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2018/11/01 - Homélie - Toussaint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 26 novembre 2018 15:08

1° La fête de la Toussaint date du 4ème siècle. Elle répond au besoin de commémorer tous les martyrs  ensemble, trop nombreux pour en faire mémoire individuellement un par un au courant de l’année. Au 7ème siècle le pape Boniface IV en prenant le contre-pied de Panthéon dédie une nouvelle église à tous les saints en parachevant ainsi la christianisation de l’ancien Empire romain. En l’an 835 la fête est fixée au 1er novembre. La fête du 2 novembre réaffirme l’espérance en la résurrection pour les fidèles défunts et les chrétiens vivants. 


2° Apocalypse ; révélation, enlever le voile. Style de littérature biblique connu depuis Ezéchiel, Isaïe et surtout Daniel (2ème siècle). Le livre contient visions et oracles. Le visionneur voit le ciel ouvert. Il bénéficie d’une sorte d’assomption. De façon très imagée, il communique les secrets de l’histoire. Il exhorte pour entretenir l’espérance des persécutés, ranimer le courage de tièdes et solliciter la conversion des égarés. 


3° Apocalypse (chap. 7) révèle la réalité de l’Eglise comme peuple de Dieu. Elle est composée de « 144 milles » y compris d’une foule immense. Ce sont les chrétiens issus du judaïsme et du paganisme. Dans la liste de douze tribus, il y a une modification. La tribu de Dan n’est pas mentionnée. Elle était connue comme étant particulièrement infidèle à la loi de Moïse. Elle est remplacée par la tribu de Manassé qui normalement faisait partie de la tribu de Joseph.  Est-ce un parallèle avec Juda, l’un de Douze ? On peut le supposer.  


4° la fête de la Toussaint c’est la fête de l’Eglise. L’Eglise est ce peuple de Dieu, héritier de douze tribus d’Israël, fondée sur les douze apôtres. Dan et Juda, la défaillance dans chaque corps ainsi constitué n’est pas une fatalité. On peut faire un parallèle avec le patrimoine génétique stocké dans le génome de tout être vivant. Grâce au séquençage de celui-ci, on peut identifier la ou les parties défaillantes. Celles qui transmettent les messages contraires au développement et maintien de la vie normale provoquant des déformations ou maladies génétiques. Et qui sont donc à réparer voire remplacer.  


5° Nous avons à veiller tous ensemble à la bonne santé de ce Corps du Christ qu’est le Peuple de Dieu. Les deux termes renvoyant à un imaginaire différent, sont finalement théologiquement équivalents. Nous avons à Le soutenir dans les épreuves, à ranimer les courages de ceux qui y sont tièdes et à solliciter la conversion des égarés. Et souvent ces trois points d’attention peuvent aussi concerner les mêmes personnes.  Nous-mêmes, suivant les circonstances, nous pouvons être tout cela.  


6° Mais, aujourd'hui nous célébrons ensemble la victoire de tant et tant de témoins qui d’une manière ou d’une autre ont déjà lavé leur vêtement dans le sang de l’Agneau. Heureux sont-ils et nous avec.  Amen. 

2014/11/01 - Homélie - Toussaint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 décembre 2014 15:22

Prière de collecte


Seigneur notre Dieu, tu nous donne de célébrer dans une même fête  la sainteté de tous les élus. Dans l’intercession d’une telle multitude, nous reconnaissons ta bienveillance à l’égard de toute la création.  Réponds largement tes grâces sur nous, nous  qui te cherchons avec un coeur de pauvre qui a faim et soif de ta justice.    
« Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles de siècles. AMEN »


Homélie


Nous connaissons tous des saints autour de nous. Et peut-être même certains d’entre nous sont désignés par d’autres comme tels. Evidemment, en le disant, spontanément, nous ne pensons pas à nous même. Et tant mieux, car on ne s’autoproclame saint. C’est seulement à Dieu qu’appartient  de le faire. Et par Dieu cela appartient aussi à l’Eglise. Sauf que l’Eglise, pourra-t-on objecter,  ne voit pas tout, comme Dieu voit. Certes, des saints, des élus de Dieu, il y en a bien plus que le nombre de nom que l’on pourrait trouver dans les registres au Vatican. 


