l’adepte : voici ta mère 19, 26/7

Traduction de Chouraqui.

 

Double foyer : comme dans une ellipse, un pour la mère un pour le Fils et à l’intérieur de chacun une dimension spirituelle et une charnelle.

  Quand le regard est posé d’un peu plus loin, la profondeur du regard fait que les deux foyers se superposent et donnent  une image unifiée.  D’abord voyons ce qui les distinguent, car en effet dire femme voici ton fils n’est pas symétrique avec voici ta mère.  L’un conduit à l’autre, mais l’un n’est pas réduit par l’autre. 

 D’abord,  dans cette priorité donnée à la mère, il y a de l’héritage humain très humain, l’on ne laisse pas la mère seule sans ressource ni protection. Cet héritage tout humain conduit à l’autre spirituel. La mère continuera à exercer sa fonction  maternelle auprès des fils que sont et seront les disciples, les adeptes du Crucifié.

 Puis les choses deviennent logiques. Si la mère a des fils, alors les fils doivent aussi avoir une mère.   C’est dans l’accueil de la mère par le fils, par tout fils, par les fils que naît Eglise.   

 Regardons  quelques  détails :

Il dit à la mère : « Femme voici ton fils ».

Il dit cela à la mère. Dans le texte, en grec, il n’y a pas de pronom personnel possessif, alors que habituellement cette langue  en use abondamment. Il dit à la mère, pas à sa  mère. Puis il dit « femme ». Femme des noces de Cana, une très respectueuse adresse, pleine de reconnaissance de  dignité, pleine d’identité de femme et donc de mère, de mère parce que femme. Tout s’inscrit dans la longue durée de l’annonce de la seconde Eve, celle qui allait  terrasser la tête du dragon (Gn 3,20 et    ). Ce qui est arrivé par une Eve est dépassé par une autre. La création se plie heureusement sous le poids  de la gloire de Dieu manifestée dans le salut offert à tous.    

« Qui est ma mère et qui sont mes frères ?» «  et il tend sa main vers ses adeptes et dit « Voici ma mère  et mes frères. Oui, quiconque fait le vouloir de mon père des ciels est pour moi frère, sœur, mère »   (Mt 12, 48-50).

A-t-il oublié, ce Jésus sur la croix, ce qu’il avait dit un jour, lorsqu’elle, sa mère, était venu le chercher pour le sauver de la dérive supposée par ses frères ? Non, certainement pas, mais dans ces paroles il a tout enfermé, tout compris, afin que tout soit accompli. Maintenant il n’a que ces deux pour le  dire d’une façon nouvelle ; nouvelle, car dans une étape ultime de sa vie.    


Il lègue un héritage, un double héritage, comme un double foyer d’une ellipse. Depuis la mère au fils et depuis le fils à la mère. Dans chacun de ces  deux cas, un héritage d’en bas et un autre d’en haut. Ne pouvant, d’aucune manière d’ailleurs, donner primauté à l’un plutôt qu’à l’autre,  il s’adresse à ceux qui sont au pied de la croix, sur terre, alors que lui est dressé sur la croix élevée au dessus de la  terre.

Un double héritage mais pas forcement là où on l’attendrait.
Ce n’est pas seulement sa mère biologique qu’il confie à son fils spirituel.
C’est plutôt, ce qu’il y a de charnel est confié à ce qui est spirituel et ce qui est spirituel est configuré dans la vie charnelle. 

La structure sociale et familiale n’est pas abolie, elle est transcendée. La mère  a maintenant un autre fils et le fils a désormais une autre mère. Les dimensions charnelles et spirituelles s’entrecroisent sans pour autant s’entrechoquer. La mère reste protégée par un fils d’adoption et le fils adepte, s’occupera de la mère.

La mère perd un fils et le fils adepte perd une mère (peut-on avoir deux mères à la fois?). Mais chacun d’eux perdant trouvent à la fois l’équivalant de ce qu’ils sont en train de perdre et en même temps autre chose, quelqu’un d’autre l’un dans l’autre. La mort d’un fils entraîne l’adoption de l’autre. L’adoption de celui-ci entraîne l’abandon de sa propre mère.


***

Au contact avec le Christ il y a toujours de la richesse nouvelle qui s’offre au prix d’un abandon. Un trésor  nouveau plus important que tous les autres fait bousculer les petits trésors acquis au prix d’efforts de constructions d’une vie sur terre. Le trésor transmis par le fils à sa mère et à son adepte, ce trésor est à vivre sur terre. Lui, le Crucifié, il la quitte, elle, cette terre, eux vont devoir y vivre sans vouloir échapper à l’emprise de cette vie terrestre tout en comptant sur la parole dite du haut de la croix : « Femme voici ton fils,… voici ta mère ».

