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2018/03/29 - Homélie - Vendredi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 avril 2018 07:56

1° Le Christ meurt. Le Christ est mort en sacrifice. Ce sacrifice n’est pas accompli dans le Temple. Il est accompli à l’extérieur, en dehors même de la ville. Il l’est dans le monde. Il l’est dans le corps, dans la chair toute humaine de ce Jésus qui se donne en nourriture. Il y est mort pour la vie de toute l’humanité. 


Le sacrifice d’animaux dans le Temple était une substitution, une figuration, une préparation. Le sacrifice dans la chair du Christ accompli en dehors du Temple est un accomplissement de l’œuvre divin  de salut du monde. 


Jésus meurt dans la dignité divine d’offrande parfaite, alors qu’il est dépouillé de sa dignité divine et de sa majesté. Jésus meurt dans la dignité divine d’offrande parfaite, alors qu’il est bafoué dans sa dignité humaine la plus fondamentale. C’est donc dans ce double dépouillement que s’accomplit le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est ce que nous célébrons à chaque messe en souvenir de cela. Mais ce soir c’est le souvenir qui prend le pas sur la messe comme conséquence. Aujourd’hui il n’y a donc pas de messe. Mais nous restons concentrés sur ce qui fait sa raison première, l’accomplissement de l’œuvre de salut du monde. 


2° Le Christ meurt à grand pas. Quand la vie des uns s’en va à grand pas, la vie des autres s’en vient à petit pas. Le Christ meurt vite. Tout y est mort, et tout y est mort vite. Rien ne traine. Ni accusation, ni procès,  ni exécution, ni elle-même la mort. La preuve, ils n’ont pas brisé les jambes de Jésus en voyant qu’il était déjà mort.  


Tout cela défile devant nos yeux. A grande vitesse. Trop vite pour nous en imprégner, pour en profiter à fond, pour en recueillir les fruits. Et le fait de revenir l’an prochain le même jour, à la même heure (pas forcement au même endroit) pour continuer à approfondir tout cela  ne nous console guère. 


Nous avons soif de suivre le rythme de la vie de Jésus jusque  dans sa mort. Mais cela va trop vite. Trop d’informations à retraiter, trop d’émotions à recueillir pour accueillir ce Jésus qui s’en va et qui vient. Ou plutôt qui passe avec des images chargées de sens et d’émotions qui, elles, défilent devant nos yeux. 


Durant l’année, nous approchons à notre rythme, tant soit peu, de ce que fut la vie de Jésus. Maintenant, durant la Semaine Sainte, et aujourd’hui, en ce moment-même, nous nous  approchons de sa mort comme nous le pouvons. En pensant à nos proches qui sont morts et en pensant  aussi à la nôtre. Nous nous en approchons pour y voir l’offrande de Jésus qui porte aussi notre offrande.  


3° Nous mourrons avec lui. Nous le faisons sûrement maladroitement. Trop vite, presque à notre insu.  Mais nous le faisons puisque nous sommes là. Là au milieu de cette chapelle, au centre de notre vie. En lien avec la vie de Jésus. Nous le faisons en lien avec sa vie et sa mort. Sa mort qui préfigure et annonce la nôtre. La mort à petit feu au péché et la mort physique à grand éclat.  Et chaque fois, c’est la décision qui est à prendre. Je veux, oui ou non, appliquer à ma vie les paroles de la prière de Jésus qui s’adresse à son Père : « Que ta volonté soit faite ». Chaque fois c’est une mise sur la Croix. Quitter le péché pour hâter le pas vers le ciel.  Quitter cette terre, pour aller au ciel. Chaque fois c’est crucifiant mais salutaire. AMEN

2018/03/30 - Homélie - Rameaux

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 avril 2018 07:44

Joie, foule, solitude et silence

 

INTRODUCTIONS


Avant la procession

Nous nous trouvons dans un endroit inhabituel pour commencer la messe d’aujourd’hui. Nous nous retrouvons ici à l’extérieur pour ensuite faire la procession à l’intérieur jusqu’à la chapelle. 

Procession veut dire marcher  ensemble en silence et ou en chantant. Par cette procession nous adoptons la même attitude et nous imitons les mêmes gestes qu’à l’époque de Jésus, lorsque les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus avec acclamations de joie. Ils étaient et nous sommes, les palmes, ou plutôt les rameaux d’oliviers en souvenir de Noé (que l’on trouvait facilement à cause de la  proximité avec le mont des oliviers), ou d‘autre branches vertes à la main. 

Eux jadis et nous ce soir, nous reconnaissons que ce Jésus qui entre dans la ville de la Paix est un roi.  Mais, il est un roi, pas comme les autres. Le fait qu’il soit sur un âne l’illustre suffisamment bien pour  le comprendre ? 

Jésus est un roi qui veut régner par le service, service de la paix à cause de l’amour infini de Dieu. Par cette procession nous figurons que nous l’accueillons comme roi-serviteur de la paix dans notre cœur. Monter sur un âne, ce n’est  donc pas une farce, c’est une manifestation de Dieu.  

Toutes les célébrations durant la Semaine Sainte qui vont suivre ont pour but de nous aider à reconnaitre différentes facette de cette manifestation de Dieu. 

Pour le moment marchons dans la joie. 


Avant la première lecture

Isaïe 50- serviteur souffrant. C’est un message du prophète à ses contemporains. Le peuple d’Israël est en exil en Babylone. Malgré une si grande épreuve, ce peuple demeure fidèle à Dieu, il reste son fidèle serviteur. 

Dieu compte sur son peuple pour faire aboutir son projet de salut de l’humanité. Le peuple d’Israël reste le fidèle serviteur parce qu’il se laisse nourrir par la Parole de Dieu. Et il le fait, tout en étant persécuté  en raison de sa foi. Ou peut-être à plus forte raison. 

