2014/09/07 - Homélie - 23e dim. ord.

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Guetteurs de la maison d’Israël : celui  qui scrute l’horizon pour  observer la loi de Dieu.


Nous sommes à l’époque de différentes institutions d’observation, observatoires de comportements et d’opinions,  par satellite, par sondage, par écoute téléphonique etc... Tout le monde semble observer tout le monde, et les mieux placés semblent ceux qui tentent de voir sans être vus ou alors pour exposer des horreurs dans un esprit de vengeance morbide.  


Le guetteur de la maison d’Israël, dont par Jésus-Christ nous  faisons partie, lui, il a un objectif bien particulier. C’est celui d’observer,  de scruter l’horizon pour savoir si la Loi de Dieu est respectée. Comment le fait-il ? Les textes d’aujourd’hui semblent mettre l’accent sur la dénonciation des abus que l’on appelle les péchés.  Evidement lorsque  tout va bien le guetteur peut dormir tranquille, mais cela arrive-t-il vraiment ? En d’autres termes, le guetteur de la maison d’Israël doit être toujours vigilent. 


Comment ? en  complétant  cette image  de guetteur, la liturgie de la parole pour ce dimanche nous donne à lire et à lier un extrait de st Paul qui  dans sa  lettre aux Corinthiens parle d’une  dette, celle de l’amour mutuel. La vigilance d’un guetteur doit porter sur cela, sur le constat d’une dette de l’amour mutuel.


Mais cela suppose que nous sommes liés les uns avec les autres. Oui, comme dans une famille, de même dans la communauté chrétienne que nous constituons ce soir et formons de façon dispersée durant la semaine.


Nous sommes liées par une   loi commune d’amour mutuel.  Loi d’amour mutuel qui ne fait rien de mal, mais accomplit parfaitement la loi du Seigneur.


La loi du Seigneur, heureusement que celle-ci existe. Sinon, chacun établirait la sienne selon ce qui semble bon pour lui et son entourage.


D’où d’ailleurs la friction constante entre la Loi dite révélée et la loi établie par les sociétés civiles, dite positive.


Probablement c’est une constante qu’aucune religion ne pourrait éviter à moins de  vouloir se constituer en exclusivité comme gestionnaire unique de la société. Mais c’est une autre histoire. 


Notre guetteur de la Bible est celui qui nous montre comment  nous pouvons, voire devons  veiller sur tout ce qui est contre la Loi de Dieu. Tout notre péché s’enracine dans cela.


Mais le guetteur n’est pas avant tout celui qui dénonce, c’est avant tout celui qui guette la bonne nouvelle. Mais qu’est-ce donc ? sinon la réalisation de l’amour de Dieu dans nos vies. Comment ? dans le respect de la Loi, laquelle est résumée dans la vraie solidarité.


Le mot solidarité a pris sa propre couleur depuis le mouvement  lancé  en Pologne dans les années 80. Son équivalent biblique, communauté de veilleurs ou encore fraternité, garde toujours sa propre saveur spirituelle,  évangélique.


Si nous nous réunissons   en communauté c’est pour être unis en tant que de  bons guetteurs de la Bonne Nouvelle que nous constatons chez les autres et chez nous-même ou plutôt les autres les constatent chez nous et nous en réjouissons en rendant grâce à Dieu. 


Ainsi nous réalisons ce que Dieu nous demande : lier d’une bonne façon la terre avec le ciel.


Ne cessons pas de nous mettre d’accord pour demander de bonnes choses : la prière universelle  rédigée par quelques uns  en notre nom  en est pleine.


Car « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » Jésus est réellement présent parmi nous.


Mais pourquoi pas en tête-à-tête, la question me fut posée juste ce matin. Quand Jésus ressuscité se  manifeste à Marie Madeleine, il lui dit d’avertir les autres. N’est-ce pas un indice pour dire que la présence de Jésus est liée à l’appel missionnaire qui est lancé à plusieurs. Les Douze appelés par Jésus et envoyés en mission représentent tout le peuple d’Israël. 


Jésus est réellement présent parmi nous non pas pour qu’il ne soit qu’à nous, mais pour nous entendre envoyés en mission.


Même si nous avons parfois du mal à croire en une telle présence de Jésus, avant tout rendrons grâce pour une réalité qui nous devance qui est celle de la vraie fraternité, fondée sur la loi de Dieu.
Réalité  qui devance tout, y compris notre peu de foi.


Car Dieu fait le reste, lui le bon guetteur de notre bonne volonté pour y mettre  de la sienne. AMEN