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2013/03/10 - Homélie - 4e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 avril 2013 10:23

'Mon Fils le voilà retrouvé'


1° La joie de retrouvailles précède les séparations.


Le fait d'être séparé, semble tellement naturel, que même si l'on ne l'aime pas trop, on finit par s'en faire une raison. Certes, le petit enfant, s'il accepte d'aller à l'école, il n'aime pas voir sa maman le quitter ou la voir partir en voyage pour son travail. Mais, un peu plus grand, il sera tellement content de ne pas la voir à ces côtés, car  il sentira, que son avenir passe aussi par d'autres rencontres que la relation unique avec ses parents. Mais, en devenant de plus en plus autonome, il  aura besoin d'eux  pour  assurer ses ressources matérielles.


Cependant souvent, il partira au loin très loin, et c'est surtout psychologiquement, que parfois un tel éloignement deviendra source de souffrance profonde pour ses parents. Mais qu'est-ce qu'il en aura à faire, heureux sans eux, tellement persuadé que sa vie ne pourrait pas s'épanouir en leur présence. Il mettra parfois beaucoup de temps pour essayer de démêler  cette relation dont il n'arrivera jamais   à se libérer.


2° Dans la relation à Dieu nous sommes souvent aussi comme cela.


Il nous a été donné la chance de vivre en sa présence durant un temps. Pour la plus part d'entre nous, nous y avons été initiés dès plus jeune âge. Et qui s'en plaindrait, puisque au-delà du côté merveilleux nourri par l'imaginaire de l'enfant, grâce  à cette initiation dans la vie de Dieu, nous avons reçu  une grille de lecture de la vie sur terre. Nous avons compris quelles sont les limites à ne pas franchir pour être bien en nous et pour les autres.


Cette relation, jamais linéaire, elle est qu'on le veille ou non, un peu à l'image de l'Enfant prodigue de l'Evangile.  Nous ne sommes jamais  loin de ce désire d'autonomie en confondant  la liberté à assumer notre vie avec la nécessité de brouiller les relations avec Dieu et ce qu'il représente et ceux qui le représentent, signifient sa présence, rappellent sa loi.


3. Le besoin de voler de ses propres ailes


Ce besoin  n'est pas seulement inscrit dans la vie naturelle, physique, psychique, matériel etc. Il englobe aussi la dimension spirituelle. Dieu ne nous désire pas être des incapables de l'épanouissement de notre vie spirituelle, comme si nous devions tout faire sous sa dictée en s'accrochant à tout instant à sa présence,
comme l'on s'accroche aux branches pour ne pas tomber. Bien sûr, nous savons et nous reconnaissons que tout vient de Lui, tout est par Lui et tout est pour Lui.


Mais cela ne nous dispense pas de chercher à assumer notre existence y compris spirituelle en mettant en oeuvre les moyens nécessaires pour avoir une vie épanouie.  Mais cette prise de conscience de l'autonomie ne se fait pas sans risque de la prise de distance.  Sur ce chemin, tout compte fait risqué, deux options possibles, celle de l'un de deux fils de la parabole, à moins que ce soit le mixte de deux.


4° L'un part et revient, l'autre était-il toujours là ?


L'un part et revient, l'autre n'est jamais parti, mais savait-il reconnaître la 'chance' ne regrettait-il pas la fidélité ? Lui qui semblait être fidèle, l'était-il vraiment ?  Les coeurs se révèlent dans les situations contrastées. Le cadet, une fois revenu, provoque une sorte de dévoilement chez l'aîné. 


Faut-il sortir de la maison pour être en mesure d'apprécier la valeur d'un foyer familial ?  Faut-il marcher sur des chemins de traverse pour pouvoir apprécier le bonheur du droit chemin ?  La condition humaine semble indiquer que cela est effectivement indispensable. Mais, cela ne dispense personne de la nécessité de  ne pas s'y complaire.  


