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2014/08/22 - Homélie - Funérailles de Christian

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le dimanche 7 septembre 2014 20:37

Chers Aurore, Cyrille, Claire et Marie !


Chère famille et amis de Christian !


C’est dur la vie, perdre son père, son époux, son enfant..., son ami : plus rien comme avant. Plus rien comme avant avec des questions :


POURQUOI ?
Avec des constats : Papa me manque !  et même le sentiment d’une grande colère.
Face à la mort tout notre être est engagé, toute notre vie est sollicitée. On peut s’en défendre, mais l’on ne peut pas l’éviter. Elle nous parle différemment à 10 ans, à 20, à 40, 75 ans etc. Elle nous parle des limites de notre vie, de sa fragilité, des dangers qui la guettent.


TROP TOT !
Même si pour tout être aimé le départ de son proche est ressenti comme une injustice, souvent l’on peut  se donner de plus ou moins « bonnes  raisons » pour justifier une telle séparation. Mais à 50 ans, en pleine force de l’âge, alors que les enfants sont encore petits...


Cyrille et Aurore ! vous le savez, mais permettez-moi de le dire devant tous ses amis et vos amis. Papa était très fier de vous ! Il désirait  vous accompagner le plus loin possible sur le chemin de votre vie  vers la vie adulte. Sa dernière sortie, alors qu’il était déjà  bien malade, n’était-elle pas pour aller  à l’école pour rencontrer vos éducateurs ?
TROP TOT pour vous Claire qui avait construit patiemment  et durablement une vie de couple et de famille.
TROP TOT pour  les collègues de travail et amis avec qui tant de passions professionnelles  restaient à partager.


VOIR AILLEURS
Le choix de vivre à l’étranger était lié à son envie de voir ailleurs. Le besoin de ne pas se laisser enfermer dans quelque chose d’étriqué, avec un horizon pas assez large. Certes, l’on n’a pas besoin d’aller  très loin pour voyager  au sens de rencontrer  de nouvelles  personnes et de communiquer c’est-à-dire donner et recevoir, apprendre et faire apprendre.  Déjà Christian était de ceux-là ! Mais sa disponibilité, sous des airs  au premier abord  un peu sévères pour un échange  a toujours été totale. Et elle s’exprimait aussi dans le fait d’aller ailleurs. Très sérieux dans le travail, il savait tirer les câbles sous-marins de tant de communications. Et il y veillait, il veillait à ce qu’ils fonctionnent comme prévu.


MAIS TOUJOURS LA FAMILLE AU CENTRE
Si son travail l’occupait beaucoup durant cinq jours de la semaine,  il restait disponible  à la famille les deux autres.  Il pratiquait donc  5+2=7. Et dans tout ceci il était
VEILLEUR : sur la vie de ses proches, sur des projets professionnels, sur le développement personnel, celui de ses proches (au sens le  plus ouvert du terme)
Que sa manière d’ouvrir une bouteille de vin me sert d’illustration. Je l’ai vu jubiler  dans ces moments. Et bien sûr, sa joie de voir libérer une bouteille de son arôme, exprimait chez lui,  la joie de pouvoir libérer le potentiel  qu’il savait déceler chez son conjoint, son enfant, chez son collègue de travail, chez son ami. Libérer chez l’autre ce qu’il y a de bon en lui et le faire avec toute connaissance de l’art  de savoir ouvrir une bouteille  et surtout  savoir verser le vin dans le verre. (sûrement pas comme on verse du coca !)
Un serviteur de l’Evangile est  celui qui veille, qui veille sur l’essentiel, désigné sous le nom de  maître qu’un serviteur attend.      
Un serviteur de la vie, Christian l’a été avec aussi sa capacité de mise à distance : par le fait de savoir  tourner en dérision ce qu’il considérait comme vanité. Il s’en méfiait pour lui-même, il la désignait chez les autres. Doué d’une perspicacité rare, la dérision sinon le silence complet, étaient ses armes pour réagir  au monde qu’il percevait de la sorte.
Christian était un veilleur qui voulait voir ailleurs. Mais il le faisait en toute discrétion : comme un animal (âne) qui donne des coups  pour se défendre et est solide, comme un mulet qui buté sait tenir le cap.


Christian !
Les plus proches savent que tu voulais faire une marche sur les routes de saint Jacques de Compostelle. Dans votre chambre, accrochée au mur  la croix du Christ que l’on t’a offert pour ta première communion et le magnifique  auto portrait de ton grand-père. Avec ta foi intellectuelle qui ne supporte aucune hypocrisie, heureux d’avoir été  marié à l’église et les enfants baptisés, par ta mort comme par ta vie tu deviens un passeur de la VIE que nous célébrons aujourd’hui.
Certes, Cyrille et Aurore auraient aimé  que tu leur apprennes  encore tant et tant de choses. Ils auraient aimé t’admirer de ton vivant, à leurs côtés. Et Claire de pouvoir compter sur toi pour continuer à partager la vie à deux et en famille. Et nous tous de pouvoir partager des moments de bonheur simple, celui de travail ou de repos.


Toi qui aimais lire,  tu nous laisse le livre de ta vie fermé. A nous de continuer à écrire le nôtre en prolongeant ta vie dans nos vies.
Christian, nous te confions maintenant  à Dieu, car  comme tu aimais   dire : « Dieu reconnaîtra les siens ». Et tu en fais partie. AMEN.

2012/10/06 - Homélie - Funérailles d'Antoine

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 15 octobre 2012 09:26

Antoine,


Tu es partie,  et ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes parents, de ton frère et ta soeur, de tes grand-parents, d’autres membres de ta famille. Ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes amis d’école, de sport, de communauté catholique et d’ailleurs. 


Face à un tel poids,
que pèsent ces mots prononcés depuis le début de cette célébration, voire même depuis que nous avons appris ton tragique accident.
Que pèsent même les pensées qui sont peut-être à l’état qui se rapproche de l’inconscient. Tellement notre  sensibilité pouvant est touchée, elle,  si vulnérable, par moment, par endroit...
Que pèsent aussi les paroles des textes tirés de la Bible, ce grand Livre des chrétiens dont la révélation est partagée avec le peuple juif par l’intermédiaire duquel nous apprenons la foi d’Abraham et la loi, dite de  Dix commandements,  transmise  par Moïse ?

 


Chers amis !


Nous avons entendu ces lectures qui résonnent comme un écho de la vie venue d’ailleurs.
Dans la première lecture, nous venons d’entendre que l’amour ne passera pas : la seule valeur qui transcende tout et qui résiste à tout.
L’amour ne passera pas, mais alors qu’est-ce qui doit passer pour que l’amour ne passe pas, pour qu’il demeure ?
Ce mal qui est bien là et  qui ne passe pas, que peut-on faire ?
Et est-il vraiment, nécessaire de lier  l’amour à une telle souffrance ? Et si, comme nous osons de croire,  ce n’est pas nécessaire -tout au moins pas tout le temps - comment  ce mal pourrait-il passer pour faire apparaître encore davantage ce vrai amour que nous portons en nous et qui s’exprime aujourd’hui pour lui ?



‘Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas....’ Qu’est-ce donc que de mourir ? Et mourir à quoi ? Devrions-nous faire mourir notre propre chagrin ? Pourquoi un tel lien entre la vie et la mort ?
A supposer qu’avec le temps cette sensation va, peu à peu, s’estomper et laisser place à une autre forme de vie.


