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2020/03/15 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 20 mars 2020 14:40

L'eau vive

Les lectures d’aujourd’hui concentrent notre attention sur  ce qui maintient notre vie en vie. Facile à deviner, l’eau est vitale pour le corps et par analogie pour l'esprit. D'où la nécessité d’une bonne  écologie du corps et d’une bonne écologie spirituelle. Dans la Bible les deux sont inséparables. Et dans notre vie c’est comment?

Qu'est-ce une bonne écologie? C’est un écosystème qui nous permet de bien vivre et qui pour se faire nous rend dépendants de l’environnement. Notre corps ne peut pas survivre longtemps sans respirer, sans boire, ni manger,  la vie dépend de cet échange. Et pour notre vie spirituelle c’est comment? 

Sommes nous comme ces Hébreux qui récriminaient contre Moïse, en éprouvant ainsi ses nerfs mais aussi sa confiance en Dieu, car la leur n’y était plus. Massa et Meriba, les lieux de récrimination et de querelle d’autrefois expriment cette épreuve dans lequel Dieu nous soumet pour non pas nous faire périr, mais pour nous permettre de vivre mieux car ouverts et confiants en lui.

Sommes-nous, peut-être, comme cette samaritaine qui garde une mémoire des promesses que Dieu a données à ses ancêtres, promesse d’une vie avec lui car pour l'honorer. Certes il y avait  plein  de  choses à purifier dans sa vie et dans sa manière de croire, mais elle l’accepte au contact avec Jésus qui la rejoint là où elle en est dans sa vie de samaritaine.

Sommes-nous nous capables de reconnaître comme elle ce messie qui peut donner à boire pour étancher la soif, la soif de la vie.  Pas seulement pour cette vie terrestre, mais à partir d'ici bas pour une autre vie, infiniment plus belle car pleinement vouée à l’Amour sans faille.

Nous avons toutes les raisons de récriminer lorsque nous nous sentons faibles, sans défense, sans porte de sortie de situations.  Pensons à tous ceux qui ploient sous de tels fardeaux. Comme maintenant tous ceux qui sont sous le joug de ce virus et qui luttent aidés d’une manière plus ou moins efficace pour leur survie. Toutes les précautions d’usages s’imposent, car notre vie à une valeur inestimable pour Dieu et donc pour nous, ne la gâchons pas, ni par la peur ou la panique que l'épidémie génère, pas plus que par un comportement désinvolte qui frôle le dilettantisme irresponsable.

Or, souvent, nous sommes exposés à gérer tant de nouvelles situations: familles disloquées, l’école ou le travail compliqué, la vie sociale défaite. Tant de projets sont contrariés à cause de restrictions de mouvements et de contacts.  N’est-ce pas une excellente occasion de nous poser des questions sur notre mode de vie, sur les priorités, sur le sens que nous donnons  à tout ce qui fait partie de notre existence?

La samaritaine au contact avec le Messie, s’est laissée purifier par  ce Jésus dans lequel elle reconnaît la source d’eau vive. Cette purification elle se réalisera de façon définitive dans le don de la vie de ce Jésus au moyen de son sang.  Laissons nous couvrir d’une telle espérance que saint Paul nous rappelle dans la seconde lecture. 

Nous sommes déjà cet homme nouveau justifié par Dieu au moyen de la grâce de la foi que nous accueillons. Nous sommes déjà cet homme réconcilié par Dieu et donc en paix “puisque l’amour de Dieu a été répondu dans nos coeurs par l’Esprit saint qui nous a été donné”. Nous sommes déjà sauvés par cette offrande de la vie sur la Croix.

Dans cette période éprouvante nous sommes interpellés dans notre foi en Dieu qui peut donner de l’eau vive. Dans cette période éprouvante nous sommes éprouvés dans notre espérance. L'espoir fait vivre, et nous en savons quelque chose lorsque la vie est en danger d’une manière ou d’une autre.

Mais pour nous les chrétiens, cet espoir de vivre est à associer à l’espérance au point que si le premier est remis en cause et diminue, le second est appelée à grandir. Comme me disait  il y a quelqus jours quelqu’un: “moi, qui avant ne priais pas, je suis au point de trouver que maintenant il y a deux choses à faire:  respecter les consignes pour protéger la vie et se remettre à Dieu dans la prière qui est au dessus de tout”. 

C’est cette espérance ainsi exprimée qui nous permet de désirer les choses que nous ne voyons pas, que nous ne comprenons même pas, voire nous contrarient. Et qui pourtant se présentent comme source de la Vie, comme vie elle même. La samaritaine a bien compris cela, les disciples n’en étaient pas encore là.  Chacun avance à son rythme, mais jamais isolé ou volontairement séparé les uns les autres.

La communion spirituelle prend alors tout son sens pour suppléer la possibilité d’une communion eucharistique et entre les fidèles une convivialité spirituelle traduite concrètement par le fait d’être ensemble. Mais ce, comme c’était durant la semaine, maintenant  en attendant que cette communion devienne aussi effective le plutôt possible.

Comme la samaritaine a concrètement rencontré Jésus, nous avons à le rencontrer dans nos frères rassemblés et dans nos frères secourus. Les deux conjointement, car dans ce lien intrinsèque se tricote une tresse de notre vie qui nous relie à Dieu et à sa gloire que nous honorons par de telles actions. AMEN

2020/03/08 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 12 mars 2020 11:14

De la transfiguration à la transsubstantiation.


Depuis deux mois nous sommes engagés sur le chemin du Carême. Nous avançons au pas des jours et des semaines. Nous avons pris quelques résolutions en début pour nous faire vivre ce carême de façon à la fois plus spirituelle et plus corporelle. Puisqu’il s’agit de notre foi en la résurrection de la chair, corps et âme y sont engagés.


C’est cette chair qui se manifeste chez Jésus de façon si bien exceptionnelle le jour de la transfiguration. Les trois témoins privilégiés, Pierre, Jacques et Jean, n’en reviennent pas. Ce Jésus qu'ils se sont mis à suivre n’en finira pas de les surprendre. 


Comme autrefois Moïse au buisson ardent qui ne se consumait pas et qui l’avait fait s’écrier : qu'est-ce que cette chose là!? Mais cela n’était pas une chose, c'était Dieu lui-même qui s’était ainsi manifesté. 


Sur le mont Thabor c’est un peu la même chose. Ce Jésus devient visible dans sa divinité. Les yeux des disciples sont éblouis. Il y a de quoi, car on n'est pas habitué à voir une luminosité aussi intense et aussi pure à la fois. 


Et à cette vision de la divinité, s’ajoute une parole, celle de Dieu le Père. Il a déjà parlait lors du baptême: voici mon fils bien aimé, celui qu’il m'a plu de choisir. Si alors la voix portait sur le choix et l’envoi en mission, ici il y a plus. Si le choix est certes confirmé, mais c’est pour insister sur sa mission: Ecoutez-le!. 


Désormais, le point d’attention sera déporté du Père vers le Fils. C’est l’autorité du père qui y est engagée. Et comme dans le baptême, c’est l’amour de Dieu trinitaire qui se révèle. Mais ici il n’y a pas de colombe, et d’ailleurs dans aucun texte de la parole de Dieu de ce dimanche, aucune évocation de l’Esprit Saint. 


Où est-il alors? Il est dans l’inspiration, dans la capacité que nous avons à comprendre les Ecritures. Il est aussi agissant dans la transfiguration. Car Jésus était rempli de l’Esprit Saint depuis toujours, mais cela n’était pas toujours visible, c’est même le contraire, alors que Jésus rayonnait, mais leur yeux n’étaient pas capables de le voir ainsi. 


Dans notre vie, nous avons à accueillir cette bonne nouvelle qu’est la présence du Dieu d’amour dans nos vies. Et cela se rend parfois visible, comme ce corps transfiguré de Jésus qui éblouit et qui interroge. 


Qui est ce Dieu manifesté en Jésus et rendu présent dans ma vie par son Esprit. Qui est ce Dieu d’amour dont j'entends parler si souvent?


C’est celui de l’eucharistie, de la messe. Il se rend présent dans le pain et le vin qui sous la puissance de l’Esprit saint deviennent son corps et son sang. Ce processus on l'appelle la transsubstantiation, car c’est une transformation,  un changement de la substance, de ce qui fait que le pain est le pain et le vin est le vin et qui deviennent  le corps et le sang. 


Comment cela transforme ma vie? Et surtout maintenant puisque nous ne pouvons venir physiquement à la messe et en manger. Par la communion spirituelle, ce désir de vouloir non pas voir Dieu, mais de l'accueillir en nous avec tout ce mystère qu’il contient et dont nous n’avons pas à avoir peur, car c’est un mystère d’amour pur. 


Comment cela transfigure ma vie dans le but d'en rayonner  autour. La grâce de Dieu fera le reste pour toucher un tel ou un autre. Mais tout cela sera possible par mon intermédiaire. Donc, malgré tant de difficultés personnelles et collectives, ne nous arrêtons pas en un si bon et beau chemin. 


Le mont Thabor, ce n’est pas une belle histoire du passé, liée à la vie de Jésus. Le mont Thabor c’est notre histoire, histoire de la rencontre personnelle avec ce Dieu qui tout en se révélant, continue à se cacher pour  aiguiser notre désir et pour ne pas nous nous imposer sa volonté  sans que la nôtre y participe. 


Le bonheur est la rencontre de deux libertés. Amen.

2020/03/01 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 11 mars 2020 11:09

Les anges le servaient


L’évangile d'aujourd'hui, nous le connaissons bien.  C’est la scène de la tentation de Jésus au désert.  Jésus expérimente le Mal  dans sa chair.  Bien que physiquement affaibli par  40 jours de jeûne, cela  lui sert à se décentrer de lui-même en tant qu’homme pour être plus spécialement ouvert à la puissance de la volonté de son Père. 


