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2019/01/23 - Homélie - Funérailles de Romain
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le lundi 28 janvier 2019 14:16
Introduction
Nous voici ensemble pour (entourer de notre mémoire vive notre enfant, mari, papa pour Noémie et Chloé, frère, cousin, ami, relation de travail. Et en même temps, nous sommes ici pour entourer de notre présence affectueuse les plus proches pour qui le deuil est le plus lourd à porter. Nous savons que tant d’autres personnes en ce moment ou dans les jours à venir vont se réunir pour la même raison quelque part en France ou ailleurs.
Welcome everybody coming from places even as far as Europe, Australia, Unites States and others . We are gathering today to pay homage to Romans’ life, and steadily remain here as relatives and friends surrounding the close family by our warm presence. Morning service is full of Romains` life we remember trying to nourish our own hope in life stronger than the power of death. Regardless our religious or not religious ground, definitely, here we are to celebrate life and its hopes.
Maintenant nous le faisons dans cette église. Une église est un le lieu dédié à la vie de la communauté des croyants dont Romain faisait partie. Cette église a une particularité car, elle fut construite pour faire apparaître le lien entre le baptême et l’eucharistie. Romain par le baptême était accueilli dans la communauté des croyants.
Aujourd’hui nous l’accompagnons dans ce geste d’adieu. La célébration des funérailles est calquée sur celle du baptême. Les gestes et les objets symboliques sont repris pour signifier le lien entre la promesse de vie éternelle et sa réalisation. La promesse de vie éternelle fut donnée dans le baptême. Maintenant nous le confions à la totalité d’une telle vie.
En signe de cette foi qui englobe toutes nos espérances, voici ce premier geste, celui de la lumière.
Homélie
Nous sommes face à l’insondable mystère de la mort. Chez Romain, saisissant est le contraste entre sa santé, son physique robuste, résistant à tout épreuve et ce qu’il a eu à vivre dans ces derniers jours avant de rendre son dernier souffle. Son agilité intellectuelle et sa compétence professionnelle étaient ses grandes caractéristiques (le caractérisait), mais de tout cela les témoignages ont déjà été donnés et d’autres vont venir préciser le portrait de sa vie. Si je m’en tiens juste à cette évocation, c’est pour signifier que Romain, corps et âme, est accueilli par Dieu. Si Dieu a crée une vie âme et corps, c’est pour que ensemble cette vie apparaisse dans l’au-delà, le corps à la résurrection des morts dans les temps derniers. Mais son âme est déjà accueillie par Dieu dans l’attente de son corps nouveau, capable de perdurer dans l’éternité entière. Ce qui est périssable, le corps physique, est destiné à la terre, l’incinération le signifie aussi. Ce qui est impérissable, l’âme, sera là pour accueillir son corps glorieux. Comment faire face à un départ pour le moins si inattendu ?
Cher Romain,
Puisque tu nous regardes de là-haut, tu vois tous ceux qui t’aiment, ils sont là ou désirent y être. Je ne sais pas si tu pouvais imaginer une telle expression d’amour et d’affection, d’attention et de présence. Aujourd'hui pour toi et ta famille, demain au nom de toi auprès de ta famille. Ni toi, tu ne cesses de les aimer, ni eux, ils ne cessent de t’aimer et de les aimer. Evidemment, nous tous, nous aurions préféré qu’une telle expression d’amour puisse se manifester à d’autres moments, bien plus humainement acceptables. Hélas, nous ne sommes pas maître d’un tel choix, il nous reste de répondre à ton amitié et ton amour maintenant, aujourd'hui et demain, si longtemps que durera notre vie sur la terre.
Et c’est un paradoxe redoutable que celui de voir apparaître encore plus d’amour dans les moments difficiles et marqués par la souffrance. C’est ainsi. Humainement nous n’arrivons pas à nous expliquer pourquoi ton départ si précipité. « Heureux les doux (meek), ils obtiendront la terre promise », une de béatitudes de l’Évangile lu tout à l’heure.
C’est ton épouse qui l’a choisi, en disant : oui c’est cette phrase qui le caractérise le mieux. Là encore ceux qui vous (j’ai choisi de garder cette hésitation dans l’adresse) ont connu pourraient dire que cette douceur, certes bien présente, pouvait parfois se cacher sous les heurs d’un homme à caractère fort qui savait ce qu’il voulait dans la vie et par quel chemin y aller. Et pourtant si, ce qui tenait autrefois de façon visible à la volonté d’un homme dédié à sa famille et amis, mais dans cet habit terrestre, maintenant n’est que douceur.
Oui Romain, votre douceur naturelle et profonde, si souvent montrée en contraste, maintenant elle n’est que cela. Dites-nous Romain, comment nous pouvons nous mêmes être dans une telle douceur qui permet de retrouver le ciel sur la terre pour pouvoir un jour emporter notre terre au ciel. En le disant, je pense en particulier à vos filles, Noémie et Chloé, leur maman, vos parents, grands parents, frères... tous vos proches. Vous êtes maintenant cette étoile qui dans notre ciel brille d’un éclat bien particulier, votre étoile vous l’avez maintenant rejointe, la nôtre nous essayons de la suivre. Prenez soin de nous depuis là-haut pendant que nous nous essayerons de prendre soin de nous-mêmes. AMEN
2019/01/23 - Homélie - Funérailles de Romain
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le lundi 28 janvier 2019 14:16
Introduction
Nous voici ensemble pour (entourer de notre mémoire vive notre enfant, mari, papa pour Noémie et Chloé, frère, cousin, ami, relation de travail. Et en même temps, nous sommes ici pour entourer de notre présence affectueuse les plus proches pour qui le deuil est le plus lourd à porter. Nous savons que tant d’autres personnes en ce moment ou dans les jours à venir vont se réunir pour la même raison quelque part en France ou ailleurs.
Welcome everybody coming from places even as far as Europe, Australia, Unites States and others . We are gathering today to pay homage to Romans’ life, and steadily remain here as relatives and friends surrounding the close family by our warm presence. Morning service is full of Romains` life we remember trying to nourish our own hope in life stronger than the power of death. Regardless our religious or not religious ground, definitely, here we are to celebrate life and its hopes.
Maintenant nous le faisons dans cette église. Une église est un le lieu dédié à la vie de la communauté des croyants dont Romain faisait partie. Cette église a une particularité car, elle fut construite pour faire apparaître le lien entre le baptême et l’eucharistie. Romain par le baptême était accueilli dans la communauté des croyants.
Aujourd’hui nous l’accompagnons dans ce geste d’adieu. La célébration des funérailles est calquée sur celle du baptême. Les gestes et les objets symboliques sont repris pour signifier le lien entre la promesse de vie éternelle et sa réalisation. La promesse de vie éternelle fut donnée dans le baptême. Maintenant nous le confions à la totalité d’une telle vie.
En signe de cette foi qui englobe toutes nos espérances, voici ce premier geste, celui de la lumière.
Homélie
Nous sommes face à l’insondable mystère de la mort. Chez Romain, saisissant est le contraste entre sa santé, son physique robuste, résistant à tout épreuve et ce qu’il a eu à vivre dans ces derniers jours avant de rendre son dernier souffle. Son agilité intellectuelle et sa compétence professionnelle étaient ses grandes caractéristiques (le caractérisait), mais de tout cela les témoignages ont déjà été donnés et d’autres vont venir préciser le portrait de sa vie. Si je m’en tiens juste à cette évocation, c’est pour signifier que Romain, corps et âme, est accueilli par Dieu. Si Dieu a crée une vie âme et corps, c’est pour que ensemble cette vie apparaisse dans l’au-delà, le corps à la résurrection des morts dans les temps derniers. Mais son âme est déjà accueillie par Dieu dans l’attente de son corps nouveau, capable de perdurer dans l’éternité entière. Ce qui est périssable, le corps physique, est destiné à la terre, l’incinération le signifie aussi. Ce qui est impérissable, l’âme, sera là pour accueillir son corps glorieux. Comment faire face à un départ pour le moins si inattendu ?
Cher Romain,
Puisque tu nous regardes de là-haut, tu vois tous ceux qui t’aiment, ils sont là ou désirent y être. Je ne sais pas si tu pouvais imaginer une telle expression d’amour et d’affection, d’attention et de présence. Aujourd'hui pour toi et ta famille, demain au nom de toi auprès de ta famille. Ni toi, tu ne cesses de les aimer, ni eux, ils ne cessent de t’aimer et de les aimer. Evidemment, nous tous, nous aurions préféré qu’une telle expression d’amour puisse se manifester à d’autres moments, bien plus humainement acceptables. Hélas, nous ne sommes pas maître d’un tel choix, il nous reste de répondre à ton amitié et ton amour maintenant, aujourd'hui et demain, si longtemps que durera notre vie sur la terre.