Il en restera toujours cette autre question, celle de savoir pourquoi lui Antoine ? Lui qui était promis à une vie pleine d’amour,  pleine de générosité ?
Pourquoi lui ? 
Et, qu’est-ce que pourrait bien nous faire le fait de savoir que tant d’autres avant  se sont trouvés dans la situation semblable et que tant d’autres après lui, hélas...


Non, cette chaîne de la communion, à un tel degré de  consciences entre les êtres humains, ne se reconstitue pas  automatiquement de façon aussi universelle.
Elle ne vient pas avec la connaissance de la Vie  et du monde.
Elle ne concerne  que quelques uns, les plus en lien sensible, préalable.
Ce lien s’appelle bien entendu amour.


Nous les chrétiens, nous croyons que le Christ qui a révélé l’amour parfait de son Père, a déjà pris sur lui toutes les souffrances.
Et à ce titre,  Il nous met en lien spirituel les uns avec les autres. Est-ce pour autant automatique que nous soyons dans un tel amour ?
Et,  déjà, est-ce plus facile ?  Certes, non ! Mais une telle foi nous invite à entrer dans une espérance partagée, celle d’une Vie plus forte que la mort : toute vie contre toute mort, espérance partagée avec tous.      


Antoine,
Nous avançons en tâtonnant, nous avançons en nous accrochant aux moindre signe d’espérance. Signe de la vie, vie  plus forte que la mort.


Nous avançons, chacun avec  sa propre  manière de se  projeter dans l’existence.
Nous avançons à l’aide de ce que nous trouvons sous la main, dans la tête, dans le coeur. 
Avec les mots et les gestes, comme ici aussi.
Certes, c’est si peu face au mystère de la Vie  que tu connais maintenant.
Et pourtant, c’est au travers tout cela que nous essayons d’être vrai dans l’amour pour toi.  

 

2012/05/25 - Homélie - Funérailles de Murielle

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 19 juin 2012 11:20

Les lectures que nous venons d’entendre peuvent être considérées comme un fond sur lequel peut se re-poser notre parole au sujet de Murielle, de nous-même et en relation avec elle.


Une parole pour une autre parole ou plutôt une parole qui est capable d’autre parole. Les deux sont à considérer comme des paroles de Vie.


De quelle vie parlons-nous alors ?
-De la vie de Murielle, de toute sa vie, marquée par le handicap dont le caractère  contraignant dans le mouvement, mais aussi dans une certaine mesure dans l’épanouissement  plénier de son existence,  n’échappait à personne.
-De la vie de Dieu dans sa vie, cette autre vie dont elle présentait  la présence, lui permettant  d’élargir l’horizon  de sa vie aux dimensions  de cette autre Vie.


Une vie qui vient féconder une autre vie. Dans ce genre de rencontre, si intime, souvent à peine consciente et lisible seulement après coup, on aperçoit la  manière bien particulière  dont Dieu semble agir. Il se joue de nos canons de beauté, de réussite...  Si souvent il intervient de façon dissonante avec  les harmoniques  de nos gammes de la Vie que nous  nous sommes écrites, ou que les autres ont écrit pour nous. Il trame sa propre gamme d’harmoniques auxquelles nous n’étions pas franchement habitués, ceci de part notre nature humaine, de  part notre culture et sensibilité si bien terrestres


Ce Dieu se déclare vouloir le bonheur de tous et de chacun.  Pas comme un impératif ‘Soyez heureux’, car ceci n’est pas de l’Evangile, mais sous forme d’un constat ‘heureux’ ou plus exactement ‘bienheureux’. Car ça c’est de l’Evangile qui veut dire Bonne Nouvelle.
Mais, lorsque nous constatons  ce désir de Dieu de nous connaître heureux, en quoi est-elle une nouvelle, et de plus est bonne? Bonne et  Nouvelle : les deux vont bien ensemble. Certes, pour qu’elle soit bonne il faut  d’abord qu’elle soit une nouvelle.


Pour nous les chrétiens c’est une Nouvelle de Vie qui va par delà la mort : la foi en la Résurrection  le résume de façon toute aussi certaine qu’imprécise : certaine, car c’est la foi de l’Eglise qui contient le noyau dur de l’espérance chrétienne. ; imprécise, car tant qu’elle est seulement déclarative, elle ne dit pas grande chose, elle ne dit pas tous les effets dans la vie quotidienne.  




Murielle, par  sa vie, ses combats, son optimisme à toute épreuve, ses coup de gueule aussi était, comme forcée, entraînée de par son handicap sur le terrain où le grandes idées cèdent immédiatement place à la traduction concrète dans son existence. Et assurément, c’est aussi immédiatement que son espérance   prenait corps dans la joie, dans les éclats de rires, dans l’humour parfois décapant. Car, lorsque l’on est marqué par un signe particulier, comme Murielle l’a été, l’on sait qu’il n’y a pas de temps à perdre. Et que  tous ‘les clubs méds’  d’atermoiement hédoniste devant l’essentiel de la vie   n’ont aucune autre valeur  que celle de dire aux autres : attention, ne vous perdez pas dans les choses inutiles. En effet, le repos  n’est qu’un  intervalle entre deux périodes  de la participation active à l’oeuvre commune de l’humanité.    


Murielle !


Le festin sur la montagne dont parle l’Apocalypse est prêt pour vous, comme pour bien d’autres qui vous y ont précédé, comme pour chacun de nous, si nous le voulons bien !
Car, de fait c’est là que se trouve  ‘la demeure de Dieu avec les hommes,... ce Dieu qui essuiera toute larme de leurs yeux.... car la première création aura disparu’


Murielle !

 

Vous disparaissez  à nos yeux, vous disparaissez avec ce que vous étiez de la première création, pour nous entraîner  vers la seconde, dont les prémices se font ressentir dans toute vie. Ainsi soit-il! Amen ! 

2012/02/16 - Homélie - Funérailles de Pierre Lechatelier

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 3 avril 2012 10:53

Si autre chose que la vie ici-bas existe, quel lien entre les deux ? Le Lien d’espérance ! Comment ce lien là rejaillit sur la vie d’ici bas ? Par le ‘réconfort’ en connaissance de cause (cf 1th4, 13...) Donc un réconfort bien plus profond que celui que notre humanité naturellement peut générer. Entre le naturel de l’humanité et le surnaturel de la foi, point d’opposition, juste un prolongement de perspective : les 3D de notre existence sur terre sont ‘relativisés’ par les 3 D de notre vie spirituelle : FOI, CHARITE, ESPERANCE.

 

L’évangile (Mt25) parle de la charité que le chrétien exerce au nom de la foi en Dieu et dans l’Espérance de la résurrection du Christ et donc de la nôtre.

 

Pierre était de ceux-là, de ceux qui non seulement soupiraient vers l’éternité bienheureuse, mais qui dans ce soupir mettaient toute leur énergie pour être frère en Jésus-Christ de ceux qu’ils rencontraient sur les routes de leur vie.

 

Avec le psalmiste (Ps33) rendons donc grâce à Dieu qui nous conduit sur le lieu de la connaissance, lieu que seulement le vrai amour peut accueillir, porter, voir même supporter. Et dans tout ceci élever vers le ciel cette vie qui ne demande que d’être bien sur terre.

 

2012/02/06 - Homélie - Funérailles d'Yves

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 3 avril 2012 10:51

Les lectures choisies par Véronique, Céline et Nicolas, indiquent le chemin, l’espace même, de ce que nous pouvons appeler une méditation sur la vie, sur la mort, sur la vie de Yves, sur sa foi, ses espérances et sur notre foi et nos espérances.

