carême - EasyTagCloud

25 items tagged "carême"

Résultats 1 à 20 sur 25

2018/02/25 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 28 février 2018 13:02

Tu vivras


Le récit du sacrifice d’Isaac laisse toujours un goût d’inachevé. Ce goût exprime notre cheminement depuis la croyance païenne à la foi chrétienne. Je l’ai aussi expérimenté en préparant cette homélie. On peut savoir beaucoup de choses sur le contexte historique  du récit et  sur sa portée théologique. Le soupçon reste très fort. Dieu veut éprouver l’homme dans la fidélité qu’il lui porte. Et il le ferait sans se priver de tous les moyens dont les hommes disposent ? Il voudrait nous prendre ce que nous avons le plus cher ! Notre vie, nos projets, notre avenir. Nous priver de notre liberté, nous rendre esclaves ! Comment croire en un tel Dieu ? 


De fait si notre raisonnement se situe sur ce chemin, nous sommes dans la lecture païenne du récit. Et alors Dieu punit et récompense comme il veut.  Or la Bible dans ce récit nous indique une lecture différente. Il faut seulement être attentif aux indices. C’est une lecture de la foi avec un regard d’amour.


Ceci se laisse voir en trois étapes. 


1° lorsque le texte a été écrit  tout le monde savait qu’Isaac avait vécu longtemps. Donc on ne peut pas lire ce récit comme un film à suspense. Le regard est à tourner ailleurs, vers une nouvelle image de Dieu. 


2° Lorsque le texte fut écrit au VII s avant J-C, alors que Abraham avait vécu plus de mille plutôt, tout le monde savait que Dieu refusait le sacrifice humain et ceci depuis toujours.  Les descendants d’Abraham lisent ce texte commun un récit de conversion du regard d’Abraham sur  Dieu. Comme si Dieu lui disait : « Tu imagines que je veux la mort de ton enfant ? Eh bien tu te trompes ! »


3° Dieu est fidèle à sa promesse,  donner une descendance nombreuse à Abraham. Les intérêts des hommes sont fondamentalement les mêmes que ceux de Dieu. Le bonheur humain,  Dieu le favorise, l’accueille et le transforme, certes à sa guise.  Tout ce bonheur,  Dieu demande de le lui offrir (sacrifier), mais pas de tuer. « Offres-moi ton fils en sacrifice, c’est-à-dire fais le vivre, sans jamais oublier que c’est moi qui te l’ai donné. »   Et c’est peut-être là que se situe la difficulté majeure de la foi chrétienne. Ne jamais oublier qui est Dieu pour nous, et donc comment nous avons à être par rapport à lui. Il est notre créateur qui veut notre bonheur. Il nous entoure de sa promesse. Promesse de vie : tu vivras !


4° nous sommes descendants d’une telle promesse. C’est à nous de lutter, d’oeuvrer de toutes nos forces pour qu’elle advienne. Promesse de vie : Tu vivras ! Il y a pleins de situations et endroits dans le monde où une telle promesse se réalise sous nos yeux. Comme par exemple dans les cas des fondateurs de la PSE qui ont bien compris cela. Ils ont compris le devoir de dire à chaque enfant de la décharge de Phnom Penh « Tu vivras ». De le dire en s’occupant de lui. En lui procurant de la nourriture, les soins nécessaires, son éducation, son métier. Et tout cela par amour. Amour qui transfigure, comme dans le récit de l’Évangile d’aujourd’hui. La vraie nature devenant visible pour un moment. 


Suis-je dans le désir de chausser des lunettes de la foi ? Lunettes qui me permettent de voir par amour ? Et me souvenir de cela ?  AMEN

2017/03 - Méditation personnelle - Carême

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le lundi 28 août 2017 14:19

Le carême est le temps de la descente aux enfers de notre être ténébreux. Cette descente se fait en la présence du Christ, ce Jésus qui au désert a lutté pour nous permettre de sortir de cet enfer. Nous sommes capables d'y aller car nous y descendons avec lui en rappel. Il est notre fil d'Ariane, notre sécurité et l'assurance de pouvoir remonter à la surface, chaque fois transformés et recréés. Quarante jour d'une plongée en apnée, juste alimentés par le souffle de l'esprit du Christ qui nous l'insuffle chaque fois que nous sommes à la limite de l’asphyxie. C'est le prix de ce voyage dans les tréfonds de notre être. Mais gare à celui qui voudrait y aller tout seul, il risque d'y perdre sa vie, toute sa vie. Alors que, qui perd sa vie avec le Christ, la retrouve bien plus belle et plus riche.

2017/04/02 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 14:02

Avec ce 5 dimanche, et troisième scrutin, nous sommes encore en Carême. Mais la Pâque n’est plus très loin. On  commence sérieusement à en apercevoir les contours.

La victoire de la Vie sur la mort se profile à l’horizon du calendrier liturgique. Nous sommes déjà dans les frémissements de la joie que provoque notre heureuse attente. Ce sont des signes avant-coureurs d’une libération extraordinaire. L’évangile d’aujourd’hui nous le met devant les  yeux avec une évidence qui n’a pas besoin d’être soulignée plus que cela.

Dans le carême qui nous prépare à Pâque, nous préparons notre vie pour accueillir une cette  nouveauté.  Oui Dieu s’attaque au plus dur,  à la mort.
Car si on peut ignorer le péché, ce n’est pas le cas de la mort. Et pourtant le péché et la mort se sont ligués. Ils ont signés un pacte pour  unir leurs forces. Ils ont signé un pacte d’agression à notre égard. Ils l’ont fait pour nous entrainer dans le gouffre de la mort et nous éloigner de Dieu.

La réaction contre cela est toute divine. « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël… Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. »

Comment cela résonne en nous ? Une parole en l’air, une consolation, pas pour moi, mais peut-être pour les autres ?  (Ezékiel 37, 12-14)
Est-ce sous l’emprise de la chair ou de l’Esprit que nous réagissons ? (cf. Rm8, 8-11)

Et si je m’en aperçois, qu’il y a du vrai pour moi, quelle est la tombe dans laquelle je suis enfermé ?

Est-ce la tombe de ma suffisance, ou au contraire celle de mon incertitude, de mes doutes maladifs ? La suffisance, on l’attrape à l’âge de deux trois ans et, il y en a qui ne s’en sont jamais départis. Alors que les doutes maladifs sont ceux qui nuisent à la santé physique et spirituelle (c’est presque de la tautologie, mais il vaut mieux donner cette précision) Et peut-être, en ai-je même plusieurs ?

Car quoi dire de tous ces tombeaux de non-dits, trainés comme des boulets. (Tombe sous terre et tombeau la partie visible, monument funéraire)

 L’expression être comme une tombe, vise à garder un secret, n’en rien dire à personne, garder pour soi. Et le faire, soit par engagement soit par crainte, ou les deux.

Certes,  il y a des secrets qu’il faut garder, par exemple celui de la confession. Mais il ne faut pas  le confondre avec  refus de réparer  et prévenir un danger futur.

Ce sont juste quelques exemples pour nous faire méditer sur nos tombeaux, et comment nous pensons pouvoir nous en sortir.

Le chrétien  ne s’en sort pas tout seul. Il le fait en se confiant à la puissance divine annoncée dans l’ancien testament et réalisée en Christ.

L’ordre que Jésus donne  à la tombe de Lazare de s’ouvrir est clair : Lazare vient dehors, puis il dit aux témoins de la scène ; déliez-le et laissez-le aller. (Jn11, 3-45)

Fidèle à l’évangile, qui est une bonne nouvelle, nous célébrons la sortie de nos tombeaux à  travers le sacrement de la réconciliation, comme samedi dernier (et les réglages sont toujours à faire) Et si nous ne le faisions pas, sous cette forme ou une autre, nous  serions coupables de la non-ouverture par Dieu des tombeaux, de nos tombeaux.

Ne trainez pas les pieds, il est encore le temps. Les catéchumènes nous en donnent un exemple éclatant. Eux, qui vont recevoir le bain de la vie nouvelle. Et dans ce bain, ils vont recevoir la grâce du pardon.

Ce qui ne les dispense pas de la confession au sens de faire le travail de vérité, et à en rendre compte. C’est à quoi servent les scrutins suivis de l’entretien avec le prêtre juste avant le baptême.

Nous, les autres, nous avons  à le faire au moins une fois l’an. Sinon notre conviction, notre certitude de ne pas avoir de raisons pour  le faire, pas plus sous cette forme qu’une autre, nous condamne à rester dans nos tombeaux.

Tombeaux sur lesquels,  nous mettons des pots de fleurs et installons des jardins suspendus en guise de beaux filets de sécurité de notre humaine convenance. 

Ni le péché, ni la mort ne sont plus forts que Dieu, et le Christ en a témoigné dans sa vie et dans sa mort, jusqu’à sa résurrection. Amen.

2017/03/26 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:58

Et si vous voulez savoir quelles sont les conditions (et pas les raisons) pour se convertir  venez samedi prochain. Et si vous trouvez des bonnes raisons pour ne pas y venir vous saurez  à quoi vous en tenir. Voici les conditions de la conversion


1. Tout en étant touchés par une émotion en profondeur,  se  détacher des ses sentiments et surtout de ses pensées ou des idées acquises souvent au prix de grands efforts de pensée qui  sont plus importants que la nouveauté de la Foi.

2. Faire un examen de conscience en toute vérité en me servant de l'échelle de valeur comparative fournie par les deux commandements : amour de Dieu et de mon prochain.

3. Se concentrer sur un aspect en particulier, le plus important soit par ce que le plus urgent, soit parce que le plus douloureux, soi parce que le plus négligé depuis si longtemps

4. Le regretter sincèrement. Tant que le regret n'est pas total qui  donc engage la totalité de mon être  (sens de la contrition par amour) la conversion peut être juste un peut désirée,  mais elle n'est ni désirée comme une nouvelle vie ni accueillie comme cadeau.

5. Dans la grâce du pardon sacramentel accueillir les effets spirituels et par conséquent purement humains de la conversion

6. Savoir remercier pour un tel cadeau et le montrer dans une attitude d'humilité avec laquelle des gestes concrets sont posés pour signifier la conversion.

7. Célébrer en communauté chrétienne la grandeur de Dieu qui se révèle à travers notre conversion.

8. Méditer

2017/03/01 - Homélie - Mercredi des Cendres

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:53

Par cette messe et par l’imposition des cendres nous entrons en carême. Laissons-nous guider par les paroles du psaume 50.