Au cœur même d’une telle persécution ce serviteur souffrant constate que « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille ». Ce qui veut dire que, malgré la souffrance qui siphonne toutes les énergies et les déverse sur elle-même, ce serviteur (nom collectif d’Israël) a encore  la force de maintenir en lui l’oreille ouverte : Pour écouter la Parole d’encouragement, de consolation, d’espérance et donc se laisser instruire par une telle Parole. 

Ce texte exprime une très forte intimité entre Dieu et son serviteur. Intimité possible car vécue dans la confiance.  Cette confiance absolue  « le visage dur comme pierre »  permet d’avoir l’oreille toujours ouverte. 


Avant le psaume 21

Prière de mourant : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 Ce qui veut dire je m’en vais d’ici, de cette vie, je m’en vais tout seul, vraiment seul, moi-même. Pourquoi maintenant ? Parce que l’heure est venue. Mais je m’en vais vers Toi. Israël, toujours le peuple dans son ensemble,  est comparé à  un  condamné à mourir sur la croix. 

Mais le condamné n’est pas mort. Ce qui, dans ce psaume, veut dire que l’Israël est rentré de l’exil. Israël rend grâce pour cela. 

Ce psaume est une sorte d’Ex-Voto composé de trois parties : danger, prière, sauvetage. Au milieu du danger on a prié, fait un vœu, on a été délivré et on tient la promesse. 


Avant la seconde lecture, Ph2 :

Jésus est ce serviteur de Dieu  par excellence.  Il résume en lui-même toutes les souffrances endurées par son peuple et tous les hommes de la Terre, ceux du  passé, du  présent et de l’ venir. Les premiers chrétiens (en se sentant concernés) ont médité sur mystère de la Croix, sur mystère du destin de Jésus. 

Jésus n’a pas cherché  les honneurs qui reviennent à Dieu. Parce qu’il est Dieu, Jésus veut sauver les hommes. Pour le faire il agit en homme et seulement en homme, pour montrer aux hommes le chemin. Chemin de fidélité pour accueillir le cadeau de Dieu qu’est la Vie, vie éternelle. Pour leur montrer que cela est possible. Il montre le chemin qu’en même temps il ouvre devant nos yeux.

 

HOMÉLIE


Passion de Jésus : ce qui frappe c’est sa solitude et son silence. Quand il n’y a plus rien d’autre à faire, quand tous les autres moyens pour révéler l’amour de Dieu dans le pardon et la conversion  en vue de la réconciliation sont épuisés, il ne reste que cela. 

Il ne reste que solitude et silence. Car la fidélité à l’amour est plus forte que l’obstination de son rejet. Jésus est passé par là, pourquoi cela  serait-t- différent pour nous ? 

Il suffit d’entrer dans les hôpitaux et les prisons, ou encore des camps de réfugiés ou des bidonvillles où habite la pauvreté extrême pour le constater. Solitude et silence. Elles peuvent être individuelles et collectives. 

Plongeons dans cette solitude personnellement et en tant que communauté chrétienne et par elle, plongeons dans la solitude de la communauté humaine. Et faisons silence pour entendre le silence des autres, afin de pouvoir un jour leur donner de la voix. La voix qui non seulement crie sa souffrance, mais qui est entendue. AMEN

2017/04/14 - Homélie - Vendredi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 30 août 2017 12:36

« La coupe que m’a donné le Père, vais-je refuser de la boire ? «  Ce n’est pas une question que Jésus pose. C’est une ouverture à la volonté de son Père qu’il exprime. C’est pour cela qu’il était venu dans ce monde. Réaliser la volonté du Père ! 


Ce soir laissons-nous imprégner de sa volonté, à lui, Jésus, homme de douleurs qui ne se dérobe pas devant son destin. Lui, broyé par la souffrance. 


Laissons-nous imprégner de sa volonté d’être fidèle à la vérité divine qui est amour parfait. 


Laissons-nous imprégner de cette volonté qui nous fait découvrir notre propre existence, existence, telle qu’elle est désirée par Dieu. 


Laissons-nous imbiber et abreuver de cet amour qui se répandait dans la vie de Jésus. Avant la passion,  son amour se propageait par  les paroles de vérité qui libèrent et par les gestes de guérison qui restituent la dignité perdue. Amour qui, maintenant, se répand avec le sang versé pour nous et pour la multitude.


 AMEN

2017/04 - Méditation personnelle - Jeudi Saint

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 16:58

Au Jardin des Oliviers.

Jésus, nous essayons de t’accompagner dans ta solitude. Nous essayons d’être présents, au moins de corps. Nous essayons de te soutenir dans ton combat. Juste un peu, ces quelques instants.

Tu sais, que le combat ne peut être que victorieux. Tu sais, que la lumière est au bout. Mais, tu sais aussi le prix pour y parvenir. Tu sais tout ce qu’il va falloir que tu déposes encore et encore aux pieds de ton Père.  Jusqu’à ce que tout soit consommé. Tu sais que ce calice qui se présente à Toi,  il n’est pas facile à boire. Tu sais que, faire la volonté du Père vaut plus que tout le reste. Tu sais, que tu ne seras pas confondu. Mais il a fallu passer par là.
Et nous savons  ce que cela a donné. Dans ta descente dans le Jardin, tu restaures la beauté originelle du premier jardin, ce paradis perdu qui retrouve son éclat et brille d’une beauté encore plus belle.

Tu le restaures au prix de l’acceptation de tout ce qui n’est pas beau et qui se colle sur ton visage et tout ton corps. Visage et Corps, pour le moment, ils sont défigurés par l’angoisse de la mort. Et bientôt, ils le seront par les coups physiques. Mais, tu vas porter tout cela comme un agneau qui ne dit mot.
Il y a un temps pour tout, il y a un temps pour dire et il y a un temps pour se taire. Maintenant juste cette prière qui te vient sur les lèvres : Père si possible que cette coupe s’éloigne de moi, sinon que ta volonté se fasse. Et toi, tu t’y effaces, muet. Les gouttelettes de sang perlent sur ta peau. Elles  en parlent avec leur langage, celui de l’amour qui ne peut pas mourir.

