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2015/04/02 - Homélie - Jeudi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 1 juin 2015 15:01

Le lavement des pieds occupe une place centrale dans la mise en scène de la dernière Cène que nous célébrons aujourd’hui.

Bien sûr, c’est l’eucharistie,  en tant que l’action de grâce, que nous y célébrons.

Un mémorial comme lors de toutes les messes.

Mémorial qui aujourd’hui met l’accent sur l’origine.

Pour cela que le lavement des pieds y est mis en place.

Ce qui fait le cœur de l’action de Jésus et pourquoi nous rendons grâce à Dieu,

C’est son attitude de service.


C’est sa capacité à nous aimer jusqu’au bout.     


Sans rien attendre au préalable ni au retour.

La gratuité de Dieu est à ce prix-là et elle est totale.

Elle est aussi sans appel.


Qu’est-ce qui nous reste  donc à faire ?


D’abord de l’accueillir comme une bonne nouvelle.

Puis, essayer d’en vivre.

« Ce que je fais aujourd’hui tu ne le comprends pas,

Tu le comprendras plus tard » dit Jésus à Pierre !

Et par lui, à chacun d’entre nous.

Pour comprendre il faut renaître,

Renaître de l’eau et de l’esprit.

L’eau du baptême, pour la plupart d’entre nous, nous l’avons  déjà reçue.

Et par cette eau nous avons reçu la vie de Dieu.

Pour avoir la vie avec Dieu, nous avons aussi reçu l’Esprit.

Dans le baptême et dans la confirmation,

Mais l’Esprit, nous le recevons tout le temps, si nous le voulons bien.

Nous le recevons chaque fois que nous accueillons la bonne nouvelle,

La vie de Dieu dans nos vies.

La vie de Dieu et la vie avec Dieu, voilà à quoi nous sommes appelés.

Et cela suppose passer par la mort,

Par bien de petites ou grandes morts jusqu’à cette dernière, ultime.


Voilà des conditions très simples pour comprendre ce que veut dire être serviteur.

Passer par des morts à soi, à ce qui nous détourne de l’autre et qui nous en éloigne.

Alors que nous rapprocher de l’autre  en vue de service,

Cela nous rapproche de nous-mêmes.

Cela nous rend humbles !

Et dans l’humilité bien placée, car au service de la vie nous découvrons la vérité.

Nous savons alors qui nous sommes,

Nous savons que nous sommes pour les autres et à cause de cela nous sommes nous-mêmes.

C’est ce que vise cette mise en scène que nous faisons chaque année  le Jeudi-Saint.


Mais non seulement dans les églises.


Quelle n’était pas ma surprise lorsque j’ai vu dans le journal de Korea Times de ce premier avril la photo du lavement de pieds.

Avec l’explication suivante, intitulée “Respect for each other” puis “Myongi University President Yoo Byung-jin washes a

student feet during a ceremony at its campus in Seodaeum-gu Seoul, Tuesday. The university has held the foot-washing

ceremony for 15 years to encourage honor and respect among students and professors”


On ne va pas s’en plaindre, il nous faut seulement veiller à ne pas oublier la source, la raison pour laquelle nous le faisons.

La raison pour laquelle nous mettons en scène ce geste et comment nous essayons d’être au service.

Et c’est la même raison.

Cette mise en scène nous invite à être de la sorte pour nous trouver toujours davantage dans la vérité.

Pour nous retrouver dans la vérité.

Celle de l’amour, le plus près  de la source, le plus près du cœur, le plus près de la vie.

De toute vie.


Pour réinitialiser des liens de vie,


tels qu’ils sont désirés par Dieu

- par le service simple du frère,

- par l’attention à ce qui pourrait faire grandir l’autre,

- par une parole qui console,

- par un pardon qui ne connaît ni honte ni fierté mal placée, mais seulement le désir d’être encore dans la vie, la vraie vie.


Jésus l’a fait pour nous,

Ce soir nous en réactivons la mémoire.

Malgré la gravité du moment, comment en même temps ne pas être dans la joie !


Tout en oubliant

- tous ces services attendus et pas reçus

- tous ces pardons  donnés et pas accueillis

- toutes ces disponibilités affichées et pas prises en compte

- tout ce en quoi nous pensions être serviteur prêt à agir, mais comme l’ouvrier de la dernière heure, presque sans espoir d’être embauché.