Et c’est un paradoxe redoutable que celui de voir apparaître encore plus d’amour dans les moments difficiles et marqués par la souffrance. C’est ainsi. Humainement nous n’arrivons pas à nous expliquer pourquoi ton départ si précipité. « Heureux les doux (meek), ils obtiendront la terre promise », une de béatitudes de l’Évangile lu tout à l’heure.
C’est ton épouse qui l’a choisi, en disant : oui c’est cette phrase qui le caractérise le mieux. Là encore ceux qui vous (j’ai choisi de garder cette hésitation dans l’adresse) ont connu pourraient dire que cette douceur, certes bien présente, pouvait parfois se cacher sous les heurs d’un homme à caractère fort qui savait ce qu’il voulait dans la vie et par quel chemin y aller. Et pourtant si, ce qui tenait autrefois de façon visible à la volonté d’un homme dédié à sa famille et amis, mais dans cet habit terrestre, maintenant n’est que douceur.
Oui Romain, votre douceur naturelle et profonde, si souvent montrée en contraste, maintenant elle n’est que cela. Dites-nous Romain, comment nous pouvons nous mêmes être dans une telle douceur qui permet de retrouver le ciel sur la terre pour pouvoir un jour emporter notre terre au ciel. En le disant, je pense en particulier à vos filles, Noémie et Chloé, leur maman, vos parents, grands parents, frères... tous vos proches. Vous êtes maintenant cette étoile qui dans notre ciel brille d’un éclat bien particulier, votre étoile vous l’avez maintenant rejointe, la nôtre nous essayons de la suivre. Prenez soin de nous depuis là-haut pendant que nous nous essayerons de prendre soin de nous-mêmes. AMEN
2017/03/30 - Homélie - Funérailles de Kelly
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le vendredi 25 août 2017 07:34
L’évangile que nous venons d’entendre vient comme une parole de Vie : vie de Dieu pour la vie de l’homme. St Jean rapporte cet échange entre Jésus et ses disciples comme une étape de leur formation. Thomas discute avec Jésus à ce sujet. Jésus annonce son départ et invite ses disciples à le suivre. Certes pas tout de suite, mais en son temps, lorsque leur vie aussi aura pris fin. Thomas exprime le désarroi des autres apôtres qui peut-être n’osent pas dire ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent au fond d’eux-mêmes.
Le départ de Kelly sa mort, si jeune, provoque colère désarroi, interrogations… en vous ses plus proches et en nous les autres qui communions à notre façon à votre souffrance. Sa mort nous provoque au sujet de la vie et la manière dans nous pouvons la mener sans elle. Non, plutôt avec elle, mais différemment, bien différemment.
Elle qui était si attachée à vous ses sœurs et à son frère, et vous quatre à vos parents, elle vous entraine aujourd’hui sur cette pente de l’existence qui est marquée par la présence de la mort au cœur de votre vie. Elle qui avait prévu de revenir ici à Hong Kong et à Singapour et que vous attendiez de pieds fermes. Elle qui vous impressionnait toujours par sa joie de vivre et sa force d’aller de l’avant, mener des projets et surmonter les difficultés… Elle savait où aller dans la vie et comment y aller.
Jésus, dans l’évangile nous rappelle qu’il nous faut savoir où aller dans la vie pour savoir en suite comme y aller. Nous avons tous le désir d’une vie heureuse et sans événement tragique, de quelque nature que ce soit. Alors que la vie trame à sa façon le fil de notre existence. Ce fil est pour la plupart du temps indépendant de notre volonté. Nous avons juste parfois la possibilité de lui apposer notre marque, notre sceau personnel. Nous le pouvons par le choix de la direction de notre vie, par le choix de personnes dont nous voulons nous entourer. Et surtout nous le pouvons par l’acceptation de ce que nous ne pouvons pas éviter.
Mais comment accepter l’inacceptable ? On peut se résigner, courber le dos et laisser passer le sort s’abattre sur nous. On peut aussi, tout en endurant l’épreuve lui trouver une issue, voire un sens. Mais faut-il des événements aussi dramatiques que la mort de votre sœur, tout comme celle de votre maman il y a plus de dix ans pour garder le cap sur l’essentiel ? Non pas que le cap n’y était pas. Le mariage, l’enfant à naître en sont des preuves suffisantes.
Seulement, lorsque la mort fait irruption dans notre vie, désormais nous ne sommes plus les mêmes. La mort nous transforme et à sa manière nous façonne et notre vie n’est plus comme avant. Qu’en faire ? Sûrement continuer à vivre sans la nier. La mort bouleverse et bouscule le point d’appui de notre vie et de notre espérance.
La réponse de Jésus à la suite de la parole de Thomas est une invitation à entre dans sa vérité, sa vie et son chemin. Les trois n’en faisant qu’un. Que l’Esprit Saint nous aide à traverser les ravins de la mort et nous conduise sur les chemins de la vie.
2017/03/30 - Homélie - Funérailles de Kelly
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le vendredi 25 août 2017 07:34
L’évangile que nous venons d’entendre vient comme une parole de Vie : vie de Dieu pour la vie de l’homme. St Jean rapporte cet échange entre Jésus et ses disciples comme une étape de leur formation. Thomas discute avec Jésus à ce sujet. Jésus annonce son départ et invite ses disciples à le suivre. Certes pas tout de suite, mais en son temps, lorsque leur vie aussi aura pris fin. Thomas exprime le désarroi des autres apôtres qui peut-être n’osent pas dire ce qu’ils ressentent et ce qu’ils pensent au fond d’eux-mêmes.
Le départ de Kelly sa mort, si jeune, provoque colère désarroi, interrogations… en vous ses plus proches et en nous les autres qui communions à notre façon à votre souffrance. Sa mort nous provoque au sujet de la vie et la manière dans nous pouvons la mener sans elle. Non, plutôt avec elle, mais différemment, bien différemment.
Elle qui était si attachée à vous ses sœurs et à son frère, et vous quatre à vos parents, elle vous entraine aujourd’hui sur cette pente de l’existence qui est marquée par la présence de la mort au cœur de votre vie. Elle qui avait prévu de revenir ici à Hong Kong et à Singapour et que vous attendiez de pieds fermes. Elle qui vous impressionnait toujours par sa joie de vivre et sa force d’aller de l’avant, mener des projets et surmonter les difficultés… Elle savait où aller dans la vie et comment y aller.
Jésus, dans l’évangile nous rappelle qu’il nous faut savoir où aller dans la vie pour savoir en suite comme y aller. Nous avons tous le désir d’une vie heureuse et sans événement tragique, de quelque nature que ce soit. Alors que la vie trame à sa façon le fil de notre existence. Ce fil est pour la plupart du temps indépendant de notre volonté. Nous avons juste parfois la possibilité de lui apposer notre marque, notre sceau personnel. Nous le pouvons par le choix de la direction de notre vie, par le choix de personnes dont nous voulons nous entourer. Et surtout nous le pouvons par l’acceptation de ce que nous ne pouvons pas éviter.
Mais comment accepter l’inacceptable ? On peut se résigner, courber le dos et laisser passer le sort s’abattre sur nous. On peut aussi, tout en endurant l’épreuve lui trouver une issue, voire un sens. Mais faut-il des événements aussi dramatiques que la mort de votre sœur, tout comme celle de votre maman il y a plus de dix ans pour garder le cap sur l’essentiel ? Non pas que le cap n’y était pas. Le mariage, l’enfant à naître en sont des preuves suffisantes.
Seulement, lorsque la mort fait irruption dans notre vie, désormais nous ne sommes plus les mêmes. La mort nous transforme et à sa manière nous façonne et notre vie n’est plus comme avant. Qu’en faire ? Sûrement continuer à vivre sans la nier. La mort bouleverse et bouscule le point d’appui de notre vie et de notre espérance.
La réponse de Jésus à la suite de la parole de Thomas est une invitation à entre dans sa vérité, sa vie et son chemin. Les trois n’en faisant qu’un. Que l’Esprit Saint nous aide à traverser les ravins de la mort et nous conduise sur les chemins de la vie.
2014/08/22 - Homélie - Funérailles de Christian
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le dimanche 7 septembre 2014 20:37
Chers Aurore, Cyrille, Claire et Marie !
Chère famille et amis de Christian !
C’est dur la vie, perdre son père, son époux, son enfant..., son ami : plus rien comme avant. Plus rien comme avant avec des questions :
POURQUOI ?
Avec des constats : Papa me manque ! et même le sentiment d’une grande colère.
Face à la mort tout notre être est engagé, toute notre vie est sollicitée. On peut s’en défendre, mais l’on ne peut pas l’éviter. Elle nous parle différemment à 10 ans, à 20, à 40, 75 ans etc. Elle nous parle des limites de notre vie, de sa fragilité, des dangers qui la guettent.
TROP TOT !