Nous sommes là muets, interdits de stupéfaction devant l’immensité de la tâche qui t’attends.

Nous sommes là et bien là dans ce lieu insolite. Nous sommes là, où nous rejoignons notre propre vie et ses aspirations. Nous sommes là un peu maladroits, comme gênés de ne pas savoir quelle attitude prendre. Rester ou partir. Et si partir, ce n’est pas pour fuir. Car, en partant, nous  emportons avec nous  tout ce que nous n’arrivons pas à porter ici dans ce lieu insolite. Dans ce lieu, où il fait froid dans le cœur et la nuit n’est pas des plus paisibles.
Et pourtant, dans le silence de mon cœur je tente de faire de moi pour toi Jésus une  vraie demeure. Je le fais comme je le peux. Je le fais comme un oiseau qui cherche quelques brindilles pour en faire un nid pour  accueillir une nouvelle vie. Mais là,  je vois que c’est  une couronne d’épine qui se profile déjà au-dessus de ta tête. Là, je vois qu’il y a des clous qui sont déjà là pour t’attacher au bois.

Comme j’aurais aimé chanter : Oh ! Jésus, ne descends pas dans le jardin…, car je sais que tu y perdras ta vie. Mais, je sais aussi que celui qui la perd, la retrouvera. Donc vas où tu dois aller. Et moi, permets-moi de te suivre. Permets-moi de te suivre, pas seulement dans ta passion et par toi dans toutes les passions du monde,  celles de l’humanité souffrante sous le joug de la violence et du péché.  Permets moi de te suivre jusqu’à la Gloire de ta Croix, qui est un passage.    Amen

2017/04/11 - Méditation personnelle - Mardi Saint

Category: Partages spirituels livrés par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 15:29

Mais les pierres se sont tues
La colère a sombré dans l'oubli.


Comme de l'eau répandue dans le sable du désert
La révolte du juste s'est anéantie en la rendant muette.


Les pierres, mais aussi le sable et l'eau pris par le maçon pour une construction nouvelle
Inertes, demeurent muets.


Puis


Les pierres crieront la justice de Dieu
Les grains de sable fleuriront de promesse et l'eau lavera tout regard


Le corps du ressuscité se dressera comme un temple divinement rebâti,
Abraham se dressera sur le trône de la promesse
Et l'eau étanchera toute soif de Dieu.


Mais l'autre jour sur le Calvaire
Les pierres et le sable furent muettes et stériles
Et avant que l'eau ne coule de nouveau
Le sang se vida du corps outragé.


Mais désormais l'eau et le sang couleront à  flot,
Mis désormais la colère sourde
Au rythme de la croissance du royaume bâti sur des pierres vivantes, sur le sable de la promesse, cimentés, irrigués par l'eau et le sang qui lui donne forme tangible de promesse de vie dès notre existence sur terre.

2017/04/13 - Homélie - Jeudi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 14:14

Le dialogue entre Jésus et Pierre est plein de renseignements pour nous. Dans cet échange, Jésus réajuste Pierre. Pierre est trop ou pas assez. Pierre ne veux pas que Jésus lui lave les pieds. « C’est toi Seigneur, qui me lave les pieds ??? »  Pierre estime que cela n'est pas digne de son maître.  Après avoir compris, un peu, mais toujours de travers, Pierre demande à Jésus de le baigner tout entier. Cette fois, c'est Jésus qui refuse. Car, il sait que Pierre n'en a pas besoin. « Quand on vient de prendre le bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds, on est pur tout entier. » Fréquenter Jésus c’est déjà être baigné de sa présence.

Nous avons besoin de nous laisser réajuster par Jésus. Nous les croyants, nous avons besoin de nous laisser réajuster sur la vérité de nos vies de foi. Nous avons déjà reçu le bain de la régénérescence. Mais, le péché est toujours là. C’est par contact avec la terre, contact  symbolisé par les pieds,  que nous restons attachés aux choses purement terrestres. En tout cas, nous sommes trop souvent attachés, et surtout au point que cela nous éloigne de Dieu. Nous avons besoin de faire laver les pieds de nos vies. Le service de l’autre vise ce sens-là. Permettre aux autres d’exister dignement  et donc dans la présence de Dieu.

Plus loin, après la trahison de Judas,  Pierre se déclare prêt à aller mourir pour Jésus. « Je me dessaisirai de ma vie pour toi ». Jésus  rappelle à Pierre qu'il y a un grand abîme  entre ce que Pierre déclare et ce qui va arriver. Pierre s’en souviendra après avoir renié Jésus par trois fois.  Les larmes vont remettre à niveau le regard de Pierre sur lui-même. Jésus permettra à Pierre de se reconnaître en vérité, tel que Pierre est, un faible, un minable.  Et Pierre se laissera réajuster par Jésus. Pierre y gagnera doublement. Il gagnera dans son regard sur lui-même et dans son regard sur Jésus. Ce qu'il aura compris sur lui-même,  sera obtenu grâce à ce que Jésus lui aura permis de comprendre de ce qu’il est. Lui,  Maître et Seigneur, qui n'écrase pas, mais qui relève patiemment,  en vérité et dans l'amour.

Ce soir, nous sommes tous des Pierre. Nous sommes, à la fois désireux de croire vraiment et  en même temps si maladroits dans les paroles comme dans les attitudes. Nous sommes maladroits à l’égard de Dieu et à l’égard de notre prochain.  Si souvent, nous désirons des choses que Dieu ne désire pas pour nous. Si souvent nous nous imposons des poids que Dieu ne nous demande même pas. Alors qu’il nous demande de nous alléger à son contact. Car en sa présence tout devient simple. Même si parfois ce n’est pas facile, la communion eucharistique  nous est d’un grand secours. Elle permet  à Jésus de nous laisser nous réajuster pour avoir le regard juste sur Dieu et sur nous-même.  Elle permet à ce Jésus, maitre et Seigneur, de s’enraciner dans nos vies. Ainsi nos vies, peu à peu, deviennent le lieu de sa vie et de tout amour d’un Dieu trinitaire.