Offrons à Dieu le père toute cette mémoire, la nôtre, à cause  de celle de Jésus, la sienne faisant son œuvre dans la nôtre. AMEN

2014/04/18 - Homélie - Vendredi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 juin 2014 15:22

Tout est accompli !


Jésus rend le dernier souffle. Sa vie sur terre n’est plus. Il reste  le souvenir de sa vie bien visible dans ce corps outragé, défiguré, battu, cloué au bois de la croix.   Il reste quelques gestes à faire pour déposer le corps dans une tombe. Tout est fini. Puis rentrer chez soi et continuer tant bien que mal à vivre. Mais le souvenir revient.  Tout n’est  pas fini. 


‘Tout est accompli’, n’est pas synonyme de tout est fini. Dans les paroles de Jésus, sa mission se termine,  mais pas sa vie. L’évangéliste Jean note que Jésus, inclinant la tête,  remit l’esprit. Cette expression ‘remettre l’esprit’ est à comprendre un peu comme on dit ‘il a rendu l’âme’.  Il y a une transmission. Sa vie sur terre n’est plus, mais cette autre vie, celle qui l’anima pour être constamment en lien d’amour avec son Père, elle se poursuit. Elle reviendra rejoindre Jésus  dans un corps transfiguré. Mais ce soir nous n’y sommes pas.


Ce soir nous méditons sur la mort du Christ sauveur.


Les quatre évangélistes ont ensemble noté sept paroles, sept phrases, sept expressions  du Christ en Croix. ‘Tout est accompli’ est la dernière. Celle-ci résume toutes les autres :
-Celle sur la promesse donnée au bon larron d’être au paradis,
-sur le pardon à ses bourreaux,
-celles où il confie son disciple à sa Mère et
-sa mère à son disciple,
-celle ou il crit ‘Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné !?’ (en citant le psaume 21 que récitait les mourants).
-Puis celle de  ‘j’ai soif’ que nous avons aussi  entendu juste avant


-‘Tout est accompli’


‘Tout est accompli’ résume toutes les précédentes, résume toute sa vie.  


Ses paroles sont si immensément grandes qu’elles sont capables d’accueillir tous nos accomplissements à notre tour.


Bien évidemment avant l’accomplissement final, il s’agit de considérer tous nos accomplissements durant notre vie. Bien plus petits, imparfaits, pour chacun différemment, nos accomplissements  pleins de projets à réaliser parfois au prix de luttes insoupçonnables. Nos accomplissements du désir d’aimer comme Dieu nous aime, souvent, sans savoir réellement le lien entre un tel amour et la souffrance. Tous nos accomplissements ne sont pas pour autant sans valeur pour Dieu le Père qui nous accueille dans toutes nos petites ou grandes morts. Et qui nous accueillera un jour,  comme il avait accueilli son fils lorsque celui-ci  lui a  remis son esprit.


Aujourd’hui méditons sur la mort de Jésus et l’immense cadeau qu’il nous fait pour nous entraîner  avec lui  devant Dieu le Père à qui dans son souffle il remet tous nos souffles. Dans cette célébration  retenons le nôtre pour  méditer sur le sien, qui malgré toutes les apparences est  plein de vie.  AMEN

2013/03/30 - Homélie - Vendredi-Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 avril 2013 10:56

Nous voici au milieu du Triduum pascal. Après avoir célébré la mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples et refait le geste qui symbolise le service, nous voici au coeur même de ce qui fait la vérité du salut : la passion du Christ. Tous les évangélistes  notent avec détails les derniers instants de la vie de Jésus ; c'est dire l'importance qu'ils y accordent. La longue lecture de la passion   met devant nos yeux et nos coeurs la réalité de Jésus-Christ sauveur. Le Christ est mort pour nous ! Qu'est-ce à dire ? Je prends appui sur deux passages des lectures d'aujourd'hui qui précèdent la lecture de la passion.
 