Même si pour tout être aimé le départ de son proche est ressenti comme une injustice, souvent l’on peut se donner de plus ou moins « bonnes raisons » pour justifier une telle séparation. Mais à 50 ans, en pleine force de l’âge, alors que les enfants sont encore petits...
Cyrille et Aurore ! vous le savez, mais permettez-moi de le dire devant tous ses amis et vos amis. Papa était très fier de vous ! Il désirait vous accompagner le plus loin possible sur le chemin de votre vie vers la vie adulte. Sa dernière sortie, alors qu’il était déjà bien malade, n’était-elle pas pour aller à l’école pour rencontrer vos éducateurs ?
TROP TOT pour vous Claire qui avait construit patiemment et durablement une vie de couple et de famille.
TROP TOT pour les collègues de travail et amis avec qui tant de passions professionnelles restaient à partager.
VOIR AILLEURS
Le choix de vivre à l’étranger était lié à son envie de voir ailleurs. Le besoin de ne pas se laisser enfermer dans quelque chose d’étriqué, avec un horizon pas assez large. Certes, l’on n’a pas besoin d’aller très loin pour voyager au sens de rencontrer de nouvelles personnes et de communiquer c’est-à-dire donner et recevoir, apprendre et faire apprendre. Déjà Christian était de ceux-là ! Mais sa disponibilité, sous des airs au premier abord un peu sévères pour un échange a toujours été totale. Et elle s’exprimait aussi dans le fait d’aller ailleurs. Très sérieux dans le travail, il savait tirer les câbles sous-marins de tant de communications. Et il y veillait, il veillait à ce qu’ils fonctionnent comme prévu.
MAIS TOUJOURS LA FAMILLE AU CENTRE
Si son travail l’occupait beaucoup durant cinq jours de la semaine, il restait disponible à la famille les deux autres. Il pratiquait donc 5+2=7. Et dans tout ceci il était
VEILLEUR : sur la vie de ses proches, sur des projets professionnels, sur le développement personnel, celui de ses proches (au sens le plus ouvert du terme)
Que sa manière d’ouvrir une bouteille de vin me sert d’illustration. Je l’ai vu jubiler dans ces moments. Et bien sûr, sa joie de voir libérer une bouteille de son arôme, exprimait chez lui, la joie de pouvoir libérer le potentiel qu’il savait déceler chez son conjoint, son enfant, chez son collègue de travail, chez son ami. Libérer chez l’autre ce qu’il y a de bon en lui et le faire avec toute connaissance de l’art de savoir ouvrir une bouteille et surtout savoir verser le vin dans le verre. (sûrement pas comme on verse du coca !)
Un serviteur de l’Evangile est celui qui veille, qui veille sur l’essentiel, désigné sous le nom de maître qu’un serviteur attend.
Un serviteur de la vie, Christian l’a été avec aussi sa capacité de mise à distance : par le fait de savoir tourner en dérision ce qu’il considérait comme vanité. Il s’en méfiait pour lui-même, il la désignait chez les autres. Doué d’une perspicacité rare, la dérision sinon le silence complet, étaient ses armes pour réagir au monde qu’il percevait de la sorte.
Christian était un veilleur qui voulait voir ailleurs. Mais il le faisait en toute discrétion : comme un animal (âne) qui donne des coups pour se défendre et est solide, comme un mulet qui buté sait tenir le cap.
Christian !
Les plus proches savent que tu voulais faire une marche sur les routes de saint Jacques de Compostelle. Dans votre chambre, accrochée au mur la croix du Christ que l’on t’a offert pour ta première communion et le magnifique auto portrait de ton grand-père. Avec ta foi intellectuelle qui ne supporte aucune hypocrisie, heureux d’avoir été marié à l’église et les enfants baptisés, par ta mort comme par ta vie tu deviens un passeur de la VIE que nous célébrons aujourd’hui.
Certes, Cyrille et Aurore auraient aimé que tu leur apprennes encore tant et tant de choses. Ils auraient aimé t’admirer de ton vivant, à leurs côtés. Et Claire de pouvoir compter sur toi pour continuer à partager la vie à deux et en famille. Et nous tous de pouvoir partager des moments de bonheur simple, celui de travail ou de repos.
Toi qui aimais lire, tu nous laisse le livre de ta vie fermé. A nous de continuer à écrire le nôtre en prolongeant ta vie dans nos vies.
Christian, nous te confions maintenant à Dieu, car comme tu aimais dire : « Dieu reconnaîtra les siens ». Et tu en fais partie. AMEN.
2014/08/22 - Homélie - Funérailles de Christian
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le dimanche 7 septembre 2014 20:37
Chers Aurore, Cyrille, Claire et Marie !
Chère famille et amis de Christian !
C’est dur la vie, perdre son père, son époux, son enfant..., son ami : plus rien comme avant. Plus rien comme avant avec des questions :
POURQUOI ?
Avec des constats : Papa me manque ! et même le sentiment d’une grande colère.
Face à la mort tout notre être est engagé, toute notre vie est sollicitée. On peut s’en défendre, mais l’on ne peut pas l’éviter. Elle nous parle différemment à 10 ans, à 20, à 40, 75 ans etc. Elle nous parle des limites de notre vie, de sa fragilité, des dangers qui la guettent.
TROP TOT !
Même si pour tout être aimé le départ de son proche est ressenti comme une injustice, souvent l’on peut se donner de plus ou moins « bonnes raisons » pour justifier une telle séparation. Mais à 50 ans, en pleine force de l’âge, alors que les enfants sont encore petits...
Cyrille et Aurore ! vous le savez, mais permettez-moi de le dire devant tous ses amis et vos amis. Papa était très fier de vous ! Il désirait vous accompagner le plus loin possible sur le chemin de votre vie vers la vie adulte. Sa dernière sortie, alors qu’il était déjà bien malade, n’était-elle pas pour aller à l’école pour rencontrer vos éducateurs ?
TROP TOT pour vous Claire qui avait construit patiemment et durablement une vie de couple et de famille.
TROP TOT pour les collègues de travail et amis avec qui tant de passions professionnelles restaient à partager.
VOIR AILLEURS
Le choix de vivre à l’étranger était lié à son envie de voir ailleurs. Le besoin de ne pas se laisser enfermer dans quelque chose d’étriqué, avec un horizon pas assez large. Certes, l’on n’a pas besoin d’aller très loin pour voyager au sens de rencontrer de nouvelles personnes et de communiquer c’est-à-dire donner et recevoir, apprendre et faire apprendre. Déjà Christian était de ceux-là ! Mais sa disponibilité, sous des airs au premier abord un peu sévères pour un échange a toujours été totale. Et elle s’exprimait aussi dans le fait d’aller ailleurs. Très sérieux dans le travail, il savait tirer les câbles sous-marins de tant de communications. Et il y veillait, il veillait à ce qu’ils fonctionnent comme prévu.
MAIS TOUJOURS LA FAMILLE AU CENTRE
Si son travail l’occupait beaucoup durant cinq jours de la semaine, il restait disponible à la famille les deux autres. Il pratiquait donc 5+2=7. Et dans tout ceci il était
VEILLEUR : sur la vie de ses proches, sur des projets professionnels, sur le développement personnel, celui de ses proches (au sens le plus ouvert du terme)
Que sa manière d’ouvrir une bouteille de vin me sert d’illustration. Je l’ai vu jubiler dans ces moments. Et bien sûr, sa joie de voir libérer une bouteille de son arôme, exprimait chez lui, la joie de pouvoir libérer le potentiel qu’il savait déceler chez son conjoint, son enfant, chez son collègue de travail, chez son ami. Libérer chez l’autre ce qu’il y a de bon en lui et le faire avec toute connaissance de l’art de savoir ouvrir une bouteille et surtout savoir verser le vin dans le verre. (sûrement pas comme on verse du coca !)
Un serviteur de l’Evangile est celui qui veille, qui veille sur l’essentiel, désigné sous le nom de maître qu’un serviteur attend.
Un serviteur de la vie, Christian l’a été avec aussi sa capacité de mise à distance : par le fait de savoir tourner en dérision ce qu’il considérait comme vanité. Il s’en méfiait pour lui-même, il la désignait chez les autres. Doué d’une perspicacité rare, la dérision sinon le silence complet, étaient ses armes pour réagir au monde qu’il percevait de la sorte.
Christian était un veilleur qui voulait voir ailleurs. Mais il le faisait en toute discrétion : comme un animal (âne) qui donne des coups pour se défendre et est solide, comme un mulet qui buté sait tenir le cap.
Christian !
Les plus proches savent que tu voulais faire une marche sur les routes de saint Jacques de Compostelle. Dans votre chambre, accrochée au mur la croix du Christ que l’on t’a offert pour ta première communion et le magnifique auto portrait de ton grand-père. Avec ta foi intellectuelle qui ne supporte aucune hypocrisie, heureux d’avoir été marié à l’église et les enfants baptisés, par ta mort comme par ta vie tu deviens un passeur de la VIE que nous célébrons aujourd’hui.