5. Quand le temps favorable se présente.


Aucune personne  normalement constitué comme être spirituel, c'est-à-dire cheminant dans la foi qui permet de découvrir l'Amour infini de Dieu, ne peut se dire :  je ne suis pas concerné par  ce qui est arrivé aux deux fils du Père de Cieux.  Personne ne peut s'auto-justifier aux yeux de Dieu, car être juste  devant lui, cela ne peut se faire que par sa propre puissance. Nous pouvons nous sentir nets et irréprochables, mais personne au tour de nous n'en sera convaincu, encore moins Dieu, lui qui sonde les profondeurs de l'être et scrute les reins et les coeurs.


Ceux qui se préparent au baptême le savent suffisamment pour demander à ce que le baptême les purifie dans les eaux qui donnent Vie. Ils vont reconnaître, avant même   leur baptême que le mal qui fait partie de la condition humaine déplait à Dieu et qu'ils se laissent en toute confiance regarder par ce Père qui comme celui de la parabole, avec une main rappelle la loi et avec l'autre exprime la tendresse de sa miséricorde.  Et la joie de retrouvailles efface toute tristesse de l'égarement. Courons donc pour nous jeter au bras d'un Père qui n'attend que de nous accueillir, comme lui seul sait le faire.           

2013/03/03 - Homélie - 3e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 8 mars 2013 12:28

BUISSON ARDENT : rencontre étonnante !


I. MOISE face à son destin


Elle est étonnante, la rencontre que Moïse fait  au buisson ardent. Le côté extraordinaire qui l'accompagne en dit long sur la nature de celui qui se révèle et force Moïse à se situer. Moïse fait l'expérience du désert, de la solitude, de l'errance même. Il est sorti de son pays d'adoption. Il l'a quitté pour sauver sa peau. Il ne sait pas ce qui l'attend par la suite. Il se lie avec la fille d'un bédouin du coin. Mais il garde la foi des pères. Il se souvient d'où sont venus ses ancêtres et pourquoi. Maintenant, sans le savoir, il est déjà en train de rebrousser  chemin. Une sorte de retour au pays d'origine. Mais, bien plus que cela, sur une terre nouvelle, alors que  géographiquement ce sera la même. Mais ne devançons pas le cours des événements. Si cependant, je les mentionne c'est pour mettre en perspective ce que Moïse a vécu dans cette rencontre autour du buisson ardent.


II. DIEU Surprend


Moise est intrigué par cette chose étonnante, qu'est-ce que cela peut-être ? Quand nous sommes face à une situation nouvelle nous nous posons cette même question. Qu'est-ce que cela peut signifier ? Et si nous répondons  trop vite par des affirmations toutes faites, il ne nous sera pas donné de connaître la vraie nature de cette nouveauté. Nous fonctionnerons selon le principe de projection et la grille d'analyse appliquée servira à nous conforter dans les idées préconçues. Pour Moïse rien de tout cela. Il n'en a aucune idée, il est stupéfait devant le phénomène.  En bon scientifique qui va d'abord être à l'écoute du phénomène observé, Moïse réfléchit : comment accueillir la lumière de la nouveauté avec laquelle le phénomène se présente ? Il va comprendre qu'il y a une présence, surprenant  toutes ses attentes qui se loge quelque part  et qui l'interroge.  Ce n'est plus lui-même qui s'interroge, c'est la présence qui l'interroge. Et il est à l'écoute, et le dialogue s'instaure.


III. DIEU se révèle


Cette terre est sainte, ôte tes sandales, prends appui directement sur cette sainteté qui descend jusque à terre. Ce Dieu se révèle comme quelqu'un de sensible. Et là, la nouveauté est radicale. Les divinités que pouvaient connaître les peuples de l'époque avaient pour fonction de s'occuper de certains  aspects de la vie humaine (sécurité, fertilité, bonne récolte..) Mais qui s'occupait de la misère de tout un peuple ? Alors que Moïse entend dire : Oui j'ai entendu, j'ai entendu le cri de  mon peuple' Et il s'est penché sur sa misère.  Est-ce que notre Dieu  tel qu'il se révèle à nous dans notre vie, est quelqu'un de semblable ? Est-ce que nous sentons qu'il se penche sur notre misère personnelle, familiale  ou collective... ?  Dieu se révèle à Moïse comme un Dieu proche de la vie des hommes. Rien, de ce que nous pouvons vivre, ne lui est étranger. Son oreille est sensible aux cris des malheureux.


