2019/02/17 - Homélie - 6e dim. ord.

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Les béatitudes – le choix de la vie jusqu’à la résurrection de la chair.


Les derniers sondages réalisés en France il y a quelques années (2007), démontrent que seulement 10% des Français croient  en la résurrection de la chair, alors qu’ils étaient encore 19% 20 ans plutôt. Mais chez les catholiques pratiquants réguliers, la tendance est inversée, et on arrive en 2009 à une augmentation de 9% pour la période semblable. Alors que le nombre de pratiquants a baissé dans cette même période : 7% de catholiques sont messalisants (une fois par mois) donc 4%50 des Français, contre 20% de Français en 1972. Il y a plus de croyants en la résurrection de la chair que de pratiquants, d’autant plus que parmi les pratiquant réguliers ils y en a qui n’y croient pas.  Voilà pour les chiffres dont on peut trouver des explications dans plusieurs facteurs socio-politiques liés à l’évolution de la civilisation occidentale. 


« Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (II lecture). De savoir s’il est ressuscité ou pas, cela a des conséquences pour nous. Mais qu’est-ce la résurrection de la chair ? Avec quel corps serons-nous alors ? Corps glorieux dont parle le même Paul dans un autre texte (Ph3, 20-21). Glorieux veut  dire ‘transformé’ par la puissance divine, de telle sorte qu’il est capable d’assumer en lui toute notre vie passée marquée par Dieu.


Si nous venons à la messe, c’est avant tout pour faire croître notre foi : « Je crois en la résurrection de la chair et à la vie éternelle ». Et nous l’affirmons depuis notre baptême. Qu’en est-il concrètement, c’est à chacun de nous d’y répondre. Pourquoi est-ce important ? Les deux autres lectures nous en disent la raison. C’est la question de la vie ou de la mort. Quelle vie et quelle mort ? Etre dans la vie de Dieu ou pas. C’est la question du choix que l’on fait. Jérémie s’adresse aux croyants, souvent défaillants, en les exhortant à  se ressaisir, parce que leur « cœur se détourne du Seigneur ». Alors que l’homme qui fait confiance en Dieu, « sera comme un arbre planté près des eaux… il ne manquera pas de porter du fruit ». 


Les béatitudes de l’Évangile constituent la liste de situations de choix de cette vie avec Dieu. Heureux, veut dire bénis de Dieu et donc comblés de façon à la fois sensible et spirituelle. Chaque fois que nous nous trouvons dans une de ces attitudes, nous sommes reconnus comme dignes de la vie éternelle à qui la promesse de la résurrection  de la chair est donnée. Nous sommes invités à être pauvres et avoir faim, c’est-à-dire  à être de ceux à qui il manque l’essentiel pour vivre. Plus que survivre matériellement/affectivement, être comblé au-delà de l’imaginable. 


Croire en la résurrection de la chair, c’est d’accueillir la vie que Dieu offre. Et l’accueillir en toute confiance. Ce qui ne dispense pas de combats à livrer contre bien des dangers qui sont  extérieurs et intérieurs. Pour les premiers il s‘agit des persécutions (« tu crois en la résurrection de la chair ? » moqueries et plus si affinité). Pour les dangers intérieurs l’évangile pointe avant tout l’envie de posséder les richesses matérielles qui peuvent facilement obstruer le passage à la foi en la résurrection. Grand est le danger de se laisser flatter par des paroles mensongères au sujet de la richesse matérielle. Souvent, à l’échelle d’une vie, les conséquences désastreuses, ne se font pas attendre longtemps. « Quel malheur pour vous si tous les hommes disent du bien de vous ». Ceci se rattache aux flatteries à l’égard de riches matériellement, qui si facilement oublient la vraie vie à laquelle le Christ ressuscité invite. Amen.