Sa volonté humaine est totalement imbibée de la volonté spirituelle.  Renforcé par  la prière très intense  dans cette période-là, il est préparé pour le combat. 


C’est ainsi qu’il devient victorieux des tentations qui résument sa vie. C’est un archétype (par-delà de toute question de l'historicisme de cet événement) de toutes les tentations auxquelles il a été soumis durant sa vie.  C’est ainsi qu’il rejoint toutes les tentations de notre vie, à nous les humains, ses frères. 


Dieu n’est pas l’auteur de tentations, mais il les permet. Si seul Satan tente, c’est Dieu qui éprouve ainsi la solidité de la foi grâce à laquelle la résistance au mal s’exerce. Et nous en savons quelque chose sur cette faiblesse de la résistance au mal. 


Tous les scandals qui secouent l’Eglise ces derniers temps sur les abus sexuels et d’autres  en témoignent. Et par-delà le problème  de pathologie médicalement constatable, c’est la question de notre sensibilité collective dans l’Eglise qui est en jeu. Et la capacité à dénoncer un mal lorsqu'il se manifeste quelque part. 


C'est comme avec le virus qui parcourt maintenant  la planète  entière. Chaque cas c'est un cas de trop.  Car le mal fait chez une personne empoisonne tout l’entourage. C’est de notre responsabilité collective, aux dimensions de l'Église pour l'humanité entière qu’il est question.  


Les dernières révélations sur le fondateur de l’Arche, Jean Vanier le prouvent. L’influence d’un dominicain qui était aussi frère du fondateur de la communauté Saint Jean  fait qu’une commission théologique a été créée pour évaluer à la lumière de ces dernières révélations la valeur  théologique et spirituel de ses écrits. 


Les tentations auxquelles nous pouvons être soumis, sont de natures diverses et variées. Mais elles  sont toujours-là, et elles sont d'autant plus grandes, qu’elles paraissent anodines.  La tentation de vengeance par si, la tentation de malfaisance par là, la parole et les actes  y prêtant le flanc, car la pensée est déjà mauvaise. Se laisser séduire semble si facile, les premiers parents l’ont expérimenté. 

D'où la nécessité de savoir détecter le mensonge. C’est seulement dans une attitude d’humilité spirituelle car pour des raisons reliées à Dieu qu'un travail de détection de mensonge  et de la lutte contre le mal peut s’effectuer. 


Le carême c’est le temps du travail de Dieu en nous pour faire de nous cet homme nouveau dont parle st Paul. Cela passe par le changement du coeur. Le Christ, ce nouvel Adam, nous montre le chemin. Et son chemin passe par l’affrontement du mal sous ses diverses formes. Il nous y invite, il nous y accompagne. 


Les anges le servaient pour signifier que le paradis perdu était retrouvé. Et puisque ils le servaient, ils nous servent aussi, et cela devient manifeste à chaque fois que nous remportons une victoire sur le mal. Les confessionnaux en regorgent. C’est le paradis qui ne dure que quelques instants, le temps d’action de grâce jusqu’au prochain combat. 


Plein d’espérance, et dans la joie qui se profile derrière chaque combat gagné, avançons sur le chemin du carême, cette quarantaine qui nous met au pas de Dieu qui avance avec nous. Amen.

2019/03/10 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 4 avril 2019 15:28

Introduction messe


Carême : quarante jours en vue du renouveau spirituel, cela suppose de passer par la purification et donc le combat. 


Homélie


Jésus fait une expérience initiatique. Il est poussé au désert par l’Esprit. Nous avons à refaire cette initiatique qui nous replongera dans la vie chrétienne en profondeur. Toute initiation se fait avec l’assentiment actif de l’autorité supérieure. C’est le cas des toutes les initiations dans les tribus traditionnelles où le père pousse le fils à ‘chasser du lion’ et ainsi devenir homme. Jésus, après avoir été reconnu comme fils au moment du baptême, fut poussé par l’Esprit pour aller au désert. Pour Jésus l’autorité supérieure est celle du Père des cieux qui le reconnait comme son Fils et l’autorité de l’Esprit qui le remplit du désir d’aller chasser. Mais ce qu’il devait chasser ce fut le tentateur. 


Pour aborder le carême, nous avons à nous sentir remplis de l’Esprit saint, l’autorité de Dieu le père. C’est à cette double condition que nous pouvons partir au combat pour chasser. Chasseur le tentateur de nos vies qui nous susurre des solutions simples, immédiates et efficaces de bonheur. En d’autres termes, le tentateur nous donne des solutions pour savoir comment être heureux sans Dieu. Regardons ces trois tentations de Jésus qui sont bel et bien les nôtres. Ce sont trois rêves que nous caressons parfois, et nous le faisons souvent bien innocemment.


1° rêve de transformer les pierres en pain. Le bonheur est à la portée de la main. Je veux tout, tout de suite. L’immédiateté de la réalisation de mon désire me conduit à user des moyens qui font fi de la durée, de l’attente. La vie est merveilleuse sous l’emprise des certaines substances euphorisantes. Mais cela ne dure pas longtemps, car la dure réalité se rappelle avec ses droits. A l’euphorie succède la déprime. Et la dépréciation de soi peut conduire très loin. Grégory nous l’a rappelé la semaine dernière parlant de son expérience de toxicomane.  Chaque fois que je ne respecte pas la durée de l’attente qui est à vivre, je suis sous l’effet de la tentation de vouloir transformer les pierres en pain. Lutter contre cette tentation c’est exercer la vertu de l’humilité qui me permet de voir juste les rapports au temps et à l’espace. 


2° rêve de pouvoir dominer les autres et ce qui appartient à tous. Quand nous nous prenons pour le centre du monde et l’origine de nous-même, nous sommes vulnérables devant cette tentation de vouloir dominer les autres. Famille, travail, société, autant de communautés d’appartenances qui sont des lieux où une telle domination s’exprime. Et les scandales dans l’Eglise en disent long sur cette domination. Lutter contre c’est prendre les armes de l’humilité en reconnaissant que l’autorité de Dieu le père n’est pas faite pour nous écraser.  Mais qu’elle est là pour nous relever et nous faire grandir, y compris en nous poussant à chasser le malin dans le désert de nos vies. 


3° rêve d’être libre en se soumettant au mal, au malin, au tentateur, au diable. Nous voulons être libres et éventuellement faire à notre guise, sans tenir compte de qui que ce soit. Cela nous arrive  parfois. Mais les autres, soit ils sont complices et nous attirent vers le bas, Soit ils nous aiment vraiment, et dans ce cas-là, ils nous corrigent en nous faisant comprendre que nous ne sommes pas seuls à vouloir nous aimer. En essayant de réaliser ce rêve de liberté qui prime sur les liens d’amour, nous nous mettons en danger de nous éloigner de la vraie source de liberté qui est le Dieu d’amour (aime et fais ce que tu veux). Et si nous nous éloignons de Dieu et de sa loi d’amour, nous sommes une proie facile pour le mal. Lui, qui de mal en pis nous attire vers sa source qui est le malin. Et comme conséquence, au lieu d’être heureux nous, subissons les effets désastreux de la division de notre cœur. 


En plus de l’évangile, les trois autres lectures nous disent comment éviter tout cela : en se souvenant des merveilles de Dieu (Moise et son peuple) et en les reconnaissant (psaume) pour pouvoir mettre notre foi en Jésus-Christ, sauveur qui peut nous guider sur le chemin de la vraie vie. Mais pour bien entendre tout cela il faut mettre la Parole de Dieu au centre de nos vie, cela peut être une bonne décision pour notre effort de Carême. Amen

2019/03/06 - Homélie - Cendres : vérifier la qualité de branchement

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 20 mars 2019 10:35

Le temps de carême commence par une journée de mise en circulation de la nouvelle ligne, celle qui permet de vérifier le branchement de notre vie sur la vie en Dieu. Nous sommes durant l’année soumis à des forces d’usure de notre branchement. Durant l’année, nous vérifions le niveau de l’alimentation de notre circuit. Ceci est fait de façon quotidienne et hebdomadaire. Le premier est pour nous-mêmes le second est pour nos frères. 


Mais durant le carême tout en vérifiant le niveau de la batterie, nous avons à faire passer le contrôle des nos connexions.  Il s’agit des articulations qui sont les points de contacts entre la vie spirituelle et la vie quotidienne. Mais aussi entre les différentes parties de notre existence, dans la distinction entre le corps esprit et âme, mais également, entre la vie familiale et sociale professionnelle, scolaire...


Les trois expressions de la vie chrétiennes de l’Évangile sont là pour nous aider à vérifier les connexions entre notre désir d’approfondissement de notre vie spirituelle par le jeûne, de notre connexion à Dieu par la prière et de notre relation avec les autres par l’aumône. Tout cela est possible à condition d’être déconnecté de bien des sources qui peuvent parasiter le travail de vérification  de notre connexion spirituelle. 


Partons confiant sans déchirer les vêtements, mais en permettant notre cœur, si souvent divisé, de se déchirer au sens de reconnaître cette désunion et ainsi permettre à Dieu de faire le travail de réunification comme Il l’entend.  AMEN

2018/02/25 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 28 février 2018 13:02

Tu vivras


Le récit du sacrifice d’Isaac laisse toujours un goût d’inachevé. Ce goût exprime notre cheminement depuis la croyance païenne à la foi chrétienne. Je l’ai aussi expérimenté en préparant cette homélie. On peut savoir beaucoup de choses sur le contexte historique  du récit et  sur sa portée théologique. Le soupçon reste très fort. Dieu veut éprouver l’homme dans la fidélité qu’il lui porte. Et il le ferait sans se priver de tous les moyens dont les hommes disposent ? Il voudrait nous prendre ce que nous avons le plus cher ! Notre vie, nos projets, notre avenir. Nous priver de notre liberté, nous rendre esclaves ! Comment croire en un tel Dieu ? 