Un saint, quelle est sa carte de visite ?  Sa carte de visite se trouve dans l’évangile d’aujourd’hui.  Ce que l’on a appelle la Charte, les béatitudes qui constituent  la partie majeure du discours-programme de Jésus en début de sa mission.  Selon cette charte, un saint c‘est quelqu’un qui cherche le Royaume de Dieu. Mais qui cherche, sinon celui qui en a envie.   Et celui-là sait que puisqu’il se met à le chercher, il va le trouver, selon le principe que Jésus lui-même le rappelle dans un autre endroit, celui qui cherche trouve. Qu’est-ce qu’il trouve donc ? Il trouve la vision de Dieu, c’est à dire cherche à voir Dieu. Chercher le Royaume de Dieu c’est donc  voir Dieu tel qu’il est et non pas de façon fragmentaire (st Paul) Mais ceci n’est possible qu’après notre vie. Certes, mais nous y avons à nous y préparer de maintenant. Comment peut-on se préparer de maintenant à voir Dieu ? En  devenant le Fils de Dieu. Le baptême le signifie, toute la vie chrétienne le prouve. Toute la vie chrétienne le prouve par l’accomplissement des béatitudes.


Ce sont les coeurs purs qui peuvent voir Dieu (même de façon fragmentaire comme maintenant. Ces coeurs purs sont capables d’être artisans de paix.  Et étant de tels artisant de paix, ils acquière la condition de Fils de Dieu. Pas directement, mais par le Fils, le Christ lui-même.


Dans toute leur vie les saints  connus ou inconnus cherchaient à devenir de tels artisans afin d’acquérir une telle dignité. Mais la paix qu’ils cherchaient ne pouvait être obtenu qu’à deu condition majeures, par la recherche de la justice de Dieu, laquelle passe par la justice sociale et par toute sorte de difficultés, oppositions, voire même persécutions.


Les difficultés sont d’abord et avant tout en eux même. Souvent ils étaient assaillis par des doutes, la peur, mauvaises influences. Ils ne sont pas aller  de bon coeur aux devant des persécutions déclarées mettant leur vie en danger. Ils y sont allaient avec gravité et  en tremblant (comme Marie à l’Annonciation et bien après)


Ces qui étaient pris au piège des persécutions, cherchaient d’abord à y échapper. Mais, pas à tout pris. En tout cas pas tous.
L’abbé Jean Tang en 1951 un mois avant son arrestation  confie à un de ses proche : « c’est fini, j’ai compris que la bataille est perdue »  On pourrait citer les moine de Tybérine, même quelque confrères pallotins allemands, autrichiens,  polonais ou autres durant la deuxième guerre mondiale etc.     


Dans certaines circonstances, quand la force s’oppose à la douceur spirituelle, la sainteté s’exprime par  le refus de faux dialogues, simulacre de concessions etc.


Nous, aujourd’hui. Nous sommes ces saints qui cherchent  à voir Dieu. Nous le sommes,  entre autres, lorsque  nous accueillons ici même, avant ou après la messe (et évidement pendant dans la prière) les uns les autres,  et surtout ceux qui  ne sont pas comme nous,  et que peut-être nous n’avons même pas envie d’aller les voir. Allons-y tout de même mais en  enfant de Dieu et frère et Dieu fera le reste, nous confirmera dans notre désir d’être saint, désire que nous chérissons depuis notre baptême   

2009/11/01, Toussaint - Concert-méditation - Les murs

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le dimanche 1 novembre 2009 16:48

I. Un fait divers

Clara est morte ? Johannes se rend à son enterrement.  Il rate le train, c’est à dire, il le prend dans l’autre sens. Trop tard  pour rebrousser le chemin à temps. Contrarié, furieux, il  finit par tomber malade. Grippe, cancer du foie, non, finalement la conclusion est au cancer du pancréas. Maladie déjà bien avancée, il meut un an plus tard.