Certes, Cyrille et Aurore auraient aimé que tu leur apprennes encore tant et tant de choses. Ils auraient aimé t’admirer de ton vivant, à leurs côtés. Et Claire de pouvoir compter sur toi pour continuer à partager la vie à deux et en famille. Et nous tous de pouvoir partager des moments de bonheur simple, celui de travail ou de repos.
Toi qui aimais lire, tu nous laisse le livre de ta vie fermé. A nous de continuer à écrire le nôtre en prolongeant ta vie dans nos vies.
Christian, nous te confions maintenant à Dieu, car comme tu aimais dire : « Dieu reconnaîtra les siens ». Et tu en fais partie. AMEN.
2012/10/06 - Homélie - Funérailles d'Antoine
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le lundi 15 octobre 2012 09:26
Antoine,
Tu es partie, et ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes parents, de ton frère et ta soeur, de tes grand-parents, d’autres membres de ta famille. Ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes amis d’école, de sport, de communauté catholique et d’ailleurs.
Face à un tel poids,
que pèsent ces mots prononcés depuis le début de cette célébration, voire même depuis que nous avons appris ton tragique accident.
Que pèsent même les pensées qui sont peut-être à l’état qui se rapproche de l’inconscient. Tellement notre sensibilité pouvant est touchée, elle, si vulnérable, par moment, par endroit...
Que pèsent aussi les paroles des textes tirés de la Bible, ce grand Livre des chrétiens dont la révélation est partagée avec le peuple juif par l’intermédiaire duquel nous apprenons la foi d’Abraham et la loi, dite de Dix commandements, transmise par Moïse ?
Chers amis !
Nous avons entendu ces lectures qui résonnent comme un écho de la vie venue d’ailleurs.
Dans la première lecture, nous venons d’entendre que l’amour ne passera pas : la seule valeur qui transcende tout et qui résiste à tout.
L’amour ne passera pas, mais alors qu’est-ce qui doit passer pour que l’amour ne passe pas, pour qu’il demeure ?
Ce mal qui est bien là et qui ne passe pas, que peut-on faire ?
Et est-il vraiment, nécessaire de lier l’amour à une telle souffrance ? Et si, comme nous osons de croire, ce n’est pas nécessaire -tout au moins pas tout le temps - comment ce mal pourrait-il passer pour faire apparaître encore davantage ce vrai amour que nous portons en nous et qui s’exprime aujourd’hui pour lui ?
‘Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas....’ Qu’est-ce donc que de mourir ? Et mourir à quoi ? Devrions-nous faire mourir notre propre chagrin ? Pourquoi un tel lien entre la vie et la mort ?
A supposer qu’avec le temps cette sensation va, peu à peu, s’estomper et laisser place à une autre forme de vie.
Il en restera toujours cette autre question, celle de savoir pourquoi lui Antoine ? Lui qui était promis à une vie pleine d’amour, pleine de générosité ?
Pourquoi lui ?
Et, qu’est-ce que pourrait bien nous faire le fait de savoir que tant d’autres avant se sont trouvés dans la situation semblable et que tant d’autres après lui, hélas...
Non, cette chaîne de la communion, à un tel degré de consciences entre les êtres humains, ne se reconstitue pas automatiquement de façon aussi universelle.
Elle ne vient pas avec la connaissance de la Vie et du monde.
Elle ne concerne que quelques uns, les plus en lien sensible, préalable.
Ce lien s’appelle bien entendu amour.
Nous les chrétiens, nous croyons que le Christ qui a révélé l’amour parfait de son Père, a déjà pris sur lui toutes les souffrances.
Et à ce titre, Il nous met en lien spirituel les uns avec les autres. Est-ce pour autant automatique que nous soyons dans un tel amour ?
Et, déjà, est-ce plus facile ? Certes, non ! Mais une telle foi nous invite à entrer dans une espérance partagée, celle d’une Vie plus forte que la mort : toute vie contre toute mort, espérance partagée avec tous.
Antoine,
Nous avançons en tâtonnant, nous avançons en nous accrochant aux moindre signe d’espérance. Signe de la vie, vie plus forte que la mort.
Nous avançons, chacun avec sa propre manière de se projeter dans l’existence.
Nous avançons à l’aide de ce que nous trouvons sous la main, dans la tête, dans le coeur.
Avec les mots et les gestes, comme ici aussi.
Certes, c’est si peu face au mystère de la Vie que tu connais maintenant.
Et pourtant, c’est au travers tout cela que nous essayons d’être vrai dans l’amour pour toi.
2012/10/06 - Homélie - Funérailles d'Antoine
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le lundi 15 octobre 2012 09:26
Antoine,
Tu es partie, et ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes parents, de ton frère et ta soeur, de tes grand-parents, d’autres membres de ta famille. Ton départ pèse lourd dans les coeurs de tes amis d’école, de sport, de communauté catholique et d’ailleurs.
Face à un tel poids,
que pèsent ces mots prononcés depuis le début de cette célébration, voire même depuis que nous avons appris ton tragique accident.
Que pèsent même les pensées qui sont peut-être à l’état qui se rapproche de l’inconscient. Tellement notre sensibilité pouvant est touchée, elle, si vulnérable, par moment, par endroit...
Que pèsent aussi les paroles des textes tirés de la Bible, ce grand Livre des chrétiens dont la révélation est partagée avec le peuple juif par l’intermédiaire duquel nous apprenons la foi d’Abraham et la loi, dite de Dix commandements, transmise par Moïse ?
Chers amis !
Nous avons entendu ces lectures qui résonnent comme un écho de la vie venue d’ailleurs.
Dans la première lecture, nous venons d’entendre que l’amour ne passera pas : la seule valeur qui transcende tout et qui résiste à tout.
L’amour ne passera pas, mais alors qu’est-ce qui doit passer pour que l’amour ne passe pas, pour qu’il demeure ?
Ce mal qui est bien là et qui ne passe pas, que peut-on faire ?
Et est-il vraiment, nécessaire de lier l’amour à une telle souffrance ? Et si, comme nous osons de croire, ce n’est pas nécessaire -tout au moins pas tout le temps - comment ce mal pourrait-il passer pour faire apparaître encore davantage ce vrai amour que nous portons en nous et qui s’exprime aujourd’hui pour lui ?
‘Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas....’ Qu’est-ce donc que de mourir ? Et mourir à quoi ? Devrions-nous faire mourir notre propre chagrin ? Pourquoi un tel lien entre la vie et la mort ?
A supposer qu’avec le temps cette sensation va, peu à peu, s’estomper et laisser place à une autre forme de vie.
Il en restera toujours cette autre question, celle de savoir pourquoi lui Antoine ? Lui qui était promis à une vie pleine d’amour, pleine de générosité ?
Pourquoi lui ?
Et, qu’est-ce que pourrait bien nous faire le fait de savoir que tant d’autres avant se sont trouvés dans la situation semblable et que tant d’autres après lui, hélas...
Non, cette chaîne de la communion, à un tel degré de consciences entre les êtres humains, ne se reconstitue pas automatiquement de façon aussi universelle.
Elle ne vient pas avec la connaissance de la Vie et du monde.
Elle ne concerne que quelques uns, les plus en lien sensible, préalable.
Ce lien s’appelle bien entendu amour.
Nous les chrétiens, nous croyons que le Christ qui a révélé l’amour parfait de son Père, a déjà pris sur lui toutes les souffrances.
Et à ce titre, Il nous met en lien spirituel les uns avec les autres. Est-ce pour autant automatique que nous soyons dans un tel amour ?
Et, déjà, est-ce plus facile ? Certes, non ! Mais une telle foi nous invite à entrer dans une espérance partagée, celle d’une Vie plus forte que la mort : toute vie contre toute mort, espérance partagée avec tous.
Antoine,
Nous avançons en tâtonnant, nous avançons en nous accrochant aux moindre signe d’espérance. Signe de la vie, vie plus forte que la mort.
Nous avançons, chacun avec sa propre manière de se projeter dans l’existence.
Nous avançons à l’aide de ce que nous trouvons sous la main, dans la tête, dans le coeur.
Avec les mots et les gestes, comme ici aussi.
Certes, c’est si peu face au mystère de la Vie que tu connais maintenant.
Et pourtant, c’est au travers tout cela que nous essayons d’être vrai dans l’amour pour toi.
2012/05/25 - Homélie - Funérailles de Murielle
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 19 juin 2012 11:20
Les lectures que nous venons d’entendre peuvent être considérées comme un fond sur lequel peut se re-poser notre parole au sujet de Murielle, de nous-même et en relation avec elle.
Une parole pour une autre parole ou plutôt une parole qui est capable d’autre parole. Les deux sont à considérer comme des paroles de Vie.
