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2015/12/13 - Homélie - 3e dim. de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 16 décembre 2015 10:20

Soyez dans la joie, gaudete !


Cela peut ressembler à la vie en rose, et pourtant ce n’est pas vraiment de cela dont il est question. Certes, l’habit liturgique de ce dimanche est violet pâle, voire rose. Mais c’est pour signifier l’attention à porter sur l’objectif de l’Avent. Il s’agit d’être dans la joie à cause de ce Dieu qui est proche de nous, qui est même en nous (Sophonie, 630, et Paul aux Philippiens)

La joie chrétienne n’est pas un conseil, c’est un ordre !  On se souvient de cette formule des années 68 ‘interdit d’interdire’, c’était un ordre donné à la société civile pour savoir comment vivre librement. Si je l’évoque ici c’est pour  le mettre en contraste avec l’ordre reçu  dans la foi chrétienne.

L’objectif de la vie humaine est le bonheur et Dieu qui se révèle dans l’AT et  en Jésus-Christ, ne cesse de le dire et redire par les prophètes. « Pousse des cris de joie, fille de Sion, éclate en ovation, Israël!» 

C’est un Dieu qui veut le bonheur de l’homme et il le veut, car il est un Dieu d’amour ; ‘Il te renouvellera par son amour ». C’est même un Dieu qui se présente comme un époux fidèle qui attend de la part de son épouse (Israël et l’humanité entière) la fidélité.

En effet l’alliance  entre Dieu et les homes est  fondée sur la fidélité, et donc c’est un véritable lien d’amour qui se noue entre Dieu et son peuple. Mais qui dit fidélité, sait que le contraire est toujours possible. L’infidélité (idolâtrie)  est ainsi constamment dénoncée par les prophètes.

Pas pour enfoncer le pauvre malheureux qui tombe dans un tel piège. C’est pour réactiver en lui la joie. 

C’est dans ce sens que va aussi l’action de Jean-Baptiste qui baptise dans l’eau, en signe de conversion et de pardon des péché (les ablutions rituelles juives par le passé avaient pour but de séparer le croyant du monde profane pour qu’il puisse entre au contact avec le monde sacré)

Mais Jean Baptiste annonce déjà un autre baptême, celui de Jésus, dans l’Esprit saint et le feu ? C’est-à-dire un baptême qui va pas seulement purifier et pardonner mais aussi marquer de l’emprunte  indélébile   de la présence aimante de Dieu au cœur de la vie du baptisé.

Paul résume toute cette démarche de savoir pourquoi et comment être dans la joie : parce que 1° le Seigneur est proche,  donc 2° ne soyez inquiets de rien,  mais 3°priez et suppliez tout en rendant grâce.


1° Il est proche il est même en moi. Alors comment je ressens sa présence : comme apaisante et donnant de la joie, ou comme accablante, voire sans aucun lien sensible ?

2° « ne soyez inquiets de rien », comment les soucis de la vie quotidienne et plus particulièrement l’inquiétude spirituelle que je peux ressentir, font-ils obstacle à l’accueil de la joie chrétienne ? Une  vérification technique surtout de nos priorités est   à faire pour savoir ce qui fait obstacle à la joie.

3° « Priez et suppliez tout en rendant grâce » : nous le savons,  la prière n’est pas là pour informer Dieu, il sait tout, il n’a pas besoin de nos dépêches du matin et ou du soir. Prier c’est ouvrir son cœur au don de Dieu, ouvrir la porte de notre cœur, comme pour cette année sainte à Rome et dans toutes les cathédrales.


Alors, que devons-nous faire pour être dans la joie ?  Trois voies parallèles ;

1° prier, en sachant que la supplication est toujours liée à l’action de grâce,

2° se faire baptiser dans l’Esprit et le feu, c’est-à-dire pour la plupart de nous qui sommes déjà baptisés, il n’est pas question de se faire rebaptiser, mais de renouer avec le sens de baptême chrétien,

3° être miséricordieux, comme Jean-Baptiste l’indique dans les réponses qu’il donne aux foules, aux publicains et les soldats.


« Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs  et vos pensées dans le Christ Jésus », (Ph4,7)

2015/12/06 - Homélie - 2e dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 7 décembre 2015 10:22

 

 

 

« Préparer les chemin du Seigneur »


Le temps de l’avent c’est le temps de la préparation pour accueillir ce Jésus qui vient. C’est renouveler le désir de l’accueillir vraiment, dans la vérité et dans la joie.

Baruch  et Luc citent Isaïe qui à l’époque encourageait les juifs exilés en Babylone de garder l’espoir. Espoir  portant sur la réalisation de la promesse de Dieu, celle de les sauver, de les libérer de leur  esclavage. L’esclavage c’est toujours humiliant. Et eux l’étaient de milles façons, blessés dans leur  foi, ainsi exposée à des rudes épreuves. Chaque année par exemple, ils étaient obligés de construire dans le désert une route pour la fête de dieu païen Mardouk.

Le temps viendra où ils auront à travailler pour une autre route. Celle, sur laquelle passera la Gloire du Seigneur, leur Dieu. Là, ils n’auront pas à travailler en vain, mais, ils auront à travailler pour accueillir l’auteur de leur espérance et de leur joie. Et déjà le fait qu’ils entendent un tel appel du prophète signifie que dans leur cœur, ils y travaillent déjà.

Dans ce temps de préparation de Noël, nous sommes invités à nous poser et à regarder de quoi est faite notre vie. Nous nous occupons de la vie de nos familles existantes  et ou à fonder, de la société dans son ensemble. Nous essayons d’aplatir tant et tant de routes, souvent si compliquées de nos relations les uns avec les autres. Et il n’y a pas que l’adolescence pour  être dans des chemins complexes. C’est alors, nous  pouvons nous poser la question suivante, pour qui travaillons-nous, pour Mardouk ou pour le Christ.


J’entends dans mon oreille interne, les réponses possibles :

Mardouk,  je ne connais pas, au Christ, je ne  suis pas certain de vouloir y être, et ceci pour mille raisons différentes. Donc je travaille pour moi-même et ceux que j’aime. Pour nous qui sommes issus de la civilisation occidentale, la troisième voie semble en effet se présenter comme la plus plausible, comme la plus immédiatement accessible, évidente.  C’est la voie de l’humanité autohumanisée. Celle où l’homme,  une fois libéré de tous les dieux Mardouk, Dieu de Chrétiens  y compris, peut enfin agir seul. C’est la voie où l’on cherche par ses propres moyens à accéder au bonheur et le préserver tant que possible. Le mythe de la Tour de Babel y plane toujours. La Bible  contient ces récits qui  témoignent  de l’histoire des hommes qui  cherchent à échapper à la présence de Dieu révélé.

Les lectures d’aujourd’hui nous mettent sur la voie du Seigneur, « préparez la route au Seigneur «. Ils nous aident à comprendre comment  être au travail pour le Seigneur plutôt que Mardouk, car in fine c’est l’un ou l’autre. Nous sommes faits ainsi, nous avons besoin de nous vouer à une force plus grande que nous même, y compris lorsque nous sommes dans la voie de l’humanité autohumanisée.  Nous sommes religieux par nature. Mais la cible n’est pas forcement la même. Parfois cela peut être, tout simplement une bonne humanité sans aucune référence  religieuse, juste une vie humaine désirée comme bonne.

Mais aujourd’hui, ces lectures retentissent comme un appel à la conversion. Elle est toujours  nécessaire, si l’on veut vraiment accueillir le Seigneur qui vient.


Où et comment je l’accueille déjà. Méditons quelques instants là-dessus. Le Christ est cet autre que nous avons secouru d’une manière ou d’une autre. « Tout ce que vous aurez fait pour l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’aurez fait ». Et aucun homme n’est démuni de moyens pour rendre le monde meilleur. Nous aussi, si nous le faisons, ce n’est pas pour nous vanter. C’est pour constater comment Dieu par son esprit est déjà à l’œuvre dans nos vies. Et comment, il a déjà permis d’aplatir le chemin, construire l’autoroute au milieu du désert pour permettre  aux esclaves de toutes natures de revenir à la cité de la Joie véritable. Et que ce désert est déjà devenu la terre verte et riche en fruits et différents remèdes.