De fait si notre raisonnement se situe sur ce chemin, nous sommes dans la lecture païenne du récit. Et alors Dieu punit et récompense comme il veut.  Or la Bible dans ce récit nous indique une lecture différente. Il faut seulement être attentif aux indices. C’est une lecture de la foi avec un regard d’amour.


Ceci se laisse voir en trois étapes. 


1° lorsque le texte a été écrit  tout le monde savait qu’Isaac avait vécu longtemps. Donc on ne peut pas lire ce récit comme un film à suspense. Le regard est à tourner ailleurs, vers une nouvelle image de Dieu. 


2° Lorsque le texte fut écrit au VII s avant J-C, alors que Abraham avait vécu plus de mille plutôt, tout le monde savait que Dieu refusait le sacrifice humain et ceci depuis toujours.  Les descendants d’Abraham lisent ce texte commun un récit de conversion du regard d’Abraham sur  Dieu. Comme si Dieu lui disait : « Tu imagines que je veux la mort de ton enfant ? Eh bien tu te trompes ! »


3° Dieu est fidèle à sa promesse,  donner une descendance nombreuse à Abraham. Les intérêts des hommes sont fondamentalement les mêmes que ceux de Dieu. Le bonheur humain,  Dieu le favorise, l’accueille et le transforme, certes à sa guise.  Tout ce bonheur,  Dieu demande de le lui offrir (sacrifier), mais pas de tuer. « Offres-moi ton fils en sacrifice, c’est-à-dire fais le vivre, sans jamais oublier que c’est moi qui te l’ai donné. »   Et c’est peut-être là que se situe la difficulté majeure de la foi chrétienne. Ne jamais oublier qui est Dieu pour nous, et donc comment nous avons à être par rapport à lui. Il est notre créateur qui veut notre bonheur. Il nous entoure de sa promesse. Promesse de vie : tu vivras !


4° nous sommes descendants d’une telle promesse. C’est à nous de lutter, d’oeuvrer de toutes nos forces pour qu’elle advienne. Promesse de vie : Tu vivras ! Il y a pleins de situations et endroits dans le monde où une telle promesse se réalise sous nos yeux. Comme par exemple dans les cas des fondateurs de la PSE qui ont bien compris cela. Ils ont compris le devoir de dire à chaque enfant de la décharge de Phnom Penh « Tu vivras ». De le dire en s’occupant de lui. En lui procurant de la nourriture, les soins nécessaires, son éducation, son métier. Et tout cela par amour. Amour qui transfigure, comme dans le récit de l’Évangile d’aujourd’hui. La vraie nature devenant visible pour un moment. 


Suis-je dans le désir de chausser des lunettes de la foi ? Lunettes qui me permettent de voir par amour ? Et me souvenir de cela ?  AMEN

2017/03 - Méditation personnelle - Carême

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le lundi 28 août 2017 14:19

Le carême est le temps de la descente aux enfers de notre être ténébreux. Cette descente se fait en la présence du Christ, ce Jésus qui au désert a lutté pour nous permettre de sortir de cet enfer. Nous sommes capables d'y aller car nous y descendons avec lui en rappel. Il est notre fil d'Ariane, notre sécurité et l'assurance de pouvoir remonter à la surface, chaque fois transformés et recréés. Quarante jour d'une plongée en apnée, juste alimentés par le souffle de l'esprit du Christ qui nous l'insuffle chaque fois que nous sommes à la limite de l’asphyxie. C'est le prix de ce voyage dans les tréfonds de notre être. Mais gare à celui qui voudrait y aller tout seul, il risque d'y perdre sa vie, toute sa vie. Alors que, qui perd sa vie avec le Christ, la retrouve bien plus belle et plus riche.

2017/04/02 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 14:02

Avec ce 5 dimanche, et troisième scrutin, nous sommes encore en Carême. Mais la Pâque n’est plus très loin. On  commence sérieusement à en apercevoir les contours.

La victoire de la Vie sur la mort se profile à l’horizon du calendrier liturgique. Nous sommes déjà dans les frémissements de la joie que provoque notre heureuse attente. Ce sont des signes avant-coureurs d’une libération extraordinaire. L’évangile d’aujourd’hui nous le met devant les  yeux avec une évidence qui n’a pas besoin d’être soulignée plus que cela.

Dans le carême qui nous prépare à Pâque, nous préparons notre vie pour accueillir une cette  nouveauté.  Oui Dieu s’attaque au plus dur,  à la mort.
Car si on peut ignorer le péché, ce n’est pas le cas de la mort. Et pourtant le péché et la mort se sont ligués. Ils ont signés un pacte pour  unir leurs forces. Ils ont signé un pacte d’agression à notre égard. Ils l’ont fait pour nous entrainer dans le gouffre de la mort et nous éloigner de Dieu.

La réaction contre cela est toute divine. « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël… Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. »

Comment cela résonne en nous ? Une parole en l’air, une consolation, pas pour moi, mais peut-être pour les autres ?  (Ezékiel 37, 12-14)
Est-ce sous l’emprise de la chair ou de l’Esprit que nous réagissons ? (cf. Rm8, 8-11)

Et si je m’en aperçois, qu’il y a du vrai pour moi, quelle est la tombe dans laquelle je suis enfermé ?

Est-ce la tombe de ma suffisance, ou au contraire celle de mon incertitude, de mes doutes maladifs ? La suffisance, on l’attrape à l’âge de deux trois ans et, il y en a qui ne s’en sont jamais départis. Alors que les doutes maladifs sont ceux qui nuisent à la santé physique et spirituelle (c’est presque de la tautologie, mais il vaut mieux donner cette précision) Et peut-être, en ai-je même plusieurs ?

Car quoi dire de tous ces tombeaux de non-dits, trainés comme des boulets. (Tombe sous terre et tombeau la partie visible, monument funéraire)

 L’expression être comme une tombe, vise à garder un secret, n’en rien dire à personne, garder pour soi. Et le faire, soit par engagement soit par crainte, ou les deux.

Certes,  il y a des secrets qu’il faut garder, par exemple celui de la confession. Mais il ne faut pas  le confondre avec  refus de réparer  et prévenir un danger futur.

Ce sont juste quelques exemples pour nous faire méditer sur nos tombeaux, et comment nous pensons pouvoir nous en sortir.

Le chrétien  ne s’en sort pas tout seul. Il le fait en se confiant à la puissance divine annoncée dans l’ancien testament et réalisée en Christ.

L’ordre que Jésus donne  à la tombe de Lazare de s’ouvrir est clair : Lazare vient dehors, puis il dit aux témoins de la scène ; déliez-le et laissez-le aller. (Jn11, 3-45)

Fidèle à l’évangile, qui est une bonne nouvelle, nous célébrons la sortie de nos tombeaux à  travers le sacrement de la réconciliation, comme samedi dernier (et les réglages sont toujours à faire) Et si nous ne le faisions pas, sous cette forme ou une autre, nous  serions coupables de la non-ouverture par Dieu des tombeaux, de nos tombeaux.

Ne trainez pas les pieds, il est encore le temps. Les catéchumènes nous en donnent un exemple éclatant. Eux, qui vont recevoir le bain de la vie nouvelle. Et dans ce bain, ils vont recevoir la grâce du pardon.

Ce qui ne les dispense pas de la confession au sens de faire le travail de vérité, et à en rendre compte. C’est à quoi servent les scrutins suivis de l’entretien avec le prêtre juste avant le baptême.

Nous, les autres, nous avons  à le faire au moins une fois l’an. Sinon notre conviction, notre certitude de ne pas avoir de raisons pour  le faire, pas plus sous cette forme qu’une autre, nous condamne à rester dans nos tombeaux.

Tombeaux sur lesquels,  nous mettons des pots de fleurs et installons des jardins suspendus en guise de beaux filets de sécurité de notre humaine convenance. 

Ni le péché, ni la mort ne sont plus forts que Dieu, et le Christ en a témoigné dans sa vie et dans sa mort, jusqu’à sa résurrection. Amen.

2017/03/26 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:58

Et si vous voulez savoir quelles sont les conditions (et pas les raisons) pour se convertir  venez samedi prochain. Et si vous trouvez des bonnes raisons pour ne pas y venir vous saurez  à quoi vous en tenir. Voici les conditions de la conversion


1. Tout en étant touchés par une émotion en profondeur,  se  détacher des ses sentiments et surtout de ses pensées ou des idées acquises souvent au prix de grands efforts de pensée qui  sont plus importants que la nouveauté de la Foi.

2. Faire un examen de conscience en toute vérité en me servant de l'échelle de valeur comparative fournie par les deux commandements : amour de Dieu et de mon prochain.

3. Se concentrer sur un aspect en particulier, le plus important soit par ce que le plus urgent, soit parce que le plus douloureux, soi parce que le plus négligé depuis si longtemps

4. Le regretter sincèrement. Tant que le regret n'est pas total qui  donc engage la totalité de mon être  (sens de la contrition par amour) la conversion peut être juste un peut désirée,  mais elle n'est ni désirée comme une nouvelle vie ni accueillie comme cadeau.

5. Dans la grâce du pardon sacramentel accueillir les effets spirituels et par conséquent purement humains de la conversion

6. Savoir remercier pour un tel cadeau et le montrer dans une attitude d'humilité avec laquelle des gestes concrets sont posés pour signifier la conversion.