Et depuis Marie est l’icône de l’Eglise, l’héritage bienheureux du Fils. « Et depuis lors, l’adepte la prit chez lui »


 

4° « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ? »

par François Marq


Il faut bien réaliser que les dernières paroles de Dieu sur la croix restent dans le droit fil de toute son existence terrestre. C’est le même esprit qui les anime, c’est le même verbe qui s’exprime et toutes les paroles de Dieu sont prophétiques, toujours tournées vers l’avenir en particulier les quatre dernières.
Ces paroles s’inscrivent dans une perspective eschatologique, c’est à dire qu’il s’agit de l’histoire du salut pour l’humanité de tous les temps. Elle s’adresse non seulement aux quelques personnes qui vont les entendre au pied de la croix mais prioritairement aux hommes de tous les temps donc à nous aujourd’hui pour leur annoncer le salut du monde et demander aux hommes de bonne volonté de poursuivre l’œuvre de l’esprit malgré les difficultés, les angoisses, les doutes sachant que Jésus est là à nos côtés pour qu’à sa suite désormais, nous en témoignons à nos frères désemparés. Ecoutons donc le Christ sur la croix dans des paroles, on devrait dire dans des cris qui embrassent la totalité de l’histoire du monde valable pour toutes les générations jusqu’à la fin de temps. Quand nous disons à la fin des oraisons, « pour les siècles des siècles », il ne s’agit pas là d’une parole en l’air à dire distraitement, mais à chaque fois de l’histoire du salut. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné » c’est bien sûr le cri de la souffrance de Dieu tel qu’exprimé dans le psaume 21. Ce cri est suivi v 2 et 3  « J’ai beau rugir, mon salut reste loin. Le jour,  j’appelle, et tu ne réponds pas, mon Dieu ; La nuit, et je ne trouve pas de repos. » . v 8 et 9 « tous ceux qui me voient, me raillent ; il ricanent et hochent la tête : « Tourne toi vers le Seigneur ! Qu’il le libère, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime ! » ». v 15 « comme l’eau je m’écoule ; tous mes membres se disloquent. Mon cœur est pareil à la cire, il fond dans mes entrailles ». Le v18 « je peux compter tous mes os » sera suivi d’une prière dans une confiance totale, nous le verrons plus loin. C’est aussi et d’abord dans la bouche de Dieu, le cri de la souffrance du monde, c’est le cri de tous les torturés, de tous les innocents massacrés, de tous les enfants exploités et martyrisés. C’est le cri d’un Dieu impuissant devant le déchaînement de la violence et du mal, un Dieu qui n’est qu’amour absolu, qui meurt d’amour en étant totalement du côté des victimes. N’oublions pas Jethsémani où Dieu lui-même va jusqu’à l’extrême limite de l’acceptation et du don de soi. « Père si c’est possible, éloigne de moi ce calice, mais non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Sur la croix, par dessus tout nous dit Benoit XVI, Dieu se révèle tel qu’il est, cloué sur la croix, il n’est pas du côté des puissants et des faiseurs de prodiges comme le lui demandent ceux qui se moquent de lui « si tu es le fils de Dieu, descends de la croix et nous croirons en toi ». Que serait-il arrivé s’il les avait écouté ?
Cloué sur la croix par la haine des hommes et donc aussi par la haine des hommes d’aujourd’hui, par notre propre haine à nous, hélas quand elle est présente dans notre cœur. Dieu ne peut que répondre en s’associant aux victimes de tous les temps, en s’unissant cœur et âme à la solitude de leur souffrance et à l’abandon apparent de Dieu. Je cite Benoit XVI dans la dernière encyclique sur l’espérance : « maintenant Dieu révèle son propre visage dans la figure du souffrant qui partage la condition de l’homme abandonné de Dieu, la prenant sur lui. » Spe salvi n° 42. Le cri d’un Dieu qui affirme que l’amour est plus fort que la mort, qui affirme sa confiance absolue dans le Dieu de la miséricorde. Je reviens au Psaume 21 qui se termine par une prière « tu m’as répondu, je vais redire ton nom à mes frères et te louer en pleine assemblée » et v 25 « Il n’a pas rejeté ni réprouvé un malheureux dans la misère ; il ne lui a pas caché sa face ; il a écouté quand il criait vers lui ».

Nous le disions au début, c’est le cri d’un avenir et en terminant, je m’inspire de Benoit XVI « ce qui caractérise les croyants, c’est qu’ils ont un avenir et pas seulement un avenir pour l’au-delà mais un avenir à vivre maintenant chaque jour parce que le Christ mort sur la croix est venu apporter la rencontre avec un Dieu vivant et une espérance plus forte que toutes les souffrances. Le ciel n’est pas vide, la volonté de l’esprit créateur se révèle comme amour, alors par-delà les souffrances, les échecs, les guerres, les tortures physiques et morales. Il y a l’espérance, en Jésus Christ, l’amour s’est montré le plus fort « courage, je suis vainqueur du monde ». Il y a la joie de la certitude du salut. « la joie que je vous donne, personne ne pourra vous la ravir ».