Après avoir fait ce travail positif, pour pouvoir reconnaitre la grandeur de Dieu, nous pouvons aussi regarder ce qui fait obstacle. Notre conscience déjà bien formée humainement dit des choses. Et lorsqu’elle est enrichie, consolidée, éclairée  chrétiennement, nous savons encore mieux ce qui fait obstacle dans notre propre vie à la venue du Messie. Sans vouloir faire de catalogue plus ou moins complet, juste  deux  pistes pour la réflexion

- Est-ce que je suis dans la confiance en la vie et dans la confiance en Dieu ?

- Est-ce je suis dans des actions qui m’éloignent du Christ ?

Car si nous arrivons à poser un regard de vérité sur cela, c’est-à-dire être capable de discerner en acte et en vérité, nous pouvons alors vivre une conversion pour le pardon des péchés. La célébration d’aujourd’hui avant et après la messe se déploie pour nous y aider. Profitons-en, il y des opportunités à saisir. Dieu est bon et il veut le bonheur de l’humanité, ne ratons pas l’occasion pour l’entendre dans le pardon qui exprime sa miséricorde.    AMEN

 

 

 

2015/11/29 - Homélie - 1er dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 4 décembre 2015 10:48

« Relevez la tête ! »


INTRO


Savoir lire les signes de Dieu dans nos vies. Jésus dans l’évangile est clair, des signes il y en aura, mais comment les lire : « On verra le Fils de l’homme », qui veut dire Messie.  En le disant, Jésus est clairvoyant à notre égard. Il nous aide à traverser les différentes étapes de la vie. Il nous invite à nous recentrer sur l’essentiel de notre vie et de notre foi. Il nous aide à savoir identifier sa présence dans nos vies.  La tuerie à Paris il y a deux semaines, et tout ce que cela signifie, nous oblige à nous reposer de vraies questions sur notre vie. Les nouvelles habitudes s’installent dans la vie de parisiens. La Parole de Dieu, ce que nous entendons dans les lectures de la Bible aujourd’hui, est pour nous aider à traverser les situations délicates. Et par notre foi, à renforcer le meilleur de l’humanité.


1° Relever la tête : de quoi ?


Nous avons à relever la tête de beaucoup de choses. De tout ce qui nous absorbe et parfois préoccupe, voire stresse. De tout ce qui faire le lot de nos obligations qui sont à assumer, car c’est de notre responsabilité : le travail,  santé et éducation des enfants, le bien être de toute la famille...

Nous avons aussi à relever la tête au-dessus de tout ce que nous croyons être notre obligation « supplémentaire ». Ce que nous avons accepté et ou désiré, comme le bénévolat, mais aussi toutes les obligations sociales, parascolaires, tout ce qui est lié à notre mode de vie et comment nous pensons devoir y répondre…

Peut-être et sûrement, il y a du tri à y faire, mais je mets l’accent sur le fait que nous avons à relever la tête. C’est déjà si important de pouvoir se payer un tel luxe,  qui est même une nécessité vitale pour nos vies. Car, si nos vies sont remplies et même ben remplies, il faut encore qu’elles soient remplies avec de bonnes choses. S’arrêter et relever la tête y contribue.

Et même si pratiquement tout est bon dans nos occupations, nous sommes souvent  le nez dans le guidon tout de même !

Combien de  fois nous nous sommes dits : je n’ai pas vu le reste, cette autre chose, qu’il aurait fallu voir. La vie personnelle,  professionnelle, familiale et sociale jusqu’au sommet des responsabilités politiques et spirituelles, sont pleins d’exemples de ce type.


2° Donc relever la tête pourquoi faire ?


Déjà pour respirer, reprendre des forces, pour empêcher la fatigue de s’installer et faire son œuvre de sape à petit feu. 

Relever la tête pour savoir où aller, car les points de passages sont multiples plus visibles les uns que les autres, plus urgents aussi les uns que les autres. Mais  qui engagent toujours  la personne en sollicitant sa volonté qui agit en fonction de sa plus ou moins grande liberté.

Relever la tête, aussi et peut-être surtout pour savoir pourquoi aller dans cette direction plutôt que dans une autre.

Relever la tête, et j’ai gardé cette dimension à la fin qui, pour le croyant peut, voire doit, conditionner les autres, c’est celle de la foi.

Comment relever la tête dans la foi, en d’autres termes comment ne pas perdre l’essentiel de la foi chrétienne. Elle, si marquée de cette  espérance en la victoire de la vie sur la mort car de l’amour sur la haine et ses avatars.

C’est aussi dans la foi, mais par la méditation de la parole de Dieu (la Bible) que nous comprenons mieux pourquoi obéir à une telle injonction divine, à savoir  relever la tête. La réponse est toute prête- elle est dans la Bible aussi – parce que Dieu cherche des veilleurs !

Déjà pour être veilleurs de nous-mêmes, mais aussi des autres, « Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant... et qu’il affermisse vos cœurs,» (1Tes 3,12-4,2) 

Tout cela pour plaire à Dieu : « c’est ainsi que vous conduisez déjà ». Peut-être devance-t-il un peu le fait, mais Paul dans sa lettre est résolument positif et plein d’espoir.

C’est une leçon pour nous, pour savoir comme chrétiennement positiver, comment capter cette joie qui vient d’un cœur en communion avec Dieu et la communiquer à ceux qui sont ou ont à être en communion avec nous. 


Pour aller plus loin :


Dieu a besoin des veilleurs qui se tiennent prêts. Le monde a besoin des veilleurs qui se tiennent prêts. La communauté  comme la nôtre en a besoin aussi. Et ainsi, nous les croyons, nous pourrons entendre ces paroles de vérité : « Voici venir des jours –oracle du Seigneur – où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël. » (Jérémie 33,14-16) Et nous pouvons répondre avec le psalmiste « Vers toi Seigneur j’élève mon âme, vers toi Seigneur » (Ps24)


AMEN

2014/12/21 - Homélie - 4e dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 31 décembre 2014 14:52

Nous sommes déjà à quelques jours de Noël. Les derniers préparatifs, cadeaux à emballer, le menu à peaufiner et évidement ne pas oublier d’envoyer des vœux aux proches qui sont quelques part à côté ou très loin géographiquement ?  Notre plan concernant la manière de vivre Noël se réalise peu à peu.


Dieu a aussi son plan, en grande partie les deux correspondent l’un à l’autre, j’allais dire le nôtre à celui de Dieu.  Dieu a son plan, Il le réalise par étape. Mais il le fait de façon surprenante. Il veut établir sa demeure parmi nous. Marie dans l’annonciation a bien compris cela, elle a bien saisi ce qui aller la concerner dans son propre corps, sans savoir les détails bien sûr, mais globalement, sans hésiter elle dit oui car elle fait confiance.


Mais pour la plus part du temps nous sommes plutôt comme David, ce n’est pas parce que nous nous prenons pour un roi, mais  parce que ce qui lui a été donné de vivre est tellement humain, tellement bien de chez nous.


Donc David à un plan, celui de s’occuper de Dieu correctement, Il le peut maintenant qu’il est lui-même bien établi dans la vie, sa royauté est nettoyée de toute la concurrence, certes cela ne dure jamais longtemps, mais suffisamment pour pouvoir penser à Dieu d’une façon  que David croit digne. Enfin construire une maison digne de la demeure de Dieu. Et en plus il s’y prend comme il le faut, il consulte le prophète. Nathan discerne, en deux temps : d’abord une parole d’approbation totale pour le plan de David, puis la nuit portant conseil, il se rétracte et dit la vérité qui est NON


Dieu n’a pas besoin du plan de David. Et  pour le  comprendre, David entendra trois choses :


1° je ne t’ai rien demandé,  David voulait la grandeur de Dieu, alors que Dieu ne veut que le bonheur de son peuple. Car Dieu est grand par lui-même et il n’a pas besoin d’un lieu pour le signifier.