7. Célébrer en communauté chrétienne la grandeur de Dieu qui se révèle à travers notre conversion.

8. Méditer

2017/03/01 - Homélie - Mercredi des Cendres

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:53

Par cette messe et par l’imposition des cendres nous entrons en carême. Laissons-nous guider par les paroles du psaume 50.


Crée en moi un cœur pur !

Le cœur dans la Bible signifie le lieu de l’intelligence de la foi, la volonté d’adhérer à Dieu et d’agir selon son désir.  C’est reconnaitre dépendre entièrement de Lui, Créateur, c’est reconnaitre être une personne unique à ses yeux avec une mission unique : annoncer la louange de Dieu.

 Pécheurs, avec un cœur si souvent sale comme la cendre, endurci et divisé demandons à Dieu de créer en nous un cœur selon son cœur, un cœur pur, ouvert, unifié.


Ne me reprends pas ton esprit !

Par l’Esprit de Dieu, insufflé dès sa conception, l’âme porte en elle
la promesse de vie éternelle !

Esprit de Dieu, reçu au baptême, donne à notre âme la capacité de s’ouvrir
à la vie éternelle.

Esprit de Dieu, reçu à la confirmation, donne-nous la force nécessaire
pour accomplir notre mission.

Dieu, se penchant vers l’Homme lui dit d’abord : Tu existes ! ; en
suite : viens !  et  puis : va !


Rends-moi la joie d’être sauvé !

La joie est au centre de l’action de Dieu

Elle rayonne par contamination heureuse

Elle témoigne de l’action divine

Elle nous entraine sur le chemin du salut

Elle soutient l’Espérance dont se nourrissent la Foi et la Charité

2017/03/19 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 13:46

CARÊME :
C’est aussi  le temps qui
me permet de comprendre
pourquoi
je ne veux pas me convertir!


Nous tenons à notre vie plus qu'à tout. Y compris par rapport à  la vie éternelle en Dieu. Nous nous habituons à nous apprécier tels que nous sommes. Et « si nous arrivons à positiver, c’est déjà bien ! » N’est-ce pas le soupir que l’on peut entendre? Nous essayons tout de même de développer ce côté positif qui sommeille et nous et que nous réactivons périodiquement, suivant les circonstances. C’est la générosité, l’attention aux autres… Que vouloir de plus ? « Vous n’allez tout de même pas, mon père, faire de nous des saints ! ». J’entends cette phrase bourdonner dans mes oreilles. Si, justement, mais cela suppose de passer par bien des étapes.

Certes, il y a beaucoup de choses qui nous dérangent. Mais, faute de mieux, nous finissons par les accepter telles quelles. Nous nous y installons et faisons rayonner notre personne autour de nous. Et beaucoup trouvent cela sympathique, agréable, voire se réjouissent de cela et nous emboitent le pas. Et pour survivre dans un tel état, nous déployons toutes sortes de stratégies d'éviction. Ces stratégies ont toutes pour but de masquer cette résistance à la conversion.

Et pour être tout de même en règle, tout au moins avec nous-même, nous rabaissons le niveau d’exigence spirituelle, en l’’accommodant à notre sauce. C’est qu’a fait la Samaritaine avant la rencontre avec Jésus. Ou ce que nous entendons si souvent, pour signifier le refus d’aller à la messe, du style : «  les chrétiens qui vont à la messe tous les dimanches ne sont pas mieux, voire pire que les autres ; même des non chrétiens sont souvent meilleurs... »

Ainsi, nous sommes à peu près sûrs de pouvoir échapper au devoir de la conversion. Ainsi, nous sommes à l’abri de ce spectre qui plane sur les chrétiens et qui les rend si vulnérables. Et en effet, peu crédibles sont de tels chrétiens. Ils sont si souvent sujets à des déprimes spirituelles qui les font battre leur mea culpa. Quelle horreur que d’être à la merci d’un bon vouloir d’un Dieu qui ne correspond même pas à nos attentes. Ce Dieu avec qui nous n’avons pas fini de régler nos comptes.

Et puis, après tout, la vie est déjà tellement compliquée en nous et autour de nous. Nous n'allons tout de même pas nous battre sur tous les fronts. Bref, nous faisons tout pour ne pas activer le mouvement de conversion. Nous avons donc plusieurs raisons  pour ne pas nous convertir.

Car, si nous le faisions, nous serions obligés de nettoyer nos pensées et nos sentiments.  Et nous serions obligés des quitter les eaux tantôt tranquilles tantôt turbulentes des mers de nos existences pour une autre vie. Cette autre vie, qui sans pour autant échapper aux bourrasques, fait cependant augmenter la qualité de bonheur. Et nous serions obligés de ne plus tourner en rond sur ces mers de nos existences. Là, où nous naviguons au gré des alizés de notre bonheur désiré, bien douillet, tout en étant étonnés que les coups durs ne nous épargnent pas. Et nous serions obligés de redresser la barre de notre vie embarquée dans les navires de nos corps pour retrouver le cap de l’Espérance.

Mais cela supposerait s’autoriser à démolir les autels dressés pour honorer nos idoles. Et les idoles, elles sont pléthore. Faut-il les nommer ? « Miroir, miroir, dis-moi que je suis belle, dis-moi que je suis fort ! « 

Ces idoles avec leurs miroirs sont des reflets de nos désirs de vouloir nous retrouver le mieux que nous puissions faire. Le puits de Jacob sur lequel se penche la Samaritaine en présence de Jésus dit bien autre chose, à savoir la vérité de la vie. Alors, accepter la conversion, c’est d’accepter de rendre les armes  de nos combats, menés par nos propres forces. C’est pour cela aussi que nous ne voulons pas nous convertir.

Car se convertir, c'est d'accepter de se laisser recevoir d'un Autre. C'est perdre sa vie à cause de cette Autre Vie, plus grande que la mienne. Ou plutôt, de permettre à cet Autre de retrouver en moi ce qui il avait déjà déposé comme appel pour le rejoindre. La Samaritaine l’a bien compris. Mais cet appel, je ne peux l’entendre que par la voix extérieure à moi et qui me dis souvent dans le creux de mon oreille : « viens et va ».

Se convertir cela suppose accepter de chambouler tellement de choses en moi, que très honnêtement je ne veux pas, toujours pas. Encore une fois je me le dis, malgré toute cette résistance, je ne suis tout de même pas un monstre spirituel. Et, en principe, le fait de venir à la messe le prouve.

Éventuellement, j’attendrai donc qu’un événement grave me pousse à la conversion. Mais sans préparation aucune pour affronter de tels événements éprouvants, je risque aussi de m’en éloigner. Mais après tout, peut-être que tout cela m’est égal.

J’espère que je vous ai convaincus de ne pas vous convertir. Et surtout de comprendre les raisons pour lesquelles chacun pourrait dire : « Non, je ne veux pas me convertir ! »  Répétez cette phrase svp dans votre tête, à voix basse et même en criant. C’est une thérapie comme une autre. Et si vous l’appliquez, vous êtes déjà sur le chemin de conversion. Donc réfléchissez bien, avant de vous y mettre. Vous êtes libres, c’est pour cela que l’on ne va pas le faire tous ensemble maintenant. Alors que de vous le proposer, cela me démange. Le temps de carême est un temps de vérité. Et cela passe par de tels constats qui font froid dans le dos.

Et si vous voulez savoir quelles sont les conditions de la vraie conversion, revenez samedi prochain. Et si vous trouverez de bonnes raisons pour ne pas y venir à cause de cela, vous saurez à quoi vous en tenir.  AMEN

2017/03/05 - Homélie - 1er dim. Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 10:49

Homélie : Carême, le temps du salut qui vient.


Carême c’est le temps d’approfondissement de notre foi. C’est le temps de purification de sa source qu’espérance en Dieu. C’est le renouvellement des engagements de notre baptême pour pouvoir professer solennellement la foi le soir de la veillée pascale.
 Nous approfondissons notre foi par la connaissance de la Parole de Dieu, rien qu’au travers les lectures d’aujourd’hui. Nous le faisons, d’abord pour comprendre notre situation1° et en suite,  pour agir dans le cadre du carême2°.

1° Approfondissement de la foi par les lectures :

Quand on parle de la foi en Dieu bon et attentionné à l’égard de sa création,  on est tout de suite confronté à la question du mal. Pourquoi le mal, la mort, les discordes,  les maladies et même la nature hostile et le travail si souvent pénible….

L’auteur du récit de la Genèse (Xs. avant J-X) écrit ce texte avec une conviction de base. Celle de la bienveillance de Dieu : Dieu  a libéré son peuple d’Egypte, il veut l’homme libre et heureux.

Mais la question du mal demeure.  La réponse est donc donnée sous forme d’une fable. Le jardin des délices contient deux arbres particuliers, un au centre, arbre de la vie, et un autre ailleurs, arbre de la connaissance. 

Intervient alors ce  fameux reptile. Le serpent commence par  insinuer un doute : vous ne mangerez d’aucun arbre ? De fait ce doute insinué par le serpent trouble Eve. La première partie de sa réponse est correcte, mais pas la seconde.  Elle répond que Dieu avait permis de manger de tous les arbres sauf d’un ;  jusque-là c’est correct. Mais en suite, au lieu de parler de l’arbre de la connaissance dont il est interdit par Dieu d’en manger le fruit, Eve parle de l’arbre de la vie, l’arbre qui est au centre. Le serpent, rusé qu’il est, la rassure que non, qu’elle peut en manger. En fait chacun parle d’un autre arbre. Mais le serpent sait ce qu’il fait. Sous forme d’un qui pro quo, l’auteur du récit rend compte d’un énorme mal entendu qui s’instaure. C’est une manière simple d’exprimer l’engagement libre des premiers parents à ne pas suivre la volonté de Dieu. Et par conséquent,  finalement se détourner de lui.