 

Ces lectures nous parlent de Jésus, mort et ressuscité ; ce Jésus devant lequel nous nous sommes déjà mis dès le début de la célébration en chantant : Jésus, me voici devant Toi, tout simplement dans le silence...

 

Ce Jésus qui parle à la foule : « Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6)

 

Pourquoi ce Jésus est-il aussi important ? Lui, ressuscité le troisième jour par le Père, nous promet à son tour de nous faire ressusciter, donc au dernier jour nous serons ressuscités par le Fils.

 

Et dans nos vies, ne sommes-nous pas ramenés à la vie, ressuscités ? Mais par quoi, par qui ? Sinon par l’espérance que nous disons les uns aux autres : tu vivras.

 

Nous le disons parce que les uns et les autres nous sommes ouverts à cette espérance-là, celle qui ne trompe pas. Mais comment savoir qu’elle ne trompe-t-elle pas ? Cette espérance là permet de passer du pourquoi d’hier au pour quoi de demain.

 

Dans le pourquoi d’hier s’exprime le mystère du mal superposé de façon si troublante sur le mystère de l’amour, au point qu’aujourd’hui rien ne peut les séparer. Que l’un s’engouffre dans l’autre au point de ne pas pouvoir - et ceci malgré toutes les puissances d’amour - d’arrêter le mal faire son oeuvre.

 

Le pourquoi d’hier, dans l’espérance de la vie plus forte que la mort, et telle est la volonté du Père des cieux, cède, cédera peu à peu la place au pour quoi faire ? Si les pourquoi porte sur Yves le pour quoi faire portent sur nous. Comment dans une telle nouvelle vie chercher la source de toute vie, la source de tout amour ? Pour nous les chrétiens, cette source est en Dieu le Père de Jésus

 

Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage’ (Ps33)

 

Le pour quoi faire y trouve déjà sa réponse la plus profonde, regarder dans cette direction c’est donc important. Mais un tel regard ne peut malgré tout oublier le trouble au visage d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Un tel regard, accueille, porte en lui, porte avec lui, porte en lui tout le trouble au visage, il le porte avec une telle attente, telle confiance aussi que tout y est déposé dans ce regard, y compris le trouble au visage.

 

Une de conséquences d’une telle attitude est la nouvelle fraternité, ou plutôt la fraternité renouvelée, dans cette paix que la confiance inspire et que nous allons échanger au cours de cette messe juste avant de communier, en affirmant que ce Jésus qui accueilli tous ceux que le Père lui-même a donné, ce Jésus est le véritable pain de vie.

 

2012/03/12 - Homélie - Funérailles de Christian

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 23 mars 2012 09:18

Les lectures de Sagesse (2,23 ; 3, 1-6.9) du psaume 22 et l’Evangile de Jean (11, 32-45) sont comme trois points d’appuis pour notre réflexion, notre méditation sur la vie. La première chose que nous constatons,  c’est ce que nous sommes. Etre en tant qu’être humain ce n’est pas comme un objet qui se trouve ici  ou là. C’est convoquer toute  la potentialité de ce que nous pouvons être en plénitude. Chacun se retrouvera. Pour nous les chrétiens cette potentialité se trouve dans le fait que nous sommes créés, et qui  plus est, à la ressemblance de Dieu et donc pour la vie dans l’amour. 

Christian,  son absence si douloureusement ressentie par nous tous et en particuliers par ses plus proches qui sont dans un deuil profond, nous  met devant tout ce que nous aurions voulu lui dire, échanger pour compléter à ce qui nous semble manquer pour avoir le sentiment d’une vie accomplie.

Mais aujourd’hui où est la vie ? Celle de Christian, siphonnée en quelques mois, vidée de son récipient  qui la contenait, dans lequel elle s’est logée, blottie, configurée. Elle n’est plus dans ce corps qui est là. Osons l’affirmer, elle est dans l’amour, le nôtre et celui de Dieu.
Certes, parfois l’espérance de l’immortalité  retient  le désespoir, mais parfois aussi recueille l’espoir et lui donne corps vivant de tant d’accomplissements à venir.

Le livre de la Sagesse, le psaume et Marthe, la soeur de Lazare dans l’évangile, montre comment pour une telle espérance la confiance dans le Seigneur  peut  en constituer l’agent actif et efficace, surtout lorsque la confiance en la vie est fortement ébranlée.

Dans l’Evangile  Jésus se présente comme une sorte de ‘pompier d’éternité’.

Il agit en faveur de la vie à partir de  ce qu’il trouve  autour de lui, sur terre. Grande est son émotion, il pleure comme rarement, toute son humanité ressort et à travers les pleurs de ce Jésus pleinement homme et Dieu en même temps, on assiste à une sorte d’anoblissement de la condition sensible, des humains qui pas tant noient leur chagrin dans les larmes, mais à  travers elles, expriment et la lourdeur de la vie et le désir de la combler par des relations affectives durables.

Confiante est aussi son attitude à l’égard de son Père. ‘Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé’. I le remercie  d’avoir réalisé ce qu’il désirait pour Lazare. Oui, vous qui êtes  dans ce service en tant que pompiers, la vie vous est tellement importante que vous êtes dans une attitude de gratitude pour la vie, déjà la votre et celle que vous êtes en train de secourir.

Etonnant est aussi le dialogue  avec Marthe, la soeur de Lazare : ‘Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’.  Qu’est-ce que ces paroles de Jésus peuvent nous dire  aujourd’hui ? A nous cette foule qui est là au tombeau du Lazare d’aujourd’hui. Peut-il dire comme à Lazare, ‘Christian, reçois la vie’ et nous pourrons alors nous  entendre dire : Délions Christian de ce qui nous  empêche  de le reconnaître vivant et dans le bonheur et laissons-le aller là où il doit être, auprès de Dieu. Et nous, nous aurons à réapprendre à vivre dans la foi en la vie plus forte que la mort.     

2010/12/23 - Homélie - Funérailles d'Alain

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 23 décembre 2010 09:03

Lect. Col. 1,12_20,  Lc 23

 


On meurt toujours seul. La mort nous est tellement intime qu’elle ne peut être partagée avec personne. C’est notre véritable compagne avec qui la relation est inséparable. Et comme si cela   ne suffisait pas, souvent  on meurt dans l’hostilité ambiante. C’est ce que met en évidence le passage de l’Evangile qui présente les derniers instants de la vie du Christ déjà crucifié.   Comme si tant et tant d’outrages  supportés dans sa vie ne suffisaient pas ?
Tout le monde s’y met : y compris l’un des deux condamnés avec Lui. Qu’est-ce qui a fait réagir différemment l’autre communément appelé le bon larron ? Toujours est-il qu’il est le seul dans ce monde dur à l’extrême à sortir du cercle infernal. Qu’est-ce qui donne cette capacité à s’opposer aux forces d’enfermement funeste ?

 

Oui, nous croyons que la vraie vie est dans cette attitude de réaction contre les forces du mal. Nous savons que le Christ qui a déjà vaincu la mort est plus fort que les puissances de la mort. Ces puissances de la mort qui sont cependant en nous, car notre vie en est imprégnée jusqu’à « la moelle osseuse », font leur oeuvre, alors que la société moderne consentie à beaucoup d’efforts sur le plan de la résistance physique et médicalement assistée. Sur le plan spirituel la réponse revient à chacun dans sa propre intimité.

