Site web Rémy Kurowski - 2018/03/29 - Homélie - Vendredi Saint

2018/03/29 - Homélie - Vendredi Saint

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1° Le Christ meurt. Le Christ est mort en sacrifice. Ce sacrifice n’est pas accompli dans le Temple. Il est accompli à l’extérieur, en dehors même de la ville. Il l’est dans le monde. Il l’est dans le corps, dans la chair toute humaine de ce Jésus qui se donne en nourriture. Il y est mort pour la vie de toute l’humanité. 


Le sacrifice d’animaux dans le Temple était une substitution, une figuration, une préparation. Le sacrifice dans la chair du Christ accompli en dehors du Temple est un accomplissement de l’œuvre divin  de salut du monde. 


Jésus meurt dans la dignité divine d’offrande parfaite, alors qu’il est dépouillé de sa dignité divine et de sa majesté. Jésus meurt dans la dignité divine d’offrande parfaite, alors qu’il est bafoué dans sa dignité humaine la plus fondamentale. C’est donc dans ce double dépouillement que s’accomplit le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est ce que nous célébrons à chaque messe en souvenir de cela. Mais ce soir c’est le souvenir qui prend le pas sur la messe comme conséquence. Aujourd’hui il n’y a donc pas de messe. Mais nous restons concentrés sur ce qui fait sa raison première, l’accomplissement de l’œuvre de salut du monde. 


2° Le Christ meurt à grand pas. Quand la vie des uns s’en va à grand pas, la vie des autres s’en vient à petit pas. Le Christ meurt vite. Tout y est mort, et tout y est mort vite. Rien ne traine. Ni accusation, ni procès,  ni exécution, ni elle-même la mort. La preuve, ils n’ont pas brisé les jambes de Jésus en voyant qu’il était déjà mort.  


Tout cela défile devant nos yeux. A grande vitesse. Trop vite pour nous en imprégner, pour en profiter à fond, pour en recueillir les fruits. Et le fait de revenir l’an prochain le même jour, à la même heure (pas forcement au même endroit) pour continuer à approfondir tout cela  ne nous console guère. 


Nous avons soif de suivre le rythme de la vie de Jésus jusque  dans sa mort. Mais cela va trop vite. Trop d’informations à retraiter, trop d’émotions à recueillir pour accueillir ce Jésus qui s’en va et qui vient. Ou plutôt qui passe avec des images chargées de sens et d’émotions qui, elles, défilent devant nos yeux. 


Durant l’année, nous approchons à notre rythme, tant soit peu, de ce que fut la vie de Jésus. Maintenant, durant la Semaine Sainte, et aujourd’hui, en ce moment-même, nous nous  approchons de sa mort comme nous le pouvons. En pensant à nos proches qui sont morts et en pensant  aussi à la nôtre. Nous nous en approchons pour y voir l’offrande de Jésus qui porte aussi notre offrande.  


3° Nous mourrons avec lui. Nous le faisons sûrement maladroitement. Trop vite, presque à notre insu.  Mais nous le faisons puisque nous sommes là. Là au milieu de cette chapelle, au centre de notre vie. En lien avec la vie de Jésus. Nous le faisons en lien avec sa vie et sa mort. Sa mort qui préfigure et annonce la nôtre. La mort à petit feu au péché et la mort physique à grand éclat.  Et chaque fois, c’est la décision qui est à prendre. Je veux, oui ou non, appliquer à ma vie les paroles de la prière de Jésus qui s’adresse à son Père : « Que ta volonté soit faite ». Chaque fois c’est une mise sur la Croix. Quitter le péché pour hâter le pas vers le ciel.  Quitter cette terre, pour aller au ciel. Chaque fois c’est crucifiant mais salutaire. AMEN