Et le reste, en termes de conséquences d'une  rencontre  ainsi ajustée, suivra. Suivra le réglage de la montre pour ne pas oublier la prière. Suivra aussi le réglage de la pensée pour ne pas oublier Dieu. Et restera alors le réglage de l’action pour ne pas oublier notre prochain. Car le repas eucharistique ne nous isole pas des autres. Bien au contraire, nous en rapproche. Par la communion, tout être rencontré devient un véritable frère et sœur. Celui, dont on partage, un peu ou totalement, la vie et qui est le chemin de vie de Dieu en nous.  AMEN

2017/04/09 - Homélie - Rameaux

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le jeudi 24 août 2017 14:06

Quel contraste entre les deux situations. D’un côté la foule en liesse qui accompagnait Jésus dans son entrée à Jérusalem. De l’autre, la foule qui crie : à mort ! C'est la même foule qui est capable de l'un et de l'autre. Si souvent nous faisons partie de ces deux types de situations.

Méfions-nous des foules, imprévisibles et versatiles. Méfions-nous des foules qui expriment les opinions des majorités silencieuses qui sommeillent dans les attitudes opportunistes. Méfions-nous des foules qui se laissent porter par les vents de l'histoire qui soufflent, on ne sait  d'où, mais on sait vers où. Méfions-nous de nos propres sensibilités forgées à la sueur de notre front. Notre expérience et notre intelligence sont le lit de nos opinions sur la vie.

Mais sont-elles amarrées sur l’Évangile ? Qu’est-ce que tout cela vaut  face à l’Évangile ? Quel est le référentiel de notre vie et de nos convictions. Quelle est la place de l’Évangile dans nos vies ? Est-ce que nous laissons coloniser nos convictions profondes par les opinions du moment, fussent-elles  forgées dans la loi régissant la vie de ‘une société ?

Avec la messe des rameaux de ce soir et ou demain, nous entrons dans la Semaine Sainte. Les célébrations de la semaine sainte sont là pour nous aider à nous réajuster sur l'axe du message de l'Évangile. Elles nous aident à marcher droit en suivant ce Jésus, Roi  des serviteurs et Ami des pauvres.

Si nous voulons vivre libres et dans l’amour véritable, reconnaissons-nous comme étant de ses serveurs ! Reconnaissons-nous d'être de ses pauvres. Nous sommes pauvres de sa vie. Nous sommes pauvres  de son amour. Nous en sommes pauvres et donc avides. Ne nous en privons pas.

Aujourd'hui, ce Jésus, roi serviteur, passe juste devant nos yeux. Aujourd'hui, il passe juste devant nos cœurs. Accueillons-le en fidèle disciple. Pas en foule avide de nouvelles sensations ou  nostalgique des sensations à renouveler.

Mais en disciple heureux d'avoir, non pas un maître à penser, mais un maître à vivre et à agir. Et si on a un maître à vivre et à  agir, on saura comment penser par nous-même. Dieu n'attend que cela,  il attend  notre autonomie, autonomie  de gens responsables.

Et tous, ensemble, laissons-nous donc transformer par Dieu lui-même en communauté de disciples. Disciples qui viennent ici, pauvres et serviteurs, qui viennent chercher des raisons d'espérer. Amen !

2015/04/02 - Homélie - Jeudi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le lundi 1 juin 2015 15:01

Le lavement des pieds occupe une place centrale dans la mise en scène de la dernière Cène que nous célébrons aujourd’hui.

Bien sûr, c’est l’eucharistie,  en tant que l’action de grâce, que nous y célébrons.

Un mémorial comme lors de toutes les messes.

Mémorial qui aujourd’hui met l’accent sur l’origine.

Pour cela que le lavement des pieds y est mis en place.

Ce qui fait le cœur de l’action de Jésus et pourquoi nous rendons grâce à Dieu,

C’est son attitude de service.


C’est sa capacité à nous aimer jusqu’au bout.     


Sans rien attendre au préalable ni au retour.

La gratuité de Dieu est à ce prix-là et elle est totale.

Elle est aussi sans appel.


Qu’est-ce qui nous reste  donc à faire ?


D’abord de l’accueillir comme une bonne nouvelle.

Puis, essayer d’en vivre.

« Ce que je fais aujourd’hui tu ne le comprends pas,

Tu le comprendras plus tard » dit Jésus à Pierre !

Et par lui, à chacun d’entre nous.

Pour comprendre il faut renaître,

Renaître de l’eau et de l’esprit.

L’eau du baptême, pour la plupart d’entre nous, nous l’avons  déjà reçue.

Et par cette eau nous avons reçu la vie de Dieu.

Pour avoir la vie avec Dieu, nous avons aussi reçu l’Esprit.

Dans le baptême et dans la confirmation,

Mais l’Esprit, nous le recevons tout le temps, si nous le voulons bien.

Nous le recevons chaque fois que nous accueillons la bonne nouvelle,

La vie de Dieu dans nos vies.

La vie de Dieu et la vie avec Dieu, voilà à quoi nous sommes appelés.

Et cela suppose passer par la mort,

Par bien de petites ou grandes morts jusqu’à cette dernière, ultime.


Voilà des conditions très simples pour comprendre ce que veut dire être serviteur.

Passer par des morts à soi, à ce qui nous détourne de l’autre et qui nous en éloigne.

Alors que nous rapprocher de l’autre  en vue de service,

Cela nous rapproche de nous-mêmes.

Cela nous rend humbles !

Et dans l’humilité bien placée, car au service de la vie nous découvrons la vérité.