 

Mais tant que nous n’avons pas lutté « à mort » nous n’avons pas encore vraiment vécu, juste préparés à le vivre ce qui est déjà beaucoup. Le  ‘versé le sang’, la vraie vie est à ce prix-là. Entreprendre un immense chantier consistant à  être  arraché au pouvoir des ténèbres pour restaurer la dignité de l’Enfant de Dieu s’avère une tache impossible lorsque l’on pense pouvoir mener ce combat tout seul.   Mais personne d’autre que soi-même ne sait ce que cela veut dire. Cela appartient à l’intime de l’être humain, et le croyant partage cette intimité avec le Christ seul. Nous pouvons seulement parfois deviner avec l’infini respect les contours d’une telle expérience. En les faisant de la sorte, nous entrons alors sur le chemin de  la lumière, car selon l’apôtre Paul  nous sommes « rendus capables d’avoir part, à l’héritage du peuple saint »

 

Alain,  tout au long de son existence sur terre, était amené à livrer son combat propre à lui. Puisqu’il ‘saignait’, puisqu’il connaissait le prix de la vraie vie, nous savons dans la foi, qu’il est reconnu  par Dieu comme son Enfant en qui il mettait son espoir.

 

Pour présenter sa vie à un tel Dieu nous pouvons avec lui rependre ces paroles de confiance : ‘Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa Parole ‘. Ce qui de son vivant était pour une grande part de l’ordre de l’espérance, n’est maintenant que réalité. Par sa mort, aujourd’hui  Alain nous ouvre à la Vie. 

 

2010/09/14 - Homélie - Funérailles de Denis

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mardi 14 septembre 2010 08:38

Nous sommes tristes, révoltés, abasourdis, inquiets, tellement son départ qui se pose comme une rupture majeure dans nos vies provoque des secousses dans notre existence.
Je pense en particuliers, à vous ses parents, vous son frère et à votre famille, vous les membres proches ou éloignés de sa famille, et quoi dire en pensant à vous les amis et collègues du travail  avec qui il a partageait tant?
Avec des nombreux paroissiens et amis, dans ce mélange d'expérience, de conviction et d'espérance, nous sommes ici après avoir entendu les lectures des extraits de la Bible qui pour nous les chrétiens constituent la référence et la source à laquelle nous puisons  ce qui nous semble le plus important pour notre vie : paroles d'amour, de vérité et donc de vie, paroles de bonheur. 
Ce bonheur si durement mis à l'épreuve par la disparition de Denis, bonheur que nous cherchons tant avec les moyens que nous nous donnons et que les autres nous permettent d'entrevoir  et d'y tendre.

 

Oui, je sais que l'amour fait passer de la mort à la vie, comme nous le rappelle la première lecture (1Jn3,14-16-20), mais aujourd'hui, au cœur même de cette conviction-là,  Des profondeurs je crie vers toi ! (Ps 50)
Oui, je sais où se trouve le vrai bonheur, comme l'indique l'évangile (Mt 5, 1-12) avec l'énumération de différentes situations pour dire heureux voire même bienheureux, mais aujourd'hui même ce bonheur-là prend forme de malheur qui s'abat sur ma vie.
Oui, je sais qu'aujourd'hui avec Denis je suis sur le seuil de ma Vie, car l'amour vrai m'y entraîne malgré moi !

 

Désormais il y a un avant et un après !

 

Un avant, de son vivant de ses 40 ans, de sa vie aux côtés de nos vies, où il partageait les joies et les peines en alimentant le réseau d'amour et d'amitié, de proximité qui dit l'attention à l'autre.
Un avant où il enveloppait d'un manteau de tristesse invisible cette lutte pour la justice.

 

Un après et dès aujourd'hui, où nous participons à cette tristesse, qui ainsi, par sa mort, fut rendue si visible.

 

Oui, je sais que parce que nous aimons nos frères, nous passons de la mort à la vie.
Quel est cet amour qui pour faire passer les autres de la mort à la vie, parfois nous fait tomber nous-mêmes dans la mort de la sorte ?

 

Dans la foi chrétienne nous essayons d'apprendre comment le Christ a donné par amour sa vie pour tous.
Comment l'a-t-il exprimé ? De façon parfaite, car dans la liberté souveraine dont lui seul, grâce à la puissance divine qu'il y avait en lui, tout en le faisant dans le corps d'un homme, a été capable.
Lui qui a fait passer tous ceux qui par amour étaient présents auprès des autres ; mais qui ne  voudraient pas être dans un amour vrai pour accomplir pleinement sa vie ?
C'est à cet amour divin que nous le confions aujourd'hui en gardant  la mémoire d'un homme qui voulait couvrir d'un manteau d'amour et de justice tous ceux que la vie lui a donné de côtoyer.

 

Denis !
Heureux les pauvres de cœur, le royaume de cieux est à vous !
Cette maladie d'amour ne peut guérir qu'avec amour ! Denis reposez en paix et que notre vie soit plus forte grâce à vous et parfois à défaut d'être plus forte qu'elle soit plus pleine de bonheur dans l'amour et la justice pour les autres.    

2010/01/13 - Homélie - Funérailles de Gilberte

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 13 janvier 2010 08:45

La célébration d’aujourd’hui, alimentée par les lectures (Is 25 festin sur la montage et Jn 11 sur la résurrection de Lazare) que vous avez choisies, peut se résumer par ces quatre mots : la vie bien entendue, mais aussi son contraire qu’est la mort, puis le festin et enfin ce mot qui revient constamment depuis le début qu’est l’Espérance.  Qu’est-ce qu’il y a de plus ordinaire qu’un repas autour d’une table ? Un festin, c’est pour manger, pour la convivialité, pour le dévoilement aussi, dévoilement de deuil et de tristesse afin que ceux-ci soient transformés en joie et fête.  Un tel dévoilement ne pourra se faire que dans l’ambiance de confiance absolue, de convivialité des convives qui sont ensemble et en toute vérité. Ce dévoilement ne pourra se faire que dans une telle vérité, à savoir celle de l’amour, car la vérité dans l’amour est la seule qui vaille d’être vécue et donc dévoilée et accueillie. Suis-je de cette table là, ai-je envie  d’y être ?

 

Et l’Evangile sur Lazare, sur l’amitié ; pourquoi Jésus n’en a-t-il pas fait plus, n’est-ce que pour montrer par l’exemple que croire en la vie éternelle c’est croire à la victoire de la vie sur la mort. Et que croire ainsi est vraiment le propre de la foi chrétienne, croire dans l’incroyable. Si cela allait de soi il y aurait déjà eu de bien nombreux croyants. Jésus demande de délier le mort et le laisser aller. De quel masque de la mort avons-nous besoin d’être déliés pour pouvoir aller en toute paix et dans la liberté véritable ? La paix et la liberté véritable ne sont pas forcement le lot de nos vies d’aujourd’hui. Quand la souffrance traverse le corps et transperce le cœur, nous pouvons accueillir cette liberté et cette paix- là, comme une invitation à continuer le chemin dans la confiance renouvelée.

 

2009/11/12 - Homélie - Funérailles de Bernard

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 12 novembre 2009 07:35

Bernard !

