Semaine Sainte - EasyTagCloud

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2016/03/26 - Méditation personnelle - Samedi Saint

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le mercredi 29 juin 2016 14:28

Qui es-tu, d'où viens-tu ? Les questions de Pilate me viennent sur les lèvres. Questions de la veille alors que je suis dans la chapelle devant toi devant ce que l'on appelle le Reposoir. Ton corps est mort, il gît dans la tombe. Qu'est-ce  qui se repose en toi? Ton esprit, pendant que ton corps était là, inerte. Ton esprit est allé chercher les morts pour les tirer de leur sommeil. Aujourd’hui, mon esprit est en toi, car mon âme se repose en toi. Assurément, ce n’est pas de tout repos pour toi. 


Maintenant je suis là, devant ton reposoir, pour me reposer en toi tout entier corps et âme. Et toi tu m'accueilles sans réserve aucune. Ton reposoir étant de ta réserve eucharistique, de ce qui reste de l'avant veille.


Moi je suis devant tout cela, devant de tout ce qui reste de l'avant veille et de la veille évidement. Je suis là avec cette question : qui es-tu ? d'où viens-tu ? Et on ne fait pas de réserves de réponses à ces questions-là. Les questions nous rattrapent au présent, cela va de soi. Au présent aussi, elles exigent des réponses. Fraîches, uniques comme un « je t'aime », pas celles sorties des congélateurs de bons souvenirs et des réserves des provisions d’un avenir encore supposé radieux.


Sans réserve aucune, comme une batterie bien à plat, je suis devant toi Seigneur. J'y suis, car je sais que tu es là !

2016/03/24 - Homélie - Jeudi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 29 juin 2016 14:27

Laver les pieds


Quels pieds, ceux qui vont bien et savent où aller ? Ceux qui vont mal et ne savent pas où aller ? Ou encore ceux qui savent ou aller, car avec un message précis ?


Les beaux pieds et les pieds bots, les pieds plats et les pieds estropiés par la guerre, fatigués par l’exode, déformés par la maladie, malformation génétique, le manque d’hygiène et soins, ou encore malmenés par la surcharge du poids du corps et celui du jour, d’avoir trop piétiné, marché, couru, parfois à toutes jambes pour attraper le temps ou fuir le danger ?


Les pieds soignés, choyés, bichonnés, massés et reposés, joliment vernis jusqu'au bout de leurs ongles ?


Les pieds des ceux qui annoncent la bonne nouvelle  sont beaux (Isaïe 52 ; qu’ils sont beaux sur la montagne, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix…) Ils sont beaux par la finalité de leur service. Alors qu'ils peuvent avoir tous les défauts  qu’on pourrait leur trouver. Avez-vous vu les pieds de la mère Theresa de Calcutta, rien à voir avec les belles jambes (pas seulement les pieds) de la Princesse Diana  décédée presque le même jour. Si l’on a beaucoup parlé de l’une on a presque ignoré l’autre, sauf son enterrement retransmis à la télé à cause de tous les chefs d’état qui étaient venus.


Quels pieds Jésus lave-t-il lors de son dernier repas ? Les beaux pieds déjà en marche pour annoncer le royaume de Dieu. Ils ont besoin d'être juste lavés, puisque le corps tout entier est déjà pur. Ce sont les pieds qui sont au contact avec la terre, par endroit propres, mais souvent sales. D'où l'importance de savoir où on pose les pieds. Mais malgré toutes ces précautions ils se salissent quotidiennement.


Alors est-ce suffisant pour expliquer le geste de Jésus ? Sûrement pas, car en lavant les pieds de ses disciples, Jésus leur apprend, comment se comporter les uns avec les autres. La communauté chrétienne est composée de croyants dont la vie est régie par de tels réflexes. Être au service du frère en vue du Royaume ainsi annoncé et déjà en partie réalisé. Pour que celui-ci soit aussi en mesure d'avoir les beaux pieds, qui, à leur tour, le porteront pour annoncer la bonne nouvelle à d’autres.


Dans la Bible, soigner, guérir, n'est jamais un objectif en soi. Pas plus que les miracles tout court. Pas plus pour les soins de pieds au sens d'être au service des besoins élémentaires du corps. Car les beaux pieds sont les pieds qui portent la bonne nouvelle, celle d'une guérison plénière. Et dans ce domaine, personne ne peut se contenter d'une bonne parole. Il faut y joindre un acte, qui par ailleurs, souvent, la précède.


AMEN

2016/03/20 - Homélie - Rameaux

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 29 juin 2016 14:26

La fête des Rameaux nous permet de revivre les différentes étapes  de la vie de Jésus et par lui les différentes étapes de notre propre vie humaine et chrétienne. Étapes de la joie partagées à l’occasion d’un événement joyeux, fête d’ anniversaire, les vacances, le premier diplôme ou une médaille sportive , le premier salaire, rencontre du partenaire de la vie,  mariage, naissance des enfants, leur baptême etc. Mais aussi hélas étapes ou périodes de la vie ou momentanément ou durablement quelque chose n’allait  pas bien dans notre vie, voire franchement très mal.  Et ceci souvent à cause de sentiment d’abandon voire de trahison.


Dans l’évangile de Luc (seulement) nous avons cette phrase de Jésus s’adressant à Pierre : Simon, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc quand tu seras revenu affermis tes frères (Lc22,32). Elle exprime une suprême délicatesse de Jésus à l’égard de son disciple. Sûrement cette délicatesse permettra à Pierre de se relever après la trahison et revenir vers Jésus.