Comme on peut le constater, le serpent s’appuie sur des demi-vérités. La femme, troublée au début, finalement, trouve cela séduisant. Et par de telles demi-vérités est introduit chez l’homme le soupçon sur les intentions de Dieu. Car la pointe est là, peut-on faire confiance à Dieu sans limite ?

Le soupçon sur les intentions de Dieu à notre égard et du monde, est un poison. Il empoisonne notre vie, et ce depuis le début de la révélation. Seul le Christ a fait totalement confiance à son Père (II lecture) et a pu tenir bon dans les tentations (Evangile).

2° comment pouvons-nous donc  purifier  la source de notre foi, de notre confiance en Dieu ?

Carême propose différentes démarches pour y parvenir.

- La première fut signifiée le Mercredi des Cendres. C’est le début de carême dans lequel on entre avec l’attitude d’humilité d’un pécheur. Le pécheur cherche la vérité et donc  cherche à retrouver en lui cette bienveillance, dont Dieu n’a jamais cessé de le gratifier. 
L’imposition des cendres, c’est le rappel de la condition humaine entachée par le péché. Ce qui se traduit par le cœur endurci, fermé, divisé, pour qu’il devienne limpide, tendre et  ouvert.  C’est toute cette prière du psaume 50 qui exprime ce chemin : Crée en moi un cœur pur, rends- moi la joie d’être sauvé.  Rien que de répéter  avec foi ces deux strophes du psaume introduit dans la démarche de carême. C’est une disponibilité à Dieu et sa grâce qui est ainsi signifiée.

- La seconde démarche qui démarre aussi avec le mercredi des cendres, est le travail sur les priorités dans ma vie de chrétien. Cela se traduit par le jeûne et bien d’autres plus ou moins grandes privations.

 Je propose à ceux qui le désirent de faire attention à la somme d’informations que nous recevons tous les jours notamment  par l’intermédiaire de l’Internet et les réseaux sociaux. Suis-je capable de m’en limiter au stricte minimum,  seulement à ce qui est important pour notre vie en conformité avec notre foi et celle de notre famille ?

- Une autre démarche à signifier est d’entrer dans le silence du cœur. Et de chercher à préserver des moments de prière dans la  journée. Il s’agit de cette  prière intime, très personnelle et dans laquelle se creuse le sillon de la confiance en Dieu grâce à une fréquentation assidue des Ecritures. 

Il suffit de télécharger une application adéquate,  puis, bien sûr, l’ouvrir et s’en servir. Trois décisions à renouveler chaque fois et au début avec une certaine implication de la volonté de notre part.

-Et une dernière, mais finalement la plus importante chose à envisager durant le carême, c’est de préparer la démarche de pardon. Cherchez comment le recevoir et le donner !? Et comment cela pourra  aboutir  au sacrement de la miséricorde, où il n’y a rien à craindre. Il y a juste à  y faire acte de confiance par la plongée dans l’amour infini du Pères des miséricordes.

- Pour ce qui est de la générosité, je ne m’inquiète pas, la preuve ce soir…  La générosité est grande dans les cœurs humains normalement constitués. Mais durant le Carême l’on peut aussi rectifier le regard à ce sujet en permettant à cette générosité d’être la charité au nom du Christ.

Voir la différence entre la générosité et la charité,  c’est de saisir la portée de ce qu’est la gestion du bien commun que Dieu nous a confié et comment nous en prenons soins en le répartissant de façon la plus juste possible. C’est peut-être un peu loin de dames patronnesses et de leur aumône, mais que sait-on, après tout, il ne faut jamais s’arrêter à l’image extérieur ou étiquète que l’on collera sur une catégorie des gens.

 Toujours est-il qu’en se sentant le bénéficiaire de la charité du Christ à notre égard, nous pouvons pleinement  d’être dans une véritable charité à l’égard des autres.     

Bon et fructueux carême !

Et que la vérité dans la tendresse de Dieu fasse son chemin dans nos vies et autour de nous !   


AMEN

2016/03/13 - Homélie - 5e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 29 juin 2016 14:25

Highline


Connaissez-vous le nouveau sport qui consiste à marcher sur une corde tendue entre deux poteaux ? Pour les débutants, la corde est placée juste au-dessus de la terre et la distance à parcourir n’est pas très grande, juste quelques pas et quelle joie de se voir arriver de l’autre côté. Comme celle des parents dont l’enfant fait ses premiers pas. Puis, pour ceux qui sont bien entrainés, elle est tendue entre les deux flancs de la montagne. C’est impressionnant, mais pas donné à tous de pouvoir marcher dessus.


Dans la vie, nous expérimentons cela parfois. Nous avons l’impression de marcher sur une corde  parfois  placée bien haut, au-dessus d’un précipice. Et si nous sentons que c’est trop pour nous, cela veut dire que d’y marcher, cela nous fait peur. La peur du vide est normale, surtout lorsque l’on n’est pas expérimenté  dans ce genre de sport. A propos, j’admire les gars qui montent les échafaudages en bambou. Ces sont de vrais artistes du vide.
Pour marcher sur une corde, peu importe la hauteur dans le vide, il y a un truc. Il faut savoir poser son regard sur le but à atteindre. Surtout ne pas regarder où l’on pose les pieds. Car si l’on fait cela, on est certain de tomber. Pourquoi ? Parce que le regard n’est pas fixé sur quelque chose de stable. Mais quelque chose de mouvant, à savoir nos pieds. Alors qu’autour des pieds, il n’y a que du vide. Et donc l’oreille responsable de l’équilibre, transmet des faux signaux, des faux messages au cerveau. Qui à son tour donne la commande de tomber. Ainsi le corps entrainé dans la chute disparaît en tombant. Toutes proportions gardées, j’ai survécu au grand huit de Ocean Park, parce que j’ai décidé  de poser mon regard uniquement sur les rails. 

Mais pour revenir à l’image de Highline, assurez-vous, les gars qui marchent comme cela avec deux cents mètres au-dessus de la terre, sont tout de même attachés au cas où. Sinon, c’est purement et simplement suicidaire.

On peut parfois se trouver dans la situation de la perte d’équilibre. Un faux pas dans une mauvaise direction.

Et que dire de la vie de la foi ? St Paul dans la deuxième lecture nous demande de marcher droit devant sans regarder en arrière. Cela peut paraître contradictoire avec tous les messages  de la Bible au sujet de la foi qui est fondée sur la présence de Dieu dans le passé de la vie du peuple d’Israël. Paul ne nie pas le besoin de se souvenir, mais ici, il insiste sur la nouveauté. Ce n’est plus la loi de Moïse, mais l’attachement au Christ. Le passé majeur du  chrétien c’est la résurrection du Christ. Son passage par la mort, comme celui des Hébreux par la mer rouge. Dans cette perspective, la Terre promise n’est pas identifiée géographiquement, mais symboliquement, comme Royaume de Dieu déjà parmi nous.


Le disciple du Christ est quelque qui sait marcher devant pour attendre le but. Le But c’est tendre vers le Christ qui vient au-devant de nous pour nous accueillir dans sa gloire. Et pour y arriver, le croyant doit fixer son regard sur ce but. Sinon il tombe. Et en effet souvent, nous constatons que nous tombons. Nous tombons, car à un moment donné, nous avons détaché notre regard de notre but. En nous laissant divertir par nos pieds qui ne marchent pas droit, nous avons diminué le niveau de vigilance.

Mais nous avons une double sécurité : la barre que nous tenons entre nos deux mains et un fil par lequel nous sommes rattachés. La barre transversale que nous tenons pour être en équilibre, elle représente toutes nos relations de charité avec les autres. Plus nous en avons, plus longue est notre barre, et mieux c’est pour notre marche dans notre vie. Les saints en ont beaucoup, pour cela ils n’ont pas peur d’être audacieux dans la vie toute ouverte à Dieu et aux autres.

Le fil de sécurité, c’est  au cas où nous tomberions en perdant pied. Le Christ est là comme le bon samaritain,  le bon pasteur... Le Christ soigne par le pardon, grâce auquel nous pouvons nous relever.
Le Christ en  bout, mais  aussi le Christ à nos côté. Le Christ est aussi à nos côté, car c’est lui qui nous  permet de nous ressaisir quand quelque chose ne va pas, est déréglé, sombre, pas nette, troublant dans le mauvais sens du terme. Il est aussi à nos côtés dans ce rassemblement, puis que c’est à son appel que nous avons répondu, appel à célébrer la VIE.