De quelle vie parlons-nous alors ?
-De la vie de Murielle, de toute sa vie, marquée par le handicap dont le caractère contraignant dans le mouvement, mais aussi dans une certaine mesure dans l’épanouissement plénier de son existence, n’échappait à personne.
-De la vie de Dieu dans sa vie, cette autre vie dont elle présentait la présence, lui permettant d’élargir l’horizon de sa vie aux dimensions de cette autre Vie.
Une vie qui vient féconder une autre vie. Dans ce genre de rencontre, si intime, souvent à peine consciente et lisible seulement après coup, on aperçoit la manière bien particulière dont Dieu semble agir. Il se joue de nos canons de beauté, de réussite... Si souvent il intervient de façon dissonante avec les harmoniques de nos gammes de la Vie que nous nous sommes écrites, ou que les autres ont écrit pour nous. Il trame sa propre gamme d’harmoniques auxquelles nous n’étions pas franchement habitués, ceci de part notre nature humaine, de part notre culture et sensibilité si bien terrestres
Ce Dieu se déclare vouloir le bonheur de tous et de chacun. Pas comme un impératif ‘Soyez heureux’, car ceci n’est pas de l’Evangile, mais sous forme d’un constat ‘heureux’ ou plus exactement ‘bienheureux’. Car ça c’est de l’Evangile qui veut dire Bonne Nouvelle.
Mais, lorsque nous constatons ce désir de Dieu de nous connaître heureux, en quoi est-elle une nouvelle, et de plus est bonne? Bonne et Nouvelle : les deux vont bien ensemble. Certes, pour qu’elle soit bonne il faut d’abord qu’elle soit une nouvelle.
Pour nous les chrétiens c’est une Nouvelle de Vie qui va par delà la mort : la foi en la Résurrection le résume de façon toute aussi certaine qu’imprécise : certaine, car c’est la foi de l’Eglise qui contient le noyau dur de l’espérance chrétienne. ; imprécise, car tant qu’elle est seulement déclarative, elle ne dit pas grande chose, elle ne dit pas tous les effets dans la vie quotidienne.
Murielle, par sa vie, ses combats, son optimisme à toute épreuve, ses coup de gueule aussi était, comme forcée, entraînée de par son handicap sur le terrain où le grandes idées cèdent immédiatement place à la traduction concrète dans son existence. Et assurément, c’est aussi immédiatement que son espérance prenait corps dans la joie, dans les éclats de rires, dans l’humour parfois décapant. Car, lorsque l’on est marqué par un signe particulier, comme Murielle l’a été, l’on sait qu’il n’y a pas de temps à perdre. Et que tous ‘les clubs méds’ d’atermoiement hédoniste devant l’essentiel de la vie n’ont aucune autre valeur que celle de dire aux autres : attention, ne vous perdez pas dans les choses inutiles. En effet, le repos n’est qu’un intervalle entre deux périodes de la participation active à l’oeuvre commune de l’humanité.
Murielle !
Le festin sur la montagne dont parle l’Apocalypse est prêt pour vous, comme pour bien d’autres qui vous y ont précédé, comme pour chacun de nous, si nous le voulons bien !
Car, de fait c’est là que se trouve ‘la demeure de Dieu avec les hommes,... ce Dieu qui essuiera toute larme de leurs yeux.... car la première création aura disparu’
Murielle !
Vous disparaissez à nos yeux, vous disparaissez avec ce que vous étiez de la première création, pour nous entraîner vers la seconde, dont les prémices se font ressentir dans toute vie. Ainsi soit-il! Amen !
2012/05/25 - Homélie - Funérailles de Murielle
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 19 juin 2012 11:20
Les lectures que nous venons d’entendre peuvent être considérées comme un fond sur lequel peut se re-poser notre parole au sujet de Murielle, de nous-même et en relation avec elle.
Une parole pour une autre parole ou plutôt une parole qui est capable d’autre parole. Les deux sont à considérer comme des paroles de Vie.
De quelle vie parlons-nous alors ?
-De la vie de Murielle, de toute sa vie, marquée par le handicap dont le caractère contraignant dans le mouvement, mais aussi dans une certaine mesure dans l’épanouissement plénier de son existence, n’échappait à personne.
-De la vie de Dieu dans sa vie, cette autre vie dont elle présentait la présence, lui permettant d’élargir l’horizon de sa vie aux dimensions de cette autre Vie.
Une vie qui vient féconder une autre vie. Dans ce genre de rencontre, si intime, souvent à peine consciente et lisible seulement après coup, on aperçoit la manière bien particulière dont Dieu semble agir. Il se joue de nos canons de beauté, de réussite... Si souvent il intervient de façon dissonante avec les harmoniques de nos gammes de la Vie que nous nous sommes écrites, ou que les autres ont écrit pour nous. Il trame sa propre gamme d’harmoniques auxquelles nous n’étions pas franchement habitués, ceci de part notre nature humaine, de part notre culture et sensibilité si bien terrestres
Ce Dieu se déclare vouloir le bonheur de tous et de chacun. Pas comme un impératif ‘Soyez heureux’, car ceci n’est pas de l’Evangile, mais sous forme d’un constat ‘heureux’ ou plus exactement ‘bienheureux’. Car ça c’est de l’Evangile qui veut dire Bonne Nouvelle.
Mais, lorsque nous constatons ce désir de Dieu de nous connaître heureux, en quoi est-elle une nouvelle, et de plus est bonne? Bonne et Nouvelle : les deux vont bien ensemble. Certes, pour qu’elle soit bonne il faut d’abord qu’elle soit une nouvelle.
Pour nous les chrétiens c’est une Nouvelle de Vie qui va par delà la mort : la foi en la Résurrection le résume de façon toute aussi certaine qu’imprécise : certaine, car c’est la foi de l’Eglise qui contient le noyau dur de l’espérance chrétienne. ; imprécise, car tant qu’elle est seulement déclarative, elle ne dit pas grande chose, elle ne dit pas tous les effets dans la vie quotidienne.
Murielle, par sa vie, ses combats, son optimisme à toute épreuve, ses coup de gueule aussi était, comme forcée, entraînée de par son handicap sur le terrain où le grandes idées cèdent immédiatement place à la traduction concrète dans son existence. Et assurément, c’est aussi immédiatement que son espérance prenait corps dans la joie, dans les éclats de rires, dans l’humour parfois décapant. Car, lorsque l’on est marqué par un signe particulier, comme Murielle l’a été, l’on sait qu’il n’y a pas de temps à perdre. Et que tous ‘les clubs méds’ d’atermoiement hédoniste devant l’essentiel de la vie n’ont aucune autre valeur que celle de dire aux autres : attention, ne vous perdez pas dans les choses inutiles. En effet, le repos n’est qu’un intervalle entre deux périodes de la participation active à l’oeuvre commune de l’humanité.
Murielle !
Le festin sur la montagne dont parle l’Apocalypse est prêt pour vous, comme pour bien d’autres qui vous y ont précédé, comme pour chacun de nous, si nous le voulons bien !
Car, de fait c’est là que se trouve ‘la demeure de Dieu avec les hommes,... ce Dieu qui essuiera toute larme de leurs yeux.... car la première création aura disparu’
Murielle !
Vous disparaissez à nos yeux, vous disparaissez avec ce que vous étiez de la première création, pour nous entraîner vers la seconde, dont les prémices se font ressentir dans toute vie. Ainsi soit-il! Amen !
2012/02/16 - Homélie - Funérailles de Pierre
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 3 avril 2012 10:53
Si autre chose que la vie ici-bas existe, quel lien entre les deux ? Le Lien d’espérance ! Comment ce lien là rejaillit sur la vie d’ici bas ? Par le ‘réconfort’ en connaissance de cause (cf 1th4, 13...) Donc un réconfort bien plus profond que celui que notre humanité naturellement peut générer. Entre le naturel de l’humanité et le surnaturel de la foi, point d’opposition, juste un prolongement de perspective : les 3D de notre existence sur terre sont ‘relativisés’ par les 3 D de notre vie spirituelle : FOI, CHARITE, ESPERANCE.
L’évangile (Mt25) parle de la charité que le chrétien exerce au nom de la foi en Dieu et dans l’Espérance de la résurrection du Christ et donc de la nôtre.
Pierre était de ceux-là, de ceux qui non seulement soupiraient vers l’éternité bienheureuse, mais qui dans ce soupir mettaient toute leur énergie pour être frère en Jésus-Christ de ceux qu’ils rencontraient sur les routes de leur vie.
Avec le psalmiste (Ps33) rendons donc grâce à Dieu qui nous conduit sur le lieu de la connaissance, lieu que seulement le vrai amour peut accueillir, porter, voir même supporter. Et dans tout ceci élever vers le ciel cette vie qui ne demande que d’être bien sur terre.