Si Pierre a trahi, aucun disciple n’en est épargné, peu importe  la limite ou le degré. Mais plus généralement aucun être humain n’ est épargné, ni comme auteur ni comme victime.  C’est un constat général qui s’applique aussi à tout croyant. Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, chacun tombe dans une telle trappe. Le croyant expérimente ce que la nature humaine porte en elle comme germe. Le pouvoir de trahir y est contenu et ceci, quitte à le redire, de mille et une façons. La foi détecte cela avec plus d’acuité, celle d’un croyant qui non seulement fait du mal à son prochain, mais fondamentalement blesse Dieu lui-même.


Le seul remède, non pour ne pas y retomber, mais plutôt savoir comment se relever,  est donc la prière confiante immergée dans l’écoute de la Parole de Dieu. La première lecture nous en dit l’essentiel. Le serviteur souffrant qu’est Israël en Exil en Babylone a une oreille ouverte à Dieu. Ce (Un te) serviteur qui, malgré ce qui lui arrive, a une oreille ouverte, écoute la parole de Dieu et par conséquent se laisse instruire. Les premiers chrétiens vont identifier ce Serviteur soufrant au Christ lui-même.


Nous pouvons donc faire le lien avec la seconde lecture sur le Christ et son obéissance sans trahir, tout en étant trahi lui-même. Pour accomplir sa mission il demeure en confiance. Rien n’altère sa décision. Une telle fidélité entraine dans l’entourage la  persécution. Quelqu’un ou quelque chose n’est pas d’accord avec une telle attitude.


Obéir : ob-audire : mettre son oreille devant la parole. 


Obéir : être dans une attitude de dialogue parfait.

2016/04 - Réflexion pastorale - Triduum

Category: Réflexions pastorales en paroisse et en doyenné
Créé le mercredi 29 juin 2016 10:18

Du Jeudi saint au Samedi saint une seule grande liturgie. D'où le fait qu’il n’y ait pas de bénédictions à la fin de la célébration du Jeudi saint. Et Vendredi saint n'a ni d’introduction ou bénédiction finale. Car la grande finale du triduum pascale se trouve devant le tombeau vide. Et cela ouvre par-delà la mort.

2014/04/13 - Homélie - Rameaux

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 juin 2014 15:18

On brandit les rameaux et les palmes.  Comme hier, aujourd’hui aussi, on le fait  dans un enthousiasme  plein d’illusions et de faux espoirs. Dans cette mise en scène liturgique de la procession, nous imitons la joie réelle de ceux qui ont accueilli Jésus à Jérusalem. Comme ceux de l’époque de Jésus, parfois nous avons aussi  besoin  d’une telle excitation  vaine, futile. Voire  même carrément fausse et pleine d’illusions sur nous même, sur notre vie. Y compris sur les besoins de nous  défouler jusqu’à nous  croire obligés de passer par la phase d’abroutissement profond et durable. A chacun de traduire dans sa propre vie.


Tout cela  pas seulement pour de-stresser, ce qui n’est pas mal en soi. Mais souvent  ceci  conduit  à l‘oubli de  l’essentiel. Or, la procession des rameaux a  pour but  de passer par cette émotion fragile, pas fiable, tout en se rappelant l’essentiel.


C’est quoi l’essentiel ?  Jésus était accueilli en roi. Il l’a accepté. Mais il n’y avait aucune  naïveté  en lui au sujet de la suite. Il n’était pas sans  savoir  le peu de profondeur dans les motivations du triomphe qui lui était ainsi fait. Il allait vivre des choses dures, très dures... Mais sa liberté souveraine allait lui permettre de tout traverser et de le faire comme personne ne l’avait jamais fait avant lui. Le caractère unique de son attitude résulte de sa nature divine qui fut  engagée dans ce combat.


Notre vie  est  marquée  par  des hauts et des  bas. Vie marquée par des promesses, des  gestes d’amour et de pardon,  des projets  et des fêtes.  Il y a aussi des défaites, mais rassurons-nous   la défaite, du point de vue de Dieu ne concerne réellement que ce qui de toutes les façons n’était  quelque part qu’illusoire. Ainsi de telles défaites sont à accueillir comme signe de la bienveillance de Dieu.


Car Dieu qui sait tout, connaît et sait où se trouve l’essentiel de nos vies : Aimer en vérité.   Et dans tout cela il nous aide à grandir pour devenir encore plus nous même.  Comme Jésus qui aima jusqu’à  son dernier  souffle.  La victoire de la Vie est au bout.       

 

 

 

2012/04/05 - Homélie du Jeudi Saint - Deuil-la-Barre

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 10 avril 2012 17:43

Nous sommes ensemble, comme Jésus avec ses disciples pour le repas pascal. Depuis deux mille ans nous ne cessons de puiser dans cette source où coulent à flot le vin et l’eau, mais pas seulement.  


Le vin de la fête.

Ils sont tous conviés à la fête. Il n’y a pas de fête sans vin qui réjouit le coeur de l’homme, juste ce qu’il faut, mais tout de même. Le vin est le  produit de la vigne, cette vigne avec laquelle Jésus va se comparer : Je suis la vigne, vous êtes les sarments.  Mais ce sont les sarments qui portent les grappes de raisin dont l’on fait du vin. Le soir du dernier repas, les choses se concentrent autour de ce que cela peut vouloir dire, pour Pierre et les autres, que de porter du fruit de la vigne. Pour le moment, ils sont dans la fête.      


L’eau de purification.

Les disciples se sont bien préparé pour un tel festin, ils sont tout propre, ils ont revêtu l’habit de fête. Jésus leur fait une leçon de choses de la vie. Il leur fait comprendre qu’il ne suffit pas d’être propre, faut-il encore être pur. C’est contrariant, surtout le jour de fête. Comment comprendre ce qu’il dit, et puis comment comprendre ce que le maître s’apprête à faire. 