Et  ne nous inquiétons pas de nous  voir nous essouffler dans cette marche. Nous avons le souffle de l’Esprit qui est notre ventoline spirituelle. Il suffit de s’y brancher. Pour cela la prière individuelle quotidienne et la messe dominicale sont déjà deux grands points de ravitaillement. Sans parler de tout ce que l’Esprit Saint nous souffle en dehors.
Mais nous avons besoin des autres pour vérifier si cela vient vraiment de l’Esprit du Christ ou pas. Parce que des esprits il y en a de toutes sortes. Et pour vérifier si cela vient vraiment du Christ, il faut être dans l’attitude de vérité et  le plus libre possible ? D’où le besoin de lâcher-prise intérieur. D’où le besoin d’être dans une parole comme Paul, parole qui fait grandir, au présent de notre vie. Sans jamais perdre de vue le but final.  AMEN

2016/02/21 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 28 juin 2016 17:49

CITOYENS du CIEL


Les lectures d’aujourd’hui nous placent devant l’ensemble de la trajectoire de la vie chrétienne. Depuis l’alliance avec Abraham en passant par la citoyenneté chrétienne à cause du Christ Glorieux pour être dans sa gloire. En effet, à cause de la foi au Christ, foi, initiée par Abraham, appelé Père des croyants, nous sommes les citoyens du ciel. Alors qu’est-ce que le citoyen  du ciel peut bien faire sur la terre ? Pour paraphraser Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, le citoyen du ciel  passe son temps sur terre à faire le bien du ciel. Est-ce possible ? Sûrement, mais peut-être pas tout le temps. Mais un peu tout de même. Jésus se manifeste à ses disciples dans sa gloire, il est rayonnant, cela provoque chez les disciples une crainte bien légitime mais aussi de l’émerveillement. Ils sont dans un autre monde, au point que Pierre ne sait plus ce qu’il dit quand il déclare son désir de dresser trois tentes pour honorer Jésus et les deux autres personnages qui apparaissent à ses côté dans la vision, Elie et Moise. Il veut ainsi en l’honorant, l’enfermer dans un lieu, rien que pour eux, lui et ses compagnons, Jacques et Jean. Le but de la transfiguration est bien autre, c’est de goûter à la joie du ciel, entrevoir comment cela sera. Bernadette Soubirous dont nous avons fêté la mémoire dans le calendrier liturgique jeudi dernier, après avoir vu la Vierge, dit qu’Elle est si belle que l’on a envie de mourir pour pouvoir la revoir. Et Jean Vanier fondateur de l’arche est tellement rayonnant de tendresse qu’il est transparent, constatent ceux qui l’approchent, comme ceux lors d’une rencontre à Paris le mois dernier, où une de mes amies était là avec ses quatre filles et dont une, pas très portée sur la religion, n’a pas décroché à aucun moment en avouant que c’était top.


Transparent, rayonnant de tendresse de Dieu, c’est la Miséricorde de Dieu que cela exprime. C’est la condition d’être du citoyen du ciel mais encore vivant sur terre, c’est cela, c’est d’exprimer la tendresse du Père pour ses enfants. Les citoyens du ciel enfantent alors les autres  pour les présenter comme fils et filles d’un même père, celui du ciel. Les citoyens du ciel travaillent sur terre mais pour les affaires dont les avoirs se trouvent au ciel.


Or, nous habituellement, tout en désirant être de ces citoyens du ciel, nous ne sommes pas toujours transparents, translucides, comme Jésus, comme Jean Vanier ou d’autres saints. Nous avons des masques devant nos proches voire nous-même. Et pour une part, heureusement, car être transparent, dans nôtre condition humaine, c’est s’exposer au risque d’un mauvais jugement et d’en tirer des mauvaises conséquences, c’est de devenir encore plus faible à l’égard de l’autre. De fait il y a toujours quelque chose que l’on cache, que les autres n’ont pas à voir. Et ceci pas forcement parce que c’est mauvais en soi, auquel cas, nous avons à clarifier cela à la lumière de la vérité que Dieu nous donne dans le Décalogue. Mais nous avons aussi à cacher certaines choses, car cela fait partie de notre jardin secret. Et que cela reste dans l’intimité de notre cœur et âme, entre nous-même et Dieu.


Les saints n’ont rien à cacher. Ni de mauvais, car tout le temps, ils sont dans la logique de pardon à solliciter à et à donner immédiatement, sans tarder. Et aussi parce que leur jardin secret, celui de leur relation intime avec Dieu est aussi transparent, mais pas totalement, car seulement dans la mesure où ceci est nécessaire pour leur mission.


Par exemple la sœur Faustyna Kowalska  qui a rédigé son journal pour raconter sa vie mystique à cause des apparitions de Jésus, mais elle a toujours su que les mots sont bien trop faibles pour dire ce qu’elle a ressenti et compris. Mais ce qu’elle a pu dire avec ses mots est suffisent pour nous.


Le carême est ce temps propice pour enlever nos masques et nous rendre ainsi transparents à Dieu. Car devant lui on ne peut rien cacher. Et aussi montrer comment nous pouvons rayonner de la présence divine, comme cette femme d’origine nord-africaine qui demandait le baptême parce qu’elle aimait Jésus et dont les yeux disaient tout d’un tel amour. Amen

2016/03/06 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 15 mars 2016 10:34

                 « Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage » ps33 :
                 une double vocation chrétienne.


Les paroles du psaume d’aujourd’hui sont là pour nous indiquer le sens de notre vie chrétienne. La vie chrétienne consiste à regarder vers Dieu et ensuite à en recueillir les bienfaits. Regarder c’est attendre avec confiance que ce qui est désiré soit obtenu. Le Pauvre qui crie sera entendu, car il s’adresse à Dieu.

Alors qui regarde vers Dieu ? Tout chrétien y est invité. Comment le faire ?

Par la prière qui est à la fois louange et demande. La louange c’est une action de grâce, mais pour remercier il faut savoir à qui on s’adresse et pourquoi faire. D’où l’intérêt d’avoir une bonne mémoire. Et celle-ci est bonne car collective. Le peuple d’Israël l’entretint cette bonne mémoire, et l’Église en a hérité pour la poursuivre au présent de la vie des générations des chrétiens qui se succèdent.

La louange précède la demande, car dans la louange on exprime que l’on sait à qui on s’adresse. Le pauvre crie et pose un regard vers celui qu’il vient de louer, de remercier, à qui il rend grâce pour sa présence déjà vécue. Mais le pauvre à encore et sans cesse besoin de celui qui l’a déjà libéré, mais pas encore entièrement. Cependant si le pauvre crie d’abord sans avoir loué il sera aussi entendu, car la louange est dite par le peuple dans son ensemble qui loue le Seigneur au nom de toute l’humanité, y compris de ceux qui ne le font pas, soit, parce qu’ils l’ignorent délibérément ou simplement ne le connaissent pas encore.

Regarder vers Dieu c’est signifier un lien de confiance, lien par lequel espérer la libération. La libération est un processus qui dure toute une vie. La libération est un processus qui s’accomplit à deux niveaux, spirituel et matériel. Au niveau spirituel la relation de confiance s’approfondit, et au niveau très concret, voire matériel, où un tel pauvre (veuve, orphelin  et exilé...) a besoin de l’aide qui leur viendra de la part de leurs prochains. Dans ce deuxième cas, la présence des autres est requise. Car Dieu a besoin de nos mains pour partager, de nos pieds pour aller rejoindre les malheureux, de nos oreilles pour les entendre, écouter passer du temps et comprendre sans juger, de nos yeux aussi pour les apercevoir, ne plus les ignorer...

Le peuple d’Israël, une fois arrivé sur la terre promise, a bien compris cette double mission. Ils étaient assistés par Dieu lors de leur marche de libération depuis la terre d’esclavage vers la terre promise. Mais une fois les Hébreux  arrivés en Terre promise, la manne cessa de tomber du ciel. Double vocation qu’ils découvrent alors : celle de louer Dieu en se souvenant des merveilles d’autrefois (sortie de la terre d’esclavage), et travailler la terre promise pour qu’elle porte du fruit en termes de justice, égalité, liberté. L’année Jubilaire instaurée au retour de Babylone témoigne d’une telle conscience et d’un tel effort. Ils avaient donc sans cesse à regarder vers celui qui les avait déjà libérés pour continuer à grandir en sa présence. 


Nous avons hérité de cela, comme une double vocation aussi.

1.    La foi ou la confiance, est un dialogue ; je loue (par pure gratitude, mais aussi quelque part pour ne pas rater la cible, car je me rends compte de la Grandeur de Dieu et du cadeau qu’il me fait  en me permettant d’être en  sa présence) et  je demande (pas forcement ce qui me passe par la tête), Dieu répond (selon sa volonté). Toute la vie chrétienne est fondée sur le principe de dialogue : la prière, la messe, toute célébration en Église, en famille. Ne soyons pas étonnés en disant  Notre Père, que tout à coup une voix retentisse du haut du ciel en disant ; Oui, tu m’as appelé !? Et ne dites pas comme ce jeune homme qui en prière le soir entend ces paroles auxquelles il répond en toute vérité : non, je ne t’ai pas appelé, je prie ! La première vocation est celle d’être en présence du Seigneur et de regarder vers lui. Ce que les deux fils du Père de la parabole d’aujourd’hui n’ont pas bien compris. Ils regardaient ailleurs, même le premier, et finalement était-il tellement mieux que l’autre ? Il était à côté de son père, mais sans avoir vu l’essentiel, l’amour dont il était entouré de la part de son père. Son formalisme dans l’obéissance au travail avait  pris le pas sur l’amour dont il était entouré. Et lorsqu’il aperçoit l’immensité d’amour dont le Père entoure son frère, « ce fils que voilà » ; cela le rend jaloux, car il croit que le père n’a pas assez d’amour pour les deux, la preuve, il ne l’avait pas vu avant. Mais les deux finiront par comprendre : le cadet à cause d’une détresse extrême dans laquelle il s’est retrouvé, l’aîné, l’histoire ne le dit pas, mais on peut imaginer qu’il n’a pas pu résister à un tel débordement d’amour de la part de son père sans admettre que tout ce qui était à son père était aussi à lui. Derrière la figure du fils aîné se cache par contraste celle du Christ, le Fils de Dieu lui-même. Le Fils de Dieu, le Christ, nous fait connaitre tout ce qu’il a reçu de son  Père, à savoir l’amour infini, que nous appelons miséricorde. C’est ce Christ que l’aveugle de naissance regarde de ses yeux physiques  guéris et  par conséquent ainsi s’ouvrant ses yeux de la foi, il peut y voir le Messie.  Nous avons à regarder le Fils pour voir le Père, père des miséricordes.  Avons-nous une image, une icône, un support visuel bien mis en évidence, où poser notre regard pour le nourrir de si bonnes évocations ?