2° je ne suis pas un Dieu que l’on pourra installer, fixer quelque part.  Nos désirs d’avoir des chapelles où il serait honoré, où plutôt nous serions honorés par Lui parce qu’il va nous servir de refuge pour tout ce que nous désirons. Si tu me fais ceci je te ferai cela…. C’est si bien humain et c’est si naturel, nous marchandons tous avec Dieu, Il le sait et il passe outre cela pour nous conduire ailleurs. Où ? Jusqu’à nos cœurs. Car son temple c’est nous, c’est notre vie. Ce qui intéresse Dieu c’est la vie de son peuple et le roi est juste nécessaire pour la conduire, mais le roi n’est pas un objectif en soi, que serait-il sans peuple en effet ? 


3° la troisième chose qu’il essaie de dire c’est  « ‘n’essaie pas d’inverser les rôles ». C’est toujours Dieu qui a la main. Nous ne sommes pas les bienfaiteurs  de Dieu.  C’est toujours Dieu qui a l’initiative, mais c’est parfois dur à entendre et surtout à accepter, surtout lorsque cela contrarie sérieusement nos propre plans.
Marie savait dire un OUI total sans condition, car devant Dieu on se rend sans condition, même si lui  ne violente jamais notre liberté. Mais nous y introduit à une plus grande profondeur, avec la lumière de son audace pour nous et la sécurité de son engagement, nous descendons avec lui en rappel. 


C’est cela que de croire, et surtout quand on  a tout perdu, car c’est alors que reste la foi, c’est-dire le lien avec lui qui ne déçoit  jamais, tellement il s’est engagé comme à l’égard de David son serviteur. Il reste à regarder de plus près toutes ces vielles promesses d’être toujours là. Car si le péché en éloigne, elles, les promesses sont toujours là.  Elles se résument toutes par ce double engagement « ne crains pas » et « je serais pour lui un père et lui sera pour moi un fils »


Il a fallu rien de moins que Marie pour permettre à Dieu la réalisation d’un tel plan pour nous. Pour  sa foi et la nôtre rendons grâce à Dieu. 

2014/12/14 - Homélie - 3e dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 31 décembre 2014 14:12

Intro


Noël est déjà tout proche, nous célébrons cette messe du III dimanche de l’Avent dans la joie. Avec Marie, mère de Jésus, nous exultons de joie en Dieu notre sauveur. En effet lorsque l’on attend quelqu’un d’important, c’est-à-dire qui compte beaucoup à nos yeux, notre cœur est tout à la joie.

Depuis la montée de Jésus au ciel nous sommes dans la période de l’attente de son retour glorieux. Mais nous ne savons pas vraiment quand est-ce que cela se produira. C’est pour cette raison que chaque année nous réactivons cette attente par  bien des fêtes durant l’année liturgique, et les fêtes de Noël en particulier.

Nous devenons comme ce petit enfant qui attend le soir avec impatience  le retour de son papa et ou de sa maman du travail, cœur plein de joie de pouvoir passer du temps ensemble.


En début de cette messe, présentons-nous à Dieu tel que nous sommes, afin que lui, qui nous connait tel que nous sommes à ses yeux puisse nous redire les mots d’amour y compris dans le pardon. Humblement accueillons son pardon pour faire advenir son Royaume de justice et de paix.


Prière de collecte


Rassemblons nos intentions, nos prières et présentons les à Dieu dans cette prière d’Eglise :


Seigneur notre Dieu, dans ce temps de l’Avent, tu nous donnes à attendre dans la joie le retour glorieux de ton fils pour révéler à tous les hommes Ton Royaume de justice et de paix. Dispose nos cœurs à entendre ta Parole, pour que nous puissions accueillir ton message et  rendre témoignage de ta présence. Nous te le demandons par Jésus, ton fils qui vit et règne avec toi et l’Esprit Saint, maintenant et dans les siècles des siècles.  AMEN


HOMELIE


Germer,

Qu’est-ce qui germe dans nos vies ?

Tout ce qui y pousse, bonnes et mauvaises choses à la fois, pêle-mêle avec l’assentiment plus ou moins conscient de notre part.

Qu’est-ce qui germe  dans la bible ? Le royaume de Dieu.  Celui de Justice et de Paix (cf, Isaïe et Evangile)

  Celui que le Christ nous apporte par son enseignement, ce qu’il fait  et  ses attitudes. « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. » constate Jean-Baptiste dans l’évangile. 

Comment germe-t-il ?

Trois adjectifs, où adverbes pour  décrire la situation. 

Discrètement, sûrement, lentement.


Discrètement : à l’intérieur de notre vie, dans notre propre existence, avec nos limites ; « fais hâter Sgr l’avènement de ton royaume par ton pardon, là où notre péché l’a fait ralentir »

Sûrement : sa présence peut changer quelque chose en nous qui prendra forme de Justice et de Paix. Et un tel changement se rend visible par les actions concrètes accomplies en faveur de la justice et de la Paix.  Tout ceci est l’héritage des générations précédentes, mais c’est en nous personnellement qu’est à faire  le travail  spirituel qui aboutit à l’accueil d’un tel reflexe comme un cadeau, grâce de Dieu pour permettre à son royaume d’advenir. Car Dieu qui désire une telle justice et une telle paix, donne aussi les moyens de les accomplir.

Lentement : c’est parfois si peu que l’on se met à désespérer, une goutte d’eau dans un océan de besoins, travail de fourmi qui se fait écraser par les bottes des tout-puissants managers de la finance ou d’un tout autre secteur de pouvoir qui d’ailleurs va avec.  Une goutte d’eau dans l’océan que l’on voit, que l’on perçoit…, Et vous imaginez si l’on avait conscience de tous les besoins des humains  physiquement, humainement et évidemment spirituellement parlant ? Je n’ose penser  ce que cela représente en réalité. Peut-être heureusement que cela nous est pour la plus part du temps  caché.

Mais en même temps, nous avons à être attentifs à cela, à cette différence entre ce que je découvre avec mes yeux humains et mon cœur bien charnel, sensible, humainement bien sensible et ce qu’’il y a à secourir  dans le domaine purement spirituel.  Donc ne nous étonnons pas trop que ce soit  lent.  Ce  n’est pas  à cause de Dieu pour qui un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour.  Ni à cause de  nous qui sommes souvent dépassés par l’immensité de ce qui se présente à nos yeux et que nous appréhendons  comme nous pouvons :

 Lentement mais surement et certainement discrètement, dans l’intimité de notre cœur où tout projet nait et où germe le royaume de cieux


Alors en quoi cela nous concerne-t-il ?

St Paul nous le dit dans la deuxième lecture : Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés par la venue du Seigneur ».  Donc  que nous attendions sa venue avec tout ce que nous sommes.  Vous aurez remarqué, Paul commence  par parler  de l’esprit et de l’âme d’abord. Car lorsque l’on voit le besoin de l’âme  on voit le besoin du corps. L’être humain dans son ensemble est concerné par l’attente du retour glorieux du Christ. Et si nous attendons réellement sa venue, cela nous met en  éveil, cela  renforce notre espérance par laquelle nous sommes tendus vers ce temps de  sa venue et donc de son royaume.

Sommes-nous vraiment dans une telle heureuse tension ?  Si cela nous parait important  nous entendrons les paroles de Paul comme une boussole pour nos vies ; Discernez la valeur de toute chose, ce qui est bien gardez-le, éloignez-vous de tout espèce de mal. Avec un vœu pareil qui par-delà d’être pieux, est un aveu de notre faiblesse, nous pouvons,  émerveillés, écouter murmurer en nous  la joie d’être les récipients de la germination du royaume de Dieu.

Comme Marie dont nous empruntons des mots pour le dire  « Mon âme exalte le Sgr, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur…..


 Chant par les enfants.

2014/11/30 - Homélie - 1er dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 décembre 2014 15:55

Nous avons tous à attendre quelque chose,  et en ce premier dimanche de l’Avent, les enfants et  les adultes, nous attendons ensemble  les fêtes de Noël,  chacun pour sa part et dans la joie partagée. Mais ce soir spécialement, nous avons les fiancés avec nous qui attendent le jour de leur mariage,  tout comme les confirmands la  pentecôte de leur vie ou encore les catéchumènes leur baptême d’adulte etc.