Se laver extérieurement, tout le monde comprend l’utilité ; mais  c’est préférable de se nettoyer intérieurement, souvent c’est même nécessaire, et il y a diverses purges pour cela. Le propre sur soi, comme on dit, n’est pas encore synonyme de pur en soi. Pierre vient d’en faire l’expérience à ses propres dépens. Il est pris à contre pied par Jésus qui lui montre la véritable utilité de prendre le bain et de s’y tenir. Le bain  dont parle Jésus, c’est le bain de sa vie, à lui qu’il prépare pour tous les siens, c’est-à-dire pour tous ceux qui en voudront bien. Le bain baptismal, où on est plongé dans sa vie, sa mort et sa résurrection, est un bain de vie éternelle.

Le baptisé est déjà pur, mais il n’est pas encore au ciel, il marche avec les pieds par terre. Les pieds nus de sa nature humaine attrapent toutes sortes de saletés. C’est leur point faible, un peu comme le montre le  mythe grec d’Achille, que sa mère tenait par le talon en le plongeant dans l’eau du fleuve Styx, afin de le rendre invulnérable. Le talon, le seul endroit du  corps qui demeura vulnérable, et qui de fait sera la cause de la mort d’Achille, une fois  touché au talon par la flèche ennemie. Le baptisé reste vulnérable dans sa vie terrestre.

L’eau du baptême purifie le corps entier. L’eau dans laquelle se trouve l’agent purifiant, qu’est l’amour du Christ. Jésus ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout.    
        


« Plus tard tu comprendras ! » « Quand, Seigneur ? » semble s’exclamer Pierre.
Plus tard, quand l’eau se changera en vin. Ca, Pierre, il l’a déjà vu aux noces de Cana ! Ce fut un grand moment, on était fier d’être en sa présence, de faire partie de son entourage, Jésus se fit connaître et eux avec. Et le vin nouveau coula à flot. Mais.... 


Le sang.

Comment, par quel type de procédé, spirituellement et théologiquement  valable, Jésus transforme-t-il l’eau en vin ? On est loin de la fête des noces de Cana, où il a « épaté » tant de gens qui, pour beaucoup d’entre eux, avaient décidé de le suivre. On est loin aussi de la magnifique manifestation de sa divinité au mont Tabor qui fit chavirer la raison  des témoins, Pierre, Jacques et Jean.

Comment transforme-t-il donc l’eau en vin ? La réponse est donnée dans les trois lectures, même dans l’évangile qui ne le mentionne pas directement ; cependant nous le savons : le récit du lavement des pieds que Jean  livre, raconte comment Jésus est eucharistie.

Par son sang. C’est dans la passion du Christ que va être signée l’authenticité de ses gestes et ses paroles, l’authenticité de toute sa vie remplie des attitudes justes et bonnes pour l’homme.    
 
De cette signature  par le sang, Jésus parle à Pierre, d’homme à homme. « Si je ne te lave pas, tu n’aura point part avec moi ». « Avoir part », Il n’en dit pas plus. Pierre aura le loisir de découvrir le contenu de cette expression lorsqu’il sera amené à témoigner de son maître jusqu’au bout de sa vie. Jésus fait de même avec la symbolique du lavement des pieds, tout en reconnaissant le titre de Maître et de Seigneur : « Vous m’appelez le maître et le Seigneur, et vous avez raison ».

En accomplissant le geste du lavement des pieds, Jésus donne l’exemple afin que ses disciples accomplissent le même service. Dans ce  lavement de pieds, c’est la symbolique du geste lui-même qui prime, l’emporte sur ce qui va se passer par la suite dans leur vie. Dans le présent du dernier repas,  Jésus les invite à prendre ce geste tel quel.  Le reste va se déployer dans le sillage de cette symbolique du geste de lavement.

Eux, comprennent-ils qu’à ce moment-là, il y a de la manifestation divine de Jésus ? Sûrement !  Mais ils comprennent aussi que, malgré la force que ce geste a pour eux dans ce moment, cela ne remplit pas pour autant leur avenir. Jésus se projette dans son avenir et dans leur avenir. Mais, eux, pour le moment,  ils  auront à comprendre, juste au présent de leur vie… Ce qui leur arrivera plus tard, ils le comprendront plus tard. Et pourtant, la portée de cette symbolique, ils commencent à la pressentir.  Mais, chaque chose en son temps.


Ils sont donc trois : l’eau, le sang et le vin. Et on ne peut pas passer de l’eau au vin, sans passer par le sang. Les sarments qui donnent des grappes de raisin sont nos vies branchées sur le Christ qui est la vie tout entièrement. 

Ces trois, l’eau de bain de purification, le vin de la fête et le sang du don de la vie, du service, baignent alors dans la Lumière de l’Esprit de Dieu qui de toutes choses fait des choses nouvelles. Lui, l’Esprit, détient le code qui permet de comprendre après les événements, et donc à partir de la mort du Christ et de sa résurrection.  Les disciples  vont faire l’apprentissage de ce décodage. Ils seront munis d’une puissance de l’Esprit qui, dans le présent de leur existence,  leur permettra de lire la présence de Dieu.

« Plus tard tu comprendras », sera la réalisation d’une annonce plutôt obscure d’être au service des autres, comme Jésus, leur maître, vient de leur montrer, lui qui dans sa passion renonçait à la joie qui lui revenait.