2.    La deuxième vocation est donc celle de seconder Dieu dans son œuvre de miséricorde. Déjà, par les œuvres de miséricorde corporelles (Mt25) et spirituelles. Déjà en entrant dans un dialogue avec les frères humains souffrants, déjà en ouvrant les yeux sur les choses de Dieu à ceux qui demeurent aveugles. Mais seconder Dieu ce n’est pas faire à sa place mais, juste avec son cœur, avec ses oreilles, avec ses yeux. 
« Celui qui regarde vers lui resplendira ». Car celui qui regarde vers le Christ, attend de Dieu d’être aimé et connu, reconnu, secouru etc., comme Dieu seul peut le faire, selon les paroles du psaume et que nous souhaitons recevoir en toute confiance, c’est-à-dire « sans ombre ni trouble au visage ». Amen

2016/02/28 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 15 mars 2016 10:33

                                              Miséricorde-conversion.


Jésus, Paul, Moïse : trois témoins de la Miséricorde de Dieu ; l’année jubilaire oblige que l’on s’y arrête. Pour savoir ce qu’est la Miséricorde, il suffit de regarder le Christ-Jésus. Il reflète la Miséricorde de Dieu, il est son visage. Il reflète  la perfection divine par son enseignement et par son engagement. Alors que  Paul et Moïse le font comme ils peuvent, poussés par la grâce divine, ils finissent par ne plus résister. C’est leur conversion à Dieu et sa Miséricorde.

Nous sommes des Paul et des Moïse qui apprennent à vivre en une telle présence de Dieu. Comme pour eux, cela ne nous a pas été donné de le faire en toute tranquillité ni facilité. Nous sommes bousculés, titillés, parfois, presque mordus. Par rapport à Moïse nous avons en plus  la connaissance du Christ-Jésus qui est le cœur de notre foi.

Jésus est le témoin de la miséricorde de Dieu par le fait qu’il reprend les vieux thèmes que les prophètes ont déjà formulés : il invite à la conversion, tout en clarifiant le rapport à la souffrance.

D’une part, Il reprend après Job : il n’y a pas de lien direct entre la souffrance et le péché (Galiléens assassinés par Hérode et la tour de Siloé tombés sur les gens).

D’autre part, Jésus rappelle que le péché est une absence de vie féconde. Le péché est comparé à un figuier qui épuise le sol, sans porter du fruit. Dieu est bien plus patient avec nous que nous entre nous, voire pour nous-mêmes. Par cette image du figuier stérile que nous sommes pour une bonne part et de la patience de Dieu à notre égard, Jésus nous fait comprendre l’infinie miséricorde de Dieu. Et la seule réponse à une telle attitude de Dieu est la confiance sans chercher à comprendre le reste.

Jésus j’ai confiance en toi !, avez-vous déjà essayé de répéter cette phrase, rien que dans votre tête, puis à voix haute, (c’est une étape), et puis en présence des autres, (c’est une autre étape). Répéter avec toute la force de conviction. Quand nous ne sommes pas convaincus à l’intérieure de nous-mêmes, nous ne le prononcerons même pas. C’est comme pour certains enfants, une purée de carotte ou d’épinard qui ne passe pas, c’est bloqué. Comme dans cet échange : ‘Vous avez dit que vous allez à la m...esse ???’. Quelle horreur ! Rien que le mot, ça ne passe pas, tellement c’est bloqué à l’intérieur. Mais pour ces horreurs-là, plus exactement pour ceux qui en parlent ainsi, il faut aussi beaucoup de patience et surtout de tendresse et de la simplicité à en témoigner.

La conversion commence là, dans la conviction profonde de pouvoir dire des mots qui font du bien, Jésus j’ai confiance en toi !, ou bien d’autres, et la conversion s’exprime déjà là. Mais alors pourquoi vivre la conversion ? Pourquoi ne pas rester comme on est, après tout nous faisons de notre mieux, c’est jamais vraiment méchant etc…

Regardons Paul qui s’adresse aux Corinthiens, noyés dans une ville cosmopolite, où s’afficher chrétien n’était pas du tout facile, pas plus qu’aujourd’hui à HK ou ailleurs. Paul leur demande de cesser de récriminer, comme le faisaient les Hébreux au désert, une fois sortie d’Egypte. Car de fait, les jeunes chrétiens de Corinthe jouent  aussi un  peu les enfants gâtés. En matière de la religion ils ne sont  jamais contents, la loi est trop dure, les obligations insupportables... Toujours une bonne excuse pour ne pas avancer dans la foi par la bonne porte, celle de la tendresse de Dieu qui les accompagne. En revanche, eux, ils sont contents de ce qu’ils ont, ils se croient même forts, parfois imbus d’eux-mêmes, comme cet homme que j’ai croisé il y a quelques jours en allant au consulat de France pour renouveler mon passeport. Quelle tristesse de voir les gens qui se croient si supérieurs aux  autres, alors qu’ils sont au service des autres. Paul les prévient, qu’ils fassent  attention, car ils pourront bel et bien un jour tomber. Prions pour que l’orgueil ne nous fasse pas trébucher sur les obstacles que nous ne voyons pas, tellement notre regard est ailleurs. Quand l’orgueil n’a que trois ans, il peut évoluer en bon rapport avec la vérité par une bonne éducation, mais quand il a 15 ans c’est un peu plus complexe, car on est livré surtout à ses semblables qui s’alimentent de la même nourriture, et que dire quand on est un bon, grand adulte ?

Nous sommes tous quelque part comme cela, des fuyards devant la réalité de la vie. Certes le Christ, par sa mort et sa résurrection nous a libérés de l’essentiel, c’est-à-dire de la mort éternelle, en nous introduisant par le baptême sur une terre de liberté. Mais qu’il est long, ce chemin qui y mène jusqu’au bout, bout que souvent on ne voit pas. Que de difficultés à être chrétiens ; combien de fois avons-nous obéi au réflexe de la fuite, plutôt qu’à celui de l’obéissance à Dieu ? Fuir plutôt que marcher derrière Dieu qui conduit. Comme à Corinthe à l’époque, afficher le comportement  chrétien relève  du courage.

Courage de s’avouer pécheur et courage d’avouer la source de notre libération. C’est entre ces deux points que tout se joue. Car l’un conduit à l’autre. Le Carême est pour cela, pour retrouver le courage de ces choses-là. Avoir la conscience du péché va de pair avec la conscience d’être accueilli dans les bras d’un Dieu des miséricordes. Avec la Miséricorde de Dieu nous ne sommes plus dans le rapport comptable : donnant-donnant, mais celui du don gratuit que nous accueillons avec gratitude. Il dépend de nous de savoir si nous voulons l’accueillir ou pas, la reconnaissance est  la conséquence de son accueil. 

Moïse est le premier bénéficiaire de la révélation d’un Dieu de Miséricorde. Devant le buisson ardent, il a en effet entendu que Dieu est tendresse et pitié, car Dieu a entendu les cris de la souffrance de son peuple et il a vu sa misère. Moïse peut entendre cela car lui-même est en situation de misère et de détresse. Ni dans la grâce de Pharaon, ni dans la bonne relation avec son peuple, Moïse fuit au désert pour échapper aux deux. Lui, autrefois élevé à la cour de Pharaon, devient misérable comme ses confrères. La solidarité humaine qui se met en place entre Moise et son peuple, malgré tout, devient le métier à tisser entre les mains de Dieu qui exprime ainsi sa compassion et sa proximité. Car ce Dieu lointain que l’on craint se rend si proche que l’on peut se blottir dans Ses bras. Mais pour cela, il faut le courage de s’avouer vaincu par la Miséricorde de Dieu et sa tendresse.  AMEN. 

2016/02/14 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 19 février 2016 12:22

Une offrande particulière

Les lectures nous y invitent et le temps de carême en fournit le cadre.


* 1° Le peuple d’Israël sous la conduite de Moïse, offre à Dieu des produits de la terre. Il le fait de façon bien différente des autres religions, où il s’agit de demandes pour obtenir les bienfaits dont les divinités connaissent le secret.

Trois choses y sont à souligner qui peuvent nous être utiles ; la première étant fondamentale pour les deux suivantes.

     - A° Le peuple d’Israël fait l’offrande en signe de reconnaissance pour avoir été sauvé, libéré.

     - B° Il le fait  en faisant  la profession de Foi : ils croient en un Dieu qui est l’auteur de ce qu’ils vivent, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, c’est l’œuvre de Dieu, « Il nous a conduit en ce lieu », y compris dans cette chapelle.

     - C° Ils accomplissent le geste de mémoire, concret, symbolique et matériel à la fois.

Ces trois étapes sont bien présentes dans la messe :

     - Nous venons avec le cœur plein de reconnaissance ; le chant de Gloire à Dieu, bien que  non chanté durant le Carême, l’exprime ; la reconnaissance de cette grandeur de Dieu pendant le Carême est directement rattachée  à l’ensemble de la messe,  et en particulier à la Profession de foi et la Doxologie qui termine la prière Eucharistique.

     - Profession de foi. 

     - La procession des offrandes : fruit de la terre et du travail des hommes. Voici l’offrande prélevée sur les bien que tu nous donnes (I prière eucharistique)


*2° Comment le temps de Carême est-il donc un cadre pour y approfondir le sens de l’offrande de notre vie à Dieu ? 40 jours, c’est une période intégrée dans l’horloge spirituelle de notre vie. Et chaque année nous repassons par le même cycle. 

Offrande de Reconnaissance qui permet de faire mémoire, comment faire ?

     - A° reconnaissance pour les bonnes choses, OUI : pour les moins bonnes ou franchement mauvaises ???, mais si elles permettent de découvrir  les bonnes ? Pourquoi PAS !  (st Ignace, st François, st Augustin…) Reconnaitre le péché que l’on regrette amèrement comme le lieu de prise de conscience de l’Amour de Dieu et de sa Miséricorde.