Crée en moi un cœur pur !

Le cœur dans la Bible signifie le lieu de l’intelligence de la foi, la volonté d’adhérer à Dieu et d’agir selon son désir.  C’est reconnaitre dépendre entièrement de Lui, Créateur, c’est reconnaitre être une personne unique à ses yeux avec une mission unique : annoncer la louange de Dieu.

 Pécheurs, avec un cœur si souvent sale comme la cendre, endurci et divisé demandons à Dieu de créer en nous un cœur selon son cœur, un cœur pur, ouvert, unifié.


Ne me reprends pas ton esprit !

Par l’Esprit de Dieu, insufflé dès sa conception, l’âme porte en elle
la promesse de vie éternelle !

Esprit de Dieu, reçu au baptême, donne à notre âme la capacité de s’ouvrir
à la vie éternelle.

Esprit de Dieu, reçu à la confirmation, donne-nous la force nécessaire
pour accomplir notre mission.

Dieu, se penchant vers l’Homme lui dit d’abord : Tu existes ! ; en
suite : viens !  et  puis : va !


Rends-moi la joie d’être sauvé !

La joie est au centre de l’action de Dieu

Elle rayonne par contamination heureuse

Elle témoigne de l’action divine

Elle nous entraine sur le chemin du salut

Elle soutient l’Espérance dont se nourrissent la Foi et la Charité

2017/03/19 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:46

CARÊME :
C’est aussi  le temps qui
me permet de comprendre
pourquoi
je ne veux pas me convertir!


Nous tenons à notre vie plus qu'à tout. Y compris par rapport à  la vie éternelle en Dieu. Nous nous habituons à nous apprécier tels que nous sommes. Et « si nous arrivons à positiver, c’est déjà bien ! » N’est-ce pas le soupir que l’on peut entendre? Nous essayons tout de même de développer ce côté positif qui sommeille et nous et que nous réactivons périodiquement, suivant les circonstances. C’est la générosité, l’attention aux autres… Que vouloir de plus ? « Vous n’allez tout de même pas, mon père, faire de nous des saints ! ». J’entends cette phrase bourdonner dans mes oreilles. Si, justement, mais cela suppose de passer par bien des étapes.

Certes, il y a beaucoup de choses qui nous dérangent. Mais, faute de mieux, nous finissons par les accepter telles quelles. Nous nous y installons et faisons rayonner notre personne autour de nous. Et beaucoup trouvent cela sympathique, agréable, voire se réjouissent de cela et nous emboitent le pas. Et pour survivre dans un tel état, nous déployons toutes sortes de stratégies d'éviction. Ces stratégies ont toutes pour but de masquer cette résistance à la conversion.

Et pour être tout de même en règle, tout au moins avec nous-même, nous rabaissons le niveau d’exigence spirituelle, en l’’accommodant à notre sauce. C’est qu’a fait la Samaritaine avant la rencontre avec Jésus. Ou ce que nous entendons si souvent, pour signifier le refus d’aller à la messe, du style : «  les chrétiens qui vont à la messe tous les dimanches ne sont pas mieux, voire pire que les autres ; même des non chrétiens sont souvent meilleurs... »

Ainsi, nous sommes à peu près sûrs de pouvoir échapper au devoir de la conversion. Ainsi, nous sommes à l’abri de ce spectre qui plane sur les chrétiens et qui les rend si vulnérables. Et en effet, peu crédibles sont de tels chrétiens. Ils sont si souvent sujets à des déprimes spirituelles qui les font battre leur mea culpa. Quelle horreur que d’être à la merci d’un bon vouloir d’un Dieu qui ne correspond même pas à nos attentes. Ce Dieu avec qui nous n’avons pas fini de régler nos comptes.

Et puis, après tout, la vie est déjà tellement compliquée en nous et autour de nous. Nous n'allons tout de même pas nous battre sur tous les fronts. Bref, nous faisons tout pour ne pas activer le mouvement de conversion. Nous avons donc plusieurs raisons  pour ne pas nous convertir.

Car, si nous le faisions, nous serions obligés de nettoyer nos pensées et nos sentiments.  Et nous serions obligés des quitter les eaux tantôt tranquilles tantôt turbulentes des mers de nos existences pour une autre vie. Cette autre vie, qui sans pour autant échapper aux bourrasques, fait cependant augmenter la qualité de bonheur. Et nous serions obligés de ne plus tourner en rond sur ces mers de nos existences. Là, où nous naviguons au gré des alizés de notre bonheur désiré, bien douillet, tout en étant étonnés que les coups durs ne nous épargnent pas. Et nous serions obligés de redresser la barre de notre vie embarquée dans les navires de nos corps pour retrouver le cap de l’Espérance.

Mais cela supposerait s’autoriser à démolir les autels dressés pour honorer nos idoles. Et les idoles, elles sont pléthore. Faut-il les nommer ? « Miroir, miroir, dis-moi que je suis belle, dis-moi que je suis fort ! « 

Ces idoles avec leurs miroirs sont des reflets de nos désirs de vouloir nous retrouver le mieux que nous puissions faire. Le puits de Jacob sur lequel se penche la Samaritaine en présence de Jésus dit bien autre chose, à savoir la vérité de la vie. Alors, accepter la conversion, c’est d’accepter de rendre les armes  de nos combats, menés par nos propres forces. C’est pour cela aussi que nous ne voulons pas nous convertir.

Car se convertir, c'est d'accepter de se laisser recevoir d'un Autre. C'est perdre sa vie à cause de cette Autre Vie, plus grande que la mienne. Ou plutôt, de permettre à cet Autre de retrouver en moi ce qui il avait déjà déposé comme appel pour le rejoindre. La Samaritaine l’a bien compris. Mais cet appel, je ne peux l’entendre que par la voix extérieure à moi et qui me dis souvent dans le creux de mon oreille : « viens et va ».

Se convertir cela suppose accepter de chambouler tellement de choses en moi, que très honnêtement je ne veux pas, toujours pas. Encore une fois je me le dis, malgré toute cette résistance, je ne suis tout de même pas un monstre spirituel. Et, en principe, le fait de venir à la messe le prouve.

Éventuellement, j’attendrai donc qu’un événement grave me pousse à la conversion. Mais sans préparation aucune pour affronter de tels événements éprouvants, je risque aussi de m’en éloigner. Mais après tout, peut-être que tout cela m’est égal.

J’espère que je vous ai convaincus de ne pas vous convertir. Et surtout de comprendre les raisons pour lesquelles chacun pourrait dire : « Non, je ne veux pas me convertir ! »  Répétez cette phrase svp dans votre tête, à voix basse et même en criant. C’est une thérapie comme une autre. Et si vous l’appliquez, vous êtes déjà sur le chemin de conversion. Donc réfléchissez bien, avant de vous y mettre. Vous êtes libres, c’est pour cela que l’on ne va pas le faire tous ensemble maintenant. Alors que de vous le proposer, cela me démange. Le temps de carême est un temps de vérité. Et cela passe par de tels constats qui font froid dans le dos.

Et si vous voulez savoir quelles sont les conditions de la vraie conversion, revenez samedi prochain. Et si vous trouverez de bonnes raisons pour ne pas y venir à cause de cela, vous saurez à quoi vous en tenir.  AMEN

2017/03/05 - Homélie - 1er dim. Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 10:49

Homélie : Carême, le temps du salut qui vient.


Carême c’est le temps d’approfondissement de notre foi. C’est le temps de purification de sa source qu’espérance en Dieu. C’est le renouvellement des engagements de notre baptême pour pouvoir professer solennellement la foi le soir de la veillée pascale.
 Nous approfondissons notre foi par la connaissance de la Parole de Dieu, rien qu’au travers les lectures d’aujourd’hui. Nous le faisons, d’abord pour comprendre notre situation1° et en suite,  pour agir dans le cadre du carême2°.

1° Approfondissement de la foi par les lectures :

Quand on parle de la foi en Dieu bon et attentionné à l’égard de sa création,  on est tout de suite confronté à la question du mal. Pourquoi le mal, la mort, les discordes,  les maladies et même la nature hostile et le travail si souvent pénible….

L’auteur du récit de la Genèse (Xs. avant J-X) écrit ce texte avec une conviction de base. Celle de la bienveillance de Dieu : Dieu  a libéré son peuple d’Egypte, il veut l’homme libre et heureux.

Mais la question du mal demeure.  La réponse est donc donnée sous forme d’une fable. Le jardin des délices contient deux arbres particuliers, un au centre, arbre de la vie, et un autre ailleurs, arbre de la connaissance. 

Intervient alors ce  fameux reptile. Le serpent commence par  insinuer un doute : vous ne mangerez d’aucun arbre ? De fait ce doute insinué par le serpent trouble Eve. La première partie de sa réponse est correcte, mais pas la seconde.  Elle répond que Dieu avait permis de manger de tous les arbres sauf d’un ;  jusque-là c’est correct. Mais en suite, au lieu de parler de l’arbre de la connaissance dont il est interdit par Dieu d’en manger le fruit, Eve parle de l’arbre de la vie, l’arbre qui est au centre. Le serpent, rusé qu’il est, la rassure que non, qu’elle peut en manger. En fait chacun parle d’un autre arbre. Mais le serpent sait ce qu’il fait. Sous forme d’un qui pro quo, l’auteur du récit rend compte d’un énorme mal entendu qui s’instaure. C’est une manière simple d’exprimer l’engagement libre des premiers parents à ne pas suivre la volonté de Dieu. Et par conséquent,  finalement se détourner de lui.

Comme on peut le constater, le serpent s’appuie sur des demi-vérités. La femme, troublée au début, finalement, trouve cela séduisant. Et par de telles demi-vérités est introduit chez l’homme le soupçon sur les intentions de Dieu. Car la pointe est là, peut-on faire confiance à Dieu sans limite ?

Le soupçon sur les intentions de Dieu à notre égard et du monde, est un poison. Il empoisonne notre vie, et ce depuis le début de la révélation. Seul le Christ a fait totalement confiance à son Père (II lecture) et a pu tenir bon dans les tentations (Evangile).

2° comment pouvons-nous donc  purifier  la source de notre foi, de notre confiance en Dieu ?

Carême propose différentes démarches pour y parvenir.