Décidément, il y a un temps pour tout, pour se réjouir, pour pleurer, pour s’étonner et s’émerveiller. Et, comme maintenant, pour célébrer la grandeur de Dieu qui se révèle dans le service du frère. En célébrant la grandeur de Dieu dans le service du frère, l’Eglise est tout autant le lieu d’une telle révélation, et en même temps elle reçoit une force et nourriture spirituelle pour accueillir le passage du Christ serviteur en Elle. Et par elle en chacun de nous.

2010/04/01 - Homélie - Jeudi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 1 avril 2010 06:42

La dernière cène, le dernier repas, les derniers instants de convivialité, les derniers moments pour se dire de choses que l’on a jamais dites. Pour Jésus c’est le combat ultime qui se profile déjà, le jardin des oliviers n’est pas loin ! Ne sont pas  loin non plus ces interrogatoires sur sa vie, sa mission, ses visées, ses intentions.

 

Il va devancer ses disciples d’un pas de géant. En entrant dans  cette dernière phase de sa vie, il les initie à être autres, différents, plus comme avant. Les initier, il l’a déjà fait maintes fois, mais cette fois-ci ce n’est plus pareil. Pas le temps de s’attarder sur les détails, il faut aller droit au but. Quelques gestes, quelques paroles et comme on le dirait dans la culture catholique occidentale, la messe est dite, les mystères sont accomplis.

 

« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant, plus tard tu comprendras », s’entend dire Pierre. Et pourquoi pas maintenant ?

 

C’est agaçant de ne pas avoir de réponse à tout, et surtout à ce qui semble essentiel. Pourquoi pas maintenant ?
 Parce que Pierre n’a pas encore pris pleinement part à sa propre vie. Et donc pas encore non plus à la vie du Christ. C’est-à-dire que Pierre n’a pas encore traîné ses bottes dans la boue de la souffrance pour le Christ. Il n’a pas encore livré de combat ultime.
Pas ses combats quotidiens que tout être vivant relève pour faire face à la vie et ses défis, pas ses petites incompréhensions qui en découlent et nous agacent tant.
Mais ce qui est décisif pour tant de gens si souvent éprouvés dans la fragilité de la vie.  Or, Pierre n’y est pas encore. Il est fort, il est clair dans sa tête et dans ce qu’il veut dans la vie et ce qu’il peut attendre des autres.  
Il n’est pas encore dans le combat à mort ou il va finir par craquer en pleurant amèrement. Mais avec un cœur contrit  (pas orgueilleux pour deux sous), il saura reconnaître son faux pas et finira par marcher sur le chemin du Christ, Vérité et Vie pour de bon. 

 

**
*

 

Ainsi se profile notre fête, à nous les prêtres, au service de ce Christ dans tous ceux que nous rencontrons dans notre vie. Notre fête d’être appelés et donc attelés à la tâche dont les joies immenses font taire les fatigues et parfois isolement.

 

Notre sacerdoce ministériel (LG10)  nous conduit à deux tâches essentielles : former et conduire.

 

Former, c’est préparer au lavement de pieds, le faire et le faire faire. L’Eucharistie et la diaconie se superposent.  Nous les prêtres, au nom du Christ, nous présidons aux deux. D’une certaine manière, l’on peut dire que nous n’avons pas à nous occuper de la vie entière de gens que nous servons. Nous avons juste à veiller à ce que leurs pieds soient propres. Qu’est-ce dire et comment faire ? Jésus l’a dit à Pierre que  celui qui vient de prendre le bain, n’a pas besoin de se laver, il est pur tout entier.

 

Oui Seigneur, nous sommes purs par le bain de notre baptême qui nous a plongés dans ta vie et dans ta mort et donc dans ta Résurrection. Nous sommes purs dans la mesure où nos intentions sont pures.

 

Quelles sont nos intentions, sinon d’être tes disciples et à ton service ? Et parfois, nous les prêtres nous sommes aussi tentés de faire des choix suivant nos goûts et nos plans d’action.  En lavant les pieds de ses disciples Jésus  veut purifier leurs cœurs. Le pardon, comme geste ultime de la charité, de la diaconie, est au  centre du service.  

 

Seigneur tu me demande de laver les pieds des autres. Je le fais si souvent, enfin, je le crois. Mais ces pieds là, ah, non! c’est trop, je ne peux pas, c’est pas le pied....    Nous aussi, nous confondons parfois le service général, public avec le choix qui nous plaît. Ces pieds-là je veux bien, c’est dans mes cordes, mais ceux-là, non je ne sais pas faire. L’on n’est pas prêtre de par la simple ordination ou plus exactement l’on l’est, mais en devenir. Car c’est en « prêtrisant » que on le devient, comme en marchant qu’on apprend à marcher. 

 

Ce geste, ô combien symbolique de laver les pieds des autres, nous forme. C’est seulement depuis trois ans que je suis capable de le faire et avec quelle  émotion. Notre sacerdoce ministériel nous forme et nous conduit. Et nous les prêtres ainsi marqués, nous avons à former et conduire ceux qui nous sont confiés.

 

Prions pour que ce geste, si fort symboliquement, soit l’expression de l’amour véritable et qu’il nous façonne et nous aide à nous configurer au Christ-prêtre et pasteur par excellence.    
   

2009/04/10, Semaine Sainte - Méditation collective - Chemin de Croix avec St Paul

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le vendredi 10 avril 2009 12:18

Méditations : R.K.

 

Une occasion privilégiée d’approfondir le sens que donne St Paul à la crucifixion et à la Résurrection de Jésus est de renouveler une dévotion qui nourrit la foi des chrétiens depuis de longs siècles, et connaît actuellement un net renouveau.
Sélection des citations bibliques faite par le P. Ronald D. Witherup, prêtre catholique Supérieur général de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice

 

Ouverture (Rm 8,17) «  Et quand nous aurons souffert avec lui, nous serons avec lui dans la gloire ; »
Lire le texte de Isaïe 53, 1-5,  suivi d’une Méditation, et un Chant ou un Répons.