J’imagine que les belles mères attendent d’être présentées, si ce n’est déjà fait, à leurs futures belles filles (d’ailleurs qui sont- elles en attendant ?) Et en attendant que fait-on ? Cela vous est-il déjà arrivé de rater  le train, alors que vous étiez en train de l’attendre justement ? Mais tellement dans vos pensées sur le futur, sur le passé peut-être ou tout simplement ailleurs que, ce pauvre train, vous ne l’avez pas vu passer. Et pauvre de vous, malgré toute la bonne attention de vouloir partir en voyage.  Et malgré cela, on pourrait admirer la capacité à s’isoler, ne pas être  influencé pas  l’environnement, par toutes ces ondes de  forces telluriques - tellus, terre - dont grouillent  justement la terre et notre civilisation avec. 


Il y en a qui mettent une telle capacité à s’isoler au profit de leurs activités, activités qui rapportent sainement. Comme par exemple Jean-Paul II  qui pouvait préparer l’homélie destinée aux prêtres français à qui il allait s’adresser plusieurs moins plus tard, alors qu’il était en voyage pastoral en Afrique et mettait ses collaborateurs dans un état proche de l’épuisement car ils tombaient de fatigue sous la chaleur moite  du tropique vert.


Evidemment nos attentes sont rarement inactives, nous aimons nous activer pour préparer la fête, le voyage, le déménagement, la rentrée scolaire, le nouveau travail, et le mariage qui fait partie de nos préparatifs  les plus apprécié. Mais une fois dedans souvent nous nous sentons en décalage, j’aurais lieux fait de, si j’avais su, est-ce que je me lancerais dans ceci ou cela, j’aurais surement pu mieux anticiper, j’aurais même pu éviter, pourquoi n’étais-je pas conscient de ceci ou de cela... ?


Beaucoup de choses nous semblent décalées, par exemple cette messe, si nous ne nous sentons absolument pas concernés : « mais, qu’est-ce que je fais ici, moi qui ai accepté, par amour évidemment, de me laisser marier à l’église ». Veillons au décalage entre nos attentes et la réalité telle que nous la rencontrons chez les autres. Quand c’est une belle blonde qui se présente à la belle-mère  au lieu d’une belle brune, tout simplement parce qu’elle a décidé de changer la couleur de cheveux, cela ce n’est pas bien grave comme décalage. Mais, quand la robe  de mariage  arrivée la veille  par Chronopost est finalement  trop petite, c’est  un peu plus délicat. Et que dire quand le futur marié découvre à quelques mois du mariage que l’on exige de lui d’être présent physiquement à la célébration qui se fera dans l’église...


C’est au point que l’on se demande si c’est ne pas plutôt les autres, et Dieu lui-même, qui ne sont pas décalés. Il n’est jamais là où on l’attend. Là où on  attend  qu’il se manifeste avec force, il se fait discret, là où on espère de lui quelques tendresses de compréhension on entend des paroles dures, certes, pas de lui-même directement, car on ne sait pas trop bien ce qu’il pense, mais de ses représentants ou ceux qui se prennent pour.


« Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face » Nous pouvons facilement nous joindre à ce soupir de la Bible contenu dans  le livre d’Isaïe  entendu dans la première lecture. D’ailleurs il est descendu, et cela n’a pas  fait  plus d’effet que cela. Personne pour invoquer son nom, « nul ne se réveille pour prendre appui sur toi, » c’est-à-dire, pour prier. Mais ce constat d’un terrible décalage se termine par une note très confiante : « nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main. »


C’est  de ne pas arriver à nous dire cela, qu’il nous faut donc nous méfier, ne pas pouvoir dire le beau mot de confiance, alors que dans notre monde celui de la terre, le tellurique,  tout semble se régler selon le principe du donnant-donnant, si ce n’est selon la loi du plus fort.


Voilà à quoi nous sommes invités à nous méfier lorsque ces paroles retentissent dans l’évangile d’aujourd’hui : « prenez garde, restez éveillés ». Il ne dit pas prenez peur. Ce n’est pas une menace, mais une invitation à ouvrir les yeux, à ne pas rater le train, à ne pas rater la marche  pour être toujours plus dans la vérité avec soi-même et ceux que l’on engage à ses côtés. 


Dieu est comme cet homme de la parabole parti en voyage. Il n’est pas constamment sur notre dos. Il est  juste en communication  avec nous pour prendre de nos nouvelles et nous aider si nous le voulons bien !


Donc restons branchés, pardon, restons éveillés.  Car cela vaut la peine de vivre dans la grâce de la paix, paix qui vient de la part de Dieu notre père et du Seigneur Jésus-Christ. « Ainsi aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ ». Amen.

2013/12/22 - Homélie - 4e dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 12 janvier 2014 20:12

 

Accepter le cadeau de Noël !


Ca y est, c’est presque Noël, mais pas encore, puisque nous sommes encore dans la période de préparations pour le célébrer. Et que toutes les tentations commerciales ne nous trompent pas sur ce point. Le temps de l’Avent est un temps de préparation, y compris par l’achat de cadeaux. Mais, assurément, ce n’est pas encore le temps de  célébration de Noël. Or, justement la bonne célébration dépend de la bonne qualité de la préparation.


Que nous reste-t-il donc à préparer ? Certainement beaucoup de choses, aussi bien  à l’intérieur de nous-mêmes  qu’à l’extérieur, aussi bien spirituellement que matériellement ! Matériellement et spirituellement, les deux sont à vivre conjointement. Car il s’agit de préparer la venue de quelqu’un qui tout spirituel qu’il est épouse la condition humaine. Donc, à contrario,  cet accueil doit se faire aussi dans la dimension maternelle, physique dans laquelle nous sommes si profondément plongés de part notre condition humaine.


Les lectures d’aujourd’hui nous proposent de nous préparer à accueillir le cadeau,  cet Enfant qui vient.    Comment l’accueillir donc ?  Pour ce faire, regardons  ces quatre éclairages  complémentaires, chacun venant d’un passage de la Bible que nous venons d’entendre. Chacun pour nous aider à  savoir comment faire, chacun révélant  une facette particulière.


Tout d’abord dans le livre d’Isaïe (7,10-14) nous découvrons ou re-découvrons la promesse faite par Dieu d’envoyer un messie. Mais cette promesse se heurte à une résistance de la part de son serviteur, le roi. Car à la promesse que Dieu fait est associé la demande qu’il adresse à l’homme.


C’est une constante dans la Bible, Dieu donne tout gratuitement à l’homme. Cependant,  à une seule condition, celle de vouloir accueillir et donc demander de pouvoir l’accueillir.


Osons  le demander à Dieu dans la prière, osons lui faire des supplications, osons lui demander d’accueillir un tel cadeau et donc d’être sauvés ! Est-ce que je prie pour mon propre salut, celui de mes proches et  le salut du monde ? Est-ce que j’ai suffisamment confiance  en Dieu pour lui formuler une telle demande ?


Aux antipodes de cela se trouve l’attitude de Joseph dans l’Evangile(Mt1,18-24). Certes, rien ne fut automatique pour lui non plus. Il fallait que son acceptation soit réelle. Mais il l’a fait à la suite d’une intervention extraordinaire,  averti en songe...  A une situation exceptionnelle, un moyen  exceptionnel.


En effet dans la Bible, le songe est associé à des manifestations de Dieu et de sa volonté (Adam, Jacob, ou encore  de façon similaire Samuel...). C’est une façon propre à la Bible de dire que Dieu peut nous parler par des canaux inattendus. Joseph accepte ave joie.


Tout comme Marie l’a fait peu de temps avant, alors qu’elle ne dormait pas, car Gabriel la  trouva  bien éveillée, en prière. Marie et Joseph, chacun à sa manière furent préparés pour accueillir le cadeau du ciel.


A notre tour, de  la manière qui nous est propre, accueillons un tel cadeau, il y a encore un peu de temps pour nous y préparer, avant que le cri de joie éclate : ‘Il est né le divine Enfant’.