 

Aujourd’hui dans cette église se trouvent tous ceux qui ont pu venir pour être là à cause de Vous. J’imagine les allées et venus rue St Jaques dans votre magasin tenu avec Jeanine. Vous les accueilliez et ils repartaient. Avec quoi repartaient-ils ? Pas seulement avec de la nourriture achetée, mais également avec votre disponibilité à les accueillir, avec votre gentillesse et générosité de votre présence. Ils repartaient avec quelque chose de gratuit, quelque chose que l’on n’achète nulle part, qui ne se décrète par aucune ordonnance. Ils repartaient avec ce que vous aviez de meilleurs. Où vous le trouviez, ce meilleur de vous-mêmes ? Quand on accueille comme vous le faisiez il faut savoir se laisser accueillir. Vous veniez donc dans cette église ou à St François pour vous ressourcer. Et aujourd’hui ils sont ici, très nombreux pour se restaurer auprès de vous. Quand on accueille, il faut aussi savoir se laisser accueillir.     

2009/09/17 - Homélie - Funérailles de Mr Malgazou

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 17 septembre 2009 17:25

Choquante est la mort, choquante est la souffrance, choquantes aussi peuvent paraître les paroles chantées à l’instant avant la proclamation de l’Evangile et celles de l’Evangile même : comment en effet chanter Alléluia et comment entendre Heureux... !?  Si nous sommes si nombreux ici dans cette église cela prouve à quel point nous sommes nombreux à être touchés par son départ à lui , Michel , et choquante serait alors notre attitude si nous restions figés en étant choqués par ce qui lui est arrivé. Car en effet, nous sommes toujours très touchés par le départ de nos proches, cela provoque tant de troubles de vision, de raisonnement, de sentiments où  l'inacceptable se heurte à l'évidence. La réalité de la mort s’impose, mais elle nous interpelle. Pour nous chrétiens,  elle est un passage, douloureux car la foi n’enlève pas la  cruauté de la séparation, mais la foi la transcende, la replace sur un autre terrain,  celui de l’espérance. L'espérance en la vie éternelle qui fonde la vie du chrétien et ne cesse de l'alimenter au travers de la résurrection de Jésus Christ sauveur.

 

Comment comprendre ces paroles de st St Paul : « la mort ... engloutie dans la victoire », sinon à la lumière d’une telle espérance ? Quelle est donc cette victoire, pour qu’elle engloutisse la mort ? La victoire est certainement supérieure à la mort, car sinon, elle n’aurait pas pu engloutir la mort.

 

Pour continuer cette réflexion je me réfère à son métier, à lui , Michel. En bon jardiner paysagiste qu’il était, il savait que la beauté des fleurs et des plantes dépendait en très grande partie du terreau dans lequel ils étaient plantés. La mort, la souffrance, tout ce qui est hideux, pas beau, devient le lieu  de vie lorsque ceci est enfoui, englouti par ce qui devait apparaître comme vie. Et c'est dans une telle vie que le beau est aussi bon, et nous les chrétiens nous nous efforçons de ne jamais séparer le beau du bon, L’un va vers l’autre, mais parfois le chemin qui y mène est long et sinueux. Comprenons-nous bien, le beau n’est pas là pour maquiller la mort ni apporter quelques soins palliatifs à la souffrance qui la précède et  / ou lui succède.  La souffrance résulte de la mémoire de quelque chose qui était harmonieux et bon, mais qui ne l’est plus lorsque celle-ci se manifeste. Mais c’est sur ce terreau que peut s’enraciner la vraie vie.

 

Les souvenirs multiples de Michel, telles  les images que chacun de vous garde en mémoire et dont parlait le frère Gabriel, son cousin, concourent à retrouver en lui cette image parfaite que Dieu met en chacun de nous. C’est notre foi, à nous les chrétiens, et ceux qui ne partagent pas cette même espérance qu’ils se sentent entièrement libres dans leur façon d’accueillir Michel dans leur mémoire. Nous, les chrétiens portons dans notre façon d’être la leur sans pour autant l’abîmer ou amoindrir dans ce qu’elle est comme expression de leur lien avec Michel et par lui avec l’humanité entière. Car ce qui nous est  commun, aux croyants et ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce qu’ils pensent percevoir chez les premiers, c’est notre condition humaine commune et les circonstances, comme celle d’aujourd’hui sont le lieu même de fraternité. Nous chrétiens,  nous la portons, cette fraternité, comme étant l'expression de l’espérance et le constat même du bien fondé d’une telle espérance, alors même que la mort est engloutie dans la victoire. Car par une telle fraternité, il  y a de la victoire.

 

Il y a de la victoire dans sa vie par le travail accompli par lui et par tous ceux qui étaient en lien avec lui. Cette victoire, aujourd’hui prend forme de méditation et, forcement, de tristesse aussi, mais médiation aussi parce que, même dans la tristesse, celle-ci  apporte  du fruit avec les yeux qui parlent avec des larmes et le coeur qui parle avec des yeux. 

 

« Heureux les artisans de paix »  Heureux qui, les artisans !  Etre artisan de la paix, c’est la susciter là même où elle a du mal à s’établir, c’est la soutenir là où elle est faible, Quelle paix, pour nous les chrétiens c’est la paix de Dieu en Jésus Christ ! Cette paix-là est la source de tant d’autres paix dont certains, sans être vraiment apaisant, apportent au coeur même de la responsabilité devant la vie, devant les autres, devant soi-même la sérénité que rien ne pourra ravir. Heureux qui reçoit une telle paix, car c’est dans la plénitude de   la vie de Dieu qu' il la reçoit. Heureux aujourd’hui et pour l’éternité Michel que nous confions à une telle paix.                    

2009/07/30 - Méditation personnelle - Funérailles

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le jeudi 30 juillet 2009 08:18

L’homme prime sur la fonction ; la liberté intérieure rejaillit sur le comportement.
La vie des justes est dans la main de Dieu. Qui est juste, par lui-même ? Personne !
Qui peut être rendu juste parce qu’ajusté par Dieu à sa justice divine ? Tout et chacun !

 

Toutes les nations seront rassemblées devant Lui ! Ce n’est pas une vaine promesse ?
Non, pour celui qui cherche le Seigneur, car Il répond, Il entend et Il délivre et donc ajuste !

 

Pour que cela se fasse et devienne effectif un simple « oui » suffit !
Il vaut tous les bons soupirs de toute la vie qui était et qui n’est plus  !

 

2009/02/12 - Homélie - Funérailles de Bernard

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 12 février 2009 09:02

Bernard a livré un combat acharné.

Nous sommes tellement liés les uns aux autres,
Que sans eux nous ne pourrions pas naître, ni vivre, ni même mourir.

Bernard en était un exemple d'exception.

Nous sommes tellement liés les uns aux autres
Qu'il nous faut des liens d'amour pour pouvoir  rompre avec la vie sur  terre.
Afin que cette vie-ci n'y soit plus dans sa quotidienne minutie.

Tant que les liens d'amour  ne sont pas reconstitués en totalité
Il nous est impossible de partir librement ! C'est la loi de la gravité de l'Amour.
Et qui a le droit de nous en priver ?  personne, ni dans notre vie, ni dans notre mort.

Bernard a livré un combat acharné.

Comment ses liens peuvent-ils donc l'être ? Comment reconstituer ces liens d'amour ?

Par les impulsions des pardons provenant des tréfonds de la terre en écho des tréfonds des cieux remués aux entrailles et qui parcourent toutes les liaisons entre les uns et les autres.
Et en les parcourant, ces impulsions réparent les liaisons pour en faire des liens indélébiles d'un amour que plus rien ne pourra faire chavirer et qui ne se trompe pas sur sa destinée. Amour qui ne se dérobe pas  à la souffrance - son contraire - qui lui est en même temps si victorieusement semblable.