Méditation, R.K. Quatrième chant du serviteur. Paul s’y réfère. Les chrétiens s’en saisissent. Le chemin de croix, comme célébration, n’est pas seulement le mémorial de la passion du Christ. C’est aussi notre proximité avec lui au gré des souffrances que nous endurons et qui font de nous le lieu où la gloire avec le Christ  déjà prend corps.     

 

Première Station : Jésus est condamné à mort
Nous t’adorons, O Christ et nous te bénissons. Par ta Croix, tu as racheté le monde.
Lire (Galates 3, 13-14) et  (1 Cor 2,7-8)    Méditation… Prière… Chant ou Répons.

Méditation R.K.
Mystérieuse est en effet cette destination à la gloire qui passe par tant de choses qui ne sont pas belles, à l’image d’un pendu au gibet comme le sera le Christ. Paul ne cite jamais Pilate, mais sait comment une décision hautement politique, même si elle est acquise au moyen d’un plébiscite « qui voulez-vous que je vous relâche ? »  a eu des effets sur celui qui sera considéré comme « maudit », lui sans péché. 

 

2° Station : Jésus porte sa croix : Nous t’adorons.. O Christ..
(Gal 6,14) et (1 Cor1,17-18) ;.. Méditation… Prière ;.. Cht ou Repons ;

Méditation R.K.
Le langage de la croix qui donne sens a tout, tel est le pari de Paul. Il ne jure que par le Christ mort sur la croix. Il est prêt à tout pour le crier haut et fort.  Et nous où en sommes-nous. ?
Nous qui la portons !

 

3° Station : Jésus tombe pour la première fois. : Nous t’adorons O Christ…
(1 Cor 1, 21-25) et (2 Cor 12-10) … Méditation, .. Prière… Cht ou répons.

Méditation R.K.
La folie du message est bien présente dans cette chute. Et c’est un signal fort : c’est dans la faiblesse qu’il y a de la force ; force de se relever et continuer le chemin !  

 

4° Station : Jésus rencontre sa Mère.   : Nous t’adorons …
(Gal 4,4-5) et ((1 The 2,5-8)     Méditation … Prière ;;; Cht ou Rep.

Méditation R.K.
Marie n’est pas vraiment la préoccupation première de Paul. Elle est cette  femme dont naît le sauveur. « Tout aimable » comme Marie, n’est-ce pas la seule attitude pour s’identifier avec elle! 

 

5° Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix …. Nous t’adorons ..
(Rm 6,5-11) et (Gal 6,2)…. ; Méditat. …. Prière:… Cht ou Répons ;

Méditation R.K.
« Portez les fardeaux », déjà les siens, mais ceux des autres, sans que l’on puisse compter sur un allégement en retour ? Cela n’a rien d’encourageant, à moins que porter signifie rendre service aux autres et par là, mourir au péché et ainsi vivre à Dieu en Jésus-Christ ?

 

6° Station : Véronique essuie le visage de Jésus : Nous t’adorons…
(1 Cor 12,31-13,4) et (1 Cor 16,14)… Médit… Prière  et Cht ou Rep..

Méditation R.K.
Quelle est cette voie supérieure, et quel lien avec Véronique dont ni les Evangiles ni Paul ne parlent. Cependant Véronique est l’icône de cette voie supérieure dont Paul se fait chantre.

 

7° Station : Jésus tombe pour la deuxième fois. :  Nous t’adorons…
(2 Cor 4,7-11) (1 Cor 2, 1-2)….. Médit…. Prière ;.. Cht ou Rep. 

Méditation R.K.
Ce trésor fragile porté et présenté avec tant de soins, c’est au grès des renoncements et des souffrances qu’il est choyé et  courageusement annoncé. Ce trésor dit l’inconciliable avec les valeurs du monde : prêcher le Christ crucifié c’est crucifiant. Etais-je déjà dans une telle situation crucifiante, certes, je suis tombé, pas de honte à cela, cependant même terrassé, mais pas vaincu... ? 

 

8° Station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem. ;. Nous t’adorons ..
(Rm 6,12-13) (1 Cor 14-12)  (Eph 5,1)….. Medit….. Prière;.. Cht ou Rep..
 
Méditation R.K.
Puisque vous aspirez aux dons spirituels... ce pour quoi que nous sommes ici. Quels dons cherchons nous et surtout quand ils se présentent, sommes-nous en mesure de les accueillir ?

 

9° Station : Jésus tombe pour la troisième fois …Nous t’adorons ;..
(Gal 2,19-20) (2 Cor 11,23-30)… Medit. … Prière;.. Cht ou Rep…

Méditation R.K.
Crucifié avec le Christ, quand le relèvement se fait de plus en plus dur, quand malgré toutes les promesses et prières qui les accompagnent le fait de tomber n’est plus un acte de lâcheté, mais surtout d’épuisement. Ses souffrances à lui, l’Apôtre, sont signe de la configuration au Christ. Et les nôtres, de quoi sont-elles des signes ?

 

10° Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements. Nous t’adorons …
(1 Cor 4, 9-13)(2 cor 5,1-7)… médit… Prière… Cht ou Repons .

Méditation R.K.
Quoi de plus humiliant que d’être « donné en spectacle » au monde. Si terrassante qu’elle soit, l’humiliation touche le corps et affecte l’image de soi, mais peut ne pas affecter la dignité, celle de l’Enfant de Dieu, elle intacte. 