IV. DIEU se révèle avec un nom


Moïse n'est pas rassuré sur son sort quand il entend la mission qui lui est si ouvertement assigné : tu diras au peuple.... Le métier de porte-parole fut de tous les temps quelque peu risqué, suivant la manière dont la parole en question était accueillie. Moïse cherche au moins quelques bribes de légitimité. Va-t-il être satisfait de la réponse entendue?  'Tu leur diras, 'Je suis celui qui suis'.   Comment prendre cela, déjà le buisson ardent ce n'est pas banal, cet arbuste qui enflammé ne se consume pourtant pas. Mais là c'est encore autre chose. Vous me dites que vous êtes celui qui est. C'est une belle tautologie, explication  par le même terme que celui qui est déjà contenu dans la question. Pour le moins ce n'et pas assez précis, même pour un esprit assez large en ce qui concerne le rapport à l'exactitude scientifique ou assimilée. Et surtout ce n'est pas crédible, il se fera renvoyer sèchement. A-t-il un autre choix que celui d'aller le dire ? Franchement la Bible ne pose pas la question en ces termes.


V. Ce Dieu qui ordonne


Ce n'est pas devant Dieu que l'on peut discuter. Certes on peut faire la sourde oreille, faire semblant d'obtempérer et finalement ne pas le faire, faire deux pas en avant et trois en arrière, et ainsi de suite. Mais jamais l'on n'échappera à une volonté divine nous concernant. Et, de toute évidence Dieu semble avoir du temps pour ce qui est de la réponse personnelle à son appel. Mais quand il s'agit d'une mission clairement définie comme collective, concernant les autres, bien d'autres, Dieu parfois ne se prive pas de moyens qui lui sont propres pour mettre les uns et  les autres au travail sur les champs de sa mission. 


Et même quand il nous semble qu'il nous titille personnellement pour nous faire comprendre quelque chose de lui-même pour notre vie personnelle, ce n'est jamais sans perdre de vue la mission plus large qu'il veut nous confier par la suite.  Tout est question de temps, Dieu a tout son temps et nous en avons un peu moins, beaucoup moins, si peu qu'il est déjà presque trop tard pour répondre, juste de quoi nous glisser dans la fente d'un portique qui se ferme et qui sépare les uns des autres, selon ce que nous sommes dans la relation à ce Dieu d'amour qui entend la misère de son peuple et qui veut le consoler et le faire sortir de la terre d'esclavage. Multiples sont les terres d'esclavages et différentes sont  leurs résonances  pour la vie spirituelle.   Mais Dieu entend le cri des malheureux, ce cri qui est comme l'annonce d'un autre cri. Celui, qui accompagne la prise de l'air dans les poumons du nouveau né, et cette fois-ci  du nouveau né dans la foi.

 

2013/02/24 - Homélie - 2e dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 8 mars 2013 12:20

La Transfiguration


I.  Planter le décor


Ce n'est pas fréquent dans les évangiles de voir Jésus se mettre en scène de la sorte. Certes, il accomplit des miracles, mais jamais pour se mettre en avant, c'est toujours pour aider quelqu'un à mieux vivre. D'ailleurs, ici, non plus, il ne se met pas en avant, c'est juste qu'il se laisse apercevoir tel qu'il est dans sa nature profonde. Il est Dieu venu de Dieu, la lumière étonnante qui en émane, en est la manifestation. Certes, il aurait pu choisir une autre manière pour le faire comprendre à ses disciples. Mais plusieurs indices éclairés par la Bible permettent de comprendre pourquoi c'est ainsi et pas autrement. La montagne et  la lumière qui en sont les témoins, sont parmi ceux-là. Sans faire de voyage biblique pour les rencontrer, restons avec juste la transfiguration et c'est déjà beaucoup. 


Avant de la regarder de près, une comparaison. La transfiguration c'est un peu comme une maison témoin que l'on visite pour voir comment cela va être une fois le lieu habité.  Dans la foi, nous savons que notre vie sur terre n'est qu'un passage et que notre véritable demeure et dans le ciel. Jésus transfiguré montre à ses disciples et à nous qui les suivons, comment sera la maison là-haut. Elle sera pleine d'étonnant bonheur où il sera bon d'être.