C’est en nous préparant avec soin que nous sommes en train de mettre au monde cet enfant déjà venu et qui au travers nos vies revient de la sorte, un Enfant qui rejoint tous les enfants de la Terre et qui nous rejoint dans ce qu’il y a en nous de l’Enfant de Dieu.


Les deux autres lectures nous promènent à l’intérieur  des conséquences de la vie de foi en un tel cadeau, en une telle promesse. Le psaume 24 montre  la joyeuse et confiante prière du peuple d’Israël avec laquelle nous nous  identifions tant ‘Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer’.


Et Paul (Rm1,1-7) dans cette énonciation des principes de la foi en Dieu révélé en Jésus Christ, Sauveur,  dit la raison d’être dans la confiance.


Alors sommes-nous prêts à accueillir le cadeau ?
Sommes-nous sûrs de la qualité de ce cadeau ? Nous pouvons être sûrs que Dieu nous fait confiance pour que nous puissions  l’ouvrir   dans la joie  et avec espérance, dans l’abandon  et avec reconnaissance pour ses merveilles.

2013/12/08 - Homélie - 2e dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 22 décembre 2013 16:06

 

« Ce jour-là  la racine de Jesse, sera dressé comme un étendard pour son peuple. » Is11 1-10


Nous sommes le deuxième dimanche de l’Avent. Ce soir avant et après la messe, il nous est proposé une veillée d’adoration et de réconciliation avec les confessions. C’est une manière très spirituelle et concrète à la fois de nous préparer aux fêtes de Noël.
  

C’est encore, comme la semaine dernière,  de la première lecture que nous tirons la phrase clef pour nous  laisser accompagner dans la méditation sur la pertinence du salut au présent de nos vies. Ainsi nous signifions que nous nous laissons accompagner dans ce temps de l’Avent par les attentes exprimées par les prophètes et tout le peuple d’Israël. En effet, l’Avent  avec les prophètes est le temps de l’attente d’Israël.  Mais c’est aussi   le temps  de l’attente et de la recherche de Dieu pour tout homme et toute l’humanité. Cette phrase  contient des paroles de promesse, c’est une prophétie.


Pour la comprendre, il faut se rappeler que Jesse fut le père de roi David. Le roi David (X siècle avant J-X) est à l’origine de la lignée royale d’Israël à laquelle est confiée une promesse de fidélité de la part de Dieu à son peuple (cf. prophétie de Nathan 2S7,12-16) Cette promesse de fidélité prendra forme de l’annonce d’un messie, celui qui va venir sauver son peuple. Les premiers chrétiens, ont interprété ces prophéties en les appliquant au  Christ descendant par Marie de la lignée royale davidique. 


David fils de Jessé constitue le début  de cette chaîne des générations dont la Bible nous résume l’histoire jusqu’à la Vierge Marie et le Christ. Au moyen-âge (XIIIs.) en s’est mis à représenter cette chaîne sous forme d’un arbre qui émerge du nombril, de la bouche ou du flan de Jessé. On l’appelle l’arbre de Jessé ou l’arbre de vie en lien avec l’arbre de vie. Donc en lien avec l’arbre du paradis, dont les premiers habitants- nos lointains parents- furent  chassés à la suite de leur manque de confiance en la parole de Dieu. Ainsi,  l’arbre de Jessé représente une nouvelle lignée. C’est une nouvelle généalogie  qui s’ouvre avec la racine de Jessé pour donner de la sève de la vie de Dieu, pour l’alimenter en promesse de vie. Cette promesse de vie  se réalisera en Christ sur la Croix.


La liturgie d’aujourd’hui nous invite à entrer dans une telle promesse de Dieu pour nous aujourd’hui. Et si il y a des obstacles à cela, nous avons la simplicité de nous mettre à l’écoute de la parole de Dieu pour nous laisser envelopper par le manteau de sa promesse qui se résume en ceci- : quelque soit ta difficulté, tu vivras.


Forts d’une telle assurance, entrons avec confiance dans l’écoute de la résonance de sa parole dans nos vies. Nous pouvons être sûrs, dans cette résonance, il n’y a rien de mauvais pour nous, rien  de terrifiant, juste une promesse d’une bonne vie dan l’harmonie toujours à rechercher en nous et entre nous. Comme dit st Paul, nous sommes désormais de la race de Dieu, de la lignée de sa promesse. Faisons partie d’un arbre généalogique où circule la sève de bonheur éternel.      Amen ! 

 

 

 

2013/12/01 - Homélie - 1er dim. Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 13 décembre 2013 16:58

‘Venez, montons à la montagne du Seigneur’


Nous sommes le premier dimanche de l’Avent. Le temps est donc propice pour nous mettre en route vers les fêtes de Noël. Les lectures d’aujourd’hui contiennent une sorte de feuille de route. Grâce à elles, nous savons comment préparer Noël.


Une phrase clef a été choisie dans ces textes pour mettre l’accent sur  le contenu de cette feuille de route.


« Venez, montons à la montagne du Seigneur » 


Elle est extraite de la première lecture, où le prophète Isaïe, après avoir décrit la situation (catastrophique) de son pays au VII siècle, donne des encouragements pour y survivre, voire mieux, s’en sortir. Pour ce faire, il rappelle la nécessité de retour à Dieu. Ce qui veut dire et ceci n’est un secret pour personne, qu’avec Dieu et donc dans la foi ça va et ça vient. Jésus est avec nous, depuis notre baptême, mais est-il vital pour nous ?


La question ne se pose pas de la même façon à 5, 12, 25, 40... ans, et les réponses ne sont pas les même non plus. Mais nous sommes tous invités à monter à la sainte montagne du Seigneur, à un endroit où nous pourront le rencontrer et donc l’écouter.


Montagne dans la Bible est le lieu de la rencontre avec Dieu, d’où la sainte montagne. La Bible, comme toutes les religions, reprend la symbolique de la montagne, tout en la purifiant.


La montagne dans la Bible n’est pas sainte pour des raisons telluriques, mais elle est sainte car quelque chose de la présence du Dieu révélé s’y manifeste. Ainsi Dieu s’y manifeste à Abraham, donne la loi à Moïse,  se révèle lors de la transfiguration de Jésus ; Jésus lui-même donnera ses enseignements (Béatitudes et Notre-Père) depuis une montagne pour offrir sa vie sur une autre.  


Rencontrer Dieu et l’écouter, comment traduire cela dans la vie de tous les jours ? L’Avent est un temps propice pour  apprendre  à vivre avec Dieu et selon ses lois. L’Avent est un temps propice pour  apprendre à vivre de la vie de Jésus vivant en nous, agissant en nous et aimant en nous. 


Pour cela nous avons besoin de revêtir l’armure de lumière, c’est à dire le Christ. (Cf. Rm13, 11-14) Ceci est vrai pour tout croyant, et aujourd’hui s’applique plus spécialement à vous, les fiancés, qui êtes en route vers le sacrement de mariage, où l’amour divin s’invite à votre amour. St Paul dans le passage entendu à l’instant, donne quelques bonnes indications à ce sujet.  


Ainsi équipés, nous  montons à la montagne de l’Eternel (Ps 122) pour nous ressourcer à nouveau, puisque la vie quotidienne souvent nous mène ailleurs.      


Alors, quoi faire ? Veiller ! Car le temps est court, (Mt 24,37-44)


Dès aujourd’hui renforçons notre désir d’attendre activement  Noël.


Ainsi pourrait-être renforcé aussi, voire restauré, l’optimisme et l’innocente joie de l’espérance.  


Le Seigneur qui nous invite à monter à la sainte montagne, peut nous combler au-delà de nos rêves, mais aussi au-delà de notre volonté de tout contrôler sur le cours de notre vie.


Et pour monter efficacement vers cette montagne du Seigneur, ‘bienheureux ceux qui savent distinguer entre une montagne et une taupinière’. 

2012/12/23 - Homélie - 4e dim. de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 21 décembre 2012 14:39

VISITATION
Luc1,39-45



I Intro.


Marie et Elisabeth, deux femmes qui se rencontrent. Et qui racontent des choses à leur façon. Elles ont tant à dire. Elles portent en elles deux immenses parts du destin de l’humanité.