2012/02/16 - Homélie - Funérailles de Pierre
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 3 avril 2012 10:53
Si autre chose que la vie ici-bas existe, quel lien entre les deux ? Le Lien d’espérance ! Comment ce lien là rejaillit sur la vie d’ici bas ? Par le ‘réconfort’ en connaissance de cause (cf 1th4, 13...) Donc un réconfort bien plus profond que celui que notre humanité naturellement peut générer. Entre le naturel de l’humanité et le surnaturel de la foi, point d’opposition, juste un prolongement de perspective : les 3D de notre existence sur terre sont ‘relativisés’ par les 3 D de notre vie spirituelle : FOI, CHARITE, ESPERANCE.
L’évangile (Mt25) parle de la charité que le chrétien exerce au nom de la foi en Dieu et dans l’Espérance de la résurrection du Christ et donc de la nôtre.
Pierre était de ceux-là, de ceux qui non seulement soupiraient vers l’éternité bienheureuse, mais qui dans ce soupir mettaient toute leur énergie pour être frère en Jésus-Christ de ceux qu’ils rencontraient sur les routes de leur vie.
Avec le psalmiste (Ps33) rendons donc grâce à Dieu qui nous conduit sur le lieu de la connaissance, lieu que seulement le vrai amour peut accueillir, porter, voir même supporter. Et dans tout ceci élever vers le ciel cette vie qui ne demande que d’être bien sur terre.
2012/02/06 - Homélie - Funérailles d'Yves
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 3 avril 2012 10:51
Les lectures choisies par Véronique, Céline et Nicolas, indiquent le chemin, l’espace même, de ce que nous pouvons appeler une méditation sur la vie, sur la mort, sur la vie de Yves, sur sa foi, ses espérances et sur notre foi et nos espérances.
Ces lectures nous parlent de Jésus, mort et ressuscité ; ce Jésus devant lequel nous nous sommes déjà mis dès le début de la célébration en chantant : Jésus, me voici devant Toi, tout simplement dans le silence...
Ce Jésus qui parle à la foule : « Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6)
Pourquoi ce Jésus est-il aussi important ? Lui, ressuscité le troisième jour par le Père, nous promet à son tour de nous faire ressusciter, donc au dernier jour nous serons ressuscités par le Fils.
Et dans nos vies, ne sommes-nous pas ramenés à la vie, ressuscités ? Mais par quoi, par qui ? Sinon par l’espérance que nous disons les uns aux autres : tu vivras.
Nous le disons parce que les uns et les autres nous sommes ouverts à cette espérance-là, celle qui ne trompe pas. Mais comment savoir qu’elle ne trompe-t-elle pas ? Cette espérance là permet de passer du pourquoi d’hier au pour quoi de demain.
Dans le pourquoi d’hier s’exprime le mystère du mal superposé de façon si troublante sur le mystère de l’amour, au point qu’aujourd’hui rien ne peut les séparer. Que l’un s’engouffre dans l’autre au point de ne pas pouvoir - et ceci malgré toutes les puissances d’amour - d’arrêter le mal faire son oeuvre.
Le pourquoi d’hier, dans l’espérance de la vie plus forte que la mort, et telle est la volonté du Père des cieux, cède, cédera peu à peu la place au pour quoi faire ? Si les pourquoi porte sur Yves le pour quoi faire portent sur nous. Comment dans une telle nouvelle vie chercher la source de toute vie, la source de tout amour ? Pour nous les chrétiens, cette source est en Dieu le Père de Jésus
‘Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage’ (Ps33)
Le pour quoi faire y trouve déjà sa réponse la plus profonde, regarder dans cette direction c’est donc important. Mais un tel regard ne peut malgré tout oublier le trouble au visage d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Un tel regard, accueille, porte en lui, porte avec lui, porte en lui tout le trouble au visage, il le porte avec une telle attente, telle confiance aussi que tout y est déposé dans ce regard, y compris le trouble au visage.
Une de conséquences d’une telle attitude est la nouvelle fraternité, ou plutôt la fraternité renouvelée, dans cette paix que la confiance inspire et que nous allons échanger au cours de cette messe juste avant de communier, en affirmant que ce Jésus qui accueilli tous ceux que le Père lui-même a donné, ce Jésus est le véritable pain de vie.
2012/02/06 - Homélie - Funérailles d'Yves
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 3 avril 2012 10:51
Les lectures choisies par Véronique, Céline et Nicolas, indiquent le chemin, l’espace même, de ce que nous pouvons appeler une méditation sur la vie, sur la mort, sur la vie de Yves, sur sa foi, ses espérances et sur notre foi et nos espérances.
Ces lectures nous parlent de Jésus, mort et ressuscité ; ce Jésus devant lequel nous nous sommes déjà mis dès le début de la célébration en chantant : Jésus, me voici devant Toi, tout simplement dans le silence...
Ce Jésus qui parle à la foule : « Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6)
Pourquoi ce Jésus est-il aussi important ? Lui, ressuscité le troisième jour par le Père, nous promet à son tour de nous faire ressusciter, donc au dernier jour nous serons ressuscités par le Fils.
Et dans nos vies, ne sommes-nous pas ramenés à la vie, ressuscités ? Mais par quoi, par qui ? Sinon par l’espérance que nous disons les uns aux autres : tu vivras.
Nous le disons parce que les uns et les autres nous sommes ouverts à cette espérance-là, celle qui ne trompe pas. Mais comment savoir qu’elle ne trompe-t-elle pas ? Cette espérance là permet de passer du pourquoi d’hier au pour quoi de demain.
Dans le pourquoi d’hier s’exprime le mystère du mal superposé de façon si troublante sur le mystère de l’amour, au point qu’aujourd’hui rien ne peut les séparer. Que l’un s’engouffre dans l’autre au point de ne pas pouvoir - et ceci malgré toutes les puissances d’amour - d’arrêter le mal faire son oeuvre.
Le pourquoi d’hier, dans l’espérance de la vie plus forte que la mort, et telle est la volonté du Père des cieux, cède, cédera peu à peu la place au pour quoi faire ? Si les pourquoi porte sur Yves le pour quoi faire portent sur nous. Comment dans une telle nouvelle vie chercher la source de toute vie, la source de tout amour ? Pour nous les chrétiens, cette source est en Dieu le Père de Jésus
‘Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage’ (Ps33)
Le pour quoi faire y trouve déjà sa réponse la plus profonde, regarder dans cette direction c’est donc important. Mais un tel regard ne peut malgré tout oublier le trouble au visage d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Un tel regard, accueille, porte en lui, porte avec lui, porte en lui tout le trouble au visage, il le porte avec une telle attente, telle confiance aussi que tout y est déposé dans ce regard, y compris le trouble au visage.
Une de conséquences d’une telle attitude est la nouvelle fraternité, ou plutôt la fraternité renouvelée, dans cette paix que la confiance inspire et que nous allons échanger au cours de cette messe juste avant de communier, en affirmant que ce Jésus qui accueilli tous ceux que le Père lui-même a donné, ce Jésus est le véritable pain de vie.
2012/03/12 - Homélie - Funérailles de Christian
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le vendredi 23 mars 2012 09:18
Les lectures de Sagesse (2,23 ; 3, 1-6.9) du psaume 22 et l’Evangile de Jean (11, 32-45) sont comme trois points d’appuis pour notre réflexion, notre méditation sur la vie. La première chose que nous constatons, c’est ce que nous sommes. Etre en tant qu’être humain ce n’est pas comme un objet qui se trouve ici ou là. C’est convoquer toute la potentialité de ce que nous pouvons être en plénitude. Chacun se retrouvera. Pour nous les chrétiens cette potentialité se trouve dans le fait que nous sommes créés, et qui plus est, à la ressemblance de Dieu et donc pour la vie dans l’amour.
Christian, son absence si douloureusement ressentie par nous tous et en particuliers par ses plus proches qui sont dans un deuil profond, nous met devant tout ce que nous aurions voulu lui dire, échanger pour compléter à ce qui nous semble manquer pour avoir le sentiment d’une vie accomplie.
Mais aujourd’hui où est la vie ? Celle de Christian, siphonnée en quelques mois, vidée de son récipient qui la contenait, dans lequel elle s’est logée, blottie, configurée. Elle n’est plus dans ce corps qui est là. Osons l’affirmer, elle est dans l’amour, le nôtre et celui de Dieu.
Certes, parfois l’espérance de l’immortalité retient le désespoir, mais parfois aussi recueille l’espoir et lui donne corps vivant de tant d’accomplissements à venir.
Le livre de la Sagesse, le psaume et Marthe, la soeur de Lazare dans l’évangile, montre comment pour une telle espérance la confiance dans le Seigneur peut en constituer l’agent actif et efficace, surtout lorsque la confiance en la vie est fortement ébranlée.
Dans l’Evangile Jésus se présente comme une sorte de ‘pompier d’éternité’.