- La première fut signifiée le Mercredi des Cendres. C’est le début de carême dans lequel on entre avec l’attitude d’humilité d’un pécheur. Le pécheur cherche la vérité et donc  cherche à retrouver en lui cette bienveillance, dont Dieu n’a jamais cessé de le gratifier. 
L’imposition des cendres, c’est le rappel de la condition humaine entachée par le péché. Ce qui se traduit par le cœur endurci, fermé, divisé, pour qu’il devienne limpide, tendre et  ouvert.  C’est toute cette prière du psaume 50 qui exprime ce chemin : Crée en moi un cœur pur, rends- moi la joie d’être sauvé.  Rien que de répéter  avec foi ces deux strophes du psaume introduit dans la démarche de carême. C’est une disponibilité à Dieu et sa grâce qui est ainsi signifiée.

- La seconde démarche qui démarre aussi avec le mercredi des cendres, est le travail sur les priorités dans ma vie de chrétien. Cela se traduit par le jeûne et bien d’autres plus ou moins grandes privations.

 Je propose à ceux qui le désirent de faire attention à la somme d’informations que nous recevons tous les jours notamment  par l’intermédiaire de l’Internet et les réseaux sociaux. Suis-je capable de m’en limiter au stricte minimum,  seulement à ce qui est important pour notre vie en conformité avec notre foi et celle de notre famille ?

- Une autre démarche à signifier est d’entrer dans le silence du cœur. Et de chercher à préserver des moments de prière dans la  journée. Il s’agit de cette  prière intime, très personnelle et dans laquelle se creuse le sillon de la confiance en Dieu grâce à une fréquentation assidue des Ecritures. 

Il suffit de télécharger une application adéquate,  puis, bien sûr, l’ouvrir et s’en servir. Trois décisions à renouveler chaque fois et au début avec une certaine implication de la volonté de notre part.

-Et une dernière, mais finalement la plus importante chose à envisager durant le carême, c’est de préparer la démarche de pardon. Cherchez comment le recevoir et le donner !? Et comment cela pourra  aboutir  au sacrement de la miséricorde, où il n’y a rien à craindre. Il y a juste à  y faire acte de confiance par la plongée dans l’amour infini du Pères des miséricordes.

- Pour ce qui est de la générosité, je ne m’inquiète pas, la preuve ce soir…  La générosité est grande dans les cœurs humains normalement constitués. Mais durant le Carême l’on peut aussi rectifier le regard à ce sujet en permettant à cette générosité d’être la charité au nom du Christ.

Voir la différence entre la générosité et la charité,  c’est de saisir la portée de ce qu’est la gestion du bien commun que Dieu nous a confié et comment nous en prenons soins en le répartissant de façon la plus juste possible. C’est peut-être un peu loin de dames patronnesses et de leur aumône, mais que sait-on, après tout, il ne faut jamais s’arrêter à l’image extérieur ou étiquète que l’on collera sur une catégorie des gens.

 Toujours est-il qu’en se sentant le bénéficiaire de la charité du Christ à notre égard, nous pouvons pleinement  d’être dans une véritable charité à l’égard des autres.     

Bon et fructueux carême !

Et que la vérité dans la tendresse de Dieu fasse son chemin dans nos vies et autour de nous !   


AMEN

2016/03/13 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 29 juin 2016 14:25

Highline


Connaissez-vous le nouveau sport qui consiste à marcher sur une corde tendue entre deux poteaux ? Pour les débutants, la corde est placée juste au-dessus de la terre et la distance à parcourir n’est pas très grande, juste quelques pas et quelle joie de se voir arriver de l’autre côté. Comme celle des parents dont l’enfant fait ses premiers pas. Puis, pour ceux qui sont bien entrainés, elle est tendue entre les deux flancs de la montagne. C’est impressionnant, mais pas donné à tous de pouvoir marcher dessus.


Dans la vie, nous expérimentons cela parfois. Nous avons l’impression de marcher sur une corde  parfois  placée bien haut, au-dessus d’un précipice. Et si nous sentons que c’est trop pour nous, cela veut dire que d’y marcher, cela nous fait peur. La peur du vide est normale, surtout lorsque l’on n’est pas expérimenté  dans ce genre de sport. A propos, j’admire les gars qui montent les échafaudages en bambou. Ces sont de vrais artistes du vide.
Pour marcher sur une corde, peu importe la hauteur dans le vide, il y a un truc. Il faut savoir poser son regard sur le but à atteindre. Surtout ne pas regarder où l’on pose les pieds. Car si l’on fait cela, on est certain de tomber. Pourquoi ? Parce que le regard n’est pas fixé sur quelque chose de stable. Mais quelque chose de mouvant, à savoir nos pieds. Alors qu’autour des pieds, il n’y a que du vide. Et donc l’oreille responsable de l’équilibre, transmet des faux signaux, des faux messages au cerveau. Qui à son tour donne la commande de tomber. Ainsi le corps entrainé dans la chute disparaît en tombant. Toutes proportions gardées, j’ai survécu au grand huit de Ocean Park, parce que j’ai décidé  de poser mon regard uniquement sur les rails. 

Mais pour revenir à l’image de Highline, assurez-vous, les gars qui marchent comme cela avec deux cents mètres au-dessus de la terre, sont tout de même attachés au cas où. Sinon, c’est purement et simplement suicidaire.

On peut parfois se trouver dans la situation de la perte d’équilibre. Un faux pas dans une mauvaise direction.

Et que dire de la vie de la foi ? St Paul dans la deuxième lecture nous demande de marcher droit devant sans regarder en arrière. Cela peut paraître contradictoire avec tous les messages  de la Bible au sujet de la foi qui est fondée sur la présence de Dieu dans le passé de la vie du peuple d’Israël. Paul ne nie pas le besoin de se souvenir, mais ici, il insiste sur la nouveauté. Ce n’est plus la loi de Moïse, mais l’attachement au Christ. Le passé majeur du  chrétien c’est la résurrection du Christ. Son passage par la mort, comme celui des Hébreux par la mer rouge. Dans cette perspective, la Terre promise n’est pas identifiée géographiquement, mais symboliquement, comme Royaume de Dieu déjà parmi nous.


Le disciple du Christ est quelque qui sait marcher devant pour attendre le but. Le But c’est tendre vers le Christ qui vient au-devant de nous pour nous accueillir dans sa gloire. Et pour y arriver, le croyant doit fixer son regard sur ce but. Sinon il tombe. Et en effet souvent, nous constatons que nous tombons. Nous tombons, car à un moment donné, nous avons détaché notre regard de notre but. En nous laissant divertir par nos pieds qui ne marchent pas droit, nous avons diminué le niveau de vigilance.

Mais nous avons une double sécurité : la barre que nous tenons entre nos deux mains et un fil par lequel nous sommes rattachés. La barre transversale que nous tenons pour être en équilibre, elle représente toutes nos relations de charité avec les autres. Plus nous en avons, plus longue est notre barre, et mieux c’est pour notre marche dans notre vie. Les saints en ont beaucoup, pour cela ils n’ont pas peur d’être audacieux dans la vie toute ouverte à Dieu et aux autres.

Le fil de sécurité, c’est  au cas où nous tomberions en perdant pied. Le Christ est là comme le bon samaritain,  le bon pasteur... Le Christ soigne par le pardon, grâce auquel nous pouvons nous relever.
Le Christ en  bout, mais  aussi le Christ à nos côté. Le Christ est aussi à nos côté, car c’est lui qui nous  permet de nous ressaisir quand quelque chose ne va pas, est déréglé, sombre, pas nette, troublant dans le mauvais sens du terme. Il est aussi à nos côtés dans ce rassemblement, puis que c’est à son appel que nous avons répondu, appel à célébrer la VIE.

Et  ne nous inquiétons pas de nous  voir nous essouffler dans cette marche. Nous avons le souffle de l’Esprit qui est notre ventoline spirituelle. Il suffit de s’y brancher. Pour cela la prière individuelle quotidienne et la messe dominicale sont déjà deux grands points de ravitaillement. Sans parler de tout ce que l’Esprit Saint nous souffle en dehors.
Mais nous avons besoin des autres pour vérifier si cela vient vraiment de l’Esprit du Christ ou pas. Parce que des esprits il y en a de toutes sortes. Et pour vérifier si cela vient vraiment du Christ, il faut être dans l’attitude de vérité et  le plus libre possible ? D’où le besoin de lâcher-prise intérieur. D’où le besoin d’être dans une parole comme Paul, parole qui fait grandir, au présent de notre vie. Sans jamais perdre de vue le but final.  AMEN

2016/02/21 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 28 juin 2016 17:49

CITOYENS du CIEL


Les lectures d’aujourd’hui nous placent devant l’ensemble de la trajectoire de la vie chrétienne. Depuis l’alliance avec Abraham en passant par la citoyenneté chrétienne à cause du Christ Glorieux pour être dans sa gloire. En effet, à cause de la foi au Christ, foi, initiée par Abraham, appelé Père des croyants, nous sommes les citoyens du ciel. Alors qu’est-ce que le citoyen  du ciel peut bien faire sur la terre ? Pour paraphraser Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, le citoyen du ciel  passe son temps sur terre à faire le bien du ciel. Est-ce possible ? Sûrement, mais peut-être pas tout le temps. Mais un peu tout de même. Jésus se manifeste à ses disciples dans sa gloire, il est rayonnant, cela provoque chez les disciples une crainte bien légitime mais aussi de l’émerveillement. Ils sont dans un autre monde, au point que Pierre ne sait plus ce qu’il dit quand il déclare son désir de dresser trois tentes pour honorer Jésus et les deux autres personnages qui apparaissent à ses côté dans la vision, Elie et Moise. Il veut ainsi en l’honorant, l’enfermer dans un lieu, rien que pour eux, lui et ses compagnons, Jacques et Jean. Le but de la transfiguration est bien autre, c’est de goûter à la joie du ciel, entrevoir comment cela sera. Bernadette Soubirous dont nous avons fêté la mémoire dans le calendrier liturgique jeudi dernier, après avoir vu la Vierge, dit qu’Elle est si belle que l’on a envie de mourir pour pouvoir la revoir. Et Jean Vanier fondateur de l’arche est tellement rayonnant de tendresse qu’il est transparent, constatent ceux qui l’approchent, comme ceux lors d’une rencontre à Paris le mois dernier, où une de mes amies était là avec ses quatre filles et dont une, pas très portée sur la religion, n’a pas décroché à aucun moment en avouant que c’était top.