II. souvenir familial.


En préparant cette homélie je  repense à ces deux autres femmes, celles de ma famille, ma grand-mère et ma tante.  Enfant, nous allions parfois rendre visite à un parent éloigné. Cette fois-là, en plein été,  nous sommes allés dans le village natal de mon père. Son frère vivait là avec sa famille, donc ma famille.


En entrant dans la maison, nous étions immédiatement conduits dans une chambre se trouvant derrière la cuisine. S’y trouvait alitée ma grand-mère, je crois que c’est  la première fois que je l’ai vue. Puis mon oncle nous conduit dans une autre pièce juste à côté. Là, une autre femme tout aussi alitée, c’était sa femme.


Deux femmes malades, qu’est-ce qu’elles pouvaient se dire l’une à l’autre, quelle joie pouvaient-elles se raconter ?



III. Quand la promesse est là.


Ce n’est pas toujours que deux femmes se racontent d’aussi belles choses comme le font Marie et Elisabeth.  Ecoutons ce qu’elles disent.


Tout d’abord, avant même de parler, chacune  porte l’enfant d’une promesse. Et la promesse, pour être réalisée, il a fallu,  qu’elle soit d’abord communiquée, dite. A Marie, directement et à Zacharie, le mari d’Elisabeth. 


Elles furent portées par le même messager, Gabriel, qui veut dire ‘Dieu est fort’.  Quand cela vient par l’intermédiaire d’un même messager,  certainement cela signifie la même valeur.


Mais, bien qu’à chaque fois il y ait une promesse d’enfant, deux choses différentes sont promises.


A Elisabeth d’avoir enfin un enfant, à elle  et son mari, eux qui sont déjà dans leur vieillesse. Et à Marie d’avoir déjà un enfant alors qu’elle est tout juste fiancée avec Joseph. 


L’une ne l’espérait plus, l’autre certainement n’espérait pas tant. Mais toutes les deux étaient dans l’attente d’un messie, attente communément partagée avec tout leur peuple.



IV. La surprise est grande.


Toutes les deux sont surprises  de ce qui leur arrive. Mais la grande joie de porter la vie dans leur corps se laisse  transfigurer par une autre. Celle de participer tout simplement à d’aussi grands destins.


Elles ne savaient pas de quoi aller être fait l’avenir, ni le leur, ni surtout celui de leur progéniture. Elles savaient que de grandes promesses se réaliseraient, voire même étaient déjà en train de se réaliser. 


On peut s’imaginer la joie dont elles rayonnaient  au moment de la rencontre.  Elles sont là, l’une à côté de l’autre dans une joie sans limite. Et la joie cela fait parler, certains diront, surtout les femmes, après tout pourquoi ne pas admettre qu’elles ont parfois  les mots plus faciles pour le dire.


De quoi donc parlent-elles ? De la robe qu’elles vont mettre pour le jour de la circoncision ?   On peut en douter, même si là encore pourquoi pas, puisque elles ne négligeront aucun détail dans leur vie de mères. Mais, et ce que Luc a retenu, (en effet, l’Evangile n’est pas un magazine de mode) elles parlent de ce qui leur arrivent.



V. S’étonner c’est de reconnaître la vérité.


 D’abord Elisabeth qui parle en   voyant sa jeune cousine venir jusqu’à chez elle, dans la montagne de Judée. Puis ce sera le tour de Marie elle-même. La lecture de l’Evangile d’aujourd’hui s’arrête sur l’expression de la première.


Evidemment on s’en doute, Luc n’a pas fait de reportage en direct et n’a pas enregistré la conversation, mot à mot. N’empêche, il exprime une vérité forte sur ce qu’une visite comme celle-là peut engendrer chez Elisabeth.


Elle est tout étonnée : ‘comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Sauveur ?’
Là, on n’est plus sur le registre purement familial.


  Leur vocation respective et surtout la vocation de leurs enfants fait déjà transcender les liens familiaux  en les élevant aux dimensions de la promesse divine, et donc au ciel. Oui, de joie, elles sont déjà au ciel.



VI. Etonnons-nous joyeusement.


Quelle est notre manière de voir la vie de la foi en Christ sauveur ? Est-ce cela nous met en joie et donc en route pour le dire comme Marie l’a fait?
Nous sommes nombreux à être de la sorte en route vers les autres.


Et nous n’avons pas forcement besoin de faire de grands déplacements  géographiques ou des placements financiers extravagants pour le signifier.


L’exemple de la joie étonnée et étonnante d’Elisabeth, nous conduit à approfondir notre source de joie. Comme celle qui est tout humaine, naturelle, terrestre se laisse porter et même emporter par cette autre. Celle que l’on convoque et exprime,  dans la prière pour quelle vienne et continue à  éclairer heureusement nos vies.



VII. de ce que Dieu fait pour nous. 


Je reviens à la question posée par la visite rendue jadis à ma grande-mère et ma tante. Que pouvait être leur  joie de voir leur  petit-fils et neveu, je ne le saurai jamais. Tout ce que je sais, ce qu’à l’époque je ne me rendais absolument pas compte de la portée d’une telle visite.


Alors qu’aujourd’hui je la porte dans mes souvenirs comme une rencontre passant outre le passé.


Et je ne cesse de m’étonner de ce que Dieu peut faire pour  signifier sa place dans des belles rencontres.  

2012/12/16 - Homélie - 3e dim. de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 21 décembre 2012 14:34

EXULTE DE JOIE



I.   De la joie plein la bouche.


   Ce troisième dimanche de temps de l’Avent, appelé aussi celui de ‘gaudete’, de la joie, est très riche en lectures qui nous invitent à la joie.


Mais ce n’est pas tout à fait vrai, tout au moins en apparence, car l’Evangile n’en parle pas et Jean Baptiste ne semble pas un personnage très joyeux comme par exemple st François d’Assise. Laissons pour le moment Jean de côté en nous concentrant sur  la joie dans les autres lectures.


Tout d’abord dans le livre de Sophonie (VIIs, comme Jérémie,  impliqué dans  la réforme religieuse et morale à Jérusalem sous le roi Josias) nous entendons maintes fois l’appel à la joie : ‘Pousse cris de joie’, ‘éclate en ovations’, ‘réjouies-toi’, ‘tressaille d’allégresse’.  Puis ‘Le Seigneur aura en toi sa joie et son allégresse, Il te renouvellera par ton amour.... il dansera pour toi avec les cris de joie’. Que du bonheur !


Paul dans la lettre aux Philippiens, poursuit : ‘soyez toujours dans la joie du Seigneur.’


Nous y voilà avec la clef pour comprendre de quelle joie il est question dans la Bible. ‘La joie du Seigneur’  que st Paul identifie dans le Seigneur Jésus, le Christ ressuscité, elle est  déjà bien indiquée par  Sophonie quand il dit : Il (le Seigneur Dieu) te renouvellera par son amour.


Le Seigneur Dieu renouvelle son peuple par son amour manifesté en Jésus-Christ. La raison de la joie est là, parce qu’elle vient comme conséquence d’un tel renouvellement dans l’amour de Dieu.


Donc la joie ainsi comprise est bien plus qu’un simple plaisir.



II. La joie pleine de vérité.


Et donc venons-en à Jean le Baptiste, il ne semble rien avoir de joyeux, lui qui mène une vie austère, en ascète retiré du monde pour être plus à l’écoute de Dieu qui parle dans le silence.


Mais Jean le Baptiste est malgré ou peut-être et certainement même, à cause de cela, très écouté par les gens qui viennent le voir pour lui demander conseil.


Que devons nous faire ?  Trois catégories de personnes se présentent à lui avec cette même question. Mais que cherchent-ils vraiment ?
La tranquillité de leur vie, de leur âme, être conforme avec ce que l’on demande, obéir à une loi qui est rappelée ?


Ils ont tous en commun, le désir de faire mieux, d’être plus dans la vérité. Les foules et les publicains en accomplissant la démarche de conversion par le baptême, les soldats (on ne dit pas qu’ils se font baptiser en signe de conversion)  aspirent aussi par une autre voie à la même chose.