Normalement, pour  visiter une maison témoin,  vient qui veut. Mais, là, nous avons affaire à une visite bien particulière. Jésus choisit seulement trois compagnons, apôtres, ?, Pierre, Jacques et Jean.   Ce sont les mêmes  que ceux qui seront aussi présents au jardin des Oliviers. Un autre temps, une autre résonance et d'autres conséquences aussi. Là-bas, ils seront des témoins endormis de l'humanité endolorie de Jésus.  Pour bien comprendre la Transfiguration, il faut se  souvenir de cela. Alors que les disciples, une fois au jardin des Oliviers, n'avaient certainement pas  la tête à se laisser bercer de beaux et doux souvenirs de la Transfiguration. Un autre temps, une autre résonance. Mais, ensemble, ces deux événements disent, chacun à sa façon, les deux natures de Jésus, nature divine et  nature humaine. 


Avec ce décor planté en arrière plan de la méditation sur la transfiguration, regardons de près ce qui se passe après. Après la visite effectuée, ils descendent tous de la montagne. Mais Pierre   exprime un désir dans lequel certainement les deux autres se reconnaissent. Dresser trois tentes, une pour Moise, une pour Elie et une pour Jésus lui-même. L'idée semble louable, un bon réflexe pour réagir à l'événement marquant et oh ! combien.  S'arrêter pour y être tout simplement, pour honorer, mais aussi parce que l'on s'y sent bien.


II. Nos vies transfigurées.


Dans notre vie, nous connaissons certainement ce type de situation. Un événement exaltant  a ébloui,  le coeur s'est mis à battre très fort, la vie devient tout autre. L'état amoureux des uns, la chance qui sourit autrement pour les autres ou encore  une heureuse prise de conscience au sujet de quelque chose d'important pour d'autres.


Qui alors ne s'est pas senti  sur le haut d'une montagne d'où l'on voit le monde aux  pieds, comme un roi qui domine. Mais, même en fumant un joint,  rarement cela dure longtemps. Et pourtant la descente ne semble pas tout à fait à l'ordre du jour. Malgré cela,  cependant, il faut reprendre le cours ordinaire de la vie, sans une telle exaltation. Et, si l'on ne peut pas faire autrement, on se contente de vivre à l'ombre de son souvenir.


Nous avons, comme Pierre, ce désir de contenir le bonheur, de le contrôler et de le retenir. Trois étapes d'une  illusion. Mais cela peut aussi se produire quand un événement douloureux a marqué la vie au fer rouge, une douleur intense, un deuil particulièrement difficile à traverser.


Nous sanctuarisons un espace, quelques objets, tout cela enveloppé dans les souvenirs qui au moins, vaille que vaille, permettent d'éviter de sombrer.


Pourquoi est-ce une illusion ? Parce que la vie n'est pas dans le souvenir qui ne fait que renvoyer  uniquement au passé. Car la vie n'est pas dans le désir de maîtriser ce que l'on a un moment reçu et compris. Ni même dans la volonté de nous en nourrir comme d'un garde-manger magique.


Ne construisons pas des lieux d'illusions qui, tout en gardant l'aspect bien réel et à partir d'éléments bien concrets, car vraiment vécus, finalement ne sont que des  maisons témoins de notre incapacité à être dans le présent.  Facile à dire mais... ,


La transfiguration de Jésus nous rappelle que Dieu  se montre à nous dans l'éblouissement heureux  de notre coeur. Il peut aussi se manifester dans une violente douleur, comme il se montre  dans nos choix de vies bons et fructueux... Mais, Il ne vient pas d'un passé figé, mais d'un avenir, c'est à dire de son présent pour notre avenir.         


Et comme le rappelle st Paul dans l'épître aux Philippiens, " nous sommes citoyens des cieux "  pour par la suite nous encourager à tenir bon " dans le Seigneur " (Ph3,17-4,1)

2013/02/17 - Homélie - 1er dim. de Carême

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 19 février 2013 14:46

Jésus fut tenté.


40 ans au désert, quarante jours au désert, quarante jours entre Pâques et Pentecôte.


1. Temps de Carême : écoute des Ecritures.


Pour bien comprendre le temps de carême, il nous faut être à l'écoute des écritures.