Dans le livre d'Isaïe, nous trouvons plusieurs textes  sur le serviteur souffrant qui libère du péché, que les chrétiens ont appliqué au Christ. Tout d'abord 'Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur,  justifiera les multitudes' (Is53,11) et le suivant à la fin du passage retenu pour la liturgie de ce Vendredi-Saint, nous trouvons une sorte de résumé de l'ensemble : 'Il a était compté avec les pécheurs, alors qu'il  portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.'   (Is53,12)


En d'autres termes, il a pris sur lui les péchés des hommes et leurs souffrances aussi. On pourrait dire,  il les a pris pêle-mêle, tellement il a épousé la condition humaine ainsi doublement marquée. La condition humaine, il l'a épousé de façon totale et définitive.  Il y est parvenu  au moyen de l'obéissance absolu à son père. Certes, il aurait pu échapper un peu, beaucoup,  à ce destin, à une mort aussi infâme. Il ne l'a pas fait.


Prenons l'image du calquage. Pour cela nous avons besoin de deux feuilles, une feuille avec le dessein ou écriture et une autre vierge superposée. Puis, à l'aide d'un stylet en frottant la feuille vierge, le dessin de celle qui est en dessous réapparaît sur celle qui est à l'extérieur. Jésus  en adhérant totalement à la condition humaine, dans une obéissance sans faille, a ainsi pris sur lui tout ce qui était négatif dans cette condition humaine : les péchés et les souffrances qui en résultent.   Il a entièrement absorbé tout ce qui alourdissait spirituellement l'existence humaine, il a coupé la source du mal. Sans pour autant empêcher la nuisance des conséquences liées à notre condition terrestre, mais pour cela il demande notre coopération.


Notre coopération, c'est le sens de la seconde lecture, de l'épître aux Hébreux : " Avançons pour.... recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours " (He4,16). C'est notre réponse à la vie toute donnée par le Christ. Où est-ce que nous la recevons. Déjà dans le baptême, puis dans la confession, dans le pardon demandé et offert.  Nous la recevons aussi dans la communion eucharistique qui par une telle union avec le Christ est également un remède, un médicament pour donner non seulement des forces spirituelles pour  être en présence d'un tel amour, mais également avoir de quoi disposer pour lutter  contre le mal. La grâce de son secours, nous la recevons également dans toute prière juste, c'est-à-dire dans laquelle nous nous remettons à la volonté de Dieu comme Jésus-Christ l'a fait. Sans oublier le fait que parfois la grâce de son secours peut même agir à notre insu, sans que nous le sachions, c'est seulement après coup que nous nous disons, ah ! maintenant, je comprends pourquoi un tel changement dans ma vie.  Et puis la grâce de son secours peut aussi se manifester chez les autres, mais de telle sorte que nous la voyons agir, tout comme agissant en nous elle peut être immédiatement visible par d'autres.  Visible ou pas, le salut opère et c'est dans l'intimité de notre coeur que nous l'accueillons. En faisant ainsi nous adhérons toujours davantage au Christ comme il a déjà adhéré à nous, pour que nous puissions vivre de sa vie, bénéficier de sa grâce, celle de la Vie  en Dieu.

2013/03/28 - Homélie - JEUDI-SAINT

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 avril 2013 10:50

I.
Traditionnellement, le Jeudi-Saint, nous commémorons  l'institution de l'eucharistie. C'est le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

Mais, les derniers travaux historiques font prendre conscience du fait que probablement ce dernier repas n'a pas eu lieu le jeudi mais le mercredi. Pourquoi ?

C'est à cause de la durée légale nécessaire en droit  juif de l'époque pour condamner quelqu'un à mort. Le pape Benoît XVI a apporté la réflexion à ce sujet sur le terrain de la théologie catholique.  Mais peu important pour nous.

Ce soir, nous fêtons les adieux de Jésus avec ses disciples dont nous faisons partie.


II.
Nous avons probablement tous en mémoire l'expérience d'un dernier repas avec quelqu'un de nos proches, juste  avant  notre départ ou le leur.

Celui de Benoît XVI fut particulièrement touchant, à cause des circonstances.

Je me permets aussi d'en citer deux personnels qui me viennent à l'esprit. L'an dernier la veille de mon départ pour Hong Kong,  je me suis retrouvé entouré de ma famille polono-sino-française et quelques amis.

Il n'y avait pas de message particulier délivré, mais l'ambiance en disait long sur le caractère exceptionnel de la soirée.

Puis, le premier dimanche  à Hong Kong, j'ai participé au farewell d'une famille qui rentrait en France.

A l'espace de quelques jours, j'ai donc été dans les deux situations, en tant que celui qui part et en tant que celui qui voit d'autres partir.