Est-ce qu’ils désirent tous, la ‘joie dans le Seigneur’ dont parle st Paul .Mais ils ne le connaissent pas encore, justement c’est Jean le Baptiste qui va leur parler le premier. Il va les orienter sur le chemin de la vraie joie, lui-même ne semblant pas très drôle, lui qui parlera ouvertement du messie qui est tout proche. Il va leur indiquer ce qui est juste et qui ne trouble pas la paix, car ? c’est déjà bp que de se contenter de ce que l’on a, de faire honnêtement son métier etc..



III. La joie pleine de notre vie  quotidienne


Quelles conséquences pour nous, les chrétiens du XXI siècle  vivant à Hong Kong ou ailleurs ?
 

1° la joie chrétienne, nous  la trouvons ‘dans le Seigneur’, elle est au fond de notre confiance en Dieu qui a mis tout son amour en nous.


2° elle est plus forte que tout ce que nous pouvons ressentir (plaisir, déception, détresse....)  Anne Franck, dans son journal note qu’au moment de l’arrestation de sa famille à Amsterdam, son père s’est mis à danser chanter les louanges.


3° comment la cultiver : en prenant du plaisir (super, je vais, parce que je  veux rencontrer quelqu’un qui ne m’aime pas comme les autres) à venir à la messe pour pouvoir recevoir dans l’eucharistie cette dose d’amour qui alimente la joie.


4° comment en rayonner ? Tout simplement, cela vient tout seul et les autres ne s’y trompent pas en disant : ‘il y a là autre chose qu’un simple plaisir de la vie !’



IV. La joie digne d’être fêtée.    


Car, revenons à st Paul : « Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte  le salut. Il aura en toi sa joie, et son allégresse, il te renouvellera par son amour, il dansera pour toi, avec les cris de joies, comme au jour de fête ».


  Et la fête de Noël  nous la sentons déjà venir, elle est tout proche, elle est à  porté de notre main, il reste juste une  autre rencontre à vivre, mais c’est pour dimanche (dès samedi pour nous) prochain.

2012/12/09 - Homélie - 2e dim. de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 21 décembre 2012 14:28

‘Quitte ta robe de tristesse’



1. Après avoir médité sur ‘Réjouis-toi car Il vient’,


Nous voici dans la deuxième étape de notre préparation aux fêtes de Noël.
Comment accueillir cette joie qui est celle de savoir que le Sauveur vient ? 


Le dimanche dernier nous avons essayé de réactiver la joie d’être croyant, de savoir que le sauveur, une fois venu en la chaire, reviendra dans la Gloire.


Nous sommes entre ces deux  venues du Christ sauveur. Notre mémoire de la première venue et encore davantage celle de la seconde, souvent faiblissent et nous avons besoin de les réactiver.


La mémoire faiblit et la joie avec, l’une et l’autre ensevelies sous les décombres de la vie sur terre qui obéit à ses propres lois avec sa propre mémoire et ses propres joies. Et lorsque nous ne prenons pas suffisamment  garde, très vite, ce qui vient de notre vie ordinaire peut faire oublier ce qui nous vient de la vie extraordinaire ; ceci peut couvrir cela, au point de risquer de le faire étouffer et donc faire mourir.  


Comment faire : veiller, veiller à quoi ?



2. Ce deuxième dimanche, les lectures nous rappellent.


 Elles nous rappellent à quoi il nous faut veiller : à ne pas oublier la promesse de Dieu. Cette promesse n’est rien d’autre que l’assurance de sa présence en toutes circonstances. Quand est-ce que nous l’attendons le plus, cette présence de Dieu, sinon, évidemment, surtout dans les moments difficiles.


C’est dans les moments difficiles que la joie est éprouvée, que l’espérance est contredite et la vie toute entière ainsi affectée et assombrie.  Les juifs de l’époque de Baruch (secrétaire de Jérémie, donc la période de l’Exile en Babylone, même si le livre  est de l’époque grecque, et Baruch est un prêt-nom)  ont fait cette expérience. Déportations, danger pour leurs vies et pour la transmission de leurs traditions, tout cela appelle à se reposer la question de la présence de Dieu.


Est-il présent aussi dans ces moments-là ? Baruch répond bien sur ! et au combien ! 



3. ‘Quitte ta robe de tristesse’.


C’est une invitation à se sentir en présence de Dieu, plutôt que se draper des habits de tristesse. Donc, il faut changer d’habit et  en quittant la robe de tristesse, se laisser revêtir d’un autre habit,  celui de la joie. 


Comment quitter un habit pour un autre. Certainement pas en retournant la veste !


Ce que nous sommes en train de vivre ce soir  nous l’indique doublement. Avant et après la messe l’adoration du Saint-Sacrement est proposée et, pendant ce temps là, les confessions individuelles. 


Quitter ta robe de tristesse
, au sens spirituel du terme, signifie retrouver la joie de l‘’Enfant de Dieu’. Il n’y a pas mieux que de le faire en toute vérité, c’est-à-dire en avouant d’avoir été dans la tristesse du péché, car le pêché éloigne de Dieu est cela amène de la tristesse.
Si par malheur, il n’y a pas de tristesse (à ne pas confondre avec la fausse culpabilité), cela prouve que nous ne sommes pas encore en présence de Dieu, tout au moins à cet endroit-là. Traduisons cela chacun pour notre propre compte.



4. La tristesse d’être loin de Dieu et du coup de nous même.


Quelles sont les situations, faits et pensées, sentiments et actions, projets et réalisations...,  qui nous éloignent de la joie d’être en présence de Dieu. Même si, parfois ce n’est pas évident, mais globalement,  puisque nous avons une conscience morale droite, saine, au fond de nous même, nous savons identifier tout cela.


Avouer d’être dans la tristesse, c’est déjà prouver vouloir chercher à s’en sortir, à la quitter. La confession sert aussi à cela, c’est-à-dire à dire à soi-même, à Dieu ou plutôt à Dieu et du coup à soi-même, mais le dire en Eglise, c’est-à-dire au sein même de ce corps que nous formons et qui est le Corps du Christ.


Et, vous devinez, j’en viens au second aspect de ce comment faire pour quitter la robe de tristesse : se mettre en présence de ce Corps du Christ.



5. Se mettre en présence de ce Corps : L’adoration y conduit, l’adoration le soutient, l’adoration en découle.


L’adoration y conduit
, car en étant devant le Corps du Christ dans l’Eucharistie, nous sommes devant le mystère de la présence du Christ dans la vie de son Eglise. En effet, il n’y a pas d’adoration sans ce double lien, celui avec la messe ou l’eucharistie est célébrée, ni avec l’Eglise qui la célèbre.
C’est toute l’Eglise qui conduit le croyant vers la joie de la rencontre avec le sauveur, joie accueillie et ressentie spirituellement dans chaque eucharistie célébrée. Comme si nous entendions ‘Vas-y, il t’appelle’ que l’aveugle de Jéricho entendait comme encouragement de la part de ce qui était avec Jésus.
  

L’adoration  soutient la démarche
qui consiste à quitter la robe de tristesse. Car elle le permet par le faite d’être en prière des uns  en faveur des autres, ceux qui vont  pendant ce temps là accomplir la démarche de vérité.
Et,  ceux qui accomplissent la démarche de vérité deviennent à leur tour le soutien pour les autres.
Ceux qui prient et qui accomplissent d’une manière ou d’une autre la démarche de vérité sont ainsi unis avec le centre de la foi qu’est le Christ.


L‘adoration découle du fait d’avoir quitté la robe de tristesse
, car la véritable adoration est celle accomplie par un cœur contrit. Et, seulement dans une telle disposition spirituelle du coeur,  coeur libre de toute entrave qui empêche d’être à Dieu, que l’adoration prend tout son sens.
Elle prend tout son sens dans ce coeur à coeur avec Jésus qui ne demande rien d’autre que d’être présent auprès de lui, car, par lui, pouvant être présent auprès des autres, des tous les autres à qui la joie de quitter la robe de tristesse est promise et c’est à nous de l’apporter. Mais pour aller là-bas, il nous faut être ici.