Une fois tous ses liens réparés, la vie de celui qui s'en va est préparée.
Préparée à partir et dans un au-delà, vu d'ici,  prêt à s'accomplir.

Bernard a livré un combat acharné.

Et aujourd'hui nous entendons dans nos corps sa rage de vivre.
Sa rage de vivre et notre incapacité à le suivre
Car tout en étant si liés les uns aux autres
C'est dans ce relâchement que la totalité de sa vie, à lui, Bernard - accomplie par la mort -nous est imposée.
C'est dans ce relâchement imposé que  nous nous trouvons bien seuls pour le vivre.

Bernard a livré un combat acharné.

A notre tour, dépêchons-nous de réparer les liens qui n'attendent que nous faire vivre !
Et si ce rêve devenait une réalité qui s'en plaindrait ?
Certainement pas celui qui, jusqu'à la rage, a envie de vivre.
Ces paroles d'espérance, qui pourra, qui voudra, qui osera  - dans la tranquillité de son âme sans trouble au visage -  les suivre ?
Personne, sans confiance partagée, personne sans être à son tour mal mené.   

                                                  *

Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure. Comment ne pas la trouver dès maintenant puisque nous sommes déjà  dans une maison remplie du désir de si bien vivre ? ! 

2009/01/19 - Homélie - Funérailles de Christophe

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 19 janvier 2009 12:17

Toute célébration en Eglise  est une célébration de la vie. Les circonstances de notre rencontre dans cette église, nous font, nous ses proches,  amis, voisins, collègues du travail, paroissiens, méditer sur la vie, notre vie, à partir de sa vie, à lui, Christophe. Les lectures que vous avez choisies (1 Jn 4, 7-10 " tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu ", psaume 33 " garde mon âme dans la paix, près de toi, Seigneur " et l'évangile Mt 11, 25-28 "  ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout- petits et " Venez à moi, vous, tous  qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos "), nous font aborder la vie du point de vue de la foi, mais plongée totalement dans la réalité humaine avec ses joies et ses peines, ses grandeurs et ses limites.

1. Qui ne peine pas ?

" Vous tous qui peinez ", mais qui ne peine pas ? Cependant,  il y en a qui peinent plus que d'autres. Et à contrario, qui ne désire pas être heureux ? Mais il n'y en a pas qui le désirent moins fortement et donc moins bien  que d'autres. Car chacun désire le mieux possible.  Tout comme chacun ressent le poids du jour, de la vie, de sa vie, et ceux qui -supposons-le- ne ressentent jamais rien de pénible, de lourd, de mal n'ont pas encore commencé à vivre vraiment. Tout être vivant tend vers son épanouissement propre, son accomplissement et cela passe par des crises (en grec le mot " crise " signifie " changement ") dont certaines prennent une allure dramatique.

2. De quoi est remplie notre vie?

De notre corps avec ses besoins et ses désirs, de notre conscience avec ses clartés et ses opacités voire ses aspérités, d'un espace à la maison, au travail, dans la rue, au bord de l'eau pour la pêche, d'un peu de temps à passer tout seul ou avec d'autres. Mais tout cela pourquoi faire ? Il n'y a pas de vie sans vie partagée et elle l'est de façon différente au travail qu'en famille, entre amis que dans une foule.  " Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu "

3. Qu'est-ce qui se révèle dans une vie remplie ?

" Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits ".  Voilà la révélation aux tout-petits. Petits sont ceux qui osent dire qu'ils ont besoin des autres pour exister. Mais leur besoin des autres ne peut pas être utilitariste, c'est à dire vouloir utiliser l'autre comme un moyen pour réaliser mes propres fins, sans me soucier de ce qu'il est et donc sans respecter sa dignité, dignité d'une personne humaine. Ce besoin n'est qu'un élan de la vie, vers une autre vie, élan qui ne parvient à sa fin que dans le respect mutuel. Et l'apprentissage de ce respect est à mettre au centre de toute vie.

Les circonstances d'aujourd'hui nous font plonger dans la méditation sur les difficultés de bien voir ce centre, ce respect. Une telle vie qui n'est que pour aimer et qui, par  ses propres fragilités, révèle celle des autres. Et aujourd'hui, nous sommes amenés à la constater, cette fragilité du  système de travail et d'organisation de la société, dont nous faisons partie.

***

Maintenant, confions Christophe  à Dieu et son amour miséricordieux, ce Dieu, qui, en son Fils, Jésus Christ, révèle sa puissance divine de pouvoir  susciter la vie au cœur même de la fragilité qui est un signe parmi d'autre de notre vie sur terre.   

2008/09/20 - Homélie en mémoire de Jean

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le samedi 20 septembre 2008 09:00

La vie nous submerge avec ses émotions et avec ses mémoires. La vie, comme les vagues de la mer va et vient, en multipliant les émotions et en superposant les mémoires, en y déposant des couches successives pêle-mêle et en les déplaçant au grès de courants chauds et des courants froids de la vie. C'est dans cette vie là que nous accueillons aujourd'hui même la mémoire (les mémoires, devrais-je dire) de Jean et par cette mémoire, ces mémoires, sa vie.

C'est dans cette vie là, la nôtre, que l'émotion remplit le réceptacle de notre sensibilité.

Présenter sa vie, vous l'avez fait, ou vous le ferez encore. Il m'appartient, au nom de la foi chrétienne et donc dans le respect du mystère de la vie de la présenter avec vous à Dieu, à notre mémoire, aux deux, chacun s'y retrouvera.

L'évangile que vous avez choisi,  fait référence à une disposition bien particulière qui est demandée  au chrétien : être au service des autres, " en tenue de service ". Cette attitude de service n'est pas réservée aux seuls chrétiens. Elle peut être vécue à de degrés divers par les autres qui sont attentifs  à ce que leur cœur humain normalement constitué leur dit de faire.

Pour le chrétien cette attitude de service n'est pas une simple expression d'un cœur humain bien constitué. Elle est une nécessité, j'ose dire divinement fondée, nécessité heureuse, d'ailleurs, qui s'en plaindra ? Certainement pas Dieu puisqu'il l'a voulu en donnant l'exemple en Jésus-Christ son Fils. Et encore moins le prochain qui en est le premier et direct bénéficiaire ! Or elle est une nécessité qui peut peser lourd sur les épaules du serviteur ! Pourquoi ? Parce que, tout en sachant ou devinant ou présentant la grandeur de l'appel à être serviteur, il est en même temps conscient de la lourdeur de la tâche à accomplir.

Quelle est la première qualité de serviteur ? Etre prêt ! C'est donc une attitude avant même d'être une action. Mais une attitude qui ne s'exprime jamais… l'on pourrait se poser des questions sur sa véracité.
Etre prêts à quoi ?  A accueillir le maître.
Qui est ce maître, sinon le maître de la Vie ? C'est lui qui la donne et l'accueille ; Il ne la prend pas, c'est éventuellement nous qui la prenons pour la garder pour nous-mêmes.

C'est le maître de la Vie qui sert lui-même la vie. Qui saurait mieux le faire ? Etonnant retournement, car celui qui normalement (selon la norme humaine) devait être servi, vient servir.