 

11° Station : Jésus est cloué à la croix . :Nous t’adorons ;.
(1 Cor 5, 6-8) (Col 2,13-14) (2 Cor 5,17).  Médit… Prière… Cht ou répons.

Méditation R.K.
Là,  très peu de mots doivent suffire : l’immolation du Christ, nôtre Pâques, fait de nous une nouvelle création. N’est-ce pas un curieux lieu de naissance. 

 

12° Station : Jésus meurt sur la croix ;  Nous t ’adorons …
(Ph 2,5-8)  (Rm 5,8)… Médit… Prière ;.. Cht ou Rep..

Méditation R.K.
Voici l’heure des ténèbres. Les puissances du mal semblent victorieuses. Dieu le Père nous  donne son Fils au temps voulu par lui qui est le temps  propice pour nous, à l’heure où nous en avons le plus besoin. Est-ce facile d’accueillir une telle affirmation et la prendre pour une bonne nouvelle ?

 

13° Station : Jésus est descendu de la croix. Nous t’adorons …
(Col 1,15-20) ( 1 Cor 12,26-27) ;   Médit… Prière….Cht ou Rep ;.

Méditation R.K.
Qu’est-ce un corps sans vie, sinon la trace émouvante et pétrifiante de la vie qui n’est plus. Paul y voit  la tête de l’Eglise, non pas celui qui est mort mais celui qui ressuscitera, or, pour que cela advienne,  il fallait bel et bien qu’il soit mort.  La relation vivifiante en Eglise fait que, lorsqu’un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. Pour la gloire c’est pareil. Quelle proximité avec ce Corps !

 

14° Station : Jésus est mis au tombeau. Nous t’adorons..
(1 Cor 15, 1-4a) (Rm 6,4) ;.. Médit…prière… Cht ou Rep.

Méditation R.K.
Qui n’a pas peur du tombeau ? Sauf le mort. Etre enseveli avec le Christ, à première vue, n’est pas une chose très réjouissante. Paul est plein de confiance : Consentir à un tel ensevelissement avec le Christ, c’est déjà marcher dans une nouvelle vie.

 

15° Station : la Résurrection. Nous t’adorons….
(Rm 6,8-9) (1 Cor 15,12-21)  (1 Cor 15, 53-55) ; Medit … Prière… Cht ou Rep… ..

Méditation R.K.
Paul ne peut être plus clair ! La mort est définitivement vaincue. Le Christ dans sa vie fidèle jusqu’au bout l’a emporté et son Père en le ressuscitant d’entre les morts, à mis un sceau sur cette victoire  remportée par Jésus.

 

Exhortation Finale :

Pour conclure, nous laissons à Paul, le dernier mot. Dans cet hymne très célèbre, il nous propose l’exemple à suivre si nous voulons porter notre croix avec le Christ.
(Ph 2,5-11)

Un Chant ou Répons,

 

Conclusion :

Sauve-nous, O Christ, notre Sauveur, par la puissance de la croix.
-Toi qui as sauvé Pierre au milieu des flots, prends pitié de nous.

Prière Finale.

 

2009/04/05 - Homélie - Rameaux

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 5 avril 2009 17:46

La lecture de la passion du Christ nous fait plonger dans une ambiance tout à fait différente que celle des foules qui acclament le Christ entrant dans Jérusalem. Là, il est face à une situation hostile, éprouvante au plus haut point.  Le combat ultime a lieu au jardin des oliviers. C'est là qu'il adresse ces paroles à ses disciples qui sont encore avec lui. "  Tous, vous allez succomber, car il est écrit : " je frapperais le berger et les brebis seront dispersées " Mais après la résurrection je vous précéderais en Galilée.'
" En Galilée ", nous n'en sommes pas encore là. Aujourd'hui nous sommes dans la passion du Christ et dans la nôtre. Comment accueillons-nous ces paroles de Jésus ? Nous le savons, les événements difficiles sont toujours éprouvants et  font remettre en cause bien de certitudes acquises par habitude ou suite aux événements qui ont fait se forger en nous des convictions. Jésus ne se fait pas d'illusion sur la solidité de fidélité de ses proches.
Comment nous positionnons-nous en situations de crises, semblables à celle-ci ? J'en énumère deux : la crise financière et l'agitation autour des paroles du pape, lors de son voyage en Afrique, et de certains évêques (Brésil). Je ne développe que la seconde, pour ce qui est de la première nous aurons bien (hélas) d'occasions d'en parler dans la paroisse d'ici peu de temps. Voir aussi sur le site du diocèse le message de notre évêque à l'occasion des fêtes de Pâques qui y est entièrement consacré. 

 

D'abord il est important de bien identifier les paroles qui expriment l'autorité dite universelle du pape : les chrétiens sont depuis toujours pour la défense de la vie humaine dans toutes les situations. Cette défense ne peut se faire que dans l'esprit de discernement que seul l'accompagnement permet. Ainsi nous sommes invités à faire preuve de l'intelligence de notre foi.  Comment ? Déjà par le fait de distinguer entre une parole qui exprime le principe et la parole qui dit proximité avec une situation singulière. Nombreux sont ceux qui auraient souhaité que les deux soient dites par la même personne. Ce à quoi nous sommes habitués par les médias lorsqu'un événement dramatique est relaté, les premières paroles sont destinées aux victimes et leurs proches. Ce ne fut pas le cas dans la déclaration de l'évêque du Recife. Or, si l'on regarde de prêt les interventions du pape, ceci est toujours présent ! Mais alors pourquoi n'est pris en compte dans les commentaires que ce qui est de l'ordre de principe ? Probablement pour deux raisons. Dans ces prises de paroles, il est tout à fait naturel de chercher ce qui caractérise le mieux leur auteur. Mais en omettant tout le reste, on finit par faire de leur auteur une caricature, voire un monstre qui ne se soucie absolument pas des situations concrètes et de leur impact sur la vie concrète affective des personnes concernées et de leur détresse. La deuxième raison ne réside-t-elle pas dans la volonté de supprimer le principe universel transcendantal (et l'autorité qui le rappelle, à la même occasion) pour laisser place à l'acceptation d'un autre principe, celui qui consisterait à laisser chacun se débrouiller dans son coin? Si telle est la situation, dans bien des cas de par le monde heureusement, beaucoup est fait pour  accompagner les situations de détresse. Les initiatives sont nombreuses, elles proviennent et de la société civile et des diverses communautés religieuses. Dans les deux cas c'est pour exprimer une présence agissante en vue de secourir les faibles et ceci pour des motifs humanistes liés au respect de la vie.