Transparent, rayonnant de tendresse de Dieu, c’est la Miséricorde de Dieu que cela exprime. C’est la condition d’être du citoyen du ciel mais encore vivant sur terre, c’est cela, c’est d’exprimer la tendresse du Père pour ses enfants. Les citoyens du ciel enfantent alors les autres  pour les présenter comme fils et filles d’un même père, celui du ciel. Les citoyens du ciel travaillent sur terre mais pour les affaires dont les avoirs se trouvent au ciel.


Or, nous habituellement, tout en désirant être de ces citoyens du ciel, nous ne sommes pas toujours transparents, translucides, comme Jésus, comme Jean Vanier ou d’autres saints. Nous avons des masques devant nos proches voire nous-même. Et pour une part, heureusement, car être transparent, dans nôtre condition humaine, c’est s’exposer au risque d’un mauvais jugement et d’en tirer des mauvaises conséquences, c’est de devenir encore plus faible à l’égard de l’autre. De fait il y a toujours quelque chose que l’on cache, que les autres n’ont pas à voir. Et ceci pas forcement parce que c’est mauvais en soi, auquel cas, nous avons à clarifier cela à la lumière de la vérité que Dieu nous donne dans le Décalogue. Mais nous avons aussi à cacher certaines choses, car cela fait partie de notre jardin secret. Et que cela reste dans l’intimité de notre cœur et âme, entre nous-même et Dieu.


Les saints n’ont rien à cacher. Ni de mauvais, car tout le temps, ils sont dans la logique de pardon à solliciter à et à donner immédiatement, sans tarder. Et aussi parce que leur jardin secret, celui de leur relation intime avec Dieu est aussi transparent, mais pas totalement, car seulement dans la mesure où ceci est nécessaire pour leur mission.


Par exemple la sœur Faustyna Kowalska  qui a rédigé son journal pour raconter sa vie mystique à cause des apparitions de Jésus, mais elle a toujours su que les mots sont bien trop faibles pour dire ce qu’elle a ressenti et compris. Mais ce qu’elle a pu dire avec ses mots est suffisent pour nous.


Le carême est ce temps propice pour enlever nos masques et nous rendre ainsi transparents à Dieu. Car devant lui on ne peut rien cacher. Et aussi montrer comment nous pouvons rayonner de la présence divine, comme cette femme d’origine nord-africaine qui demandait le baptême parce qu’elle aimait Jésus et dont les yeux disaient tout d’un tel amour. Amen

2016/03/06 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 15 mars 2016 10:34

                 « Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » ps33 :
                 une double vocation chrétienne.


Les paroles du psaume d’aujourd’hui sont là pour nous indiquer le sens de notre vie chrétienne. La vie chrétienne consiste à regarder vers Dieu et ensuite à en recueillir les bienfaits. Regarder c’est attendre avec confiance que ce qui est désiré soit obtenu. Le Pauvre qui crie sera entendu, car il s’adresse à Dieu.

Alors qui regarde vers Dieu ? Tout chrétien y est invité. Comment le faire ?

Par la prière qui est à la fois louange et demande. La louange c’est une action de grâce, mais pour remercier il faut savoir à qui on s’adresse et pourquoi faire. D’où l’intérêt d’avoir une bonne mémoire. Et celle-ci est bonne car collective. Le peuple d’Israël l’entretint cette bonne mémoire, et l’Église en a hérité pour la poursuivre au présent de la vie des générations des chrétiens qui se succèdent.

La louange précède la demande, car dans la louange on exprime que l’on sait à qui on s’adresse. Le pauvre crie et pose un regard vers celui qu’il vient de louer, de remercier, à qui il rend grâce pour sa présence déjà vécue. Mais le pauvre à encore et sans cesse besoin de celui qui l’a déjà libéré, mais pas encore entièrement. Cependant si le pauvre crie d’abord sans avoir loué il sera aussi entendu, car la louange est dite par le peuple dans son ensemble qui loue le Seigneur au nom de toute l’humanité, y compris de ceux qui ne le font pas, soit, parce qu’ils l’ignorent délibérément ou simplement ne le connaissent pas encore.

Regarder vers Dieu c’est signifier un lien de confiance, lien par lequel espérer la libération. La libération est un processus qui dure toute une vie. La libération est un processus qui s’accomplit à deux niveaux, spirituel et matériel. Au niveau spirituel la relation de confiance s’approfondit, et au niveau très concret, voire matériel, où un tel pauvre (veuve, orphelin  et exilé...) a besoin de l’aide qui leur viendra de la part de leurs prochains. Dans ce deuxième cas, la présence des autres est requise. Car Dieu a besoin de nos mains pour partager, de nos pieds pour aller rejoindre les malheureux, de nos oreilles pour les entendre, écouter passer du temps et comprendre sans juger, de nos yeux aussi pour les apercevoir, ne plus les ignorer...

Le peuple d’Israël, une fois arrivé sur la terre promise, a bien compris cette double mission. Ils étaient assistés par Dieu lors de leur marche de libération depuis la terre d’esclavage vers la terre promise. Mais une fois les Hébreux  arrivés en Terre promise, la manne cessa de tomber du ciel. Double vocation qu’ils découvrent alors : celle de louer Dieu en se souvenant des merveilles d’autrefois (sortie de la terre d’esclavage), et travailler la terre promise pour qu’elle porte du fruit en termes de justice, égalité, liberté. L’année Jubilaire instaurée au retour de Babylone témoigne d’une telle conscience et d’un tel effort. Ils avaient donc sans cesse à regarder vers celui qui les avait déjà libérés pour continuer à grandir en sa présence. 


Nous avons hérité de cela, comme une double vocation aussi.

1.    La foi ou la confiance, est un dialogue ; je loue (par pure gratitude, mais aussi quelque part pour ne pas rater la cible, car je me rends compte de la Grandeur de Dieu et du cadeau qu’il me fait  en me permettant d’être en  sa présence) et  je demande (pas forcement ce qui me passe par la tête), Dieu répond (selon sa volonté). Toute la vie chrétienne est fondée sur le principe de dialogue : la prière, la messe, toute célébration en Église, en famille. Ne soyons pas étonnés en disant  Notre Père, que tout à coup une voix retentisse du haut du ciel en disant ; Oui, tu m’as appelé !? Et ne dites pas comme ce jeune homme qui en prière le soir entend ces paroles auxquelles il répond en toute vérité : non, je ne t’ai pas appelé, je prie ! La première vocation est celle d’être en présence du Seigneur et de regarder vers lui. Ce que les deux fils du Père de la parabole d’aujourd’hui n’ont pas bien compris. Ils regardaient ailleurs, même le premier, et finalement était-il tellement mieux que l’autre ? Il était à côté de son père, mais sans avoir vu l’essentiel, l’amour dont il était entouré de la part de son père. Son formalisme dans l’obéissance au travail avait  pris le pas sur l’amour dont il était entouré. Et lorsqu’il aperçoit l’immensité d’amour dont le Père entoure son frère, « ce fils que voilà » ; cela le rend jaloux, car il croit que le père n’a pas assez d’amour pour les deux, la preuve, il ne l’avait pas vu avant. Mais les deux finiront par comprendre : le cadet à cause d’une détresse extrême dans laquelle il s’est retrouvé, l’aîné, l’histoire ne le dit pas, mais on peut imaginer qu’il n’a pas pu résister à un tel débordement d’amour de la part de son père sans admettre que tout ce qui était à son père était aussi à lui. Derrière la figure du fils aîné se cache par contraste celle du Christ, le Fils de Dieu lui-même. Le Fils de Dieu, le Christ, nous fait connaitre tout ce qu’il a reçu de son  Père, à savoir l’amour infini, que nous appelons miséricorde. C’est ce Christ que l’aveugle de naissance regarde de ses yeux physiques  guéris et  par conséquent ainsi s’ouvrant ses yeux de la foi, il peut y voir le Messie.  Nous avons à regarder le Fils pour voir le Père, père des miséricordes.  Avons-nous une image, une icône, un support visuel bien mis en évidence, où poser notre regard pour le nourrir de si bonnes évocations ?

2.    La deuxième vocation est donc celle de seconder Dieu dans son œuvre de miséricorde. Déjà, par les œuvres de miséricorde corporelles (Mt25) et spirituelles. Déjà en entrant dans un dialogue avec les frères humains souffrants, déjà en ouvrant les yeux sur les choses de Dieu à ceux qui demeurent aveugles. Mais seconder Dieu ce n’est pas faire à sa place mais, juste avec son cœur, avec ses oreilles, avec ses yeux. 
« Celui qui regarde vers lui resplendira ». Car celui qui regarde vers le Christ, attend de Dieu d’être aimé et connu, reconnu, secouru etc., comme Dieu seul peut le faire, selon les paroles du psaume et que nous souhaitons recevoir en toute confiance, c’est-à-dire « sans ombre ni trouble au visage ». Amen

2016/02/28 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 15 mars 2016 10:33

                                              Miséricorde-conversion.


Jésus, Paul, Moïse : trois témoins de la Miséricorde de Dieu ; l’année jubilaire oblige que l’on s’y arrête. Pour savoir ce qu’est la Miséricorde, il suffit de regarder le Christ-Jésus. Il reflète la Miséricorde de Dieu, il est son visage. Il reflète  la perfection divine par son enseignement et par son engagement. Alors que  Paul et Moïse le font comme ils peuvent, poussés par la grâce divine, ils finissent par ne plus résister. C’est leur conversion à Dieu et sa Miséricorde.

Nous sommes des Paul et des Moïse qui apprennent à vivre en une telle présence de Dieu. Comme pour eux, cela ne nous a pas été donné de le faire en toute tranquillité ni facilité. Nous sommes bousculés, titillés, parfois, presque mordus. Par rapport à Moïse nous avons en plus  la connaissance du Christ-Jésus qui est le cœur de notre foi.

Jésus est le témoin de la miséricorde de Dieu par le fait qu’il reprend les vieux thèmes que les prophètes ont déjà formulés : il invite à la conversion, tout en clarifiant le rapport à la souffrance.

D’une part, Il reprend après Job : il n’y a pas de lien direct entre la souffrance et le péché (Galiléens assassinés par Hérode et la tour de Siloé tombés sur les gens).

D’autre part, Jésus rappelle que le péché est une absence de vie féconde. Le péché est comparé à un figuier qui épuise le sol, sans porter du fruit. Dieu est bien plus patient avec nous que nous entre nous, voire pour nous-mêmes. Par cette image du figuier stérile que nous sommes pour une bonne part et de la patience de Dieu à notre égard, Jésus nous fait comprendre l’infinie miséricorde de Dieu. Et la seule réponse à une telle attitude de Dieu est la confiance sans chercher à comprendre le reste.