Nous savons alors qui nous sommes,

Nous savons que nous sommes pour les autres et à cause de cela nous sommes nous-mêmes.

C’est ce que vise cette mise en scène que nous faisons chaque année  le Jeudi-Saint.


Mais non seulement dans les églises.


Quelle n’était pas ma surprise lorsque j’ai vu dans le journal de Korea Times de ce premier avril la photo du lavement de pieds.

Avec l’explication suivante, intitulée “Respect for each other” puis “Myongi University President Yoo Byung-jin washes a

student feet during a ceremony at its campus in Seodaeum-gu Seoul, Tuesday. The university has held the foot-washing

ceremony for 15 years to encourage honor and respect among students and professors”


On ne va pas s’en plaindre, il nous faut seulement veiller à ne pas oublier la source, la raison pour laquelle nous le faisons.

La raison pour laquelle nous mettons en scène ce geste et comment nous essayons d’être au service.

Et c’est la même raison.

Cette mise en scène nous invite à être de la sorte pour nous trouver toujours davantage dans la vérité.

Pour nous retrouver dans la vérité.

Celle de l’amour, le plus près  de la source, le plus près du cœur, le plus près de la vie.

De toute vie.


Pour réinitialiser des liens de vie,


tels qu’ils sont désirés par Dieu

- par le service simple du frère,

- par l’attention à ce qui pourrait faire grandir l’autre,

- par une parole qui console,

- par un pardon qui ne connaît ni honte ni fierté mal placée, mais seulement le désir d’être encore dans la vie, la vraie vie.


Jésus l’a fait pour nous,

Ce soir nous en réactivons la mémoire.

Malgré la gravité du moment, comment en même temps ne pas être dans la joie !


Tout en oubliant

- tous ces services attendus et pas reçus

- tous ces pardons  donnés et pas accueillis

- toutes ces disponibilités affichées et pas prises en compte

- tout ce en quoi nous pensions être serviteur prêt à agir, mais comme l’ouvrier de la dernière heure, presque sans espoir d’être embauché.


Offrons à Dieu le père toute cette mémoire, la nôtre, à cause  de celle de Jésus, la sienne faisant son œuvre dans la nôtre. AMEN

2014/04/18 - Homélie - Vendredi Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le mercredi 4 juin 2014 15:22

Tout est accompli !


Jésus rend le dernier souffle. Sa vie sur terre n’est plus. Il reste  le souvenir de sa vie bien visible dans ce corps outragé, défiguré, battu, cloué au bois de la croix.   Il reste quelques gestes à faire pour déposer le corps dans une tombe. Tout est fini. Puis rentrer chez soi et continuer tant bien que mal à vivre. Mais le souvenir revient.  Tout n’est  pas fini. 


‘Tout est accompli’, n’est pas synonyme de tout est fini. Dans les paroles de Jésus, sa mission se termine,  mais pas sa vie. L’évangéliste Jean note que Jésus, inclinant la tête,  remit l’esprit. Cette expression ‘remettre l’esprit’ est à comprendre un peu comme on dit ‘il a rendu l’âme’.  Il y a une transmission. Sa vie sur terre n’est plus, mais cette autre vie, celle qui l’anima pour être constamment en lien d’amour avec son Père, elle se poursuit. Elle reviendra rejoindre Jésus  dans un corps transfiguré. Mais ce soir nous n’y sommes pas.


Ce soir nous méditons sur la mort du Christ sauveur.


Les quatre évangélistes ont ensemble noté sept paroles, sept phrases, sept expressions  du Christ en Croix. ‘Tout est accompli’ est la dernière. Celle-ci résume toutes les autres :
-Celle sur la promesse donnée au bon larron d’être au paradis,
-sur le pardon à ses bourreaux,
-celles où il confie son disciple à sa Mère et
-sa mère à son disciple,
-celle ou il crit ‘Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné !?’ (en citant le psaume 21 que récitait les mourants).
-Puis celle de  ‘j’ai soif’ que nous avons aussi  entendu juste avant


-‘Tout est accompli’


‘Tout est accompli’ résume toutes les précédentes, résume toute sa vie.  


Ses paroles sont si immensément grandes qu’elles sont capables d’accueillir tous nos accomplissements à notre tour.


Bien évidemment avant l’accomplissement final, il s’agit de considérer tous nos accomplissements durant notre vie. Bien plus petits, imparfaits, pour chacun différemment, nos accomplissements  pleins de projets à réaliser parfois au prix de luttes insoupçonnables. Nos accomplissements du désir d’aimer comme Dieu nous aime, souvent, sans savoir réellement le lien entre un tel amour et la souffrance. Tous nos accomplissements ne sont pas pour autant sans valeur pour Dieu le Père qui nous accueille dans toutes nos petites ou grandes morts. Et qui nous accueillera un jour,  comme il avait accueilli son fils lorsque celui-ci  lui a  remis son esprit.


Aujourd’hui méditons sur la mort de Jésus et l’immense cadeau qu’il nous fait pour nous entraîner  avec lui  devant Dieu le Père à qui dans son souffle il remet tous nos souffles. Dans cette célébration  retenons le nôtre pour  méditer sur le sien, qui malgré toutes les apparences est  plein de vie.  AMEN

2013/03/30 - Homélie - Vendredi-Saint

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 avril 2013 10:56

Nous voici au milieu du Triduum pascal. Après avoir célébré la mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples et refait le geste qui symbolise le service, nous voici au coeur même de ce qui fait la vérité du salut : la passion du Christ. Tous les évangélistes  notent avec détails les derniers instants de la vie de Jésus ; c'est dire l'importance qu'ils y accordent. La longue lecture de la passion   met devant nos yeux et nos coeurs la réalité de Jésus-Christ sauveur. Le Christ est mort pour nous ! Qu'est-ce à dire ? Je prends appui sur deux passages des lectures d'aujourd'hui qui précèdent la lecture de la passion.
 