Réservé, modeste et complexé, il a quelques amis et beaucoup d’ennemies.  Clara et Robert sans des premiers, un couple d’amis. Lui, Robert, il finira dans un asile, grand musicien,  persécuté par la note  musicale le LA qui s’est bloquée dans sa tête et revient en boucle. Histoire de fous. Elle, Clara, remarquable pianiste.

Johannes Brahms (vous avez deviné) est le dernier représentant d’une tradition musicale qui se meurt. Tradition romantique, celle des tonalités et  des formes classiques. Johannes voudrait être un épigone, le dernier qui ferme la marche. Il rêve de faire de sa vie musicale une grande synthèse crépusculaire. Wagner, Debussy, Stravinski sont déjà là, pas loin.. Et lui, est-il aux aboies ? 

Quand on a raté un train, est-ce synonyme d’aller droit dans le mur ? Et d’ailleurs, où sont les murs contre lesquels on cogne. Murs présents, dressés pour séparer. Celui qui sépare les morts et les vivants en est un. Il est visible, est-il tout autant infranchissable ?


Musique :
- Prélude et fugue en la mineur: J Brahms
- 3 Chorals: J Brahms
- Prélude et fugue en sol mineur: J Brahms


II. La diversité  des fats. 

Il y a 20 ans le mur de Berlin tombait. D’autres se dressent à l’horizon du monde toujours en ébullition. Les murs visibles indiquent la présence des murs invisibles. Les premiers servent parfois à ne pas voir les autres. Les murs invisibles, on ne constate leur présence que d’après l’apparition des bleus sur le corps blessé qui s’est cogné contre.

Il y a des bleus sous l’effet de l’apparition d’un mur invisible qui se dresse à la suite de la mort de nos proches.  La pensée s’y donne à cœur triste, et le cœur à la pensée morose. Où est la lame du fond des choses de la vie ? Celle qui coupe comme un tranchant, coupe et sépare entre ce qui est la vie et ce qui ne l’est pas ?  La lame de fond, n’est-t-elle pas dans l’âme, et même dans le fond de l’âme.

Quand on a raté un train, est-ce synonyme d’aller droit dans le mur. Et même quand on sait la présence de murs invisibles, est-ce certains que l’on évitera les parois d’un tel labyrinthe ? Les morts et les vivants sont-ils de deux côtés des parois de ce labyrinthe-là ?  Qu’est-ce que nous en dit la dite science et qu’est-ce que nous indique la foi ?

Pour le moment, c’est la musique qui s’empare de notre vie, celle des vivants sur terre que nous sommes. La musique transperce-t-elle les murs qui séparent, les murs, signes de tant et tant d’exils ? On voudrait y croire ! Et alors, la valse des adieux de Chopin en sera peut-être  le porte-drapeau !       


Musique :
- Prélude, fugue et variation: C Franck
- Valse en la Bémol Majeur: F Chopin
- Prélude et fugue sur B.A.C.H: F Liszt


III. Ainsi s’achève

Ainsi s’achève ce voyage musical à travers la vie, notre vie, en compagnie de nos proches. Et en compagnie de ceux qui nous ont quitté aussi ? En compagnie des anges peut-être. Un voyage à travers le continent avec Brahms depuis son Hambourg natal jusqu’à Vienne de sa vie et de sa mort. Avec Chopin depuis sa Pologne natale jusque la France, le lieu de ses origines aussi, de sa vie et de sa mort. Voyage du Nord au Sud, d’Est en Ouest, voyage en présence des murs qui séparent  les vivants des morts. Les murs que d’aucuns  voudront escalader alors qu’ils ne sont qu’à être traversés.     


Méditation: Remy Kurowski
Orgue: Yannick Daguerre

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