Il agit en faveur de la vie à partir de ce qu’il trouve autour de lui, sur terre. Grande est son émotion, il pleure comme rarement, toute son humanité ressort et à travers les pleurs de ce Jésus pleinement homme et Dieu en même temps, on assiste à une sorte d’anoblissement de la condition sensible, des humains qui pas tant noient leur chagrin dans les larmes, mais à travers elles, expriment et la lourdeur de la vie et le désir de la combler par des relations affectives durables.
Confiante est aussi son attitude à l’égard de son Père. ‘Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé’. I le remercie d’avoir réalisé ce qu’il désirait pour Lazare. Oui, vous qui êtes dans ce service en tant que pompiers, la vie vous est tellement importante que vous êtes dans une attitude de gratitude pour la vie, déjà la votre et celle que vous êtes en train de secourir.
Etonnant est aussi le dialogue avec Marthe, la soeur de Lazare : ‘Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’. Qu’est-ce que ces paroles de Jésus peuvent nous dire aujourd’hui ? A nous cette foule qui est là au tombeau du Lazare d’aujourd’hui. Peut-il dire comme à Lazare, ‘Christian, reçois la vie’ et nous pourrons alors nous entendre dire : Délions Christian de ce qui nous empêche de le reconnaître vivant et dans le bonheur et laissons-le aller là où il doit être, auprès de Dieu. Et nous, nous aurons à réapprendre à vivre dans la foi en la vie plus forte que la mort.
2012/03/12 - Homélie - Funérailles de Christian
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le vendredi 23 mars 2012 09:18
Les lectures de Sagesse (2,23 ; 3, 1-6.9) du psaume 22 et l’Evangile de Jean (11, 32-45) sont comme trois points d’appuis pour notre réflexion, notre méditation sur la vie. La première chose que nous constatons, c’est ce que nous sommes. Etre en tant qu’être humain ce n’est pas comme un objet qui se trouve ici ou là. C’est convoquer toute la potentialité de ce que nous pouvons être en plénitude. Chacun se retrouvera. Pour nous les chrétiens cette potentialité se trouve dans le fait que nous sommes créés, et qui plus est, à la ressemblance de Dieu et donc pour la vie dans l’amour.
Christian, son absence si douloureusement ressentie par nous tous et en particuliers par ses plus proches qui sont dans un deuil profond, nous met devant tout ce que nous aurions voulu lui dire, échanger pour compléter à ce qui nous semble manquer pour avoir le sentiment d’une vie accomplie.
Mais aujourd’hui où est la vie ? Celle de Christian, siphonnée en quelques mois, vidée de son récipient qui la contenait, dans lequel elle s’est logée, blottie, configurée. Elle n’est plus dans ce corps qui est là. Osons l’affirmer, elle est dans l’amour, le nôtre et celui de Dieu.
Certes, parfois l’espérance de l’immortalité retient le désespoir, mais parfois aussi recueille l’espoir et lui donne corps vivant de tant d’accomplissements à venir.
Le livre de la Sagesse, le psaume et Marthe, la soeur de Lazare dans l’évangile, montre comment pour une telle espérance la confiance dans le Seigneur peut en constituer l’agent actif et efficace, surtout lorsque la confiance en la vie est fortement ébranlée.
Dans l’Evangile Jésus se présente comme une sorte de ‘pompier d’éternité’.
Il agit en faveur de la vie à partir de ce qu’il trouve autour de lui, sur terre. Grande est son émotion, il pleure comme rarement, toute son humanité ressort et à travers les pleurs de ce Jésus pleinement homme et Dieu en même temps, on assiste à une sorte d’anoblissement de la condition sensible, des humains qui pas tant noient leur chagrin dans les larmes, mais à travers elles, expriment et la lourdeur de la vie et le désir de la combler par des relations affectives durables.
Confiante est aussi son attitude à l’égard de son Père. ‘Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé’. I le remercie d’avoir réalisé ce qu’il désirait pour Lazare. Oui, vous qui êtes dans ce service en tant que pompiers, la vie vous est tellement importante que vous êtes dans une attitude de gratitude pour la vie, déjà la votre et celle que vous êtes en train de secourir.
Etonnant est aussi le dialogue avec Marthe, la soeur de Lazare : ‘Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu’. Qu’est-ce que ces paroles de Jésus peuvent nous dire aujourd’hui ? A nous cette foule qui est là au tombeau du Lazare d’aujourd’hui. Peut-il dire comme à Lazare, ‘Christian, reçois la vie’ et nous pourrons alors nous entendre dire : Délions Christian de ce qui nous empêche de le reconnaître vivant et dans le bonheur et laissons-le aller là où il doit être, auprès de Dieu. Et nous, nous aurons à réapprendre à vivre dans la foi en la vie plus forte que la mort.
2010/12/23 - Homélie - Funérailles d'Alain
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le jeudi 23 décembre 2010 09:03
Lect. Col. 1,12_20, Lc 23
On meurt toujours seul. La mort nous est tellement intime qu’elle ne peut être partagée avec personne. C’est notre véritable compagne avec qui la relation est inséparable. Et comme si cela ne suffisait pas, souvent on meurt dans l’hostilité ambiante. C’est ce que met en évidence le passage de l’Evangile qui présente les derniers instants de la vie du Christ déjà crucifié. Comme si tant et tant d’outrages supportés dans sa vie ne suffisaient pas ?
Tout le monde s’y met : y compris l’un des deux condamnés avec Lui. Qu’est-ce qui a fait réagir différemment l’autre communément appelé le bon larron ? Toujours est-il qu’il est le seul dans ce monde dur à l’extrême à sortir du cercle infernal. Qu’est-ce qui donne cette capacité à s’opposer aux forces d’enfermement funeste ?
Oui, nous croyons que la vraie vie est dans cette attitude de réaction contre les forces du mal. Nous savons que le Christ qui a déjà vaincu la mort est plus fort que les puissances de la mort. Ces puissances de la mort qui sont cependant en nous, car notre vie en est imprégnée jusqu’à « la moelle osseuse », font leur oeuvre, alors que la société moderne consentie à beaucoup d’efforts sur le plan de la résistance physique et médicalement assistée. Sur le plan spirituel la réponse revient à chacun dans sa propre intimité.
Mais tant que nous n’avons pas lutté « à mort » nous n’avons pas encore vraiment vécu, juste préparés à le vivre ce qui est déjà beaucoup. Le ‘versé le sang’, la vraie vie est à ce prix-là. Entreprendre un immense chantier consistant à être arraché au pouvoir des ténèbres pour restaurer la dignité de l’Enfant de Dieu s’avère une tache impossible lorsque l’on pense pouvoir mener ce combat tout seul. Mais personne d’autre que soi-même ne sait ce que cela veut dire. Cela appartient à l’intime de l’être humain, et le croyant partage cette intimité avec le Christ seul. Nous pouvons seulement parfois deviner avec l’infini respect les contours d’une telle expérience. En les faisant de la sorte, nous entrons alors sur le chemin de la lumière, car selon l’apôtre Paul nous sommes « rendus capables d’avoir part, à l’héritage du peuple saint »
Alain, tout au long de son existence sur terre, était amené à livrer son combat propre à lui. Puisqu’il ‘saignait’, puisqu’il connaissait le prix de la vraie vie, nous savons dans la foi, qu’il est reconnu par Dieu comme son Enfant en qui il mettait son espoir.
Pour présenter sa vie à un tel Dieu nous pouvons avec lui rependre ces paroles de confiance : ‘Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa Parole ‘. Ce qui de son vivant était pour une grande part de l’ordre de l’espérance, n’est maintenant que réalité. Par sa mort, aujourd’hui Alain nous ouvre à la Vie.
2010/12/23 - Homélie - Funérailles d'Alain
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le jeudi 23 décembre 2010 09:03
Lect. Col. 1,12_20, Lc 23
On meurt toujours seul. La mort nous est tellement intime qu’elle ne peut être partagée avec personne. C’est notre véritable compagne avec qui la relation est inséparable. Et comme si cela ne suffisait pas, souvent on meurt dans l’hostilité ambiante. C’est ce que met en évidence le passage de l’Evangile qui présente les derniers instants de la vie du Christ déjà crucifié. Comme si tant et tant d’outrages supportés dans sa vie ne suffisaient pas ?
Tout le monde s’y met : y compris l’un des deux condamnés avec Lui. Qu’est-ce qui a fait réagir différemment l’autre communément appelé le bon larron ? Toujours est-il qu’il est le seul dans ce monde dur à l’extrême à sortir du cercle infernal. Qu’est-ce qui donne cette capacité à s’opposer aux forces d’enfermement funeste ?
