Site web Rémy Kurowski - 2009/11/01, Toussaint - Concert-méditation - Les murs

2009/11/01, Toussaint - Concert-méditation - Les murs

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I. Un fait divers

Clara est morte ? Johannes se rend à son enterrement.  Il rate le train, c’est à dire, il le prend dans l’autre sens. Trop tard  pour rebrousser le chemin à temps. Contrarié, furieux, il  finit par tomber malade. Grippe, cancer du foie, non, finalement la conclusion est au cancer du pancréas. Maladie déjà bien avancée, il meut un an plus tard.

Réservé, modeste et complexé, il a quelques amis et beaucoup d’ennemies.  Clara et Robert sans des premiers, un couple d’amis. Lui, Robert, il finira dans un asile, grand musicien,  persécuté par la note  musicale le LA qui s’est bloquée dans sa tête et revient en boucle. Histoire de fous. Elle, Clara, remarquable pianiste.

Johannes Brahms (vous avez deviné) est le dernier représentant d’une tradition musicale qui se meurt. Tradition romantique, celle des tonalités et  des formes classiques. Johannes voudrait être un épigone, le dernier qui ferme la marche. Il rêve de faire de sa vie musicale une grande synthèse crépusculaire. Wagner, Debussy, Stravinski sont déjà là, pas loin.. Et lui, est-il aux aboies ? 

Quand on a raté un train, est-ce synonyme d’aller droit dans le mur ? Et d’ailleurs, où sont les murs contre lesquels on cogne. Murs présents, dressés pour séparer. Celui qui sépare les morts et les vivants en est un. Il est visible, est-il tout autant infranchissable ?


Musique :
- Prélude et fugue en la mineur: J Brahms
- 3 Chorals: J Brahms
- Prélude et fugue en sol mineur: J Brahms


II. La diversité  des fats. 

Il y a 20 ans le mur de Berlin tombait. D’autres se dressent à l’horizon du monde toujours en ébullition. Les murs visibles indiquent la présence des murs invisibles. Les premiers servent parfois à ne pas voir les autres. Les murs invisibles, on ne constate leur présence que d’après l’apparition des bleus sur le corps blessé qui s’est cogné contre.

Il y a des bleus sous l’effet de l’apparition d’un mur invisible qui se dresse à la suite de la mort de nos proches.  La pensée s’y donne à cœur triste, et le cœur à la pensée morose. Où est la lame du fond des choses de la vie ? Celle qui coupe comme un tranchant, coupe et sépare entre ce qui est la vie et ce qui ne l’est pas ?  La lame de fond, n’est-t-elle pas dans l’âme, et même dans le fond de l’âme.

Quand on a raté un train, est-ce synonyme d’aller droit dans le mur. Et même quand on sait la présence de murs invisibles, est-ce certains que l’on évitera les parois d’un tel labyrinthe ? Les morts et les vivants sont-ils de deux côtés des parois de ce labyrinthe-là ?  Qu’est-ce que nous en dit la dite science et qu’est-ce que nous indique la foi ?

Pour le moment, c’est la musique qui s’empare de notre vie, celle des vivants sur terre que nous sommes. La musique transperce-t-elle les murs qui séparent, les murs, signes de tant et tant d’exils ? On voudrait y croire ! Et alors, la valse des adieux de Chopin en sera peut-être  le porte-drapeau !       


Musique :
- Prélude, fugue et variation: C Franck
- Valse en la Bémol Majeur: F Chopin
- Prélude et fugue sur B.A.C.H: F Liszt


III. Ainsi s’achève

Ainsi s’achève ce voyage musical à travers la vie, notre vie, en compagnie de nos proches. Et en compagnie de ceux qui nous ont quitté aussi ? En compagnie des anges peut-être. Un voyage à travers le continent avec Brahms depuis son Hambourg natal jusqu’à Vienne de sa vie et de sa mort. Avec Chopin depuis sa Pologne natale jusque la France, le lieu de ses origines aussi, de sa vie et de sa mort. Voyage du Nord au Sud, d’Est en Ouest, voyage en présence des murs qui séparent  les vivants des morts. Les murs que d’aucuns  voudront escalader alors qu’ils ne sont qu’à être traversés.     


Méditation: Remy Kurowski
Orgue: Yannick Daguerre