III.
Jésus délivre un double message très fort.

Ses adieux se font au cours d'un repas, le repas qui sera repris en mémoire de Lui par ses disciples.

Il restera présent dans ce partage, partage de la nourriture. Partage, il n'est que cela.

Amour incarné, vie toute donnée, sans ombre de doute sur la liberté souveraine qui  accompagne ce don.

Quelle chance nous avons de pouvoir être dans une telle proximité avec Lui !

Il se rend intime à nous même, plus intime que nous même pour nous-même.

Quelle ouverture d'esprit cela peut vouloir signifier ! 

Et tout en étant aussi intime, il ne perd rien de sa souveraineté divine.

Du coup, pour nous qui l'accueillons tel, noblesse ainsi acquise oblige !

Qu'est-ce à dire, sinon que nous avons un trésor inouï  dans nos vies.


IV.
Deuxième signal fort que Jésus envoie, c'est le lavement de pieds.

L'Evangéliste Jean est le seul à en rendre compte.

Et ce signal est d'autant plus fort, que l'évangéliste Jean est aussi le seul à ne pas mentionner l'institution de l'Eucharistie.

C'est dire la valeur que le lavement de pieds revêt dans la vie chrétienne.

Là, encore un souvenir personnel : la première fois qu'il m'a été donné d'accomplir ce geste en tant que prêtre, ce fut dans une église où l'autel amovible fut déplacé et le lavement de pieds a eu lieu à l'endroit même de l'autel, dans le creux ou habituellement reposait l'autel.

Cette image ne me quitte plus.  


V.
Conclusion de la superposition de ces deux gestes.
 
L'eucharistie ne nous enferme pas sur notre vie de foi.

Certes, elle la nourrit, mais  pour la faire partager.

Le nouveau pape, François, à sa manière, nous rappelle  le chemin par où doit passer la vie chrétienne.

Si nous voulons être fidèles à ce que Jésus nous apprend voici le chemin.

Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, les uns plus visiblement que d'autres, les uns sur un terrain plutôt que sur d'autres, mais chacun, nous accomplirons, comme nous le faisons déjà,  au nom de la foi, ce geste de service.

Et le degré de conscience qui l'accompagne est presque peu important.

Presque, car c'est toujours mieux de savoir pourquoi et surtout à cause de qui et pour qui, l'on fait des gestes aussi engageant pour la vie tout entière, en commençant par le coeur et l'âme.

Et la bonne conscience c'est surtout celle-là, celle qui dit au nom de quel amour nous sommes dans le service, et comment Dieu nous y a mis.

La belle vocation de chacun de nous que nous célébrons ce soir !

2012/04/01 - Concert-méditation autour de la PASSION DU CHRIST

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le lundi 16 avril 2012 16:43

1.    (après no2)   

Tout va bien dans la vie,
Tout semble se dérouler,
Comme dans un rêve.

Comme dans un paradis,
Rien ne pourra troubler 
La reconnaissance de la grandeur de Dieu
Pas plus que le désir de le suivre.

Tout baigne dans la lumière,
Bien que.....ton coeur  saigne, Seigneur !

 


2. (après no4)

Eh, oui ! ce paradis ce n’est pas pour tout de suite !
La souffrance s’invite,
La mort guette  au  coin des lèvres qui respirent, encore !
La vie limitée prend du relief,
Elle qui semblait baigner dans une étendue sans fin !
Le bonheur est troublé.

Il est troublé, le bonheur, par les souffrances
Et la mort prochaine d’un ami, d’un si proche,
Tellement proche que là  en revanche, rien ne pourra 
Troubler une telle intimité ! 
Le bonheur est troublé, mais pas l’intimité.
Elle, elle est si limpide,  si cristalline.
Le bonheur est troublé, lorsque quelque chose de profondément désagréable
De franchement inquiétant pour les entrailles s’invite  
Et ne vous quitte plus.


C’est Dieu qui souffre et moi avec.
Lui pour tous, moi pour moi,
Comme l’un ou plutôt l’autre larron,
Mais  avec lui !

Ainsi soit-il !

 


3.  (après no7)

Erkenne mich, meine Hüter, Reconnais-moi mon berger ;
De toi découle beauté, douceur et joie céleste.
Quel soulagement de le savoir,
Rien qu’à y penser, de nouveau  tout baigne dans la lumière.