A. Jésus fut conduit par l'Esprit. Ce n'est pas de lui-même qu'il est allé au désert. C'est le premier acte de Jésus sous la motion, la puissance de l'Esprit. Alors qu'au moment de son baptême, il est reconnu par Dieu le Père comme Fils de Dieu et rempli de l'Esprit. Ce même Esprit se rend  présent et est à l'oeuvre dans cette période que Jésus va passer au désert.  Jésus peut combattre efficacement les tentations car il est parfaitement uni à l'amour de Dieu. Cette union est garantie par la force de l'Esprit en  lui. En Jésus homme, c'est Dieu lui-même qui est soumis aux tentations. C'est dans le corps humain de Jésus que les tentations sont divinement vaincues. Et c'est d'un tel combat qu'il s'agit pour nous aussi, Dieu qui vainc le Satan en nous.


B. Les tentations : dans l'évangile, elles sont de trois sortes. Elles portent toutes sur des questions de pouvoir, celui de Dieu ou de Satan lui-même. La première et la troisième portent sur la tentation de devenir dieu. Comme si Jésus en avait besoin (puisqu'il l'est). Mais, précisément, puisque c'est dans son corps que la tentation est à vivre, que le Satan tente ainsi sa chance.  Il lui dit 'si tu es le fils de Dieu', en employant ainsi ce conditionnel outrageux, si oui, : "ordonne à cette pierre de devenir du pain " et " jette-toi en bas " Comme si le Satan ne  savait pas que Jésus est le Fils ? Mais faisant cette tentative, là,  on peut risquer de dire, sans le savoir,  le Satan est devenu l'instrument de Dieu lui-même.


C. Car, en effet, Jésus devait vivre toutes les étapes et dans toutes les profondeurs la condition humaine. Et, souvenons-nous, au paradis, le serpent disait déjà : 'si vous en mangez  le fruit de cet arbre, vous serez comme de dieux'.  La seconde tentation porte sur la reconnaissance du prétendu pouvoir de Satan lui-même  sur le monde. Il n'en est rien non plus. Chaque fois le Satan est perdant. C'est d'un bon augure pour nous. Et notre tentation de devenir comme Dieu ou reconnaître le vrai pouvoir de Satan en s'y soumettant, n'a vraiment aucun intérêt.  Le temps de carême est le temps où nous réapprenons à tenir compte du fait que Dieu lui-même désire pour nous ce partage de sa divinité. Mais, il le désire comme un cadeau et non pas comme un résultat de nos désirs et efforts. Nos efforts et nos désirs sont  à mettre ailleurs.


2. Temps de carême :  travail spirituel


A. Comme Jésus, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes. Nous avons l'Esprit avec nous. Il nous conduit sur des chemins qui sont parfois éprouvants, mais qui sont des chemins où se prouve la vérité de notre relation à Dieu. Oui, c'est seulement dans et en vue de la Foi en Dieu que nous pouvons accomplir la démarche de carême. Et pour vivre ce carême,  l'Eglise ne nous pousse pas  à nous prendre dans les filets de tentations.  Elle nous invite à prendre le temps, jugé nécessaire pour nous renouveler dans notre foi au moyen de divers  exercices spirituels proposés.


B. Notre condition humaine est marquée par le péché, cette capacité, que le Satan a mis dans notre coeur pour nous séparer provisoirement ou durablement de Dieu. A cause de cette condition, nous savons que nous ne pourrons jamais nous en sortir comme Jésus, totalement victorieux de tous les combats spirituels. La puissance de l'Esprit saint, qui garantie l'unicité entre nous et Dieu, comme elle l'a fait pour Jésus, est constamment empêchée par notre propension au péché. Cependant, comme nous le rappelle st Paul, " celui qui croit au fond de son coeur devient juste ". C'est donc par la foi que nous sommes déjà sauvés. Et, c'est l'Esprit saint qui au travers le chemin de nos vies, nous le rappelle, nous encourage, nous soutient et nous guide. Et dans cette période de carême, Il nous pousse à aller au désert, c'est à dire à l'endroit ou Dieu nous parle coeur à coeur.