Dans le livre d'Isaïe, nous trouvons plusieurs textes  sur le serviteur souffrant qui libère du péché, que les chrétiens ont appliqué au Christ. Tout d'abord 'Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur,  justifiera les multitudes' (Is53,11) et le suivant à la fin du passage retenu pour la liturgie de ce Vendredi-Saint, nous trouvons une sorte de résumé de l'ensemble : 'Il a était compté avec les pécheurs, alors qu'il  portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.'   (Is53,12)


En d'autres termes, il a pris sur lui les péchés des hommes et leurs souffrances aussi. On pourrait dire,  il les a pris pêle-mêle, tellement il a épousé la condition humaine ainsi doublement marquée. La condition humaine, il l'a épousé de façon totale et définitive.  Il y est parvenu  au moyen de l'obéissance absolu à son père. Certes, il aurait pu échapper un peu, beaucoup,  à ce destin, à une mort aussi infâme. Il ne l'a pas fait.


Prenons l'image du calquage. Pour cela nous avons besoin de deux feuilles, une feuille avec le dessein ou écriture et une autre vierge superposée. Puis, à l'aide d'un stylet en frottant la feuille vierge, le dessin de celle qui est en dessous réapparaît sur celle qui est à l'extérieur. Jésus  en adhérant totalement à la condition humaine, dans une obéissance sans faille, a ainsi pris sur lui tout ce qui était négatif dans cette condition humaine : les péchés et les souffrances qui en résultent.   Il a entièrement absorbé tout ce qui alourdissait spirituellement l'existence humaine, il a coupé la source du mal. Sans pour autant empêcher la nuisance des conséquences liées à notre condition terrestre, mais pour cela il demande notre coopération.


Notre coopération, c'est le sens de la seconde lecture, de l'épître aux Hébreux : " Avançons pour.... recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours " (He4,16). C'est notre réponse à la vie toute donnée par le Christ. Où est-ce que nous la recevons. Déjà dans le baptême, puis dans la confession, dans le pardon demandé et offert.  Nous la recevons aussi dans la communion eucharistique qui par une telle union avec le Christ est également un remède, un médicament pour donner non seulement des forces spirituelles pour  être en présence d'un tel amour, mais également avoir de quoi disposer pour lutter  contre le mal. La grâce de son secours, nous la recevons également dans toute prière juste, c'est-à-dire dans laquelle nous nous remettons à la volonté de Dieu comme Jésus-Christ l'a fait. Sans oublier le fait que parfois la grâce de son secours peut même agir à notre insu, sans que nous le sachions, c'est seulement après coup que nous nous disons, ah ! maintenant, je comprends pourquoi un tel changement dans ma vie.  Et puis la grâce de son secours peut aussi se manifester chez les autres, mais de telle sorte que nous la voyons agir, tout comme agissant en nous elle peut être immédiatement visible par d'autres.  Visible ou pas, le salut opère et c'est dans l'intimité de notre coeur que nous l'accueillons. En faisant ainsi nous adhérons toujours davantage au Christ comme il a déjà adhéré à nous, pour que nous puissions vivre de sa vie, bénéficier de sa grâce, celle de la Vie  en Dieu.

2013/03/28 - Homélie - JEUDI-SAINT

Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
Créé le vendredi 5 avril 2013 10:50

I.
Traditionnellement, le Jeudi-Saint, nous commémorons  l'institution de l'eucharistie. C'est le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

Mais, les derniers travaux historiques font prendre conscience du fait que probablement ce dernier repas n'a pas eu lieu le jeudi mais le mercredi. Pourquoi ?

C'est à cause de la durée légale nécessaire en droit  juif de l'époque pour condamner quelqu'un à mort. Le pape Benoît XVI a apporté la réflexion à ce sujet sur le terrain de la théologie catholique.  Mais peu important pour nous.

Ce soir, nous fêtons les adieux de Jésus avec ses disciples dont nous faisons partie.


II.
Nous avons probablement tous en mémoire l'expérience d'un dernier repas avec quelqu'un de nos proches, juste  avant  notre départ ou le leur.

Celui de Benoît XVI fut particulièrement touchant, à cause des circonstances.

Je me permets aussi d'en citer deux personnels qui me viennent à l'esprit. L'an dernier la veille de mon départ pour Hong Kong,  je me suis retrouvé entouré de ma famille polono-sino-française et quelques amis.

Il n'y avait pas de message particulier délivré, mais l'ambiance en disait long sur le caractère exceptionnel de la soirée.

Puis, le premier dimanche  à Hong Kong, j'ai participé au farewell d'une famille qui rentrait en France.

A l'espace de quelques jours, j'ai donc été dans les deux situations, en tant que celui qui part et en tant que celui qui voit d'autres partir.


III.
Jésus délivre un double message très fort.

Ses adieux se font au cours d'un repas, le repas qui sera repris en mémoire de Lui par ses disciples.

Il restera présent dans ce partage, partage de la nourriture. Partage, il n'est que cela.

Amour incarné, vie toute donnée, sans ombre de doute sur la liberté souveraine qui  accompagne ce don.

Quelle chance nous avons de pouvoir être dans une telle proximité avec Lui !

Il se rend intime à nous même, plus intime que nous même pour nous-même.

Quelle ouverture d'esprit cela peut vouloir signifier ! 

Et tout en étant aussi intime, il ne perd rien de sa souveraineté divine.

Du coup, pour nous qui l'accueillons tel, noblesse ainsi acquise oblige !

Qu'est-ce à dire, sinon que nous avons un trésor inouï  dans nos vies.


IV.
Deuxième signal fort que Jésus envoie, c'est le lavement de pieds.

L'Evangéliste Jean est le seul à en rendre compte.

Et ce signal est d'autant plus fort, que l'évangéliste Jean est aussi le seul à ne pas mentionner l'institution de l'Eucharistie.

C'est dire la valeur que le lavement de pieds revêt dans la vie chrétienne.