C’est le jour de grâce,
C’est le moment favorable,
Où rien n’est lourd,
Rien n’est compliqué,
Tout est simple,
Certes tout est grave,

Mais tout est joyeux..... 

Tout,
Puisque, dans l’offrande de la vie,
La véritable communion est là,
Là, dans l’offrande de la vie !

 


4.  (après no10)


Dépêchez-vous, les âmes tourmentées
Dépêchez-vous !
Où ?
Au Golgotha !     
Volez, les âmes, volez avec les ailes de la foi !
Où cela ? où cela ?
A la colline, colline de la foi !

Votre salut y fleurit

Un rendez-vous au  Golgotha, ce lieu de (du ?) crâne !

La mort y a déjà préparé  un tapis clouté
Pour accueillir les passants de la vie,
Eux, qui deviennent des arrivés.

Elle, elle leur a mis la table
Pour un festin bien funèbre
Sa joie est au comble  de ses ténèbres !
Attirer des naïfs dans des lieux
On ne  peut plus obscurs...

Quel bonheur, et quelle monture
Pour un pégase qui s’envole
Qui s’envole et qui  s’écrase.

 

Pause :

Annonce de la quête, musique

 


5. (après no12)

Erbame dich, Herr, erbame dich !
Aie pitié de moi Seigneur, aie pitié !

Bach, lui, inégalé dans toute sa musique et  dans tous ses cantiques, ici Bach, se dépasse lui-même, est-ce possible ? 
Lui, pauvre pécheur, lui l’humble marcheur sur les traces du Christ.  Lui, le planeur qui surfe sur les notes de musique se posant devant lui, comme le tapis d’Aladin, pour l’accueillir là  où se trouve déjà, elle, sa musique, mais pas encore lui dans sa propre vie.

Il y en a qui comme dans une communication téléphonique par satellite, sont tellement en décalage, que lorsque les anges font le récit de leur vie, il faut du temps pour que leurs oreilles terrestres  puissent capter ce qui est en train de leur être confié.

Nous voici devant le  morceau de musique, le plus prenant,  comme d’autres le sont devant un morceau de parchemin ou papyrus tout fraîchement découvert, immaculé pour les yeux et l’âme, et  qui tel le contemplent.
Rien d’étonnant à cela, c’est le morceau sur lequel s’écrit la repentance, la conversion, le point de bascule pour toute vie chrétienne, bascule arrivant quelque part sur la trajectoire d’une vie.  

Aie pitié de moi, Seigneur ; aie pitié de moi ; de moi et de mes larmes !

Aie pitié de moi, à cause de mes larmes !

Regardes vers moi, mon coeur et mes yeux pleurent  amèrement devant toi !

 


Il est temps de naître
Il est temps de disparaître

Enter les deux, le temps de pleurer
Pleurer sur le fait de naître
Et sur le fait de ne pas pouvoir disparaître
En attendant mieux paraître

Dans cet espace où les gouttelettes
De conscience perlent sur le front cadavérique,

Comme sur un front peint au couleur de la mort, d’une macabre fresque, (c’est à cause de la fresque que j’ai envie de mettre le cadavresque).

A quoi pense-t-il, un crâne portant un tel front,
peint aux couleurs de la mort, lui, le crâne,
qui n’est pas encore sur le Lieu du Crâne ? 

En attendant, à la tienne !
Buvons à la santé des morts, trinquons !

 


6.  (après no14)

Tout est engagé dans son amour
Même le vouloir de la mort
Qui pourrait le faire comme lui ?
Qui comme lui le pourrait ?
Lui seul, car c’est seulement
dans l’amour absolu que
Le vouloir et le devoir ne font qu’un !

 


7. (après no16) 

Tout est accompli !  Er ist vollbracht
la mort sautille autour, se pose sur les épaules, entre dans les oreilles,
elle devient intime, elle est toute joyeuse...

Tout l’inverse de celui qui va mourir, bientôt, très bientôt, dans quelques instants.

Mais, là, dans ce rendez-vous étrange, ils sont trois : lui, la mort, sans oublier son Père, cela va de soi !

 


8. (après no18)

Tout est accompli !
Je vais te raconter ma plainte.
C’est toi qui es maintenant cloué sur la croix !
Moi, en racontant ma plainte, je ne me plains pas !
Je voudrais juste savoir si  ce ‘tout est accompli’ est aussi pour moi ?
Crois-tu ? car moi, je ne le crois pas !