3. Carême : le temps de chercher Dieu et sa justice.


A. Divers et variés sont les moyens mis à disposition pour nous aider à approfondire notre relation juste avec Dieu. Le premier est de tout faire sous la motion de l'Esprit. Qu'est-ce à dire ? Tout d'abord, être dans le temps de prière qui est le  moyen le plus intime avec Dieu. Ce serait le comble de vouloir être en relation avec lui, mais sans lui, juste avec notre intellect ou notre sensibilité, et  sans  le convier lui-même ?


B. Prier cela suppose  prendre du temps. Nourrir la prière par les passages des Ecritures. Les textes du jour sont déjà bien suffisants pour nous donner de quoi 'ruminer'. Laisser le silence s'installer et prendre possession de notre coeur. C'est alors que vont émerger des choses comme appels à la conversion. Parfois, va émerger l'appel  au changement radical du cap de notre vie. Auquel cas, il est préférable de se laisser accompagner par un prêtre ou tout   autre chrétien avisé.  Parfois, va émerger juste une précision dans un domaine, un réajustement de notre comportement. Mais chaque fois en fonction de ce que nous aurons compris en méditant les Ecritures. Car, souvent il faudra bien faire attention à ne pas prendre  nos projections, souhaits, désirs inconscients qui pourraient se révéler à ce moment-là pour la compréhension juste  des Ecritures. La tentation peut en être parfois forte. 

 

2013/01/29 - Réflexion pastorale - CARÊME : un voyage spirituel....

Category: Réflexions pastorales en paroisse et en doyenné
Créé le mardi 5 février 2013 17:38

Carême : 40 jours
  1° comme, Jésus au désert avant d’entrer dans la vie publique (Catéchisme no 540), comme le  Peuple d’Israël avant d’entrer en Terre Promise. 2° comme une retraite collective de pénitence et conversion, où l’effort de méditation et de prière est soutenu par l’effort de  mortification  personnelle laissée à la libre  générosité de chacun.


Histoire :
Dès le premier siècle, temps de préparation de catéchumènes, dès IVme siècle, temps de pénitence et de renouvellement pour toute l’Eglise.
Carême orthodoxe : ‘Radieuse tristesse’ (180 jours de jeûne)
 Jeune protestant : circonstanciel par amour de Dieu.


Visée :
metanoia, changement d’esprit (Ez36) du pécheur et de l’incroyant qui reçoit la foi, visible dans la purification radicale (le baptême ou le martyr), réconciliation avec son frère, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain, l’intercession des saints, la pratique de la charité ‘qui couvre une multitude des péchés’ cf.  1P4,8 ; Catéchisme no 1434


Trois attitudes :
purification  du coeur, pratique parfaite de la vie chrétienne, attitude de pénitence (prière, jeûne, aumône, cf. Mt6,1-8 ;16-18)


Jours de pénitence :
 Vendredis    de l’année et le carême (CIC1250)
Jeûne 18-59 ans (depuis 1949 seulement le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint)
Abstinence dès 14 ans,  vendredi.   Jeûne dans la Bible : humiliation (Is58, Esdras8) supplication (Ac13), combat (Mt17,21, voire aussi Mt9,14))  


Cendres :
VIIs –Mercredi des Cendres pour commencer le carême, Xs.- obligation à toute l’Eglise latine, XIIs. - cendres viennent des Rameaux, sens : reconnaître la faiblesse, la vanité, la mort, la condition pécheresse, être dans la prière et supplication ardente, renouveler la foi en la résurrection.
   

Bon Carême :
 authentique et profonde conversion personnelle pour rétablir la relation d’amitié avec Dieu (le mal éloigne de Lui), confession (claire, concise, concrète, complète), résolution de changer de l’intérieur, pardon fraternel, les oeuvres de miséricorde spirituelles (enseigner l’ignorant, conseiller celui qui en a besoin, corriger l’égaré, pardonner les injures, consoler le triste, souffrir avec patience les adversités et la faiblesse du prochain, prier Dieu pour les vivants et les morts) et corporelles (visiter les malades, donner à manger, a boire à..., secourir le captif, vêtir, accueillir les pèlerins, enterrer les morts).


Le Carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques, la Fête des Fêtes.

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