 

A l'époque actuelle peut-être plus que jamais, c'est l'intelligence de la foi des croyants qui est  de façon pressente sollicitée en vue d'une conscience éclairée, tabernacle de l'Esprit comme se plaisait à dire Jean-Paul II. Nous avons donc à être attentifs à la façon dont le monde bouge et nous laisser interpeller par les évolutions sur bien de plans (éthique, social, économique),   sans nous laisser obscurcir l'horizon de la foi chrétienne. Savoir distinguer entre ce qui est de l'ordre de principe et ce qui est de l'ordre d'accompagnement qui favorise le discernement, ne pas défendre indéfendable (des bugs de communication ou des prises de paroles non-évangélique) ; c'est la tâche de tout chrétien et actuellement les catholiques en sont sollicité de façon particulière.   

2008/03/21, Semaine Sainte - Méditation collective - CHEMIN DE CROIX

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le vendredi 21 mars 2008 12:42


Église de la Collégiale Saint-Martin (Montmorency)

 

1.  JESUS EST CONDAMNE A MORT 


Un tribunal se réunit, un jugement sera proféré, vous êtes condamnés : la prison, la souffrance, la maladie, de longue durée ou par intermittence, va vous assaillir et ainsi vous payerez votre part aux souffrances de l’humanité. Comme si l’humanité avait besoin de votre souffrance, comme si celle des autres n’était déjà pas suffisante. Vous êtes jugés et vous êtes condamnés aux travaux forcés du port de la croix, à la pénibilité de votre existence.

Jésus condamné, tu nous rejoins dans notre humanité, tu viens avec ce que tu as de plus humain en toi, la vie sensible et périssable !


2°   JESUS EST CHARGE DE SA CROIX


Un atelier de fabrication des instruments de supplice a préparé le bois qui servira à la crucifixion. Pour le moment il sert à rendre pénible le chemin que l’on appelle depuis « chemin de croix ». Vous portez votre croix qui va vous faire plier peu à peu, va user vos épaules et casser les reins. Il ne vous restera que douleur et amertume. Comme si l’humanité avait besoin de votre croix, de votre souffrance de votre chemin de croix.

Jésus chargé de ta croix, soutiens la marche de nos pas qui obéissent un peu à la tête qui les dirige, mais qui obéissent aussi à ce « je ne sais pas quoi » de la vie et de la foi !


3° JESUS TOMBE POUR LA PREMIERE FOIS.


Quand la vie se met en marche rien ne l’arrête, mais rien ne la protège non plus du risque de ne pas aller tout droit à pas sûrs et décidés d’avancer. Tous les autres sont déjà tombés bien avant vous, pourquoi en seriez-vous épargnés ?  Tomber c’est la loi des pas, pas seulement de ces premiers peu sûrs et pourtant déjà bien décidés. Quand vous êtes tête dans les décors, tête dans la boue, tête contre terre, vous avez du temps pour méditer sur la tombe, sur les effets de la chute.


Jésus tombé pour la première fois, soutiens nos pas de relèvement, nos pas de redressement, nos pas de la reprise de la position debout, droit, d’élargissement de l’horizon vers lequel, toi,  tu vas !


4° JESUS RENCONTRE SA MERE.


Il y a tellement de gens qui vous entourent et si peu qui vous accompagnent. Ne pas compter sur ceux qui, de droit, devraient vous accompagner, c’est faire affront et à l’espérance et à l’engagement échangé et signé dans les eaux du baptême, dans le sang du pardon et dans le pain de la communion. Seront-ils là au moment ou vous en aurez besoin ? Pas sûr, car on n’est jamais vraiment là où attend la vie des autres. C’est d’autant plus précieux quand quelqu’un se présente avec une telle offrande de sa vie.

O Jésus, ta mère n’est qu’à deux pas de chez toi, aujourd’hui c’est toi qui nous guides vers elle, car elle est auprès de toi !

5° SIMON DE CYRENE AIDE JESUS A PORTER SA CROIX.


Ne croyez pas que tous ceux qui vous aident à porter votre croix sont là pour alléger le poids de votre existence. Ils peuvent vous aider à vous sentir mieux, soulagés, ce qui est déjà un immense service rendu à votre humanité, à votre existence. Sont-ils prêts à aller à vos côtés ? Combien vous lâcheront en cours de route pour des raisons bien évidentes et parfois  estimables? Ne vous effrayez pas, si les autres n’y sont pas, c’est que vous deviez être seul et c’est à vous de savoir ce qu’il y a à faire.

Jésus, tu as accepté de l’aide de la part d’un inconnu.  Il ne t’a pas remplacé, il a fait un petit bout de chemin avec toi.  Comme Simon, ce soir, aujourd’hui, nous sommes là !