Je ne crois pas, tant que je ne suis pas sûr d’hériter de ton Royaume !
Je ne le crois pas, tant que la rédemption du monde n’est pas totalement assurée !

Tu crois ou tu ne crois pas, c’est comme ça !   

 


9. (après no19)


O Haupt voll blut und wunden
Visage couvert de sang et de blessures !
Une nouvelle identité, une nouvelle photo
Dans le passeport pour l’éternité dans le pays de morts.

D’où il n’y a même pas de revenants !
Qu’est-ce qui en reste ?
Un masque mortuaire ?
Non ! pas le masque, mais le vrai visage

Le mal  ne se cache pas dans   la peau,
Ce Jésus terrassé, le mal, il l’a maintenant  dans la peau, dans sa peau, comme dans sa poche.

Mais le malin voudrait
Que la peau soit un masque mortuaire.

Juste ça !

Non, elle n’est pas le masque, elle est le vrai visage.
Là-dedans, dans cette souffrance
Fixée pour le temps d’éternité sur terre

 


10.  (après no20)

Les deux derniers morceaux, les deux dernières partitions, les deux dernières productions,
Juste avant de reprendre la route de retour, avant  de rentrer chez soi ;
Reprendre la route  et rentrer  chez soi, est-ce la même chose ?
Pourquoi être gêné par les deux variantes d’un synonyme ?

En fait, reprendre et rentrer ne se trouvent-ils pas en bonne compagnie avec le repartir ?
Oui repartir plus vivant, plus avec nous-même. Certes, meurtris, mais plus avec nous-même !
Quelque soit la paix, elle sera le lot de tous les porteurs de rameaux

Reposez en paix, dépouilles sacrées et apportez-moi aussi la paix
Refermez l’enfer et ouvre-nous le ciel pour toujours.

 


µµµ

 


SDG***Soli Dei Gloria
Tel que signait souvent Bach

 


Collégiale Saint Martin de Montmorency : 1er avril 2012       
Choeur EAUBONCANTO, dirigé par Benoît Mariaux
Soprano : Cécile Pierrot
Alto : Florence Carpentier
Basse : Bastien Milanese
Piano : Ana Maria Gorce
Récitant : Rémy Kurowski
Orgue de choeur : Elisabeth Guy-Kummer
Grand-orgue : Bastin Milanese (entrée) et Maris Podekrat (intermède)

2012/04/07 - Méditation - Samedi saint (Os5-6)

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le lundi 16 avril 2012 16:10

Pourquoi ce passage de l’Ecriture pour un samedi saint ?

 


Certainement à cause de cette phrase plus ou moins énigmatique :
au troisième jour, il nous aura relevé’ (Os6,1)

 

En effet les chrétiens, et Tertullien l’atteste déjà au début du III siècle, ont appliqué à cette phrase la résurrection  du Christ.

 


 Le Prophète Osée ayant vécu au VIII siècle avant Jésus-Christ fut  le chantre de l’amour de Dieu. Dans sa vie comme dans son enseignement, Osée accomplit des gestes à grande portée symbolique et use des images ‘parlant’. Il va constamment s’appuyer sur les images de l’amour du père pour son fils et d’un homme pour son épouse.  

 


Osée a  eu l’audace de dire que le Seigneur est un Dieu passionné et parle de son désir, de sa déception, de son indignation même, de sa colère, mais aussi de sa tendresse toujours plus forte, car elle est le dernier mot de Dieu.

 

En effet la somme d’infidélités, de péchés, de trahisons même ne fera jamais renoncer Dieu à  poursuivre son but. Rien ne l’arrête, comme à l’époque de Osée, époque si tourmentée dans le royaume du nord  d’Israël, tout autant aujourd’hui.

 


Même pas la mort   dans laquelle se font précipiter des êtres humains à la suite des divers actes au fort potentiel d’intrigues de tout genre, dans le plus ou moins politiquement incorrecte. 
???difficile à comprendre
Bien plus, dans l’expérience de la mort sont ensevelies toutes les attentes d’un tel Dieu, qui à l’instar de son propre Fils relèvera d’entre les morts  tous ceux qui  entendront sa voix.

 

Après les deux jours il nous rendra la vie
Le troisième il nous aura relevé.

 

Et comme poursuit le texte :

 

Et nous vivrons en sa présence.   

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