2012/02/06 - Homélie - Funérailles d'Yves

attention open in a new window ImprimerE-mail

Les lectures choisies par Véronique, Céline et Nicolas, indiquent le chemin, l’espace même, de ce que nous pouvons appeler une méditation sur la vie, sur la mort, sur la vie de Yves, sur sa foi, ses espérances et sur notre foi et nos espérances.

 

Ces lectures nous parlent de Jésus, mort et ressuscité ; ce Jésus devant lequel nous nous sommes déjà mis dès le début de la célébration en chantant : Jésus, me voici devant Toi, tout simplement dans le silence...

 

Ce Jésus qui parle à la foule : « Car la volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn6)

 

Pourquoi ce Jésus est-il aussi important ? Lui, ressuscité le troisième jour par le Père, nous promet à son tour de nous faire ressusciter, donc au dernier jour nous serons ressuscités par le Fils.

 

Et dans nos vies, ne sommes-nous pas ramenés à la vie, ressuscités ? Mais par quoi, par qui ? Sinon par l’espérance que nous disons les uns aux autres : tu vivras.

 

Nous le disons parce que les uns et les autres nous sommes ouverts à cette espérance-là, celle qui ne trompe pas. Mais comment savoir qu’elle ne trompe-t-elle pas ? Cette espérance là permet de passer du pourquoi d’hier au pour quoi de demain.

 

Dans le pourquoi d’hier s’exprime le mystère du mal superposé de façon si troublante sur le mystère de l’amour, au point qu’aujourd’hui rien ne peut les séparer. Que l’un s’engouffre dans l’autre au point de ne pas pouvoir - et ceci malgré toutes les puissances d’amour - d’arrêter le mal faire son oeuvre.

 

Le pourquoi d’hier, dans l’espérance de la vie plus forte que la mort, et telle est la volonté du Père des cieux, cède, cédera peu à peu la place au pour quoi faire ? Si les pourquoi porte sur Yves le pour quoi faire portent sur nous. Comment dans une telle nouvelle vie chercher la source de toute vie, la source de tout amour ? Pour nous les chrétiens, cette source est en Dieu le Père de Jésus

 

Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage’ (Ps33)

 

Le pour quoi faire y trouve déjà sa réponse la plus profonde, regarder dans cette direction c’est donc important. Mais un tel regard ne peut malgré tout oublier le trouble au visage d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Un tel regard, accueille, porte en lui, porte avec lui, porte en lui tout le trouble au visage, il le porte avec une telle attente, telle confiance aussi que tout y est déposé dans ce regard, y compris le trouble au visage.

 

Une de conséquences d’une telle attitude est la nouvelle fraternité, ou plutôt la fraternité renouvelée, dans cette paix que la confiance inspire et que nous allons échanger au cours de cette messe juste avant de communier, en affirmant que ce Jésus qui accueilli tous ceux que le Père lui-même a donné, ce Jésus est le véritable pain de vie.