Jésus j’ai confiance en toi !, avez-vous déjà essayé de répéter cette phrase, rien que dans votre tête, puis à voix haute, (c’est une étape), et puis en présence des autres, (c’est une autre étape). Répéter avec toute la force de conviction. Quand nous ne sommes pas convaincus à l’intérieure de nous-mêmes, nous ne le prononcerons même pas. C’est comme pour certains enfants, une purée de carotte ou d’épinard qui ne passe pas, c’est bloqué. Comme dans cet échange : ‘Vous avez dit que vous allez à la m...esse ???’. Quelle horreur ! Rien que le mot, ça ne passe pas, tellement c’est bloqué à l’intérieur. Mais pour ces horreurs-là, plus exactement pour ceux qui en parlent ainsi, il faut aussi beaucoup de patience et surtout de tendresse et de la simplicité à en témoigner.

La conversion commence là, dans la conviction profonde de pouvoir dire des mots qui font du bien, Jésus j’ai confiance en toi !, ou bien d’autres, et la conversion s’exprime déjà là. Mais alors pourquoi vivre la conversion ? Pourquoi ne pas rester comme on est, après tout nous faisons de notre mieux, c’est jamais vraiment méchant etc…

Regardons Paul qui s’adresse aux Corinthiens, noyés dans une ville cosmopolite, où s’afficher chrétien n’était pas du tout facile, pas plus qu’aujourd’hui à HK ou ailleurs. Paul leur demande de cesser de récriminer, comme le faisaient les Hébreux au désert, une fois sortie d’Egypte. Car de fait, les jeunes chrétiens de Corinthe jouent  aussi un  peu les enfants gâtés. En matière de la religion ils ne sont  jamais contents, la loi est trop dure, les obligations insupportables... Toujours une bonne excuse pour ne pas avancer dans la foi par la bonne porte, celle de la tendresse de Dieu qui les accompagne. En revanche, eux, ils sont contents de ce qu’ils ont, ils se croient même forts, parfois imbus d’eux-mêmes, comme cet homme que j’ai croisé il y a quelques jours en allant au consulat de France pour renouveler mon passeport. Quelle tristesse de voir les gens qui se croient si supérieurs aux  autres, alors qu’ils sont au service des autres. Paul les prévient, qu’ils fassent  attention, car ils pourront bel et bien un jour tomber. Prions pour que l’orgueil ne nous fasse pas trébucher sur les obstacles que nous ne voyons pas, tellement notre regard est ailleurs. Quand l’orgueil n’a que trois ans, il peut évoluer en bon rapport avec la vérité par une bonne éducation, mais quand il a 15 ans c’est un peu plus complexe, car on est livré surtout à ses semblables qui s’alimentent de la même nourriture, et que dire quand on est un bon, grand adulte ?

Nous sommes tous quelque part comme cela, des fuyards devant la réalité de la vie. Certes le Christ, par sa mort et sa résurrection nous a libérés de l’essentiel, c’est-à-dire de la mort éternelle, en nous introduisant par le baptême sur une terre de liberté. Mais qu’il est long, ce chemin qui y mène jusqu’au bout, bout que souvent on ne voit pas. Que de difficultés à être chrétiens ; combien de fois avons-nous obéi au réflexe de la fuite, plutôt qu’à celui de l’obéissance à Dieu ? Fuir plutôt que marcher derrière Dieu qui conduit. Comme à Corinthe à l’époque, afficher le comportement  chrétien relève  du courage.

Courage de s’avouer pécheur et courage d’avouer la source de notre libération. C’est entre ces deux points que tout se joue. Car l’un conduit à l’autre. Le Carême est pour cela, pour retrouver le courage de ces choses-là. Avoir la conscience du péché va de pair avec la conscience d’être accueilli dans les bras d’un Dieu des miséricordes. Avec la Miséricorde de Dieu nous ne sommes plus dans le rapport comptable : donnant-donnant, mais celui du don gratuit que nous accueillons avec gratitude. Il dépend de nous de savoir si nous voulons l’accueillir ou pas, la reconnaissance est  la conséquence de son accueil. 

Moïse est le premier bénéficiaire de la révélation d’un Dieu de Miséricorde. Devant le buisson ardent, il a en effet entendu que Dieu est tendresse et pitié, car Dieu a entendu les cris de la souffrance de son peuple et il a vu sa misère. Moïse peut entendre cela car lui-même est en situation de misère et de détresse. Ni dans la grâce de Pharaon, ni dans la bonne relation avec son peuple, Moïse fuit au désert pour échapper aux deux. Lui, autrefois élevé à la cour de Pharaon, devient misérable comme ses confrères. La solidarité humaine qui se met en place entre Moise et son peuple, malgré tout, devient le métier à tisser entre les mains de Dieu qui exprime ainsi sa compassion et sa proximité. Car ce Dieu lointain que l’on craint se rend si proche que l’on peut se blottir dans Ses bras. Mais pour cela, il faut le courage de s’avouer vaincu par la Miséricorde de Dieu et sa tendresse.  AMEN. 

2016/02/14 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 19 février 2016 12:22

Une offrande particulière

Les lectures nous y invitent et le temps de carême en fournit le cadre.


* 1° Le peuple d’Israël sous la conduite de Moïse, offre à Dieu des produits de la terre. Il le fait de façon bien différente des autres religions, où il s’agit de demandes pour obtenir les bienfaits dont les divinités connaissent le secret.

Trois choses y sont à souligner qui peuvent nous être utiles ; la première étant fondamentale pour les deux suivantes.

     - A° Le peuple d’Israël fait l’offrande en signe de reconnaissance pour avoir été sauvé, libéré.

     - B° Il le fait  en faisant  la profession de Foi : ils croient en un Dieu qui est l’auteur de ce qu’ils vivent, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, c’est l’œuvre de Dieu, « Il nous a conduit en ce lieu », y compris dans cette chapelle.

     - C° Ils accomplissent le geste de mémoire, concret, symbolique et matériel à la fois.

Ces trois étapes sont bien présentes dans la messe :

     - Nous venons avec le cœur plein de reconnaissance ; le chant de Gloire à Dieu, bien que  non chanté durant le Carême, l’exprime ; la reconnaissance de cette grandeur de Dieu pendant le Carême est directement rattachée  à l’ensemble de la messe,  et en particulier à la Profession de foi et la Doxologie qui termine la prière Eucharistique.

     - Profession de foi. 

     - La procession des offrandes : fruit de la terre et du travail des hommes. Voici l’offrande prélevée sur les bien que tu nous donnes (I prière eucharistique)


*2° Comment le temps de Carême est-il donc un cadre pour y approfondir le sens de l’offrande de notre vie à Dieu ? 40 jours, c’est une période intégrée dans l’horloge spirituelle de notre vie. Et chaque année nous repassons par le même cycle. 

Offrande de Reconnaissance qui permet de faire mémoire, comment faire ?

     - A° reconnaissance pour les bonnes choses, OUI : pour les moins bonnes ou franchement mauvaises ???, mais si elles permettent de découvrir  les bonnes ? Pourquoi PAS !  (st Ignace, st François, st Augustin…) Reconnaitre le péché que l’on regrette amèrement comme le lieu de prise de conscience de l’Amour de Dieu et de sa Miséricorde.

Et surtout en aboutissant à la reconnaissance pour  et de toutes sortes de misères qui humilient le désir d’être à la hauteur devant Dieu. C’est quand on se sent humilié que l’on peut alors, seulement humblement, reconnaître  sa pauvreté et sa misère. Et ainsi on peut permettre à Dieu de faire son œuvre en nous. Mais avant que cela n’arrive, beaucoup d’orgueil  doit tomber.  Et il en tombe durant  toute une vie  sincèrement tournée vers Dieu.

     - B° le fait de professer la foi ne peut pas être séparé de l’offrande  d’une telle vie. Car si la reconnaissance de cette pauvreté est possible, c’est seulement face à un Dieu plein d’amour et de tendresse, ayant goûté à cela une fois on entre dans une heureuse relation, et désormais toute sorte d’idoles qui nous collent à la peau, on les fouit  à toutes jambes. Le Carême aide à approfondir les deux, notre pauvreté et SA richesse.

     - C°  Durant le carême nous essayons de faire mémoire de l’offrande de la vie de Jésus inaugurée au désert (méditer sur le chemin de croix par exemple, lire la passion et la méditer…) Et à la lumière de la sienne nous essayons de comprendre la nôtre.

Concrètement :

1 Suis-je dans la reconnaissance à Dieu, directement ou indirectement (par mes parents, mon conjoint etc…) d’avoir reçu le don de la vie, d’avoir reçu le don de la foi ?

2 Quelle pauvreté je lui offre en signe d’une telle reconnaissance ?

3 Est-ce que ma foi en lui grandit, s’approfondit, s’épanouit, murit, gagne en liberté d’aimer… ?

2015/03/08 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 11 mars 2015 17:09

La Samaritaine.
(étape de scrutins des 6 catéchumènes)


Nous sommes un peu tous comme la Samaritaine. Celle qui appartenait au peuple de la promesse, mais pour des raisons historiques était un peu à l’écart par rapport à Jérusalem, ce centre religieux du judaïsme de l’époque. Par analogie, que représente Rome pour nous ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Une femme qui, à l’inverse de Nicodème venu voir Jésus en pleine nuit, va au puits en plein jour ; alors que normalement cela ne se fait pas, c’est douteux comme raison d’y être, car considéré comme lieu de rencontres secrètes. 

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle qui sans le savoir, se laisser rencontrer dans un tel contexte par quelqu’un qui l’intrigue. Sommes-nous capable de reconnaitre Jésus là où nous ne pensions absolument pas le voir venir ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle ou celui qui découvre la vérité de sa vie sans en avoir peur, mais au contraire plein de confiance joyeuse courre l’annoncer aux autres. J’ai trouvé le Messie, la preuve en est que tout ce qu’il m’a dit est vrai. Avons-nous déjà accueilli une telle joie qui libère et qui en même temps ouvre les yeux sur celui qui en est la source, le Christ de la Miséricorde ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle ou celui qui a soif de la vérité qui libère et qui ne fait pas obstacle à son arrivée lorsque l’occasion se présente.   