Là, encore un souvenir personnel : la première fois qu'il m'a été donné d'accomplir ce geste en tant que prêtre, ce fut dans une église où l'autel amovible fut déplacé et le lavement de pieds a eu lieu à l'endroit même de l'autel, dans le creux ou habituellement reposait l'autel.

Cette image ne me quitte plus.  


V.
Conclusion de la superposition de ces deux gestes.
 
L'eucharistie ne nous enferme pas sur notre vie de foi.

Certes, elle la nourrit, mais  pour la faire partager.

Le nouveau pape, François, à sa manière, nous rappelle  le chemin par où doit passer la vie chrétienne.

Si nous voulons être fidèles à ce que Jésus nous apprend voici le chemin.

Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, les uns plus visiblement que d'autres, les uns sur un terrain plutôt que sur d'autres, mais chacun, nous accomplirons, comme nous le faisons déjà,  au nom de la foi, ce geste de service.

Et le degré de conscience qui l'accompagne est presque peu important.

Presque, car c'est toujours mieux de savoir pourquoi et surtout à cause de qui et pour qui, l'on fait des gestes aussi engageant pour la vie tout entière, en commençant par le coeur et l'âme.

Et la bonne conscience c'est surtout celle-là, celle qui dit au nom de quel amour nous sommes dans le service, et comment Dieu nous y a mis.

La belle vocation de chacun de nous que nous célébrons ce soir !

2012/04/01 - Concert-méditation autour de la PASSION DU CHRIST

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le lundi 16 avril 2012 16:43

1.    (après no2)   

Tout va bien dans la vie,
Tout semble se dérouler,
Comme dans un rêve.

Comme dans un paradis,
Rien ne pourra troubler 
La reconnaissance de la grandeur de Dieu
Pas plus que le désir de le suivre.

Tout baigne dans la lumière,
Bien que.....ton coeur  saigne, Seigneur !

 


2. (après no4)

Eh, oui ! ce paradis ce n’est pas pour tout de suite !
La souffrance s’invite,
La mort guette  au  coin des lèvres qui respirent, encore !
La vie limitée prend du relief,
Elle qui semblait baigner dans une étendue sans fin !
Le bonheur est troublé.

Il est troublé, le bonheur, par les souffrances
Et la mort prochaine d’un ami, d’un si proche,
Tellement proche que là  en revanche, rien ne pourra 
Troubler une telle intimité ! 
Le bonheur est troublé, mais pas l’intimité.
Elle, elle est si limpide,  si cristalline.
Le bonheur est troublé, lorsque quelque chose de profondément désagréable
De franchement inquiétant pour les entrailles s’invite  
Et ne vous quitte plus.


C’est Dieu qui souffre et moi avec.
Lui pour tous, moi pour moi,
Comme l’un ou plutôt l’autre larron,
Mais  avec lui !

Ainsi soit-il !

 


3.  (après no7)

Erkenne mich, meine Hüter, Reconnais-moi mon berger ;
De toi découle beauté, douceur et joie céleste.
Quel soulagement de le savoir,
Rien qu’à y penser, de nouveau  tout baigne dans la lumière.

C’est le jour de grâce,
C’est le moment favorable,
Où rien n’est lourd,
Rien n’est compliqué,
Tout est simple,
Certes tout est grave,

Mais tout est joyeux..... 

Tout,
Puisque, dans l’offrande de la vie,
La véritable communion est là,
Là, dans l’offrande de la vie !

 


4.  (après no10)


Dépêchez-vous, les âmes tourmentées
Dépêchez-vous !
Où ?
Au Golgotha !     
Volez, les âmes, volez avec les ailes de la foi !
Où cela ? où cela ?
A la colline, colline de la foi !

Votre salut y fleurit

Un rendez-vous au  Golgotha, ce lieu de (du ?) crâne !

La mort y a déjà préparé  un tapis clouté
Pour accueillir les passants de la vie,
Eux, qui deviennent des arrivés.

Elle, elle leur a mis la table
Pour un festin bien funèbre
Sa joie est au comble  de ses ténèbres !
Attirer des naïfs dans des lieux
On ne  peut plus obscurs...

Quel bonheur, et quelle monture
Pour un pégase qui s’envole
Qui s’envole et qui  s’écrase.

 

Pause :

Annonce de la quête, musique

 


5. (après no12)

Erbame dich, Herr, erbame dich !
Aie pitié de moi Seigneur, aie pitié !

Bach, lui, inégalé dans toute sa musique et  dans tous ses cantiques, ici Bach, se dépasse lui-même, est-ce possible ? 
Lui, pauvre pécheur, lui l’humble marcheur sur les traces du Christ.  Lui, le planeur qui surfe sur les notes de musique se posant devant lui, comme le tapis d’Aladin, pour l’accueillir là  où se trouve déjà, elle, sa musique, mais pas encore lui dans sa propre vie.

Il y en a qui comme dans une communication téléphonique par satellite, sont tellement en décalage, que lorsque les anges font le récit de leur vie, il faut du temps pour que leurs oreilles terrestres  puissent capter ce qui est en train de leur être confié.

Nous voici devant le  morceau de musique, le plus prenant,  comme d’autres le sont devant un morceau de parchemin ou papyrus tout fraîchement découvert, immaculé pour les yeux et l’âme, et  qui tel le contemplent.
Rien d’étonnant à cela, c’est le morceau sur lequel s’écrit la repentance, la conversion, le point de bascule pour toute vie chrétienne, bascule arrivant quelque part sur la trajectoire d’une vie.  

Aie pitié de moi, Seigneur ; aie pitié de moi ; de moi et de mes larmes !

Aie pitié de moi, à cause de mes larmes !

Regardes vers moi, mon coeur et mes yeux pleurent  amèrement devant toi !