Être prêts à quoi au juste ? A accueillir le Maître de la vie qui veut être au service de nos vies. En d'autres termes, c'est dans la mesure ou nous accueillons la Vie de Dieu, ce Dieu qui est tout autre que nous, car Il n'est pas la somme de quelques sentiments et de quelques savoirs dont nos pouvons disposer  pour nous y situer, c'est donc dans la mesure où nous accueillons cette Vie de Dieu, cette Vie  là, que nous sommes plus à nous mêmes. Plus je suis serviteur au nom du Maître parce que à son image, plus je suis vivant. Et même un bon vivant ! Vivant à la fois dans la confiance en Dieu et en mon prochain que je sers et dans l'espérance que tous ceux qui se sont endormis dans la mort, Dieu, à cause de Jésus (mort et ressuscité) les emmènera avec son Fils.

" Retenez ce que je viens de vous dire et réconfortez-vous les un les autres ". Les paroles de Paul sont d'une étonnante actualité, nous avons besoin de ce double " retenir ", dans notre mémoire et dans nos sentiments,  ce qui est Vie et nous réconforter lorsque les sentiments froids de la séparation font mal et mettent à mal la joie de vivre.   

2008/06/04 - Homélie - Funérailles de Marc

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 juin 2008 16:15

1° La vie, c'est une " chose mystérieuse ", quand la vie est là, nous ne savons pas comment nous y prendre, quand elle n'est plus là,  nous ne savons pas non plus comment pourra en jaillir la vie nouvelle. C'est dans le périssable que se loge et cache l'impérissable. C'est dans l'éternité incorruptible (par le temps qui n'est plus) que sera emportée la vérité d'une vie, fragile et se laissant accueillir par ce qui va durer. Ces deux, ce qui est fragile et ce qui dure ont en commun l'amour de la Vie.

2° Garde mon âme dans la paix près de Toi, Seigneur !
Quel chemin pour rejoindre la vie et ceux qui nous ont donné la vie et leur vie, par delà leur vie ?

3° Près de Toi, où est-ce ?
Au ciel, dans la maison et ici, sur terre es-tu aussi près de moi que là-bas ?
Par delà la mort, Dieu nous attend chez lui et nous en le sachant, nous l'attendons dès ici bas, dans cette vie pour cette vie. Sur terre entre les nôtres et pour le bonheur de tous.

2008/06/02 - Homélie - Funérailles de Madeleine - La vie est un combat.

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 2 juin 2008 16:05

La vie est un combat. Le Livre de la Sagesse (2, 32 ; 3, 1-6, 9) dans le passage lu à l'instant nous dit dans quelles conditions ce combat se déroule pour un croyant.  Tout d'abord un constat: l'homme est créé à l'image… Qui est image de qui ?  L'homme à l'image de Dieu ou Dieu à l'image de l'homme?  Qu'est-ce qui est vrai, comment le savoir, qui peut le dire, comment le constater. Tout en étant conscient du trouble qu'une pareille incertitude peut provoquer, je laisse la question sans réponse.   

La deuxième étape est la suivante : " celui qui ne réfléchit pas s'est imaginé qu'ils étaient morts " Qui ne réfléchit pas ? le croyant ou le non croyant ? Je n'ai jamais vu autant de gens qui réfléchissent que parmi les non croyants. Peut-être parce que c'est la seule possibilité dont ils disposent pour se  situer dans la vérité de la vie ?

Troisième  étape : " Comme un sacrifice offert sans réserve, Il les a accueillis " Qui offre qui,  soi même, les autres, pour sa vie, pour leur vie ?

Quatrième étape : " Il accorde à ses élus  grâce et miséricorde ". Où est la grâce et où est la miséricorde, où est la vie pour les accueillir ?

La vie est un combat, mais il y en a dont on se passerait volontiers,  même si l'on considère qu'ils sont victorieux.

Si le livre de la Sagesse décrit l'environnement du combat que le croyant livre dans la vie, l'Evangile (Lc 8, 22-25)  parle de la relation entre le croyant et le Christ qui vient bouleverser à sa façon ce paysage, cet environnement. Ce passage de l'Evangile est situé après  la parabole du semeur et la discussion sur la vraie famille: qui sont ma mère, mes frères, mes sœurs… (la question de la parenté de Jésus). Vient donc ensuite le passage sur  la tempête apaisée. Jésus leur dit  " passons à l'autre rive "  il y en a une autre ? De quoi est-elle faite ? En tout les cas  nous les humains, nous sommes des riverains de la Vie. En la traversant, nous prenons le risque de périr…

Qui donc est-Il, ce Jésus, à qui obéissent l'eau  et le vent ?

Vos avez devinez, l'eau et le vent, la tempête apaisée c'est la métaphore de nos cœurs ! 

C'est dans cet apaisement que nous confions Madeleine à l'amour de Dieu, à sa présence, nous confions Madeleine et son repos à celui qui l'a créé à son image et sa ressemblance et qui la ressuscitera au Jour Dernier.

2007/11/23 - Homélie - Funérailles de Vanessa

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 23 novembre 2007 15:44

Domont, 10h30

Vanessa,

Nous sommes aujourd’hui dans la maison de Jésus
Nous sommes aujourd’hui dans la maison de Dieu
Nous sommes aujourd’hui pour toi, pour ta maman et ton papa.

Tu mangue beaucoup à ta maman et à ton papa
Tu manque  à tous ceux qui t’ont connus
A la maison, à l’école, dans le quartier, à la paroisse, à l’église, à l’hôpital aussi
Et même à moi, tu me manques, alors que je ne te connaissais pas,
et maintenant j’aurais tellement voulu te connaître.


Tu étais pleine de vie, rien ne semblait pouvoir t’arrêter, tellement tu voulais apprendre, faire, bouger, découvrir…

Rien… ?

Aujourd’hui nous sommes mal, pour toi
Ton papa et ta maman, pour tes grands parents, cousins, tantes, oncles,
 ton parrain et ta marraine.

Aujourd’hui nous sommes mal pour toi pour ceux qui t’ont soigné
Qui ont tout fait pour soulager tes souffrances, pour que tu vives.

Ton sourire, ta joie de vivre, ta confiance en la vie,
Nous n’avons pas réussi à te les faire durer
Nous n’avons par réussi à te faire  protéger, à te protéger
Le voleur de la vie est passé par là,
Le voleur du sourire aussi

Et maintenant, nous ici sur terre, sans toi !

Tu sais Vanessa, les grands voulaient  te protéger de tout cela, mais les grands n’arrivent pas toujours  à faire ce qu’ils voudraient. Si tu avais grandi, tu aurais expérimenté tout cela par toi-même.

 


« Quand tu seras grand tu comprendras » 
qui d’entre nous, enfants ou adultes, n’a pas entendu cela ?

Je ne sais pas si c’est vrai, car même enfant on comprend beaucoup, beaucoup plus  que nous les adultes, nous le pensons parfois.

Ce que je sais, ce que  maintenant tu sais tout. Tu es grande, trop vite, nous n’étions pas préparés à cela, d’ailleurs, qui peut l’être vraiment. Je sais que tu es grande, car je crois que Jésus dont tu as découvert l’amitié, t’accueille aujourd’hui dans sa maison. Lui qui accueille tous ceux qui sont des petits, et non pas les sages et savants, qui pensent savoir tout, avoir la sagesse ultime. Et tu continues à sourire, à rire, à découvrir tellement de choses, avoir des nouveaux amis, à découvrir un autre bonheur, encore plus fort.

Mais cela ne fait pas diminuer  le chagrin de tes parents, cela peut-être peut seulement les aider à vivre avec.