Oui, nous croyons que la vraie vie est dans cette attitude de réaction contre les forces du mal. Nous savons que le Christ qui a déjà vaincu la mort est plus fort que les puissances de la mort. Ces puissances de la mort qui sont cependant en nous, car notre vie en est imprégnée jusqu’à « la moelle osseuse », font leur oeuvre, alors que la société moderne consentie à beaucoup d’efforts sur le plan de la résistance physique et médicalement assistée. Sur le plan spirituel la réponse revient à chacun dans sa propre intimité.
Mais tant que nous n’avons pas lutté « à mort » nous n’avons pas encore vraiment vécu, juste préparés à le vivre ce qui est déjà beaucoup. Le ‘versé le sang’, la vraie vie est à ce prix-là. Entreprendre un immense chantier consistant à être arraché au pouvoir des ténèbres pour restaurer la dignité de l’Enfant de Dieu s’avère une tache impossible lorsque l’on pense pouvoir mener ce combat tout seul. Mais personne d’autre que soi-même ne sait ce que cela veut dire. Cela appartient à l’intime de l’être humain, et le croyant partage cette intimité avec le Christ seul. Nous pouvons seulement parfois deviner avec l’infini respect les contours d’une telle expérience. En les faisant de la sorte, nous entrons alors sur le chemin de la lumière, car selon l’apôtre Paul nous sommes « rendus capables d’avoir part, à l’héritage du peuple saint »
Alain, tout au long de son existence sur terre, était amené à livrer son combat propre à lui. Puisqu’il ‘saignait’, puisqu’il connaissait le prix de la vraie vie, nous savons dans la foi, qu’il est reconnu par Dieu comme son Enfant en qui il mettait son espoir.
Pour présenter sa vie à un tel Dieu nous pouvons avec lui rependre ces paroles de confiance : ‘Je mets mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa Parole ‘. Ce qui de son vivant était pour une grande part de l’ordre de l’espérance, n’est maintenant que réalité. Par sa mort, aujourd’hui Alain nous ouvre à la Vie.
2010/09/14 - Homélie - Funérailles de Denis
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 14 septembre 2010 08:38
Nous sommes tristes, révoltés, abasourdis, inquiets, tellement son départ qui se pose comme une rupture majeure dans nos vies provoque des secousses dans notre existence.
Je pense en particuliers, à vous ses parents, vous son frère et à votre famille, vous les membres proches ou éloignés de sa famille, et quoi dire en pensant à vous les amis et collègues du travail avec qui il a partageait tant?
Avec des nombreux paroissiens et amis, dans ce mélange d'expérience, de conviction et d'espérance, nous sommes ici après avoir entendu les lectures des extraits de la Bible qui pour nous les chrétiens constituent la référence et la source à laquelle nous puisons ce qui nous semble le plus important pour notre vie : paroles d'amour, de vérité et donc de vie, paroles de bonheur.
Ce bonheur si durement mis à l'épreuve par la disparition de Denis, bonheur que nous cherchons tant avec les moyens que nous nous donnons et que les autres nous permettent d'entrevoir et d'y tendre.
Oui, je sais que l'amour fait passer de la mort à la vie, comme nous le rappelle la première lecture (1Jn3,14-16-20), mais aujourd'hui, au cœur même de cette conviction-là, Des profondeurs je crie vers toi ! (Ps 50)
Oui, je sais où se trouve le vrai bonheur, comme l'indique l'évangile (Mt 5, 1-12) avec l'énumération de différentes situations pour dire heureux voire même bienheureux, mais aujourd'hui même ce bonheur-là prend forme de malheur qui s'abat sur ma vie.
Oui, je sais qu'aujourd'hui avec Denis je suis sur le seuil de ma Vie, car l'amour vrai m'y entraîne malgré moi !
Désormais il y a un avant et un après !
Un avant, de son vivant de ses 40 ans, de sa vie aux côtés de nos vies, où il partageait les joies et les peines en alimentant le réseau d'amour et d'amitié, de proximité qui dit l'attention à l'autre.
Un avant où il enveloppait d'un manteau de tristesse invisible cette lutte pour la justice.
Un après et dès aujourd'hui, où nous participons à cette tristesse, qui ainsi, par sa mort, fut rendue si visible.
Oui, je sais que parce que nous aimons nos frères, nous passons de la mort à la vie.
Quel est cet amour qui pour faire passer les autres de la mort à la vie, parfois nous fait tomber nous-mêmes dans la mort de la sorte ?
Dans la foi chrétienne nous essayons d'apprendre comment le Christ a donné par amour sa vie pour tous.
Comment l'a-t-il exprimé ? De façon parfaite, car dans la liberté souveraine dont lui seul, grâce à la puissance divine qu'il y avait en lui, tout en le faisant dans le corps d'un homme, a été capable.
Lui qui a fait passer tous ceux qui par amour étaient présents auprès des autres ; mais qui ne voudraient pas être dans un amour vrai pour accomplir pleinement sa vie ?
C'est à cet amour divin que nous le confions aujourd'hui en gardant la mémoire d'un homme qui voulait couvrir d'un manteau d'amour et de justice tous ceux que la vie lui a donné de côtoyer.
Denis !
Heureux les pauvres de cœur, le royaume de cieux est à vous !
Cette maladie d'amour ne peut guérir qu'avec amour ! Denis reposez en paix et que notre vie soit plus forte grâce à vous et parfois à défaut d'être plus forte qu'elle soit plus pleine de bonheur dans l'amour et la justice pour les autres.
2010/09/14 - Homélie - Funérailles de Denis
- Category: Homélies prononcées par le Père Rémy
- Créé le mardi 14 septembre 2010 08:38
Nous sommes tristes, révoltés, abasourdis, inquiets, tellement son départ qui se pose comme une rupture majeure dans nos vies provoque des secousses dans notre existence.
Je pense en particuliers, à vous ses parents, vous son frère et à votre famille, vous les membres proches ou éloignés de sa famille, et quoi dire en pensant à vous les amis et collègues du travail avec qui il a partageait tant?
Avec des nombreux paroissiens et amis, dans ce mélange d'expérience, de conviction et d'espérance, nous sommes ici après avoir entendu les lectures des extraits de la Bible qui pour nous les chrétiens constituent la référence et la source à laquelle nous puisons ce qui nous semble le plus important pour notre vie : paroles d'amour, de vérité et donc de vie, paroles de bonheur.
Ce bonheur si durement mis à l'épreuve par la disparition de Denis, bonheur que nous cherchons tant avec les moyens que nous nous donnons et que les autres nous permettent d'entrevoir et d'y tendre.
Oui, je sais que l'amour fait passer de la mort à la vie, comme nous le rappelle la première lecture (1Jn3,14-16-20), mais aujourd'hui, au cœur même de cette conviction-là, Des profondeurs je crie vers toi ! (Ps 50)
Oui, je sais où se trouve le vrai bonheur, comme l'indique l'évangile (Mt 5, 1-12) avec l'énumération de différentes situations pour dire heureux voire même bienheureux, mais aujourd'hui même ce bonheur-là prend forme de malheur qui s'abat sur ma vie.
Oui, je sais qu'aujourd'hui avec Denis je suis sur le seuil de ma Vie, car l'amour vrai m'y entraîne malgré moi !
Désormais il y a un avant et un après !
Un avant, de son vivant de ses 40 ans, de sa vie aux côtés de nos vies, où il partageait les joies et les peines en alimentant le réseau d'amour et d'amitié, de proximité qui dit l'attention à l'autre.
Un avant où il enveloppait d'un manteau de tristesse invisible cette lutte pour la justice.
Un après et dès aujourd'hui, où nous participons à cette tristesse, qui ainsi, par sa mort, fut rendue si visible.
Oui, je sais que parce que nous aimons nos frères, nous passons de la mort à la vie.
Quel est cet amour qui pour faire passer les autres de la mort à la vie, parfois nous fait tomber nous-mêmes dans la mort de la sorte ?
Dans la foi chrétienne nous essayons d'apprendre comment le Christ a donné par amour sa vie pour tous.
Comment l'a-t-il exprimé ? De façon parfaite, car dans la liberté souveraine dont lui seul, grâce à la puissance divine qu'il y avait en lui, tout en le faisant dans le corps d'un homme, a été capable.
Lui qui a fait passer tous ceux qui par amour étaient présents auprès des autres ; mais qui ne voudraient pas être dans un amour vrai pour accomplir pleinement sa vie ?
C'est à cet amour divin que nous le confions aujourd'hui en gardant la mémoire d'un homme qui voulait couvrir d'un manteau d'amour et de justice tous ceux que la vie lui a donné de côtoyer.
Denis !
Heureux les pauvres de cœur, le royaume de cieux est à vous !
Cette maladie d'amour ne peut guérir qu'avec amour ! Denis reposez en paix et que notre vie soit plus forte grâce à vous et parfois à défaut d'être plus forte qu'elle soit plus pleine de bonheur dans l'amour et la justice pour les autres.