 


Il est temps de naître
Il est temps de disparaître

Enter les deux, le temps de pleurer
Pleurer sur le fait de naître
Et sur le fait de ne pas pouvoir disparaître
En attendant mieux paraître

Dans cet espace où les gouttelettes
De conscience perlent sur le front cadavérique,

Comme sur un front peint au couleur de la mort, d’une macabre fresque, (c’est à cause de la fresque que j’ai envie de mettre le cadavresque).

A quoi pense-t-il, un crâne portant un tel front,
peint aux couleurs de la mort, lui, le crâne,
qui n’est pas encore sur le Lieu du Crâne ? 

En attendant, à la tienne !
Buvons à la santé des morts, trinquons !

 


6.  (après no14)

Tout est engagé dans son amour
Même le vouloir de la mort
Qui pourrait le faire comme lui ?
Qui comme lui le pourrait ?
Lui seul, car c’est seulement
dans l’amour absolu que
Le vouloir et le devoir ne font qu’un !

 


7. (après no16) 

Tout est accompli !  Er ist vollbracht
la mort sautille autour, se pose sur les épaules, entre dans les oreilles,
elle devient intime, elle est toute joyeuse...

Tout l’inverse de celui qui va mourir, bientôt, très bientôt, dans quelques instants.

Mais, là, dans ce rendez-vous étrange, ils sont trois : lui, la mort, sans oublier son Père, cela va de soi !

 


8. (après no18)

Tout est accompli !
Je vais te raconter ma plainte.
C’est toi qui es maintenant cloué sur la croix !
Moi, en racontant ma plainte, je ne me plains pas !
Je voudrais juste savoir si  ce ‘tout est accompli’ est aussi pour moi ?
Crois-tu ? car moi, je ne le crois pas !

Je ne crois pas, tant que je ne suis pas sûr d’hériter de ton Royaume !
Je ne le crois pas, tant que la rédemption du monde n’est pas totalement assurée !

Tu crois ou tu ne crois pas, c’est comme ça !   

 


9. (après no19)


O Haupt voll blut und wunden
Visage couvert de sang et de blessures !
Une nouvelle identité, une nouvelle photo
Dans le passeport pour l’éternité dans le pays de morts.

D’où il n’y a même pas de revenants !
Qu’est-ce qui en reste ?
Un masque mortuaire ?
Non ! pas le masque, mais le vrai visage

Le mal  ne se cache pas dans   la peau,
Ce Jésus terrassé, le mal, il l’a maintenant  dans la peau, dans sa peau, comme dans sa poche.

Mais le malin voudrait
Que la peau soit un masque mortuaire.

Juste ça !

Non, elle n’est pas le masque, elle est le vrai visage.
Là-dedans, dans cette souffrance
Fixée pour le temps d’éternité sur terre

 


10.  (après no20)

Les deux derniers morceaux, les deux dernières partitions, les deux dernières productions,
Juste avant de reprendre la route de retour, avant  de rentrer chez soi ;
Reprendre la route  et rentrer  chez soi, est-ce la même chose ?
Pourquoi être gêné par les deux variantes d’un synonyme ?

En fait, reprendre et rentrer ne se trouvent-ils pas en bonne compagnie avec le repartir ?
Oui repartir plus vivant, plus avec nous-même. Certes, meurtris, mais plus avec nous-même !
Quelque soit la paix, elle sera le lot de tous les porteurs de rameaux

Reposez en paix, dépouilles sacrées et apportez-moi aussi la paix
Refermez l’enfer et ouvre-nous le ciel pour toujours.

 


µµµ

 


SDG***Soli Dei Gloria
Tel que signait souvent Bach

 


Collégiale Saint Martin de Montmorency : 1er avril 2012       
Choeur EAUBONCANTO, dirigé par Benoît Mariaux
Soprano : Cécile Pierrot
Alto : Florence Carpentier
Basse : Bastien Milanese
Piano : Ana Maria Gorce
Récitant : Rémy Kurowski
Orgue de choeur : Elisabeth Guy-Kummer
Grand-orgue : Bastin Milanese (entrée) et Maris Podekrat (intermède)

2012/04/07 - Méditation - Samedi saint (Os5-6)

Category: Partages spirituels proposés en paroisse
Créé le lundi 16 avril 2012 16:10

Pourquoi ce passage de l’Ecriture pour un samedi saint ?

 


Certainement à cause de cette phrase plus ou moins énigmatique :
au troisième jour, il nous aura relevé’ (Os6,1)

 

En effet les chrétiens, et Tertullien l’atteste déjà au début du III siècle, ont appliqué à cette phrase la résurrection  du Christ.

 


 Le Prophète Osée ayant vécu au VIII siècle avant Jésus-Christ fut  le chantre de l’amour de Dieu. Dans sa vie comme dans son enseignement, Osée accomplit des gestes à grande portée symbolique et use des images ‘parlant’. Il va constamment s’appuyer sur les images de l’amour du père pour son fils et d’un homme pour son épouse.  

 


Osée a  eu l’audace de dire que le Seigneur est un Dieu passionné et parle de son désir, de sa déception, de son indignation même, de sa colère, mais aussi de sa tendresse toujours plus forte, car elle est le dernier mot de Dieu.

 

En effet la somme d’infidélités, de péchés, de trahisons même ne fera jamais renoncer Dieu à  poursuivre son but. Rien ne l’arrête, comme à l’époque de Osée, époque si tourmentée dans le royaume du nord  d’Israël, tout autant aujourd’hui.

 


Même pas la mort   dans laquelle se font précipiter des êtres humains à la suite des divers actes au fort potentiel d’intrigues de tout genre, dans le plus ou moins politiquement incorrecte. 
???difficile à comprendre
Bien plus, dans l’expérience de la mort sont ensevelies toutes les attentes d’un tel Dieu, qui à l’instar de son propre Fils relèvera d’entre les morts  tous ceux qui  entendront sa voix.

 

Après les deux jours il nous rendra la vie
Le troisième il nous aura relevé.

 

Et comme poursuit le texte :

 

Et nous vivrons en sa présence.   

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