Site web Rémy Kurowski - 2011/08/14 - Concert-méditation de l'Assomption

2011/08/14 - Concert-méditation de l'Assomption

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Tout ce qui apparaît un jour est voué à disparaître.  Notre vie va ainsi. Notre vie est faite ainsi.

 

Tout ce qui est voilé à nos yeux sera dévoilé un jour. Notre vie de foi est marquée par une telle logique.

 

Marie, mère de Jésus, celle qui a dit « Fiat », est entrée dans une aventure de foi par une porte royale. Etre mère du Fils de Dieu, voilà une chance qui n’arrive pas tous les jours. Cette situation exceptionnelle lui a fait vivre des rencontres uniques. 

 

L’Ange lui est apparu, le messager de Dieu lui a parlé. Elle écoutait toute tremblante. Elle ne pouvait que l’accueillir, tellement son coeur était  libre, tellement libre qu’elle ne pouvait que l’accueillir.  Deux libertés  s’y rencontrent, celle de Dieu, qui donne, et celle de l’être humain, qui reçoit.

 

Dans cette rencontre, un pont a été jeté, établi, construit, entre le ciel et la terre, il a été posé sur terre.

 

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A la fin de sa vie, Marie ne pouvait pas rester soumise à la corruption du corps physique. En elle, tout a été sauvé. Tout a été transformé : le corruptible est devenu incorruptible, l’éternité a pris le dessus sur le temps et ses lois.

 

L’éternité la couvrit de son ombre, comme le jour de l’annonciation, lorsque l’Ange lui avait dit qu’elle deviendrait la Mère du Fils du Très Haut. Marie est donc partie comme elle avait accueilli l’annonce de l’Ange : en toute liberté, en toute vie, en vie toute accueillie, toute imprimée sur son corps.

 

L’âme qui animait la vie de son corps ainsi libérée dès sa conception, désormais  s’est vue faire le travail d’ultime  transformation. L’âme sous l’emprise de la puissance divinement libre, car totalement aimante, a tout fait pour être en vie, en lien avec le corps. Elle a accueilli la vie du corps sans  devoir en subir  la séparation.

 

La dormition de la Vierge est-elle plus que la résurrection du Christ, lui, dont le corps fut bel et bien mort ?  Certainement pas ! Car sinon on serait tentait de pousser la logique jusqu’au bout et donc répondre par l’affirmative. Mais si Jésus Christ, Sauveur,  est l’ouverture de la Porte de la Vie, du Paradis, il l’est aussi pour sa mère. Cependant, pour elle, il a fait cette ouverture de façon tellement douce, tellement unique, tellement filiale, que rien ne pouvait troubler le passage que sa mère avait pour partir.

 

Il lui devait cela. Il lui devait cette douceur de la mort, cette simple modification de rapport au temps et à l’espace, qui en est un éloignement, une sortie, une invitation au voyage, sans aucun autre but que celui d’aimer. Aimer à l’état pur, elle, Marie, elle savait le faire. Maintenant, elle reçoit cette modification sans  rien perdre d’un tel amour.  L’amour, elle n’avait pas besoin de le prouver dans la mort. Elle l’avait déjà  tant prouvé dans la vie.

 

Mais alors, son Fils, mort sur la Croix, aurait été moins capable qu’elle de prouver son amour divin en lui. Absurde, bien évidemment ! Mais il lui fallait  rejoindre tout être humain qui, et dans sa vie et dans sa mort, prouve qu’il est dans la Vie. A elle, sa mère, lui le sauveur, il pouvait lui faire une telle faveur, faveur divinement accordée.

 

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Marie étant par la puissance divine montée au ciel, une seconde fois devient  un élément du pont entre le ciel et la terre, mais cette fois-ci pont  établi, construit, placé au ciel.
Deux ponts, tels deux clefs de voûte, soutiennent  l’horizon du ciel sur la terre et celui de la terre au ciel.

 

Marie est partie, et elle revient parfois dans les apparitions. Tout ce qui apparaît est voué à disparaître, mais tout ce qui est voilé sera un jour dévoilé.  Marie apparaît  pour dévoiler ce que le coeur humain voile, à son insu, avec son assentiment, de façon intéressée pour ceci ou cela. 

 

Elle apparaît pour dévoiler, pour révéler avec amour, par amour, dans l’amour qu’être une femme, un homme, un être humain c’est être fils, fille, c’est de savoir venir d’ailleurs pour y retourner, sans chercher d’autre ailleurs possible, hormis celui de l’amour frôlant toujours la mort.  

                 

Marie est partie comme elle était venue à la foi, pleinement confiante en la puissance éternelle. Et cela  vaut bien une belle musique d’un Alain, d’un Yannick ou d’un Messiaen...