Touchés par la grâce, nous ne pouvons qu’être émus dans les profondeurs de notre être et y découvrir la fontaine d’eau vive que Dieu a installé en nous de toute éternité pour en faire le lieu privilégié où nous pouvons le rencontrer.

2015/03/01 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 11 mars 2015 16:59

Sacrifice d’Abraham


Comme souvent en lisant la Bible, deux lectures sont possibles : une purement païenne et une spirituelle dans la foi.

Dans la première Dieu apparait comme un monstre qui désire la mort d’un être humaine. Dans la seconde il se manifeste comme fidèle à sa promesse donnée déjà à Abraham.


Ce texte a été écrit plus de mille  deux cent ans après la mort d’Abraham. La Bible place cet événement dans la vie d’Abraham dont la portée symbolique dépasse la question historique. Il répond aux questions de l’époque où il a été écrit sans pour autant remettre forcement en cause la pertinence de la question de sacrifice humain à l’époque d’Abraham lui-même.


Le récit porte sur l’interdit de sacrifice humain. Cet interdit est souvent rappelé dans la bible ce qui veut dire que la pratique n’était pas totalement abandonnée. Tout en le rappelant ce récit permet surtout de comprendre la fidélité de Dieu à l’égard de sa promesse qui est celle de donner à Abraham une descendance nombreuse composée de ceux qui vont reconnaître Dieu et son amour pour l’homme. Promesse liée à la descendance du fils unique d’Abraham qu’est Isaac. « Prends ton fils, ton fils unique » une lecture attentive de l’ensemble des chapitres consacré à Abraham permet de comprendre cela.


Pourquoi et en quoi cela est-il important pour nous. Essentiellement, pour deux raisons,

1° pour rappeler que l’image de Dieu est toujours à purifier dans notre imaginaire nourri d’avantage de l’influence païenne que de la lecture spirituelle de la Bible.

2° pour rappeler aussi la fidélité de Dieu, malgré notre infidélité.


Ce texte est une bonne occasion de questionner notre manière de lire la Bible et comment cela nous permet oui ou non d’avancer sur le chemin de notre vie de foi.

2015/02/22 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 1 mars 2015 08:12

ARC-en-CIEL :  beauté  comme signe de l’élection divine.


L’évangile d’aujourd’hui, par son côté âpre de la lutte contre les tentations, montre la puissance divine à l’œuvre. Mais dans la première lecture nous trouvons aussi de la beauté et dans la seconde le fondement théologique explicite de la foi en Dieu qui sauve.

Ainsi nous sommes dans le temps du Carême. Dans le rite des cendres  reçues comme invitation d’aller à l’essentiel par le dépouillement et réorientation vers le salut que  sans cesse nous efforçons  d’accueillir, nous  entrons dans le carême par l’essentiel.

Mais, cette entrée peut avoir des caractéristiques  austères du rappel de la mort  que le péché entraine et donc l’invitation à la mort pour le péché. C’est dire que c’est peu engageant, pas seulement lorsque l’on a 15 ou 30 ans et l’envie de voir la vie  pleine de belles couleurs traverser le corps et l’esprit.

Heureusement qu’il y a l’arc-en-ciel. Oui, la beauté du phénomène naturel au service de la symbolique spirituelle parle peut-être davantage qu’austérité et exigence. Regardons de plus près  en quoi cela peut nous être utile dans notre vie spirituelle durant le carême.

Ceci n’est pas visible immédiatement, mais les extraits de la Bible donnés en méditation pour aujourd’hui, sont tous traversés par le fil rouge qu’est celui de l’élection et de ses conséquences.

Ceci est surtout visible dans l’histoire de Noé. 

Après les premières difficultés apparues dans la vie de la couronne de la création qu’est l’homme, Dieu tout en prenant acte de la sortie des premiers hommes du paradis, les poursuit comme des fugitifs. Il ne les laisse pas tranquilles. Il a toutes les bonnes raisons pour se fâcher contre eux et montrer sa colère. Mais à chaque fois une étape de plus est franchie dans leur relation que l’on découvre amicale et bienveillante. Dieu désire le bonheur de l’homme.  Pour montrer que cela est possible à partir de quelques-uns, il choisit Noé et sa famille et le monde vivant y est entrainé également.

Il élit Noé et en lui l’humanité nouvelle, celle qui lui sera obéissante. Comme nous  connaissons la suite, nous savons que même pour Dieu cela n’était pas de tout repos.

Mais une chose est sûre, Dieu n’a pas envie de punir indéfiniment, car c’est aussi un cercle vicieux. La Bible raconte comment le croyant apprend à connaitre la volonté de Dieu. 

Dieu fait donc un pacte avec Noé et par lui avec l’humanité renouvelée. A partir de ce « reste », qui est,   du point de vue spirituel,  génétiquement modifié, Dieu rétablit dans le cœur de l’homme sa confiance.

Confiance chaque fois expulsée par le péché et que l’homme par lui-même est incapable de rétablir. C’est cela le sens de l’arc en ciel comme signe d’une telle obstination de la part de Dieu à l’égard de notre condition humaine, marquée par la faiblesse  à être fidèle à Dieu  et donc lui faire confiance.

Et la beauté de l’arc-en-ciel est d’une importance capitale. Elle nous invite à mettre le meilleur de ce que nous pouvons ressentir au contact avec la nature,  au service de la bonne relation les uns avec les autres. Tout ceci à cause d’un tel Dieu.

C’est notre mémoire qui est réactivée, pas celle de Dieu. La manière dont l’auteur de la Bible s’exprime  peut prêter à confusion, mais il porte sur le caractère irrévocable de l’engagement de Dieu à notre égard.

Et ce Dieu nous invite, comme le dit st Paul,  à un engagement de notre part. Nous qui sommes baptisés dans les eaux  qui sauvent,  nous sommes donc invités à l’engagement envers Dieu comme une réponse au sien. 

C’est une logique toute biblique, qui nous parle dans la mesure où nous entrons dans cette logique. Sinon, cela va résister jusqu’à parfois l’expulsion d’un tel message de notre conscience. Durant le carême il est bon de se mettre à l’écoute de cette invitation.

Réactiver la bonne mémoire de notre propre baptême en découle. Alors durant ces 40 jours ne restons à pas à sec sur le chemin de notre foi. Le passage par le désert, ne pas synonyme de la sécheresse spirituelle, bien au contraire, il est le chemin vers la fontaine d’eau vive, vers celui qui sauve.

Comment ne pas le dire avec l’auteur du psaume :

« Seigneur enseigne-moi tes voies, fais-moi connaitre ta route... »

Toute l’assemblée est invitée à dire cette prière de psaume tous ensemble.

2014/04/05 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 juin 2014 15:16

« Lazare, viens dehors » : Dieu s’attaque au plus gros : briser les chaînes de la mort.


Avec les lectures d’aujourd’hui nous sommes dans la troisième étape de la présentation de la puissance divine.  Trois rencontres avec Jésus pour ponctuer notre marche à travers le Carême. Pour renouveler notre baptême ou pour certains pour se préparer à le recevoir.  Trois rencontres donc, dont chacune  change  la ou les personnes qui se laissent interpeller par sa présence, par ses gestes et paroles. 


Il y a deux semaines nous avons vu l’épisode de la femme samaritaine que Jésus rencontre au puits de Jacob. Elle a trouvé la clé pour comprendre sa vie. Elle a trouvé celui qui lui a  dit la vérité sur elle. Désormais elle veut qu’il devienne la source de sa vie. Dimanche dernier, nous avons entendu comment Jésus a ouvert les yeux à un aveugle de naissance, lequel ne s’est pas contenté de cela. Sa joie d’être physiquement guéri et donc en bonne santé, ne l’a pas empêché d’aller plus loin. Il s’est aussi laissé ouvrir les yeux de la foi.


Aujourd’hui nous voyons comment par Jésus Dieu s’attaque à plus gros : contre la mort. Comment il ouvre nos tombeaux, ces lieux de mort qu’il transforme en lieux de vie. Comment les désespoirs se transforment en espoir, comment l’inconscience ou méconnaissance ou voire même mauvaise conscience, sont éclairées, ajustées, rendues  au  bon terrain de la Vie.


Dieu s’attaque à la mort. La Bible nous en présente trois étapes.


1° une vision, comme une préannonce, une façon de se projeter dans un espace nouveau, inconnu jusqu’à lors. Le livre du prophète Ezéchiel  en contient d’autres passages pour dire ce dont Dieu est capable : ouvrir nos tombeaux.


2°Dans l’Evangile Jésus ramenant à la vie son ami Lazare. Ainsi, Jésus montre la toute-puissance de Dieu. Cette même puissance dont lui-même sera bénéficiaire peut après.


3°La progression que la Bible nous relate que  la manière dont Dieu s’attaque à la mort, est digne d’intérêt. Dieu agit en pédagogue. Il nous amène à la foi par paliers. Il le fait en nous montrant de pans entiers nouveaux de ce qu’est la foi en la vie plus forte que la mort, en la vie éternelle.  Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas tout comprendre tout de suite.  Ne nous étonnons donc pas si nous constatons des lacunes dans ce domaine !?!   


Nous accueillons tout cela dans notre vie sur terre.


Depuis notre baptême nous vivons sous l’emprise de l’Esprit (II lecture).  Mais le baptême ne nous a pas complètement libérés de l’emprise de la chair. Comme nous le rappelle Paul, la chair est corruptible et ceci à cause du péché et ainsi conduit à la mort (la mort et le péché se sont ligués ensemble).  L’Esprit, incorruptible, car venant de Dieu saint, est  notre vie parce que  par Jésus  nous sommes devenus des justes.  Cet Esprit habite en nous et il féconde notre vie, donne vie  à nos corps mortels.


Donc sous quelle emprise sommes-nous ?


Sous l’emprise de nos vies toutes  terrestres ? Ou sous l’emprise de l’Esprit qui donne vie ? Dans les deux cas nous obéissons  à quelqu’un ou quelque chose qui nous semble digne d’intérêt. Mais c’est seulement dans l’obéissance spirituelle que nous sommes en train d’exercer notre liberté.


Les deux  sœurs de Lazare,  exerçaient une telle liberté. Même si l’une court  et l’autre attend, toutes les deux font  cependant à Jésus un même reproche. Cependant l’une comme l’autre, chacune espère en la puissance dont Jésus est capable. Et les deux croient en sa divinité.