 

5° « J’ai soif »

par François Marq


Jn 19, 29 : « Il y avait là une cruche remplie de vinaigre. On fixa une éponge imbibée de vinaigre au bout d’une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche ». Auquel fait écho le Psaume 68, « A mon pain, ils ont mêlé du poison, quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre ».
Oui Seigneur, tu avais une soif ardente après tous les sévices que tu as subis. La soif physique d’un corps meurtri et complètement déshydraté. Mais je crois qu’il y a aussi, qu’il y a surtout tout autre chose dans ce cri « j’ai soif ». Ecoutons Luc au chapitre 12 : «  je suis venu apporter le feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fut allumé, je dois recevoir un baptême et quel n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé. » Ce cri est le cri d’un homme et c’est le cri d’un Dieu et c’est parce qu’il est pleinement Dieu qu’il est lui seul pleinement homme. Ayant créé l’homme à son image et ressemblance, il n’y a que le Christ en tant que Dieu qui  peut être l’homme parfait. Dans l’amour absolu, c’est impossible de tricher. Dieu ne triche jamais. Il ira donc jusqu’au bout de son amour, c’est à dire jusqu’au don plénier qu’il fait de lui-même.
On va partir du dialogue avec la samaritaine au ch 4 de saint Jean « J’ai soif, donne moi à boire », et v 14 « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif, au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante en vie éternelle. »
C’est la première fois que Jésus dit « j’ai soif » dans l’évangile et c’est normal puisque le texte précise que c’est à l’heure chaude du jour. L’ensemble de ce passage montre que c’est Jésus qui désire ardemment donner à boire sa parole et l’amour du père à tous. Et c’est ce qui se passe sur la croix. Dans ce cri « j’ai soif » où Jésus endure la méchanceté des hommes qui le font taire. Alors il crie : « mais vous n’avez donc pas compris, vous êtes en train de tuer la source, j’ai soif moi même de la source vive que je vous ai donnée durant toute mon existence, hommes insensés, vous tarissez la source en tuant votre Dieu. J’ai tout donné et au seuil de ma mort, il faut que ma soif devienne votre soif. Il faut que maintenant, sans attendre, mes apôtres et hommes de bonne volonté, vous deveniez source à ma place pour que le flot de mon amour ne se tarisse pas. Rends nous Seigneur, assoiffés de ta parole, donne nous ta soif de révéler l’amour de Dieu et d’apporter ta parole autour de nous.
Psaume 41 : « comme une biche se tourne vers les cours d’eau, ainsi mon âme se tourne vers toi mon Dieu, j’ai soif de Dieu, du Dieu vivant ».
Psaume 62 : « Dieu, c’est toi mon Dieu, dès l’aube je te désire, mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi dans une terre desséchée, épuisée sans eau ».
Seigneur, tu as soif de ton Amour, donne nous d’avoir soif de toi.


 

6° « Tout est consommé. »

