Site web Rémy Kurowski - 2018/03/30 - Homélie - Rameaux

2018/03/30 - Homélie - Rameaux

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Joie, foule, solitude et silence

 

INTRODUCTIONS


Avant la procession

Nous nous trouvons dans un endroit inhabituel pour commencer la messe d’aujourd’hui. Nous nous retrouvons ici à l’extérieur pour ensuite faire la procession à l’intérieur jusqu’à la chapelle. 

Procession veut dire marcher  ensemble en silence et ou en chantant. Par cette procession nous adoptons la même attitude et nous imitons les mêmes gestes qu’à l’époque de Jésus, lorsque les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus avec acclamations de joie. Ils étaient et nous sommes, les palmes, ou plutôt les rameaux d’oliviers en souvenir de Noé (que l’on trouvait facilement à cause de la  proximité avec le mont des oliviers), ou d‘autre branches vertes à la main. 

Eux jadis et nous ce soir, nous reconnaissons que ce Jésus qui entre dans la ville de la Paix est un roi.  Mais, il est un roi, pas comme les autres. Le fait qu’il soit sur un âne l’illustre suffisamment bien pour  le comprendre ? 

Jésus est un roi qui veut régner par le service, service de la paix à cause de l’amour infini de Dieu. Par cette procession nous figurons que nous l’accueillons comme roi-serviteur de la paix dans notre cœur. Monter sur un âne, ce n’est  donc pas une farce, c’est une manifestation de Dieu.  

Toutes les célébrations durant la Semaine Sainte qui vont suivre ont pour but de nous aider à reconnaitre différentes facette de cette manifestation de Dieu. 

Pour le moment marchons dans la joie. 


Avant la première lecture

Isaïe 50- serviteur souffrant. C’est un message du prophète à ses contemporains. Le peuple d’Israël est en exil en Babylone. Malgré une si grande épreuve, ce peuple demeure fidèle à Dieu, il reste son fidèle serviteur. 

Dieu compte sur son peuple pour faire aboutir son projet de salut de l’humanité. Le peuple d’Israël reste le fidèle serviteur parce qu’il se laisse nourrir par la Parole de Dieu. Et il le fait, tout en étant persécuté  en raison de sa foi. Ou peut-être à plus forte raison. 

Au cœur même d’une telle persécution ce serviteur souffrant constate que « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille ». Ce qui veut dire que, malgré la souffrance qui siphonne toutes les énergies et les déverse sur elle-même, ce serviteur (nom collectif d’Israël) a encore  la force de maintenir en lui l’oreille ouverte : Pour écouter la Parole d’encouragement, de consolation, d’espérance et donc se laisser instruire par une telle Parole. 

Ce texte exprime une très forte intimité entre Dieu et son serviteur. Intimité possible car vécue dans la confiance.  Cette confiance absolue  « le visage dur comme pierre »  permet d’avoir l’oreille toujours ouverte. 


Avant le psaume 21

Prière de mourant : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 Ce qui veut dire je m’en vais d’ici, de cette vie, je m’en vais tout seul, vraiment seul, moi-même. Pourquoi maintenant ? Parce que l’heure est venue. Mais je m’en vais vers Toi. Israël, toujours le peuple dans son ensemble,  est comparé à  un  condamné à mourir sur la croix. 

Mais le condamné n’est pas mort. Ce qui, dans ce psaume, veut dire que l’Israël est rentré de l’exil. Israël rend grâce pour cela. 

Ce psaume est une sorte d’Ex-Voto composé de trois parties : danger, prière, sauvetage. Au milieu du danger on a prié, fait un vœu, on a été délivré et on tient la promesse. 


Avant la seconde lecture, Ph2 :

Jésus est ce serviteur de Dieu  par excellence.  Il résume en lui-même toutes les souffrances endurées par son peuple et tous les hommes de la Terre, ceux du  passé, du  présent et de l’ venir. Les premiers chrétiens (en se sentant concernés) ont médité sur mystère de la Croix, sur mystère du destin de Jésus. 

Jésus n’a pas cherché  les honneurs qui reviennent à Dieu. Parce qu’il est Dieu, Jésus veut sauver les hommes. Pour le faire il agit en homme et seulement en homme, pour montrer aux hommes le chemin. Chemin de fidélité pour accueillir le cadeau de Dieu qu’est la Vie, vie éternelle. Pour leur montrer que cela est possible. Il montre le chemin qu’en même temps il ouvre devant nos yeux.

 

HOMÉLIE


Passion de Jésus : ce qui frappe c’est sa solitude et son silence. Quand il n’y a plus rien d’autre à faire, quand tous les autres moyens pour révéler l’amour de Dieu dans le pardon et la conversion  en vue de la réconciliation sont épuisés, il ne reste que cela. 

Il ne reste que solitude et silence. Car la fidélité à l’amour est plus forte que l’obstination de son rejet. Jésus est passé par là, pourquoi cela  serait-t- différent pour nous ? 

Il suffit d’entrer dans les hôpitaux et les prisons, ou encore des camps de réfugiés ou des bidonvillles où habite la pauvreté extrême pour le constater. Solitude et silence. Elles peuvent être individuelles et collectives. 

Plongeons dans cette solitude personnellement et en tant que communauté chrétienne et par elle, plongeons dans la solitude de la communauté humaine. Et faisons silence pour entendre le silence des autres, afin de pouvoir un jour leur donner de la voix. La voix qui non seulement crie sa souffrance, mais qui est entendue. AMEN