Comment dans notre vie, là où nous sommes, et  peu importe notre  tempérament, notre manière d’agir...  comment sommes-nous interpellés par leur attitude. Est-ce que nous sommes capables d’en dire autant ? Ou juste un peu ; ou plutôt laisser la réponse sous forme de question, d’attente etc. ?        


Quelque soit notre réponse personnelle, nous sommes face à une interpellation  qui suppose la foi en un tel Dieu constatée chez les autres et ou proclamée en Eglise.


De quelle mort voudrais-je me faire guérir ?


Une dépendance de ceci ou de cela, d’un aveuglement pour ceci ou cela etc.


Que Marthe et Marie, l’une ou l’autre, soient nos modèles !


L’une ou l’autre, ou les deux  qu’elles soient nos modèles pour grandir dans la foi. La foi en Dieu qui est plus puissant que la mort. Là, Dieu s’attaque  au plus gros et nous y invite à croire à l’incroyable :           


« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’ Père je te rends grâce car tu m’a exaucé, Je savais bien moi,  que tu m’exauce toujours, mais si j’ai parlé c’est pour cette foule qui est autour de moi , afin qu’ils croient que tu m’a envoyé »  

2014/04/06 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 15 avril 2014 14:52

« Lazare, viens dehors » : Dieu s’attaque au plus gros : briser les chaînes de la mort.


Avec les lectures d’aujourd’hui nous sommes dans la troisième étape de la présentation de la puissance divine.  Trois rencontres avec Jésus pour ponctuer notre marche à travers le Carême. Pour renouveler notre baptême ou pour certains pour se préparer à le recevoir.  Trois rencontres donc, dont chacune  change  la ou les personnes qui se laissent interpeller par sa présence, par ses gestes et paroles.


Il y a deux semaines nous avons vu l’épisode de la femme samaritaine que Jésus rencontre au puits de Jacob. Elle a trouvé la clé pour comprendre sa vie. Elle a trouvé celui qui lui a  dit la vérité sur elle. Désormais elle veut qu’il devienne la source de sa vie. Dimanche dernier, nous avons entendu comment Jésus a ouvert les yeux à un aveugle de naissance, lequel ne s’est pas contenté de cela. Sa joie d’être physiquement guéri et donc en bonne santé, ne l’a pas empêché d’aller plus loin. Il se laisse aussi ouvrir les yeux de la foi.


Aujourd’hui nous voyons comment par Jésus Dieu s’attaque à plus gros :  contre la mort. Comment il ouvre nos tombeaux, ces lieux de mort qu’il transforme en lieux de vie. Comment les désespoirs se transforment en espoir, comment l’inconscience ou méconnaissance ou voire même mauvaise conscience, sont éclairées, ajustées, rendues  au  bon terrain de la Vie.


Dieu s’attaque à la mort. La Bible nous en présente trois étapes.


1° une vision, comme une préannonce, une façon de se projeter dans un espace nouveau, inconnu jusqu’à lors. Le livre du prophète Ezéchiel  en contient d’autres passages pour dire ce dont Dieu est capable : ouvrir nos tombeaux.


2°Dans l’Evangile Jésus ramenant à la vie son ami Lazare. Ainsi, Jésus montre la toute-puissance de Dieu. Cette même puissance dont lui-même sera bénéficiaire peut après.


3°La progression que la Bible nous relate au sujet de la manière dont Dieu s’attaque à la mort, est digne d’intérêt. Dieu agit en pédagogue. Il nous amène à la foi par paliers. Il le fait en nous montrant de pans entiers nouveaux de ce qu’est la foi en la vie plus forte que la morte, en la vie éternelle.  Ce qui veut dire que nous ne pouvons pas tout comprendre tout de suite.  Ne nous étonnons donc pas si nous constatons des lacunes dans ce domaine !?!   


Nous accueillons tout cela dans notre vie sur terre.


Depuis notre baptême nous vivons sous l’emprise de l’Esprit (II lecture).  Mais le baptême ne nous a pas complètement libérés de l’emprise de la chair. Comme nous le rappelle Paul, la chair est corruptible et ceci à cause du péché conduit à la mort (la mort et le péché se sont ligués ensemble).  L’Esprit, incorruptible, car venant de Dieu saint, est  notre vie parce  par Jésus que nous sommes devenus des justes.  Cet Esprit habite en nous et il féconde notre vie, donne vie  à nos corps mortels.


Donc sous quelle emprise sommes-nous ?


Sous l’emprise de nos vies toutes  terrestres ? Ou sous l’emprise de l’Esprit qui donne vie ? Dans les deux cas nous obéissons  à quelqu’un ou quelque chose qui nous semble digne d’intérêt. Mais c’est seulement dans l’obéissance spirituelle que nous sommes en train d’exercer notre liberté.


Les deux  sœurs de Lazare,  exerçaient une telle liberté. Même si une court  et l’autre attend, toutes les deux font  cependant à Jésus un même reproche. Cependant l’une comme l’autre, chacune espère en la puissance dont Jésus est capable. Et les deux croient en sa divinité.


Même si Marthe est la seule à déclarer la foi en la résurrection. Est-ce à dire qu’il ne suffit pas avoir le réflexe religieux ou une  inclination à la méditation et l’esprit ouvert à la dimension, dite spirituelle. Faut-il encore croie en la résurrection. Croire en la puissance de  Dieu qui peut tout y compris cela, et surtout cela.   Marie le fera d’une autre façon, elle reconnaîtra la résurrection dans l’ »onction de Béthanie » lorsqu’elle mettra du parfum et de l’huile sur ces pieds, comme si c’était pour embaumer un mort; mort qui, comme Lazare, voire plus,  autrement, ressuscitera. 


Comment dans notre vie, là où nous sommes, et  peu importe notre  tempérament, notre manière d’agir...  comment sommes-nous interpellés par leurs attitudes. Est-ce que nous sommes capables d’en dire autant ? Ou juste un peu ou plutôt laisser la réponse sous forme de question, d’attente etc. ?        


Quelque soit notre réponse personnelle, nous sommes face à une interpellation  qui suppose la foi en un tel Dieu constatée chez les autres et ou proclamée en Eglise.


De quelle mort je voudrais me faire guérir ?


Une dépendance de ceci ou de cela, d’un aveuglement pour ceci ou cela etc.


Que Marthe et Marie, l’une ou l’autre, soient nos modèles !
L’une ou l’autre, ou les deux  qu’elles soient nos modèles pour grandir dans la foi. La foi en Dieu qui est plus puissant que la mort. Là, Dieu s’attaque  au plus gros et nous y invite à croire à l’incroyable :           


« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’ Père je te rends grâce car tu m’a exaucé, Je savais bien moi,  que tu m’exauce toujours, mais si j’ai parlé c’est pour cette foule qui est autour de moi , afin qu’ils croient que tu m’a envoyé »

2014/03/30 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 31 mars 2014 13:33

Guérir d’aveuglements


J’ai entendu parler d’un homme  qui, une fois sous l’effet de l’alcool, est tombé et a momentanément perdu la vue. Effrayé, il est allé voir le médecin qui l’a averti d’un  danger similaire voire plus grave susceptible de se reproduire à l‘avenir. Du coup, l’homme en question a vu quelque chose qu’il n’avait pas vu avant ou plutôt qu’il refusait de voir. Il a reconnu qu’il était malade, dépendant de l’alcool. Et il a cessé de boire. Plus de 20 ans que cela dure.


J’ai une amie qui durant de nombreuses années souffrait de l’anorexie laquelle entraînait une grave dépression. Elle s’enfermait dans la chambre toute noire et passait ses journées au lit. Prostrée, incapable de s’occuper de la maison, de son fils  ou d’exercer un métier. J’admirais son mari.

Un jour elle a regardé l’ordonnance avec toute la liste de médicaments à prendre. Une fois de plus, pourrait-on dire.  Mais cette fois-ci, elle a réalisé que les médicaments étaient vraiment pour elle, que c’était elle qui était malade. Elle était malade... Et pourtant elle ne le voyait pas avant.
Mais là, le choc fut tellement fort qu’elle s’est levée,  a tiré les rideaux pour faire entrer la lumière  dans la chambre et elle  est sortie de la chambre. Et à l’aide des médecins et de son mari toujours aussi aimant, elle s’est sortie de la maladie. C’était il y a environ 10 ans, depuis elle va très bien. Je continue à admirer son mari. Mais j’admire aussi comment elle fait tout pour demeurer dans la lumière de la vérité à l’égard de sa santé qui certes demeure fragile, mais qui ne l’empêche pas de vivre. 


Jésus a guéri un aveugle de naissance. Quelqu’un qui n’a jamais vu de ses propres yeux. Jésus l’a fait pour le restituer dans la dignité première à laquelle tout être humain est appelé. Celle d’être autonome pour subvenir à ses besoins et ceux de ses proches et pouvoir ainsi louer Dieu à travers une telle vie.
En ouvrant les yeux physiques sur le monde dont il faisait parti, sans pouvoir le voir, cet homme ouvre aussi les yeux de la foi. Pas tout de suite, mais peu à peu et ceci dans des circonstances qui n’étaient pas des plus faciles.
Et l’homme ouvre les yeux de la foi  en reconnaissant en Jésus la source de vie éternelle.
C’est bien plus qu’une simple reconnaissance pour quelque chose de bon obtenu par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre.

Il aurait pu se contenter de remercier Jésus pour un si bon geste, comme on peut remercier un chirurgien d’avoir réussi l’opération etc.


Or, il a accepté l’autre guérison aussi. Il a accepté de se faire interpeller par Jésus :
« - Crois-tu au fils de l’homme ?  - Qui est-il pour que je croie en lui ? - Tu le vois, c’est celui qui te parle. - Je crois, Seigneur. Et il se prosterna. »


Un chef-d’œuvre de dialogue, digne d’une grande pièce de théâtre. L’Evangile, bonne nouvelle, dans toute sa splendeur.


Nous essayons à  voir avec les yeux de la foi. Mais nous sommes pétris de biens des évidences au sujet de ce que nous voyons. Tout comme quelqu’un qui n’a jamais vu physiquement s’imagine comment c’est le monde autour de lui. Nous pensons que nous savons ce qu’il y a à voir, où et comment. Ou encore il nous arrive de demeurer dans une hésitation constante. Sans jamais prendre les décisions qui s’imposent pour agir.  Est-ce que tout  cela, et bien d’autre chose, veut dire que nous voyons bien ?        