6. N’ayons pas peur de nos déserts.


 Ces divers déserts (ennuis, distractions, oublis...)  qui nous semblent être des liens d’absence de Dieu (‘je m’ennuie à la messe’, ‘je m’ennuie à l’adoration’, ce n’est pas grave nous lui donnons notre ennuie, il fera le reste) Tous ces déserts sont en fait des lieux où Dieu nous parle pour exprimer son désir de nous voir aplatir nos routes et les rendre droits. A travers le désert de nos vies une voie crie : réjouissons-nous de pouvoir l’entendre.


Et avec st Paul (II lecture)  je me permets de reprendre cet aveu :


Dans ma prière, je demande que votre amour vous face progresser  de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous fera discerner ce qui est plus important

2012/12/02 - Homélie - 1er dim. de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 21 décembre 2012 14:22

‘Réjouis-toi, car il vient’



1. Nous voici dans l’Avent (adventus=venue, avènement)


        Double objectif nous y attend : préparer Noël et  préparer la seconde venue de notre Seigneur.
L’Avent est l’aboutissement d’une démarche spirituelle. Le Mystère pascal donne du sens à l’Avent.
Les baptêmes célébrés au cours de cette messe ou  à célébrer bientôt en sont l’expression.


Plongé dans la mort et la résurrection du Christ, le baptisé devient l’intime de ce Christ pour être un jour avec lui dans sa Gloire, dans son royaume qui vient et qui se révèlera totalement lors de la seconde venue du Messie. 


Toute vie chrétienne se situe entre le baptême et ce Royaume qui vient. 


Comment ? Dans une attente  pleine d’espérance.



2. Le thème de ce I dimanche de l’Avent,


choisi pour notre communauté, est ‘Réjouie-toi, car il vient’.
Il, c’est le  Seigneur de Gloire, le Christ sauveur, Messie envoyé de Dieu.


Une fois, il est venu  en notre chaire, nous en faisons mémoire dans les fêtes de Noël.


Mais, il viendra encore une fois dans la gloire, pour ‘juger les vivants et les morts’ comme nous le professons dans le Credo. 


Pourquoi tout cela est-il donc une source de joie pour nous ?  Pour voir cela de plus près, je vous propose de nous concentrer uniquement sur la première lecture.
C’est un extrait du livre d’un grand prophète, Jérémie, sa vie et son oeuvre renseignent beaucoup au sujet de cette double venue du Messie.    



3. Prophète parle


Jérémie a vécu à la fin du 7-ème et dans la première moitié du 6-ème siècle avant J-C. L’époque fut particulièrement trouble. Aux conflits internes  au sein même du  Peuple d’Israël, liés aux réformes liturgiques, s’ajoutent de grands bouleversements politiques dans la région.   Le petit royaume de Juda  autour de Jérusalem, ne fait pas le poids.


Jérémie, d’une famille sacerdotale, prend part à ces deux mouvements, liturgique et politique à la fois. Son métier c’est d’être prophète, parler à temps et à contre temps. Sa parole prophétique  ne plait pas toujours, il est mal mené, menacé de mort par les uns, emprisonné par les autres.



4. Prophète parle parce qu’il vit une expérience spirituelle


Il se trouve  enfermé dans la cour de garde,   il a le temps de méditer. Son secrétaire Baruch, note ’Voici venir les jours où j’accomplirai la  promesse de bonheur’ (Churaqui : ‘j’élèverai la parole du bien’)


Jérémie vit très intensément sa relation à Dieu dans son cœur. Cela l’a préparé à accueillir au fond de lui-même ces paroles d’espérance qu’il prononce  au nom de Dieu lui-même: ‘Je ferai naître chez David le Germe de justice’.


C’est une annonce messianique a une double détente, dans une double perspective. D’abord pour signifier que les malheurs présents seront très prochainement dépassés, ce qui en effet arrivera au retour des exilés pour reconstruire le Temple. Et puis : Ce Germe de justice va être identifié avec le  Christ qui, lui,  est déjà venu pour révéler  la justice de Dieu et qui viendra dans sa Gloire à la fin de temps pour révéler définitivement la Justice de Dieu. 



5. Voilà une double raison pour nous réjouir :


 Justice de Dieu est sa paix (qui comme lui peut les vraiment donner !)  sont déjà à l’oeuvre dans le monde, y compris au travers nos vies. Soyons attentifs !


Veiller et prier pour savoir les reconnaître n’est jamais de trop. Et la deuxième raison, d’être dans la joie, c’est de savoir attendre la seconde venue de ce Messie devant qui nous paraîtrons un jour en toute confiance pour participer à sa Gloire.


Et en attendant donc, ‘Réjouie -toi  car il vient, l’époux que rien ne retient, en bondissant il accourt, il fait entendre sa voix’.  

2008/11/29 - Homélie - 1er dimanche de l'Avent

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le samedi 29 novembre 2008 13:07

Avec l’Avent, une nouvelle année liturgique commence.  Personne n’en parle dans les médias. Qui s’en plaindrait ? Car au moins il n’y a pas de messages polluant la pureté spirituelle, disent certains. Or ce n’est pas le cas de Noël, mais pour l’instant nous ne sommes pas là.

 

Avec ce premier dimanche de l’Avant, nous allumons la première bougie de la couronne de l’Avent. Celle qui symbolise le pardon accordé à Adam et à Eve, à l’humanité entière et donc à chacun d’entre nous y compris.
Tu étais irrité par notre obstination dans le pêché et pourtant tu nous as sauvés.
Nous avons entendu dans la première lecture (Isaïe 63-64) ce pourtant qui contraste si bien entre pêché et salut.

 

Mais ce qui suit dans cette lecture et ce qui se prolongera dans le psaume, c’est cette méditation sur le Dieu qui se cache et dont on a besoin de voir le visage. Tu avais caché ton visage, tu nous avais laissés au pouvoir de nos pêchés. Comme si notre situation de péché était le résultat de l’absence de Dieu !

 

Mais malgré cette difficulté à vivre l’absence de Dieu, le cri de la reconnaissance de son existence, mieux, de sa paternité retentit aussitôt :
Pourtant, Seigneur, tu es notre Père, nous sommes de l’argile et tu es le potier.
Et comme si ceci n’était pas suffisent, il insiste :
Nous sommes tous l’ouvrage de tes mains.

 

Le psaume est une supplique, une prière, un cri de cœur pour ne pas en rester là :
Dieu fait-nous revenir, que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés.

 

Et le tout est résumé par « réveille ta vaillance ». Tout de même, c’est une curieuse façon de s’adresser à Dieu. Comme si c’était lui qui n’était pas vaillant, comme si c’était lui qui n’était pas réveillé. Dort-t-il, nous cache-t-il son visage, Où est-il ? Pourquoi n’est-il pas là, surtout là, où nous l’attendons, il se dérobe à notre regard, à notre présence. C’est nous qui le cherchons…. Y compris dans les lectures de ces textes, dans la Parole qui nous est transmise.
      

La deuxième lecture aux Corinthiens contient les paroles qui éclairent les fondations de la foi et qui encouragent. Les fondations c’est le Christ sauveur, les encouragements c’est de constater que le témoignage rendu au Christ s’est implanté solidement parmi vous.

 

A Montmorency aussi, et c’est visible dans les familles, dans la catéchèse, dans les préparations aux baptêmes, dans le SEM dans nos liturgies, dans les gestes de charité innombrables (qui pourrait les compter ?).  Quelques exemples parmi tant de situations ou le témoignage  du Christ s’est solidement implanté parmi nous.

 

Et tout est couronné par les paroles de l’Evangile : Veillez (quatre fois dans ce petit passage).

 

Veiller pour quoi faire ?  la justice,  la dignité, le travail, tout cela selon le désir du Maître. Or, nous connaissons bien la différence entre le nôtre et le sien. Et si vous dites que vous ne la connaissez pas, prenez du temps, prenez ce qui nous est le plus cher, le temps et donnez le en pâturage  à votre Vie de peur de vouloir en finir avec la vie.  La nouvelle Année liturgique commence et la nouvelle vie se profile déjà.

 

Même si le temps de la cueillette n’est pas encore là, nous ne sommes pas loin du temps où il sera bon de vivre le Noël autrement, selon le désir du Maître.  

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