par François Marq


Plus que jamais encore, plus que les autres, ce cri du « Tout est accompli »  est à entendre dans une perspective eschatologique, c’est à dire qui embrasse toute l’histoire de l’humanité jusqu’à la fin des temps. Nous ne pouvons pas voir dans cela notre temporalité d’aujourd’hui pas plus que celle d’il y a 2000 ans, c’est toute l’histoire du monde qui reçoit cette « parole » et à qui elle s’adresse pour les siècles des siècles.
 Jésus va librement vers sa mort, sachant qu’elle apporte le salut définitif à l’humanité de tous les temps. Ce cri veut dire « Tout est parfaitement accompli ». Désormais à ma suite, la vie de ceux qui croient et qui croiront en Moi révèle l’amour infini de Dieu pour sa créature. Ainsi prend naissance, ce que nous appelons la communion des saints, cette foule immense de tous les hommes de  bonne volonté et de tous les témoins qui vont annoncer le mystère de la Croix et de la Résurrection. Depuis Adam et Eve jusqu’aux enfants qui, en ce moment reçoivent le baptême, se réalise continuellement la communion des saints, dans une perspective qui embrasse toute l’histoire de l’humanité.
 « Tout est accompli » nous renvoie au silence du samedi saint entre la mort de Jésus et le matin de sa résurrection. C’est ce que nous appelons dans le symbole des apôtres, la descente aux enfers. C’est le moment où le Christ vient donner la main à Adam pour le faire remonter avec toute la création dans la lumière définitive du salut.
Je cite la 1er épître de St Pierre : « C’est ainsi que le Christ est allé proclamer son message à ceux qui étaient prisonniers de la mort, car si la Bonne Nouvelle a été portée aussi aux morts, c’est afin qu’ils aient eux aussi par Dieu, la vie selon l’Esprit. » Le Christ fait descendre le ciel aux profondeurs des enfers et vient soulever, vaincre définitivement l’univers du péché et de la mort et le faire comme « exploser » pour lui rendre la joie première en l’offrant à Dieu son Père. Ainsi se réalise en Jésus Christ la parfaite unité entre le ciel et la terre dans la communion des saints.
Dans l’épître aux Ephésiens : « En lui, par son sang, nous avons le rachat, le pardon de nos péchés ; Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ pour mener les temps à leur plénitude : récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre ».
Alors oui, toute la création totalement réconciliée retrouve son unité première et le matin de Pâques peut laisser éclater la résurrection du Dieu vivant.  Tout est remis d’aplomb, toute la création est remise dans son essence primitive, « tout est accompli ». Il ne s’agit pas de quelque chose qui se termine, au contraire, il s’agit de l’histoire du salut qui commence confiée aux hommes de bonne volonté qui vont prendre le relais sous la conduite de l’Esprit. Je voudrais pour terminer sans vous donner deux exemples car il y a des personnes qui, comme Jésus, réalisent au moment de leur mort que dans leur vie « toutes choses sont parfaitement exécutées ».
Quand un Maximilien Kolbe donne sa vie en toute liberté au camp de concentration d’Auschwitz où il est déporté, quand il va mourir dans les conditions atroces que l’on connaît, il crie aussi à la face du monde « Tout est accompli, Père entre tes mains, je remets mon esprit ». Il y a en lui une espérance totale, la réalisation plénière de la promesse divine, l’alliance portée à son aboutissement, comme dans la Croix du Christ.
Quand je pense à cette femme morte l’année dernière, terriblement marquée dans son corps par une longue maladie, et qui déclare « je vis dans la misère physique permanente, mais je ne suis pas révoltée ; je n’ai pas peur de la mort. Pourquoi aurais je peur du Bon Dieu, il n’y a que Lui qui m’intéresse ! » et sa dernière parole, quelques jours avant sa mort « il ne me reste plus qu’à donner la main au Christ en croix ! ».
Tant que nous avons l’assurance qu’à la suite du Christ, les saints rejailliront toujours selon le mot de Charles Péguy que chaque génération trouve chez tous les humiliés, les martyrisés, les torturés, des hommes debout qui donnent leur vie pour leurs frères. Oui, la croix du Christ est la plus forte, oui, « Tout est accompli ». Moi, le vivant, j’ai vaincu le monde du péché et de la mort et désormais je reste avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.


 

7° « Père entre tes mains je remets mon esprit. »

      Et Poussant de nouveau  un grand cri, Il rendit  l’esprit. 

par François Marq


Cri de victime, cri de vainqueur.

Cri de victime parce que le cri de Dieu impuissant devant le mal, devant la haine, devant son peuple assassiné durant la shoah, devant les persécutés de tous les siècles.
Ce n’est pas un cri de désespoir, c’est un cri de détresse, nous l’avons évoqué dans la Parole « j’ai soif ».
O hommes insensés, vous tarissez la source en tuant votre Dieu. Vous étouffez le message d’amour, vous asphyxiez la parole. Vous ne voulez pas vous détourner de vos idoles que sont le chacun pour soi, la consommation effrénée, le cœur rempli de vos soucis et de vos préoccupations où il n’y a pas de place pour Dieu.
Mais c’est aussi, et surtout le cri du vainqueur qui sait, nous venons de le voir que tout est parfaitement accompli, que l’amour de Dieu a été entièrement offert à l’humanité.
Le cri du condamné qui meurt en donnant sa vie en plénitude et qui sait, en dépit des apparences, que l’Amour est le plus fort, comme le dit Jeanne d’Arc de Paul Claudel, que l’espérance est la plus forte, que la joie est la plus forte.
Quand les asphyxiés dans les chambres à gaz du nazisme meurent en priant le Shema Israël, leur vie donnée, en fin de compte sera victorieuse de tous les crimes du monde.
Jésus sur la croix ne nous révèle pas autre chose que d’être associé jusqu’à la fin des temps à tous les torturés de la terre. C’est cela l’amour infini de Dieu pour sa créature. Chaque homme a à conquérir sa liberté, à faire son chemin personnel vers Dieu dans une entière liberté.
C’est la gloire de Dieu vue par Saint Jean sur la croix elle-même.

En conclusion, j’ajoute que les cris du Christ sur la croix, dans les sept paroles, sont dénuées d’aigreur. Même s’il y a de la détresse, il n’y a que des cris d’amour.
Saint Jean (Jn 5, 4) nous dit « Tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde et la victoire qui a vaincu le monde c’est notre foi ».

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