6° VERONIQUE ESSUIE LE VISE SOUILLE DE JESUS


Souillés, vous serez comme tous les autres, car le poids du jour et le fardeau des heures égrainées au fil des activités harassantes vont presser de plus en plus votre cœur, et le visage en sera l’icône. Icône de l’humanité souillée, dont aucune autorité n’a le courage de garder les images dans les archives de l’humanité malmenée. Essuyer le visage pour enlever les traces ou pour soulager ce qui peut l’être encore ?

Jésus, la vérité de ton visage est l’icône de nos vies. Ton visage, apprends-nous à le regarder pour apprendre le nôtre !

7° JESUS TOMBE POUR LA DEUXIEME FOIS


Puisque vous êtes en marche dans votre vie, dans laquelle vous souhaitez que tout marche plutôt bien que mal, il n’est pas étonnant que vous tombiez plus d’une fois dans le rêve d’une marche droite, dans l’illusion d’une vie facile, dans le désir de maîtriser les affaires…   Lorsque vous êtes face contre terre, c’est encore une chance nouvelle, étant ainsi arrêté dans le mouvement, pour reprendre vos esprits et ramasser quelques fagots d’espérances qui traînent éparpillés par terre.

Jésus, les joies de la vie ne sont pas contredites par les tristesses des chutes. Ravive en nous ce désir d’aller à la source de nos vies !


8° JESUS CONSOLE LES FEMMES DE JERUSALEM.


Vous serez consolés sans l’être vraiment, car la consolation humaine mène à l’apaisement, mais nourrit-elle dans la tourmente ? Ils seront nombreux ceux qui voudront vous consoler pour se consoler eux-mêmes.

Jésus, les femmes de Jérusalem sont venues te consoler et c’est toi qui les nourris d’une parole de vie !


9° JESUS TOMBE POUR LA TROISIEME FOIS.


Si vous êtes déjà bien éprouvés dans votre existence, vous pouvez être sûrs, que vous le serez encore et encore. Tomber ce n’est rien, retomber ce n’est rien, mais finir par se convaincre qu’il n’y a que cela, c’est le drame presque ultime.

Jésus, ton corps humain, bien humain, au regret de certains, trop humain, nous fait voir de quelle manière la vie de détresse, pliée à genou, la vie de dignité et de souffle, terrassée, est une vie qui n’attend qu’à se relever !


10. JESUS EST DEPOUILLE DE SES VETEMENTS


Vous serez dépouillés de tout, entendre cela ne fait jamais plaisir.

Jésus apprends-nous à nous draper de ta dignité en toutes circonstances, et même apprends-nous à nous dépouiller de toute vie !

11 JESUS EST CLOUE A LA CROIX


Ca y est, vous êtes cloués, la maladie, les pensées, les proches qui enferment, les éloignés qui ne se dérangent pas, autant de clous dans votre chair et dans votre cœur. Cloués, immobiles, paralysés sans aucun espoir d’un lendemain meilleur. Au mieux vous pourrez espérer être recloués par des choses nouvelles, imprévues, inattendues et à redouter. Vous n’y échapperez pas, c’est écrit.

Jésus, immobile et comme sans vie, tu nous cloues à toi ; le bois de la croix de nos vies c’est désormais ta vie.


12 JESUS MEURT SUR LA CROIX


Mourir une fois dans son âme, cela est une bonne expérience, c’est considéré comme indispensable pour comprendre la vie. Mourir plusieurs fois pour une cause juste c’est louable, mourir par amour pour les siens c’est appréciable. Mais le faire pour n’importe qui,  n’est-ce pas étonnant ? Cloués à lui vous serez comme lui, et plus rien ne pourra vous arracher de cette dépendance vitale tout autant que mortelle.

Jésus, meurs sur la croix de nos vies, pour que nous puissions vivre sur le chemin de ta vie !


13 LE CORPS DE JESUS DESCENDU DE LA CROIX ET REMIS A SA MERE


Ce qui restera de vos vies sera remis à vos proches, aux ayants droit. Ils seront dans l’embarras de ne pas savoir que faire avec une telle matière inanimée. Votre mort leur sera un présage pour la leur, et ils ne pourront plus s’en défaire tout en le désirant à la fois. Votre mort sera là où sera leur vie et votre vie sera le signal de leur mort.

Jésus apprends-nous à laisser accueillir le corps mort de nos vies par des « mères » qui seront là pour nous, parce que pour toi !


14 LE CORPS DE JESUS EST MIS AU TOMBEAU


Vous serez déposés dans les caves obscures de nos vies sans lumières. Le dernier ouvrier de la besogne éteindra la toute dernière lumière et le silence de la tombe vous enveloppera de sa blafarde douceur.

Jésus, ton corps est déposé au tombeau, et avec le tien, tous les nôtres... Père de cieux, veille !        

2002/03/29 - Méditation personnelle - Vendredi Saint

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le vendredi 29 mars 2002 13:46

Seigneur!
Ce Vendredi-Saint  les morts  me font pleurer;
Ce Vendredi-Saint, comme tous les Vendredi-Saints, ta vie s'écoule de l'autre côté,
à l'envers et à l'endroit,
où est la réalité de la vie,
où est celle de la foi:
Passer de l'un à l'autre,
ce que tu demandes à tes apôtres, à tes envoyés
Ce Vendredi Saint les morts me font pleurer et dans l'agonie de ta Croix me font errer
          Après l'agitation  du Vendredi-Saint, il va falloir recueillir,
dans le récipient du Samedi Saint
le silence de Dieu qui se dit,
pour tout dire, sans un mot.

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