Et surtout en aboutissant à la reconnaissance pour  et de toutes sortes de misères qui humilient le désir d’être à la hauteur devant Dieu. C’est quand on se sent humilié que l’on peut alors, seulement humblement, reconnaître  sa pauvreté et sa misère. Et ainsi on peut permettre à Dieu de faire son œuvre en nous. Mais avant que cela n’arrive, beaucoup d’orgueil  doit tomber.  Et il en tombe durant  toute une vie  sincèrement tournée vers Dieu.

     - B° le fait de professer la foi ne peut pas être séparé de l’offrande  d’une telle vie. Car si la reconnaissance de cette pauvreté est possible, c’est seulement face à un Dieu plein d’amour et de tendresse, ayant goûté à cela une fois on entre dans une heureuse relation, et désormais toute sorte d’idoles qui nous collent à la peau, on les fouit  à toutes jambes. Le Carême aide à approfondir les deux, notre pauvreté et SA richesse.

     - C°  Durant le carême nous essayons de faire mémoire de l’offrande de la vie de Jésus inaugurée au désert (méditer sur le chemin de croix par exemple, lire la passion et la méditer…) Et à la lumière de la sienne nous essayons de comprendre la nôtre.

Concrètement :

1 Suis-je dans la reconnaissance à Dieu, directement ou indirectement (par mes parents, mon conjoint etc…) d’avoir reçu le don de la vie, d’avoir reçu le don de la foi ?

2 Quelle pauvreté je lui offre en signe d’une telle reconnaissance ?

3 Est-ce que ma foi en lui grandit, s’approfondit, s’épanouit, murit, gagne en liberté d’aimer… ?

2015/03/08 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 11 mars 2015 17:09

La Samaritaine.
(étape de scrutins des 6 catéchumènes)


Nous sommes un peu tous comme la Samaritaine. Celle qui appartenait au peuple de la promesse, mais pour des raisons historiques était un peu à l’écart par rapport à Jérusalem, ce centre religieux du judaïsme de l’époque. Par analogie, que représente Rome pour nous ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Une femme qui, à l’inverse de Nicodème venu voir Jésus en pleine nuit, va au puits en plein jour ; alors que normalement cela ne se fait pas, c’est douteux comme raison d’y être, car considéré comme lieu de rencontres secrètes. 

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle qui sans le savoir, se laisser rencontrer dans un tel contexte par quelqu’un qui l’intrigue. Sommes-nous capable de reconnaitre Jésus là où nous ne pensions absolument pas le voir venir ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle ou celui qui découvre la vérité de sa vie sans en avoir peur, mais au contraire plein de confiance joyeuse courre l’annoncer aux autres. J’ai trouvé le Messie, la preuve en est que tout ce qu’il m’a dit est vrai. Avons-nous déjà accueilli une telle joie qui libère et qui en même temps ouvre les yeux sur celui qui en est la source, le Christ de la Miséricorde ?

Nous sommes tous un peu la Samaritaine. Celle ou celui qui a soif de la vérité qui libère et qui ne fait pas obstacle à son arrivée lorsque l’occasion se présente.   


Touchés par la grâce, nous ne pouvons qu’être émus dans les profondeurs de notre être et y découvrir la fontaine d’eau vive que Dieu a installé en nous de toute éternité pour en faire le lieu privilégié où nous pouvons le rencontrer.

2015/03/01 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 11 mars 2015 16:59

Sacrifice d’Abraham


Comme souvent en lisant la Bible, deux lectures sont possibles : une purement païenne et une spirituelle dans la foi.

Dans la première Dieu apparait comme un monstre qui désire la mort d’un être humaine. Dans la seconde il se manifeste comme fidèle à sa promesse donnée déjà à Abraham.


Ce texte a été écrit plus de mille  deux cent ans après la mort d’Abraham. La Bible place cet événement dans la vie d’Abraham dont la portée symbolique dépasse la question historique. Il répond aux questions de l’époque où il a été écrit sans pour autant remettre forcement en cause la pertinence de la question de sacrifice humain à l’époque d’Abraham lui-même.


Le récit porte sur l’interdit de sacrifice humain. Cet interdit est souvent rappelé dans la bible ce qui veut dire que la pratique n’était pas totalement abandonnée. Tout en le rappelant ce récit permet surtout de comprendre la fidélité de Dieu à l’égard de sa promesse qui est celle de donner à Abraham une descendance nombreuse composée de ceux qui vont reconnaître Dieu et son amour pour l’homme. Promesse liée à la descendance du fils unique d’Abraham qu’est Isaac. « Prends ton fils, ton fils unique » une lecture attentive de l’ensemble des chapitres consacré à Abraham permet de comprendre cela.


Pourquoi et en quoi cela est-il important pour nous. Essentiellement, pour deux raisons,

1° pour rappeler que l’image de Dieu est toujours à purifier dans notre imaginaire nourri d’avantage de l’influence païenne que de la lecture spirituelle de la Bible.

2° pour rappeler aussi la fidélité de Dieu, malgré notre infidélité.


Ce texte est une bonne occasion de questionner notre manière de lire la Bible et comment cela nous permet oui ou non d’avancer sur le chemin de notre vie de foi.

2015/02/22 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 1 mars 2015 08:12

ARC-en-CIEL :  beauté  comme signe de l’élection divine.


L’évangile d’aujourd’hui, par son côté âpre de la lutte contre les tentations, montre la puissance divine à l’œuvre. Mais dans la première lecture nous trouvons aussi de la beauté et dans la seconde le fondement théologique explicite de la foi en Dieu qui sauve.

Ainsi nous sommes dans le temps du Carême. Dans le rite des cendres  reçues comme invitation d’aller à l’essentiel par le dépouillement et réorientation vers le salut que  sans cesse nous efforçons  d’accueillir, nous  entrons dans le carême par l’essentiel.

Mais, cette entrée peut avoir des caractéristiques  austères du rappel de la mort  que le péché entraine et donc l’invitation à la mort pour le péché. C’est dire que c’est peu engageant, pas seulement lorsque l’on a 15 ou 30 ans et l’envie de voir la vie  pleine de belles couleurs traverser le corps et l’esprit.

Heureusement qu’il y a l’arc-en-ciel. Oui, la beauté du phénomène naturel au service de la symbolique spirituelle parle peut-être davantage qu’austérité et exigence. Regardons de plus près  en quoi cela peut nous être utile dans notre vie spirituelle durant le carême.

Ceci n’est pas visible immédiatement, mais les extraits de la Bible donnés en méditation pour aujourd’hui, sont tous traversés par le fil rouge qu’est celui de l’élection et de ses conséquences.

Ceci est surtout visible dans l’histoire de Noé. 

Après les premières difficultés apparues dans la vie de la couronne de la création qu’est l’homme, Dieu tout en prenant acte de la sortie des premiers hommes du paradis, les poursuit comme des fugitifs. Il ne les laisse pas tranquilles. Il a toutes les bonnes raisons pour se fâcher contre eux et montrer sa colère. Mais à chaque fois une étape de plus est franchie dans leur relation que l’on découvre amicale et bienveillante. Dieu désire le bonheur de l’homme.  Pour montrer que cela est possible à partir de quelques-uns, il choisit Noé et sa famille et le monde vivant y est entrainé également.

Il élit Noé et en lui l’humanité nouvelle, celle qui lui sera obéissante. Comme nous  connaissons la suite, nous savons que même pour Dieu cela n’était pas de tout repos.

Mais une chose est sûre, Dieu n’a pas envie de punir indéfiniment, car c’est aussi un cercle vicieux. La Bible raconte comment le croyant apprend à connaitre la volonté de Dieu. 

Dieu fait donc un pacte avec Noé et par lui avec l’humanité renouvelée. A partir de ce « reste », qui est,   du point de vue spirituel,  génétiquement modifié, Dieu rétablit dans le cœur de l’homme sa confiance.

Confiance chaque fois expulsée par le péché et que l’homme par lui-même est incapable de rétablir. C’est cela le sens de l’arc en ciel comme signe d’une telle obstination de la part de Dieu à l’égard de notre condition humaine, marquée par la faiblesse  à être fidèle à Dieu  et donc lui faire confiance.

Et la beauté de l’arc-en-ciel est d’une importance capitale. Elle nous invite à mettre le meilleur de ce que nous pouvons ressentir au contact avec la nature,  au service de la bonne relation les uns avec les autres. Tout ceci à cause d’un tel Dieu.

C’est notre mémoire qui est réactivée, pas celle de Dieu. La manière dont l’auteur de la Bible s’exprime  peut prêter à confusion, mais il porte sur le caractère irrévocable de l’engagement de Dieu à notre égard.

Et ce Dieu nous invite, comme le dit st Paul,  à un engagement de notre part. Nous qui sommes baptisés dans les eaux  qui sauvent,  nous sommes donc invités à l’engagement envers Dieu comme une réponse au sien. 

C’est une logique toute biblique, qui nous parle dans la mesure où nous entrons dans cette logique. Sinon, cela va résister jusqu’à parfois l’expulsion d’un tel message de notre conscience. Durant le carême il est bon de se mettre à l’écoute de cette invitation.

Réactiver la bonne mémoire de notre propre baptême en découle. Alors durant ces 40 jours ne restons à pas à sec sur le chemin de notre foi. Le passage par le désert, ne pas synonyme de la sécheresse spirituelle, bien au contraire, il est le chemin vers la fontaine d’eau vive, vers celui qui sauve.

Comment ne pas le dire avec l’auteur du psaume :

« Seigneur enseigne-moi tes voies, fais-moi connaitre ta route... »

Toute l’assemblée est invitée à dire cette prière de psaume tous ensemble.

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