Tes parents et tous les amis de Jésus, nous croyons  à la bonté et la beauté de ce Jésus envoyé par son papa du ciel, Jésus que nous appelons aussi Christ sauveur.

Cependant nous savons que la beauté du Christ sauveur ne nous fera jamais oublier la laideur de son visage défiguré, la laideur de toute souffrance de tout malheur.

C’est parce que nous ne nous décourageons pas à lutter contre toutes ses laideurs-là que la beauté sauvera le monde. Et pour nous les chrétiens, ce salut vient en Christ qui accueille tout cœur brisé, car il se reconnaît dans toutes les souffrances. 

Barbara et Tadeusz, aujourd’hui Le Christ accueille les souffrances qui sont dans vos cœurs brisés, dans les vôtres, aujourd’hui c’est lui qui vous porte, aujourd’hui  nous sommes là, nous voyons cela par les larmes mais dans la foi, pour la vie, pour l’amitié, pour espérer au-delà de ce désarroi.

2007/11/12 - Homélie - Funérailles de Michael

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 12 novembre 2007 15:39


1
Dans la première lecture st Paul  (1co 12) nous parle des dons…
Quel est ce don premier, fondamental,   si non déjà celui de la vie. Vie est un don. Vie de famille, d’amitié, est un don. Vie de travail, de société, est un don, vie de communauté spirituelle est un don. Par dessus tout, Dieu lui-même est un don. « Garde mon âme dans la paix, près de toi Seigneur ». Difficile à dire aujourd’hui. Et, vous Erica, vous avez choisi ce refrain du psaume, c’est justement pour nous inviter à entrer dans cette paix, alors que vous vous êtes touchée en plein cœur vos deux enfants et tous vos proches, et dont nous les trois prêtres nous nous considérons, nous qui vous avons accompagné et célébré votre mariage il y a quelque mois à peine.  Le commandement de Dieu « aimez vous les uns les autres » est aujourd’hui  plus que jamais d’actualité. Michael le réalisait aussi dans son travail en faisant du bon pain pour nourrir les autres.  Se nourrir de bonnes choses et en nourrir les autres, en voici un défi devant lequel nous nous trouvons aujourd’hui, dans note société.    

2
On voulait une société  d’adolescents, pleins de vie, de promesses de vie qui jouiraient de tous les bien de consommation  dont le plus important croyait-on était la liberté débridée.

Et on est en train de basculer dans une société infantile, où les enfants, avec leurs caprices de gosses sans loi ni foi, souvent ni l’un ni l’autre, car normalement les deux vont ensemble et leur absence aussi, où ces enfants-là sont tout autant victimes que les autres qui en subissent les méfaits.

Je ne sais pas comment considérer le drame qui est au coeur de cette célébration, mais il s’inscrit dans cette longue lignée des attitudes abominables qui ont de nom commun ce mot « crime » et qui sont la forme la plus extrême de cette violence qui peut habiter le cœur de l’homme, de tout homme. La société d’adolescents et infantilisée est un terroir particulièrement favorable à l’émergence de telles attitudes.        

3
Sans loi ni foi, à moins que l’on considère  l’immédiateté de réaction dans la réalisation de divers désirs comme une loi et que ne se fier  qu’à ses instincts primaires soit considérée comme l’expression de la foi et ceci à défait d’être l’expression de la confiance en soi et donc fatalement en les autres.

La foi au sens large, au sens  de la confiance en soi, en les autres en la société, en l’avenir commun et au sens spirituel est à comprendre comme une relation de confiance (ce qui est encore autre chose que d’être en confiance avec soi-même), relation de confiance, d’amour, et de paix, de miséricorde…, C’est dans cette relation qu’est reçu le code de comportement qui est un vrai chemin de vie. Vrai, car il y a des chemins qui ne mènent à rien ou plutôt qui  mettent en danger la vie, la sienne et celle d’autrui, alors que celui la tracée sur la vérité de la relation ne peut être que vrai.  

La foi qui est vécue sur ce vrai chemin de vie (de justice, de partage, de paix etc.), cette foi-là conduit nécessairement à la Loi avec un L majuscule. Si la foi, une telle foi y est et la Loi une telle Loi y est aussi et les deux se rencontrent, alors la Loi est guide naturel pour aider à vivre, à grandir et à s’épanouir, une telle Loi dit aussi la possibilité de faire le demi-tour quand les choses sont mal engagées.

4
On  le sait et on le dit parfois, la Paix ne commence jamais  par les autres, mais par soi même. Comment ? Par le fait que le premier signe et  le premier geste qui l’accompagne est la maîtrise de soi.   Et pourtant tant de violence en chacun de nous, tant de violence que l’on a du mal à soumettre à la Loi de la Paix.

Les mauvaises conditions de vie y sont pour beaucoup, les mauvaises conditions dont la société infantilisée en est l’expression. Un enfant gâté, c’est celui qui au demeurant pour la plupart du temps justement n’est pas gâté par la vie, mais qui vit dans des conditions qui ne lui garantissent pas l’épanouissement  harmonieux de sa personnalité souhaitée par tous.

5
Le propre d’un enfant gâté c’est d’être violent de manière incontrôlable. Quand il y en a un sur mille, c’est toujours un drame de trop qui se profile à l’horizon de sa vie et d’autres victimes. Quand il y en a un comme cela et surtout quant nous n’en sommes pas touchés, car pas concernés, il existe mais nous ne le voyons pas. Mais quand  il y en a des dizaines voire centaines par endroit, dans le même périmètre, ceci devient pas seulement un drame pour la société, mais un drame pour chacun de nous, nous qui ne pouvons pas ne pas mesurer les conséquences.

Combien de maîtrise fallait-il déjà et combien il en faudra encore pour vous Erica et pour vos enfants, pour vous les membres de deux familles.

6
Le seul chemin de vie est le chemin de la paix. La vengeance est  si contraire à la nature humaine dans le meilleur de ce qu’elle a, si contraire surtout à l’Esprit de l’Evangile et à Jésus qui a donné sa vie pour sauver y compris de l’esprit de vengeance. Ce sentiment est tout compte fait si humain, au sens de noter réaction. Ce sentiment  qui nous conduit à l’acte de vengeance hormis le fait d’assouvir tant soi peu un tel désir, ne soulage que partiellement et pour peu de temps.

6
Pour que la vie soi vivable, pour que chacun soi respecté et donc protégé, c’est la justice qui va  agir, la justice, non pas la vengeance dont  je sais que votre cœur, Erica,  n’y est pas.   C’est la justice qui est faite par un tiers, par quelqu’un qui n’est pas directement impliqué, ni autant que victime directe ni quelqu’un de son entourage qui s’identifie avec la victime. Pour que la vie soit socialement viable, il faut de la justice sociale, la justice confiée à un tiers, à un tribunal.

7
La justice de Dieu, elle qui transcende, c’est-à-dire dépasse toutes les justices humaines, elle s’exerce  en nous toujours, à une seule mais indispensable condition, à savoir  dans la paix véritable.

8
« Seigneur aide-moi chercher à être dans la paix véritable, où rien ne me trouble, et pourtant tout me rend attentif pour être sensible à tout ce qui se passe au tour de moi et qui m’alerte sur les difficultés des autres et renseigne sur le sens de compassion et de partage. Seigneur, donne moi à demeurer dans ta paix. Je te le demande alors que tout en moi n'est que violence et colère, alors que je suis douleur,  alors que je suis dans la révolte. »              
 

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