Une petite liste en guise de prolongement de l’examen de conscience fait à l’occasion de la célébration de réconciliation de samedi dernier dans cette même chapelle.  Ce qu’il  y a de bon dans le Carême,  c’est de  pouvoir voir mieux.


De quel aveuglement suis-je particulièrement atteint :


- l’aveuglement de l’autosuffisance ou encore pire, de la suffisance ?

- l’aveuglement de l’insensibilité à l’égard du mal que je peux faire sans absolument me rendre compte des conséquences, paroles, attitudes blessantes qui interrogent, découragent, voire même paralysent jusqu’à  produire chez l’autre une sorte d’anorexie sociale.

- l’aveuglement à l’égard d’une attitude snobe (le mot d’origine anglaise qui ne donne pas forcement le palmarès à ce type d’attitudes chez les anglophones natifs)

- l’aveuglement à l’égard d’une fierté mal placée ;

- et puis tant d’autres aveuglements visibles dans les attitudes  d’être constamment pressé, sans jamais prendre du temps pour rencontrer pas seulement ceux que l’on aime, mais aussi ceux que l’on ne connaît pas,

- l’aveuglement de mauvaises priorités,

- l’aveuglement  à cause d’une vie toute matérielle ou encore superficielle... .


Dieu ne nous voit pas avec nos yeux humains.


Ouf, quelle chance ! Mais en même temps, peut-être nous avons peur de savoir comme il nous voit vraiment. Et ce qu’il veut pour nous et par nous pour les autres.
A coup sûr, nous sommes persuadés  qu’il nous demande bien plus que ce que nous sommes enclins à lui donner. 
C’est toute la question :


jusqu’où va notre désir profond et comment il est accompagné par notre volonté pour accueillir  Dieu et sa volonté.                   


                 En d’autres termes,  comment voir Dieu pour nous voir ?!  
Pour nous voir, enfin !

2014/03/23 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 24 mars 2014 13:15

La Samaritaine


Pour beaucoup  d’entre nous, nous la connaissons bien cette femme du puits de Jacob. Nous la connaissons  presque mieux que  Jésus, celui qu’elle rencontre. Car contrairement  à Lui, la Samaritaine,  est très proche de nous. Pas forcement  par la vie  de femme à hommes comme la Samaritaine  semblait être ou d’homme à femmes. Mais elle est proche de nous par son insatiable  recherche du bonheur. Alors que lui, Jésus,  peut parfois paraître  si différent de nous, car venu de Dieu et de son ciel. Certes, il fut  incarné, ayant pris la condition d’homme avec toutes les réactions bien humaines.   Mais le fait qu’il soit sans péché, comme Marie sa Mère,  parfois cela peut indisposer. Pourquoi ? Parce que nous ne savons pas ce que nous aurions été  si nous avions été comme lui, comme sa mère,  sans péché. Nous le devinons, nous le souhaitons même, sans pour autant y voir clair. Tout au moins à partir de nos   yeux que l’intelligence bien humaine  nous a donnés pour nous comprendre.


Or, nous sommes comme cette femme, comme la Samaritaine, femme au puits, en plein jour, attendant un bonheur qui enfin pourrait se réaliser.


Nous sommes comme elle.  Insatisfaits de tous les mensonges sur les petits bonheurs - au coin du feu, autour d’une table, en vacances sur un bateau, dans un avion, dans un bonheur de couple de famille, - ne pouvant jamais masquer le besoin d’aller plus loin encore. Cela ne veut pas dire que les autres situations énumérées ou qui leurs sont semblables, n’ont pas de valeur en soi. C’est déjà beaucoup, mais  s’y limiter c’est s’arrêter au milieu du gué. Et c’est de mentir à la vie qui nous pousse ailleurs. Certes, souvent nous avons la capacité très efficace de  nous contenter de si peu. D’avoir le coeur juste aux dimensions de nos besoins planifiés d’avance et à réaliser à la lettre.  Toute vie tournant autour de la réalisation de quelques objectifs que l’on s’était  fixés.


Vous sentez bien que ce portrait que  je viens de brosser ne correspond pas  tout à fait ou presque pas du tout à ce que nous sommes. Mais c’est juste parfois, dans certaines situations... Or, sans oublier le besoin de planifier, la Samaritaine nous invite à chercher  autre chose et ceci  jusqu’à le trouver.      


Avoir soif de la Vie que Jésus  communique c’est se laisser ouvrir  à ce qui est la finalité de  toute vie : le bonheur, et pour nous les chrétiens, le bonheur éternel qui,  soit en disant au passage, commence  dès cette vie. C’est ce que la femme découvre et aussitôt court à le dire  aux gens de la ville : « J’ai trouvé ! »


Ai-je trouvé quelque chose de semblable ? Ai-je trouvé la source, source intarissable ? Et même si cette source est parfois ensablée, suis-je suffisamment confiant pour permettre à Dieu d’agir dans le sacrement du pardon. D’être ainsi  pour pouvoir, non seulement dessabler cette source, mais la faire encore plus  bénéfique qu’avant. Et me permettre  de continuer à y boire. Boire à la source de la Vie comme la femme Samaritaine. Elle qui, au milieu de sa vie et au milieu de ses recherches du bonheur, au puits de Jacob  a trouvé une autre source encore bien plus profonde et  bien plus bénéfique aussi.

2014/03/16 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 19 mars 2014 09:10

« Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père »


« Quitte ton pays »,
comme Abraham nous avons aussi entendu cette invitation. Certes, la comparaison pourrait s’arrêter là.  Et pourtant, si je m’y appuis, c’est pour poursuivre le parallèle. Pratiquement tous nous sommes des émigrés. Lors que l’on m’a demandé de venir à Hong Kong je me disais dans ma tête : « Moi qui ai quitté mon pays d’origine pour m’intégrer dans un autre pays, avec cette mission je deviens accompagnateur des émigrés, comme je l’avais été moi-même ».


Le parallèle entre Abraham et nous concerne  déjà les trois choses suivantes.  Nous avons quitté notre pays d’origine, notre parenté et notre maison.  Trois lieux de stabilité nécessaire par ailleurs pour vivre. Ce déplacement géographique implique le changement relationnel et culturel. Pour la plupart, nous avons laissé nos familles et ne parlons pas le chinois.


Si nous sommes partis, c’est parce que quelque part nous avons fait confiance. Cette confiance ne nous a cependant  pas permis être entièrement libres de toute sorte d’interrogation. Qui n’a pas eu un moment d’inquiétude à l’idée de faire le déménagement, de changer  de condition de vie.... Et pourtant pour la plus part  une telle émigration était synonyme d’ouverture à une nouvelle vie, pleine de belle promesses. Rien à voir avec toutes les émigrations qui s’effectuent au gré des déplacements forcés...


« Quitte ton pays »
En obéissant Abraham  se soumet à la volonté de Dieu qu’il découvre à la même occasion.    La Bible en fait le père des croyants.  Pour être croyant, nous avons besoin d’entendre la voix de Dieu. La période de Carême normalement nous aide à l’entendre à travers le temps des approfondissements  de notre foi et de renoncements qui en résultent, tout aussi indispensables que bénéfiques. Abraham est le modèle  de cette obéissance dans la foi. Alors que Marie, mère de Jésus,  en est la réalisation la plus parfaite. En se soumettant, Abraham devient témoin de la foi.


« Quitte ton pays »  
La foi provoque des déplacements, plus rien n’est comme avant.  Dans la traduction littérale de cette expression l’on peut comprendre cette injonction « pars de ton pays » comme une invitation à entrer en soi et à advenir soi-même. Evidemment au côté de Dieu qui accompagne. Obéir dans la foi c’est acquérir une autonomie humaine sans pour autant se couper de Dieu. Comme c’est difficile d’envisager les deux, à la fois. L’on conçoit bien volontiers l’un ou l’autre. Cette invitation que Dieu fait à chacun de nous nous concerne sur deux plans : intérieur d’abord, obéir dans la foi c’est désirer et tout faire  pour laisser la place centrale à Dieu lui-même. 


C’est aussi ou plutôt  par conséquent changer quelque chose autour de nous. C’est d’être missionnaire d’une manière ou d’une autre. Pour certains cela signifie  aller  dans un autre pays pour dire la foi  avec leur coeur, leurs pieds et leurs mains. Sans en perdre la tête, c’est à dire de savoir qu’est-ce que l’on veut et comment. 


En faisant ainsi, comme Abraham, nous accomplissons non seulement la volonté de Dieu de nous laisser transformer de l’intérieur et le faire dire. Comme lui, nous entendons  aussi le message « en toi seront bénies toutes les nations ». Comme Abraham est parti pour rassembler l’humanité dispersée, nous aussi nous avons à porter un tel message.


C’est bien paradoxal que de constater que nous avons besoin de nous disperser aux quatre coins du monde pour être héros du rassemblement de toute humanité en Dieu. Mais le paradoxe n’est qu’apparent, il concerne seulement la partie visible, le fait d’éclatement.  Il est ‘contredit’ par  la partie intérieure, invisible, spirituelle. 


Pour faire  ce mouvement vers les autres nous sommes invités à être en communion. En communion les uns avec les autres et avec l’humanité entière, tous en Christ.  Communion qui va jusqu’à rejoindre les pans entiers de notre nature sensible : « Fils bien aimé, avec la force de Dieu, prends ta part  de souffrance pour l’annonce de l’Evangile » (2Tym1,8) 


Et Jésus dans l’évangile est encore plus explicite : Il interdit aux disciples   de parler de la Transfiguration, tant que le passage par la vie dans tous ses aspects ne lui soit donné de le faire.


Comme disait un évêque   aux prêtres qui venaient le voir sur son lit de mort, souffrant d’un cancer : Si vous ne connaissez pas la souffrance, ne dites rien ».  L’interdit de Jésus nous concerne aussi, nous ne pouvons parler de la grandeur de Dieu qui se manifeste dans nos vies que si notre vie entière en est illuminée. Le temps de carême est une bonne période pour voir où en nous brille une telle lumière et quels sont les espaces de notre être qui  lui sont interdits.

***

Sans crainte nous pouvons faire un tel travail, car Dieu nous a déjà sauvés. Il nous a même donné une vocation sainte, non pas à causes de nos propres actes, mais à cause de son projet. Projet qui est celui de bénir toutes les nations de la terre, et cela passe aussi par nous.      

EasyTagCloud v2.4 Free